mardi 29 octobre 2019

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde - Théâtre de la Contrescarpe



Site du théâtre ICI
mardi au samedi 19h
durée 70 mn

Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde

Avec Elliot Jenicot et Anaïs Yazit
Écrit et mis en scène par Laetitia Gonzalbes


Erik Satie, je n’allais pas manquer un spectacle sur un de mes compositeurs favoris, je n’ai pas été déçue ! Pensez donc, les Gymnopédies, les "embryons desséchés", les "gnossiennes", et de jolies mélodies “je te veux” ou l'inénarrable “Allons y chochotte” !

photos Fabienne Rappenau

Mais sommes-nous vraiment face à ce génial compositeur ? comment se fait-il qu’il donne un autre nom à Anna ? Enfin, de toutes façons Monsieur Satie, binocles sur le nez, parapluie, chapeau melon et barbichette se lance dans l’évocation de sa vie, dansant, prenant des poses, aidé par la jeune femme, ces deux-là s’amusent bien !

photo Fabienne Rappeneau

Cet original se moque des conventions, sa musique manque de forme ? bon et bien il composera trois morceaux “en forme de poire” ! Un humour dévastateur ce Satie vous dis-je ! Iconoclaste, se prenant au sérieux, pas vraiment, en tout cas brocardant certains de ses confrères, et la critique n’en parlons pas ! Sa vie amoureuse ? “Biqui” Suzanne Valadon, rejeté par elle, il compose “Vexations”...

photo Fabienne Rappeneau

photo Fabienne Rappeneau

photo Fabienne Rappeneau

Sur un livret de Cocteau, le décor et les costumes de Picasso, musique de Satie, le ballet “Parade” sera créé par Diaghilev, les critiques seront virulentes. Satie baigne dans un “bouillon de culture”, il est à l’origine du groupe des six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre), ses compositions jouées dans le monde entier, chantées et toujours au répertoire des artistes lyriques.

Biographie ludique et décalée, grâce à l’interprétation géniale de Elliot Jenicot, qui investit le personnage, douceur et sensualité avec Anaïs Yazit. La projection d’un film d’animation aurait beaucoup plu à Satie, la mise en scène de Laetitia Gonzalbes est créative, en forme de… peut-être !
photo Fabienne Rappeneau

Un très bon moment de théâtre et de musique à ne pas manquer !



Anne Delaleu
29 octobre 2019
théâtre de la Contrescarpe



lundi 28 octobre 2019

Contes russes et autres histoires vraies - La Huchette


Site de la Huchette ICI
durée 70 mn



Contes russes et autres histoires vraies


Adaptation et avec Yves Thuillier, Compagnie Les oies sauvages.

Spectacle de contes, tirés des textes d’Afanassiev accompagnés de mélodies à la balalaïka.

Un très beau spectacle que nous a présenté Yves Thuillier, il chante, danse, nous conte les histoires de la grande Russie, anecdotes historiques, sur le tsar Alexei, furieux contre la musique qu’il juge dégradante, l’oukase est lancé sur les musiciens, les chanteurs et les instruments de musique… la balalaïka sera imaginée et inventée à partir de cette époque !

Contes fantastiques, lutins farceurs, animaux doués de parole et de raison, n’oublions pas la sorcière Baba Yaga ! Yves Thuillier joue de tout pour nous faire rêver, sourire, il utilise à la perfection les objets, les déguisements, l’art de la marionnette pour illustrer un conte. On voyage avec lui et avec les tsiganes, une belle leçon d’humanité. 

De la couleur, des costumes, des poupées russes, de la musique, du rire, tout est fort bien mené par le conteur.

S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas !

Anne Delaleu
28 octobre 2019
théâtre de la Huchette

vendredi 25 octobre 2019

Les pâtes à l'ail - théâtre de la Scène Parisienne


jeudi au samedi 19h
jusqu'au 31 décembre 2019
durée 75 mn
site du théâtre ICI

Les pâtes à l’ail
Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé

Mise en scène Jean-Carol Larrivé


Les pâtes à l’ail
Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé

Mise en scène Jean-Carol Larrivé


Quoi de meilleur pour passer une bonne soirée que des pâtes à l’ail, et du vin à partager avec son meilleur ami !

Vincent attend Carlo, ils se connaissent depuis la naissance, ils sont mieux que des frères, des amis, et le repas des retrouvailles est sacré.

Vincent est restaurateur et selon la formule, bon père, bon époux, et travailleur, peut être un peu trop ! Carlo, lui, ne s’engage pas vraiment, photographe et papillonnant, sa dernière conquête rencontrée dans une boulangerie, entre baguette et croissant !

La soirée démarre, on veille sur les pâtes qui cuisent, les amis discutent de tout et de rien, Vincent est sur les nerfs et fait un pétage de plomb, et pour cause, Carlo a invité pour le café, sa nouvelle copine Julia accompagnée d’une amie. Trahison ! Vincent annonce alors la nouvelle qui fait mal, à laquelle on ne croit pas lorsqu’il s’agit d’un proche. Sa maladie, il n’en parle à personne, et maintenant il demande l’impossible service à son ami. Il a tout prévu.

Carlo fera tout et mettra tout en oeuvre pour le faire changer d’avis, et ce qui devrait être abominable à entendre, devient un moment de rires, d’humour et d’amitié. Pas de larmes, des bons mots, des répliques drôles et efficaces. Vincent changera-t-il d’avis ? Si vous voulez le savoir, courez voir cette comédie, qui fait du bien !

Un dernier point, surtout ne me dénoncez pas à ces siciliens, je n’aime les pâtes que … bien cuites !

Anne Delaleu
25 octobre 2019
Théâtre La Scène Parisienne


jeudi 24 octobre 2019

Les ecchymoses invisibles - D. Saïbi - Théo Théâtre



Site du théâtre ICI
tous les jeudis à 19h jusqu'au 19 décembre 2019
durée 1h15


Les ecchymoses invisibles
Djamel Saïbi

Mise en scène Djamel Saïbi

Avec Eric Moscardo et Emma Dubois


Dans la pénombre d’un salon, une femme parle seule, elle est terrifiée à l’idée d’affronter Michel son mari. Il lui a remis 50 euros pas plus, pour acheter tout ce qu’il faut et préparer un apéro dinatoire. Ce pourrait être une soirée sympathique, avec le collège de Michel et sa copine, mais Corinne a tout loupé, malgré la liste sur Excel que lui a donné Michel. Elle a dépassé le budget et pas moyen de payer, elle n’avait pas de carte bancaire… Alors elle est sortie du supermarché sans rien, s’est posée un moment avant de rentrer, elle réfléchit, comment va t'elle s’en sortir ?

Michel rentre tout content, c’est un homme séduisant, rigolard il est fou de maquettes d’avion et souhaite montrer sa dernière trouvaille à Fabian son collègue. Un vrai môme !
Elle lui donne son scotch préféré, que bien sûr il lui ordonne de ne pas servir à leurs invités, