jeudi 31 janvier 2019

Le lien - F. Bégaudeau - théâtre Montparnasse

mardi au samedi 20h30
samedi 17h30
site du théâtre ICI

Le lien

François Bégaudeau


Mise en scène: Panchika Velez

Avec Pierre Palmade, Catherine Hiegel et Marie-Christine Danède


Une salle à manger, le repas se termine, Christiane s’active mais hélas parle beaucoup, on ne peut pas l’arrêter ! Elle présente le fromage de chèvre à Stéphane, son fils, qui s’ennuie, semble perdu dans ses pensées, et se contrefiche que Carrefour City ferme pendant trois jours !

Alors, sans dire un mot il se lève, enfile son blouson, il part. A l’étonnement de Christiane il va répondre par des mots durs, parfois drôles, elle ne comprend pas ce qui arrive. Elle se fait une joie de recevoir son fils. Mais voilà, le comportement de sa mère atteint Stéphane, il est écrivain, un ego surdimensionné, puisque le reproche qu’il fait à Christiane, c’est de ne pas lire ses livres !

Christiane est veuve, elle ne se laisse pas aller, s’est fait des amis dont Françoise du cours de yoga, la réputation de son fils la dépasse un peu. Et puis après tout elle réagit comme n’importe quelle maman. Pour Stéphane ce n’est pas assez, s’intéresse-t-elle seulement à ce qu’il écrit ?  Alors il part dans des théories tirées par les cheveux, sous-entend qu’elle est peut être « nazie » « de droite ou de gauche », enfin il est un peu compliqué le petit !


En effet, elle n’a pas grand-chose en commun avec Stéphane, par contre, lorsque Françoise débarque avec son gâteau, là elles ont de quoi discuter ! Françoise comprend la situation, elle non plus, ne fait pas allusion aux livres de Stéphane, mais plutôt à son côté « people ». Elle le connaît depuis tant d’années.

Le thème de cette histoire est éternel, on a toujours quelque chose à reprocher à nos parents, et c’est lorsqu’ils sont partis que l’on éprouve des regrets, parfois des remords. Alors pourquoi ne pas aller dans la simplicité, ce que ne fait pas Stéphane, Christiane a des goûts simples, elle est loin d’être sotte, elle aime ses enfants, célèbres ou pas !

Catherine Hiégel est une mère bien patiente avec ce grand gamin désagréable, Pierre Palmade est drôle, tête à claques aussi, Marie-Christine Danède apporte réconfort et désamorce la situation.


Panchika Velez a su trouver l’ambiance qu’il fallait à cette comédie douce-amère, elle a signé de nombreuses mises en scène, dont «Au début » de François Bégaudeau, et plus récemment « Qui a peur de Virginia Woolf » au théâtre 14. 

Anne Delaleu
31 janvier 2019

mercredi 30 janvier 2019

Le prince travesti - Marivaux - théâtre 71


durée 2h15
site du théâtre ICI (pour les dates de tournées)
prochainement au théâtre Montansier de Versailles du 6 au 10 février

Le prince travesti

Marivaux


Mise en scène Yves Beaunesne

avec Nicolas Avinée (Lélio), Johanna Bonnet (Lisette, maîtresse d’Arlequin), Thomas Condemine (Arlequin), Jean-Claude Drouot (Frédéric, ministre de la princesse), Elsa Guedj (Hortense), Pierre Ostoya-Magnin (l’ambassadeur du roi de Castille), Marine Sylf (la Princesse de Barcelone) et Valentin Lambert musicien


Yves Beaunesne, situe l’histoire de nos jours, une histoire d’amour certes, mais le pouvoir y est omniprésent, l’argent aussi. Un splendide lustre, un immense escalier qui mène aux appartements, sur le côté un piano, sur lequel sont disposées des photos.

Hortense, jeune veuve (mal mariée), est logée chez son amie la Princesse de Barcelone, elle lui conte une aventure bien étrange et bien romanesque, elle a été sauvée par un inconnu alors que son carrosse était attaqué par des malfrats. La Princesse se confie à son tour, elle est demandée en mariage par le roi de Castille, elle ne sait que répondre, car son cœur est pris par Lélio, qui a remporté une belle victoire dans son armée, qui est devenu son favori au grand dam de Frédéric son ministre, qui convoite la tête du gouvernement.

Lélio, est un aventurier, mais il est surtout le prince de Léon, qui voyage incognito de pays en pays, pour connaître d’autres façons de gouverner. C’est un prince éclairé et courageux. Il pense toujours à la jeune personne qu’il a sauvée…

Arlequin, valet de Lélio, aime l’argent, les femmes, et la bonne chère. Peut-on l’acheter facilement, c’est ce que tente Frédéric, pour connaître l’identité de Lélio.

Amour, pouvoir, lutte des classes, argent, corruption, tout est finement présenté dans cette comédie de Marivaux.

La distribution est dominée par Jean-Claude Drouot, impressionnant Frédéric, Thomas Condemine est un Arlequin, drôle, véritable bête de scène disons-le ! Quelle énergie avec sa Lisette, Johanna Bonnet, ils forment un duo pétillant et drolissime !

Elsa Guedj, femme-enfant, elle a la fragilité qu’il faut pour le rôle, Marine Sylf est une princesse sûre d’elle et de son pouvoir. Nicolas Avinée campe un Lélio fantasque, sérieux souvent lorsqu’il s’agit de son amour. Pierre Ostoya-Magnin digne, élégant.

J’ai moins aimé les intermèdes chantés, ils ralentissent le rythme et n’apportent pas grand-chose. Mais j’ai passé un très bon moment de théâtre.

Anne Delaleu
30 janvier 2019
Théâtre 71 Malakoff

mardi 29 janvier 2019

Comme en 14 - D. Laurent - thếâtre La Bruyère



mardi au samedi 21h
samedi 15h30
durée 2h
site du théâtre ICI

Comme en 14

Dany Laurent

Mise en scène Yves Pignot

Avec Marie Vincent, Virginie Lemoine, Ariane Brousse, Katia Miran & Axel Huet


C’est reparti comme en 14, expression bien connue qui changera de chiffre plus tard…

Nous sommes en 1917, c’est bientôt Noël, Marguerite se fume une petite cigarette ma foi elle l’a bien méritée, elle est infirmière, elle fait avec les moyens du bord pour soulager les souffrances, elle a surtout besoin d’aide et manque de tout. Suzy est couturière de métier, bénévole à l’hôpital, elle a de l’énergie à revendre, Louise est de bonne volonté, est issue de la bourgeoisie, pas très efficace mais on fait avec ! Toutes les classes sociales se mêlent, s’entraident. Marguerite connaît depuis l’enfance Adrienne, la comtesse, veuve de guerre, son fils mal soigné par un médecin incompétent sera amputé d’une jambe. Son autre fils, Pierre est « l’innocent », amoureux de Louise et admirant Henri le grand frère.

Suzy est pacifiste, en temps de guerre, c’est risqué, elle a son réseau, et elle est surtout amoureuse d’Henry. Mademoiselle Marguerite, la vie ne lui a pas fait de cadeaux, mais elle est courageuse et débrouillarde. Suzy la choque certes mais la fait bien rigoler aussi !


Adrienne est courageuse, elle tient son rang comme on dit, c’est une amie sincère pour Marguerite, les classes sociales n’existent plus dans ces moments là. Elles rient, chantent, blaguent mais n’oublient pas leurs malades. Elles pensent aussi à l’avenir, au retour de leurs hommes, mais quand et dans quel état ?

Marie Vincent est une Marguerite humaine et efficace (elle a bien mérité son Molière !), Virginie Lemoine digne, sait trouver la pointe d’humour qu’il faut, Ariane Brousse a du tempérament, une belle voix, de la gouaille, Katia Miran est fragile, émouvante, Axel Huet est attendrissant.

Comment ne pas être émue par cette histoire, cet hommage aux femmes qui ont remplacé les hommes mobilisés. Je pense à mon histoire personnelle et familiale.

Une distribution menée de main de maître par Yves Pignot, une belle histoire racontée avec sincérité et humour.


Pour ceux comme moi qui aime les histoires et surtout les bons comédiens !

Anne Delaleu
29 janvier 2019
Théâtre La Bruyère

vendredi 25 janvier 2019

Localement agité - A. Bedouet - Théâtre de Paris/ salle Réjane

mardi au samedi 21h -
samedi 17h - dimanche 15h
site du théâtre ICI

Localement agité

Arnaud Bedouet

Mise en scène de Hervé Icovic
Avec Lisa Martino, Anne Loiret, Nicolas Vaude, Thierry Frémont, Arnaud Bedouet, Guillaume Pottier


Ah la Bretagne ! Ses rochers, sa mer, ses embruns ! Dans la maison familiale, se retrouve tous les quatre ans, quatre frères, leur sœur, et leur belle-sœur.
Pourquoi cette réunion familiale ? Le père de famille, un éminent professeur, intellectuel de renom, humaniste, est né un 29 février, et selon ses dernières volontés, il impose à ses enfants de répandre ses cendres vers le grand large le jour anniversaire, et par vent d’Est !
Quatre ans auparavant, ils avaient échoué, le vent n’était pas au programme, le sera-t-il cette année ?
Depuis, la vie des uns et des autres a évolué, Pierre est séparé de Jeanne, Boris le plus jeune a toujours des idées tordues qu’il trouve extraordinaire, ses frères refusent de subventionner ses folies douces. Clément tente vainement de sauver son ménage, Marie est toujours seule, sa vie personnelle est un naufrage, Yves garde la maison familiale et veille jalousement sur la mémoire du père. Marie par respect envers le défunt est présente.
Le journal intime du père va venir semer le trouble et le désordre.  L’honorable père de famille, l’intellectuel réputé va tomber de son piédestal.
La pièce de Arnaud Bedouet ne manque pas de profondeur ni surtout d’humour,  Il faut voir Thierry Frémont cherchant obstinément le réseau téléphonique sur un rocher,  Guillaume Pottier baba-cool aux idées saugrenues, Lisa Martino jeune femme perdue et touchante, Anne Loiret a la rude tâche d’être la soeur, elle prendra sa revanche sur ses frères. Nicolas Vaude, éditeur sauvé grâce aux recettes de cuisine, il a sa part de tristesse, il aime toujours sa femme. Arnaud Bedouet, le fils dévoué aura bien du mal à affronter la vérité.
« Le temps des cerises » réussira-t-il à fédérer tout ce petit monde ?

La mise en scène dynamique et inventive de Hervé Icovic servie par une excellente distribution. Une très bonne comédie avec un texte percutant et drôle, à voir en famille bien sûr !

Anne Delaleu
25 janvier 2019


mercredi 23 janvier 2019

Les franglaises - Bobino


Site du théâtre ICI
durée 1h40

Les Franglaises


Lorsque l’on prend place dans le théâtre, il faut bien reconnaître que l’ambiance est déjà dans la salle. Les Franglaises ont leur public, et c’est bien mérité. Ils n’ont pas volé leur Molière en 2015, et pour notre plus grand plaisir les voici de nouveau à Bobino,

Avez-vous tenté de comprendre le sens des paroles des chansons anglo-saxonnes ? Moi non plus, disons-le tout de go, les chanteurs américains ou britanniques ont un sens du rythme et de la mélodie inégalable. Les textes de chansons françaises n’ont pas toujours la poésie que l’on souhaiterait, mais nous voilà décomplexés avec le petit jeu suivant… Deviner et donner le titre anglais en écoutant les paroles françaises…


Not easy ! Mais le public trouve, et voici notre troupe de joyeux et délirants comédiens, qui interprète la chanson en français dans une traduction qui laisse à désirer... Comment ne pas résister à un Michael Jackson en tongs et bermuda qui essaie vainement de nous effrayer ! du couple « glamour » qui chante « ces mots stupides » avec un entrain qui donnerait le « bleu » à St Valentin. La petite qui réussit enfin à nous entraîner dans une chanson des « filles épicées », et l’autre qui n’a pas suivi le spectacle et qui chante « le douanier Rousseau » sous le regard effaré du maître de cérémonie ! Le pauvre fait un « brûlage », tout dégringole, part en vrille.

On rit du début à la fin, on chante, la sono est à fond (un peu trop…), rien n’est laissé au hasard, ce sont d’excellents comédiens, chanteurs, danseurs, musiciens.


Quelle énergie, quelle joie de vivre et de chanter. On sort de la salle en chantonnant… le douanier Rousseau !

Anne Delaleu
23 janvier 2019

mardi 22 janvier 2019

La dama boba - Lope de Vega - théâtre 13/jardin

jusqu'au 17 février 2019
mardi au samedi 20h - dimanche 16 h
durée 1h45
site du théâtre ICI

La Dama Boba (ou celle que l’on trouvait idiote)

Félix Lope de Vega


Mise en scène Justine Heynemann

Sol Espeche (Nise), Stephan Godin (Otavio), Corentin Hot (Turin), Rémy Laquittant (Liséo), Pascal Neyron (Duardo), Lisa Perrio (Clara), Roxanne Roux (Finéa), Antoine Sarrazin (Laurencio)


Une grande pièce, deux lits se font face, la chambre est délimitée par un tracé. Justine Heynemann a choisi d’adapter à notre époque, toujours en Espagne, cette histoire écrite en 1613.

L’histoire de deux jeunes sœurs, Nise élégante et cultivée, toujours un livre à la main, Finéa innocente et niaise, mignonne, mais ne comprenant rien de rien, en cela elle ressemble à Agnès de l’Ecole des femmes.

Otavio, le père ne souhaite qu’une chose marier tout d’abord Finéa, cela sera facile grâce à l’héritage de son oncle, il faut bien réparer la « nature », Nise n’aura pas de soucis pour trouver un mari (d’ailleurs elle a en secret un promis…). Mais quand l’esprit vient aux filles amoureuses, tout se complique… et la sotte ne l’est pas tant que ça. Hélas pour ces blanches colombes, les « promis » sont de vilains messieurs, mais on doit s’attendre à tout avec ces demoiselles !

Sol Espeche est une « Armande » qui se jette avec fougue sur Rémy Laquittant, Liséo attiré par le bel esprit, il est très drôle ! Roxanne Roux est une tendre et espiègle Finéa, innocente qui tombe dans les bras de Laurencio, intéressé par l’argent (dynamique Antoine Sarrazin). Lisa Perrio et Corentin Hot sont des valets astucieux et Pascal Neyron est Duardo, poète gratouillant sa guitare, son côté pleurnichard fait bien rire, Stephan Godin est Otavio, le père qui n’en finit pas d’avoir du souci avec ses filles.


Enfin voilà une comédie bien réjouissante, dynamique, interprétée avec fougue et humour par les comédiens. Les intermèdes musicaux (je n’ai pas tout reconnu…) sont entraînants et le public était enthousiaste !

Anne Delaleu
22 janvier 2019

samedi 19 janvier 2019

L'autre festival qui ouvre les livres - Avignon du 14 au 17 février 2019

Une belle programmation pour ce premier festival !

et Avignon est toujours une belle ville quelque soit la saison.



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vendredi 18 janvier 2019

Céline, derniers entretiens - Poche Montparnasse


Jusqu'au 4 mars 2019
les vendredis 21h et les lundis 19h
durée 1h15 (petit poche)
site du théâtre ICI

Céline, derniers entretiens

D’après cahiers II Céline et l’actualité littéraire


Mise en scène Géraud Bénech
Avec Stanislas de la Tousche


Meudon, une petite maison, sur la grille deux plaques professionnelles, l’une au nom du Docteur Destouches, l’autre au nom de Lucette Almanzor, professeur de danse classique. Dans le salon, un fauteuil, un guéridon, deux tabourets qui figurent les journalistes venus interviewer l’écrivain le plus controversé, mais dont on ne peut nier la qualité d’écriture, Céline.

Céline, Louis-Ferdinand Destouches, a pris le prénom de sa mère comme pseudo, il répond aux journalistes, posément, en parlant de temps à autre à Bébert son chat. Il parle de l’actualité littéraire, avec, bien entendu, quelques coups de griffes à ses confrères, les attaquant tant sur leur prose que sur leur préférence sexuelle, Montherlant, Proust, Gide… il n’a d’admiration que pour La Fontaine !

Céline se relève, il entend sonner à la porte. Il reprend l’entretien, oui il a été blessé pendant la Grande Guerre, handicapé à 75 %, en rajoute-t-il on ne sait pas trop… Il raconte son enfance, ses parents, il était fils unique. Il aime son métier de médecin, disons que ça lui a servi pour écrire au scalpel ses ouvrages !

Stanislas de la Tousche, est d’une ressemblance frappante avec Céline, il interprète magistralement son rôle, à tel point que les images projetées sur l’écran, je ne savais plus si je voyais des archives ou bien si c’était le comédien !

La mise en scène est subtile, on se croirait devant notre poste de télé noir et blanc en 1960, on imagine bien les deux journalistes prenant des notes et la caméra qui tourne.


Un excellent spectacle à voir absolument pour la performance de Stanislas de la Tousche.


Anne Delaleu
18 janvier 2019

mercredi 16 janvier 2019

Le sourire au pied de l'échelle - H. Miller - théâtre de l'Oeuvre


du 16 janvier au 17 février 2019
mercredi au samedi 19h et dimanche 17h30
durée 1h15
Site du théâtre ICI

Le sourire au pied de l'échelle

d'après Henri Miller

Adaptation Ivan Morane
Mise en scène Bénedicte Necaille
Traduction Georges Belmont
Auguste clown vedette, maltraité, fuit le cirque, il ne veut plus du public, ne veut plus faire rire, il veut vivre ! Mais voici qu'il rencontre un cirque au détour de son errance, il parvient à se faire engager, redoute qu'on le reconnaisse. Il semble heureux de cette nouvelle situation...

Mais voici qu'un jour le clown Antoine, tombe malade. Qu'est-ce qui pousse Auguste à souhaiter le remplacer ne serait-ce qu'un soir ? Il ne peut s'empêcher de renouer avec le passé qu'il avait fui. Il va donc trouver le directeur, celui-ci n'est guère enthousiaste mais donne sa chance à Auguste. Antoine meurt, le directeur culpabilise Auguste.

Notre clown va donc fuir à nouveau, trouvera-t-il la sérénité le bonheur enfin ?

Henri Miller était fasciné par le cirque et les clowns en particulier. Il est vrai que derrière un masque blanc, un gros nez rouge, se cache une personnalité, une souffrance aussi. Le texte de Miller nous renvoie aussi à nos peurs et nos interrogations.

Denis Lavant est comme d'habitude excellent, il interprète avec émotion et poésie ce clown triste. Il joue de la musique, se contorsionne, joue les différents personnages qu'il rencontre. Fabuleux ! Une mise en scène et en lumière poétique et parfois drôle.
Un final étoilé !

Anne Delaleu
16 janvier 2019


vendredi 4 janvier 2019

Cambriolage - Bamberger - Guichet Montparnasse

Site du théâtre ICI
jusqu'au 23 mars 2019
durée 1h - les vendredis et samedis

Cambriolage
Ana-Maria Bamberger


avec Catherine Mahieu (mise en scène) et Arthur Berne


C'est Noël ! Victoria tente tant bien que mal de décorer en blanc un sapin... blanc en plastique ... Elle semble nerveuse, angoissée, énervée, elle tente sans succès de joindre son ex-amant.

On apprend qu'elle a été virée de la banque, pour malversations, c'est dans le journal. Victoria a couvert son chéri mais surtout a été dépassée par les événements.

Elle se console avec le Cognac, et c'est le moment que choisi un hurluberlu pour entrer chez elle, bonnet de ski, masque de Zorro, sac à dos, il est tellement "pro" qu'il se prend les pieds dans le sapin ! Avec son accent à couper au couteau, plus corse qu'italien, il se nomme Chuck, pizzaiolo de son état et surtout père de famille aux abois !

Victoria s'amuse de la situation, Chuck est soulagé, il n'est pas dangereux mais il lui propose un marché, il lui faut du fric et elle aussi. Ils décident de cambrioler l'appartement du peu scrupuleux banquier, qui ,d'après Victoria, est absent.

Le cambriolage fait par des amateurs, ne va pas se dérouler comme prévu, un oubli bête comme chou va bouleverser leurs vies.

Que vont-ils se dire un Noël plus tard ? Leur amitié va-t-elle voler en éclats ?

L'histoire est amusante, au moins on sait grâce à eux ce qu'il ne faut pas faire pour louper un cambriolage (prenez des notes !). Les deux comédiens s'amusent beaucoup, le texte est léger mais dit beaucoup de choses sur l'amitié.


jeudi 27 décembre 2018

Lettre d'une inconnue - S. Zweig - A la folie théâtre


Jusqu'au 27 janvier 2019
jeudi 19h30 - samedi 18 h - dimanche 16h30
durée 1h15
site du théâtre ICI

Lettre d'une inconnue (1922)

Stefan Zweig

Mise en scène Laetitia Lebacq
Chorégraphie Sandra Pinto Régal
Voix de R : Jean-Baptiste Verquin


Un petit lit, une jeune femme effondrée auprès de son fils mort, elle écrit au père de l'enfant, celui-ci est un romancier célèbre. 

Elle l'a rencontrée pour la première fois, lorsqu'il a emménagé dans l'appartement voisin du sien qu'elle occupait avec sa mère. C'était une toute jeune fille, et ce fut le coup de foudre ! elle l'a aimé passionnément. Mais la vie en décida autrement, elle suit sa mère et son beau-père à Innsbruck, loin de l'être aimé...

Elle pense toujours à lui, et revient à Vienne, le rencontre mais il ne reconnaît pas la jeune adolescente d'autrefois. Il n'a aucune peine à la séduire, il passe quelques nuits ensemble et elle accouchera d'un fils, sans le prévenir.

Son amour pour lui est obsessionnel, elle lui écrira une longue lettre pour qu'il sache enfin, il est amateur de femmes, les collectionne, et elle se rend compte qu'il ne l'a jamais reconnue, ni aimée...

Laetitia Lebacq incarne avec fougue, cette jeune femme, bouleversante, inquiétante aussi, avec cette passion qui la dévore. Elle a choisi le verbe et la danse pour incarner cette douleur, cet amour fou.

Une belle performance de comédienne, grâce et sensibilité. 

Un spectacle émouvant à voir.



Anne Delaleu
27 décembre 2018

vendredi 21 décembre 2018

Les chats de hasard - A. Duperey - Théâtre Edouard VII


jusqu'au 30 décembre 2018
jeudi au samedi 19h - dimanche 18h
durée 1h15
site du théâtre ICI

Les chats de hasard
Anny Duperey

Mise en scène Ninon Brétecher
avec Anny Duperey et au violon Simon Mimoun




Nous voilà donc en "ronronthérapie" mais pas seulement, le décor, un arbre en carton et un croissant de lune, on pourrait se croire dans les "contes du chat perché", dans un roman de Colette (que cite Anny), non c'est l'histoire d'amour et de tendresse d'Anny Duperey envers les animaux, mais surtout les chats.

Une enfance meurtrie par la mort de ses parents, un livre à écrire, le calme de la campagne, et un jour la mémoire des lieux lui revient peu à peu grâce à un petit félin venu lui rendre visite. Elle se souvient de la maison de sa grand-mère et du sauvetage d'un chaton qui allait se noyer.

Elle nous livre avec humour, ses souvenirs de comédienne, de jeune maman, toujours en compagnie de chats. Elle les connaît bien, ils l'ont toujours choisie !

Des chats de hasard, mais fidèles car contrairement à ce que l'on dit comme sornettes sur les minets, ils sont très attachés à leur humain !


Un chat ne se dresse pas, il est indépendant, c'est vrai. Mais que de tendresse, d'amour il peut donner.

La musique est présente, avec le violon de Simon Mimoun, (espérons que les cordes ne soient pas des boyaux de chats...).

Spectacle émouvant, poétique, drôle, Anny Duperey est féline, charmeuse, rieuse, c'est un moment de pure zenitude qu'elle nous offre aidée par l'oeil de Ninon Brétecher.

Anne Delaleu
21 décembre 2018

jeudi 20 décembre 2018

Opérapiécé - Théâtre Essaion


Tous les jeudis à 21h30
jusqu'au 17 janvier 2019
durée 1h15

Soirée du Nouvel An le 31 décembre à 20h
Tarif unique à 50€ avec champagne et buffet d’amuse-bouche offerts
Pour les -18 ans, tarif à 30€.

Site du théâtre ICI

Opérapiécé
de et avec Aurore Bouston et Marion Lépine

Mise en scène William Mesguich


Que c'est dur la vie d'artiste, compter les heures pour atteindre enfin le quota requis pour toucher les assedics...

Mais que c'est drôle et sympathique d'entendre les lamentations d'Aurore et Marion.

Les deux chanteuses nous entraînent dans un joyeux délire, avec les superbes costumes et postiches de Marie-Caroline Béhue. 

Vivaldi, Boccherini, Rossini et tant d'autres compositeurs classiques flirtent avec Claude François, Aznavour, Diane Dufresne, Gainsbourg... et les autres ! 

Opéra piécé de patchwork de classique et variété, de jeux de mots, celui qui m'a le plus interpellé en bonne parisienne que je suis : Operatp ! bien vu, bien chanté, on devrait diffuser leur duo dans les couloirs du métro pour calmer tout le monde !

Pour pimenter leur duo, il y a la méchante et la gentille, les allusions à Blanche Neige, à la sorcière, l'amie pas prodigieuse du tout, l'éternelle amoureuse, toute la panoplie y est !

Mise en scène dynamique de William Mesguich, deux tempéraments de feu et deux belles voix accompagnées par l'accordéon de Marion Buisset. 

Un bon moment et un quizz pour vous, devinez les chanteurs et compositeurs détournés !

Anne Delaleu
20 décembre 2018


vendredi 14 décembre 2018

J'admire l'aisance ... - JP Brouillaud - Studio Hébertot

jusqu'au 10 mars 2019
jeudi 19h - vendredi et samedi 21h - dimanche 15h
durée 1h
site du théâtre ICI

J’admire l’aisance avec laquelle tu prends des décisions catastrophiques

Jean Pierre Brouillaud


Mise en scène de Eric Verdin

Avec Mathilde Lebrequier et Renaud Danner

Déjà le titre de la pièce est « so chic » !

« Tu seras caissière ma fille ! tu veux être balayeur mon fils ? » voilà ce que les gamins entendent lorsqu’ils rapportent les notes désastreuses à la maison !

François Durville, est au chômage, avocat brillant, mais son Cabinet a mis la clé sous la porte, ses collègues ont réussi à se recaser dans un autre Cabinet, mais lui, que fait-il à présent ? Il est « Agent de propreté urbaine », à la Mairie de Paris quand même !

Orianne, son Universitaire d’épouse, est catastrophée ! Avocat et maintenant balayeur, car c’est quand même bien le terme exact du nouveau métier de François. Vous aurez remarqué que depuis quelques années, on est gardien d’immeuble (concierge), ingénieur des sols (balayeurs, gens de ménage), on se croirait à l’époque des Précieuses Ridicules !


Là le couple est au bord de l’implosion, que vont penser les amis, la famille, ils n’ont pas d’enfant, c’est aussi là que le bât blesse, la société rejette les « sans enfants », les méprise et Orianne ressent tout ça. Pour l’heure elle s’inquiète du revirement de son mari. François est comme le financier de la fable de La Fontaine, il entend chanter nuit et jour non pas le savetier, mais le balayeur africain de son quartier, ils prennent le café ensemble, discutent, la décision est vite prise, François change de métier !

C’est aussi une fable bien caustique qui nous est présentée, nous vivons dans le « paraître », François est heureux de son nouveau job, il aime Orianne, que va-t-il leur arriver ? Réussira-t-il à la convaincre ? Mais Orianne a un atout dans son sac.

Voilà une pièce qui nous interroge et nous faire rire et sourire grâce à Mathilde Lebrequier et Renaud Danner et la mise en scène chorégraphique de Eric Verdin.


« Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens », c’était la phrase que j’avais sur mon cahier d’écolière…

Anne Delaleu
14 décembre 2018 

Un Picasso - J. Hatcher - Studio Hébertot

jusqu'au 3 mars 2019
durée 1h
Jeudi 21 h - vendredi et samedi 19 - dimanche 17h
Site du théâtre ICI

Un Picasso

Jeffrey Hatcher

Adaptation de Véronique Kientzy

Mise en scène de Anne Bouvier

Avec Jean Pierre Bouvier et Sylvia Roux


On distingue un homme assis dans la pénombre d’une cave, il allume une cigarette, qui est-il et que fait-il là ? Il est entouré par des caisses en bois, où l’on devine des cadres de tableaux.

Une femme le rejoint, ce n’est pas un rendez-vous galant, mais l’histoire d’un fabuleux peintre qui devra défendre son œuvre face à l’attachée culturelle du régime nazi. Nous sommes à Paris, c’est l’Occupation. Une exposition privée doit se faire, mais ce sera pour détruire les œuvres « dégénérées ». Picasso s’interpose, il n’a pas beaucoup d’affection pour certains de ses collègues, mais il veut sauver trois autoportraits que lui présente Frau Fisher.

Ce sera le duel, entre un génie arrogant et égocentrique et une femme rigide qui veut elle aussi sauver sa peau. A-t-on de la sympathie pour l’un ou l’autre ? Pas vraiment, mais le sujet est plus vaste que celle de ces deux individus.


Les autodafés du régime nazi, la destruction de tout ce qui n’était pas « l’esprit allemand », Picasso tentera le tout pour le tout, la séduction ? Il connaît parfaitement, ses mots sont cruels envers ses compagnes et ses enfants. Mlle Fischer est victime d’un chantage odieux, mais voue une véritable passion pour l’homme qui est devant elle. Elle sait frapper où il faut, Guernica ? Une œuvre politique, lui s’en défend, il a souffert et pleuré lors de la destruction de ce village basque. Il s’emporte, elle sait l’affronter mais pour combien de temps encore ?

Jean-Pierre Bouvier est un de nos rares comédiens à s’investir totalement dans le personnage qu’il incarne, c’est toujours un bonheur de le voir sur scène. Sylvia Roux c’est la glace et le feu qui couve. La mise en scène de Anne Bouvier est dense, le texte et les répliques ne manquent pas d’humour.


Une belle pièce qui nous interpelle sur la liberté d’expression et de création.

Anne Delaleu
14 décembre 2018 




lundi 10 décembre 2018

Reprises au Lucernaire !




Reprise au Lucernaire des pièces suivantes que j'ai eu le plaisir de voir !


  • Les Fourberies de Scapin voir mon article ICI 
  • Le cercle de Whitechapel voir mon article ICI 
  • ABC d'airs  voir mon article ICI

site du Lucernaire ICI



vendredi 7 décembre 2018

Cuisine et confessions - Les 7 doigts - Bobino


jusqu'au 12 janvier 2019
mercredi au samedi durée 1h30
site du théâtre ICI

Cuisine et confessions

Les 7 doigts



« Pâtes, amour et fantaisie », voilà ce qu’on pourrait dire de ce spectacle dynamique, très sympathique.

Jonglerie au fouet de cuisine, les assiettes virevoltent, pas de casse ! Le lancer de diabolos est parfaitement maîtrisé.  Coté acrobatie aérienne, une charmante jeune femme s’envole, elle s’enrobe du tissu avec beaucoup de grâce et de poésie.


Et puis il y a les cadres, les acrobates se projettent au travers, les portés sont adroits, les échappées avant ou arrière à couper le souffle, le mat japonais toujours aussi impressionnant. Tout ceci en continuant leur petite cuisine, leurs confessions, chacun parle de souvenirs d’enfance, dans leur langue respective, ce qui provoque un beau chaos et beaucoup de rires !

Les spectateurs sont invités à participer à cette « cuisine » pour au moins préparer le gâteau au chocolat…

Je ne connaissais pas cette compagnie, ce fut une belle et goûteuse découverte !


Anne Delaleu
7 décembre 2018


mercredi 5 décembre 2018

J'ai des doutes - Devos - théâtre du Rond-Point

jusqu'au 6 janvier 2019
mardi au dimanche 18h30
durée 1h30
site du théâtre ICI

J’ai des doutes

Spectacle de François Morel


Textes Raymond Devos
Composition musicale  Antoine Sahler
Musique et interprétation Romain Lemire ou Antoine Sahler


Attention, spectacle intelligent, drôle, fin, joué par deux fameux interprétes François Morel et Antoine Sahler, qui ont redonné vie aux textes de Raymond Devos.

Et oui, le clown est mort, celui-ci nous a quitté en 2006, enfin disons que le Créateur s’ennuyant ferme a « convoqué » le sieur Devos.

C’est d’ailleurs comme ça que le spectacle commence, des éclairs, le tonnerre et Morel, violon en main, Antoine Sahler au piano. Discussion entre St Pierre et Dieu. Accrochez-vous bien !

Parler pour ne rien dire, le clou, A Caen les vacances, Mon chien c’est quelqu’un, où courent-ils, la dernière heure, j’ai des doutes, etc. Devos était un magicien des mots, un jongleur de l’esprit.

On rit encore de ses bons mots, de ses sketchs, de sa poésie, son aspect lunaire. François Morel redonne vie à Devos, quelle énergie il déploie, même les textes les plus connus font encore rire aux larmes ! Devos avait un comparse, son pianiste. Antoine Sahler joue de multiples instruments et donne la réplique à François Morel avec beaucoup d’humour.

« Radioscopie » de Jacques Chancel pour entendre le vrai Devos, et tout ceci finit par un grand karaoké géant, vous avez intérêt à vous exercer pour « Je hais les haies qui font la haie le long des murs ».


Un spectacle à ne pas manquer, vous en ressortirez heureux !

Anne Delaleu
5 décembre 2018 

La queue de Monsieur Kat - Cie Mecanika - Mouffetard


Du 4 au 14 décembre / dès 4 ans
Mercredi à 15 h Samedi et dimanche à 17 h
Durée 40 mn
Pour les infos pratiques voir le site du théâtre ICI

La Queue de Monsieur Kat

de la Cie Mecanika


Conception, marionnettes, scénographie, interprétation : Paulo Duarte Univers sonore live, manipulation, conception des instruments et synthétiseurs, programmation : Morgan Daguenet Création lumière, machinerie, manipulation, régie plateau : Fabien Bossard Regard extérieur : Christelle Hunot Construction de structure scénographique : Pierre-Yves Jamaux Diffusion : Léa Malhouitre Remerciements : Cécile Bellat, Faustine Beuve, Eric Deroost, Benoit Gasnier, Amanda Silva Remerciement spécial : Nino Duarte


Il s’agit d’une adaptation visuelle et sonore du très beau livre graphique pour enfants de Tjalling Houkema auteur et illustrateur néerlandais inédit en France.

Spectacle visuel, musical et  sans paroles, et c’est ce qui étonne tout d’abord, et nous entraîne dans une histoire devinette : mais qui est donc Monsieur Kat ?



Nous sommes dans l’univers heureux et ordinaire, des oiseaux, qui étrangement ressemblent au monde des humains.

Un événement va perturber la tranquillité de ce petit monde : un œuf va être dérobé  par un oiseau malhonnête et les petites marionnettes à fil vont partir à sa recherche.


Les personnages, évoluent dans un paysage limité par une sorte de  tube rouge et blanc, qui nous intrigue, mais les petites marionnettes à fil ne semblent pas s’en soucier, occupées par leur recherche. La dure réalité de la solution viendra bien sur à la fin de l’histoire.


Au sein de la compagnie Mecanika, Paulo Duarte, assisté de Morgan Daguenet et Fabien Bossard, aime combiner les nouvelles technologies et le théâtre, pour offrir un spectacle exigeant qui nourrit l’imaginaire des jeunes enfants présents, particulièrement attentifs et étonnement silencieux le jour où je suis venue !
Annie Lozac'h
5 décembre 2018 

mardi 4 décembre 2018

Le double - F. Dostoïevski théâtre 14


jusqu'au 29 décembre 2018
du mardi au vendredi 19 h et samedi 20h30
site du théâtre ICI
durée 1h30
Le double
D’après Fiodor Dostoïevski

Adaptation et mise en scène de Ronan Rivière en collaboration avec Amélie Vignaux

avec Ronan Rivière (Jacob Pétrovitch Goliadkine), Jérôme Rodriguez (Nikolaï Sémionovitch), (Pietrouchka), Jean-Benoît Terral (Olsoufi Ivanovitch), Laura Chetrit (Clara Olsoufievna), Antoine Prud’homme de la Boussinière (Le Double) et Olivier Mazal au piano


Jacob Petrovitch Goliadkine est un nobliau et il s’en revendique hautement, mais il est bien obligé de travailler, il envoie son valet Pietrouchka acheter de nouvelles bottes, un costume et une livrée pour lui. C’est dans cet équipage grotesque qu’il se rend à son bureau, au Ministère. Son collègue Nikolai ainsi que le Directeur Olsoufi Ivanovitch s’amusent de lui, Jacob se rend bien compte qu’il est la risée de tous. La charmante Clara, fille du Directeur, l’invite à son anniversaire, elle fait tourner la tête à plus d’un…

Jacob honteux de sa tenue, de son manque d’envergure, refuse l’invitation. Il est sermonné par son valet et ils se rendent tous deux devant la maison d’Olsoufi, cadeau à la main, Jacob tremble, il commet impair sur impair ! Retournant chez lui à travers les rues, il semble voir son double ! Est-il sujet aux hallucinations ? Après tout entre la vie que l’on subit et le rêve, la frontière est infime, son « double » s’est-il matérialisé ?

Le double en question arrive au Ministère, il a la même allure et le même patronyme, ce qui prête à confusion. Le pauvre Jacob est manipulé par son double, celui-ci est le contraire de Jacob, aisance, habileté, charme. Et voilà notre Jacob bien embarrassé et chassé de son poste.

C’est un univers « fantastique » que nous présente Ronan Rivière, il aborde le rôle de façon burlesque au début et plus noire à la fin, grâce au piano, on se croirait dans les cinémas où l’on projetait les films muets avec accompagnement pour illustrer ou ponctuer certaines scènes.

Les décors modulables, ingénieux pour se retrouver chez Jacob, au Ministère, dans St Petersbourg, les lumières pour appuyer tel ou tel moment.

Jérôme Rodriguez, fidèle ami, Michaël Giorno-Cohen, bourru et attachant, Jean-Benoît Terral, fantoche attaché à ses privilèges, Laura Chetrit, charmante en robe « patineuse » ne doutant de rien, Antoine Prud’homme de la Boussinière,  Double ou sortant de l’imagination de Jacob, en tout cas inquiétant à souhait ! sans oublier Olvier Mazal et son piano.


Une pièce intéressante et fort bien interprétée.
Anne Delaleu
4 décembre 2018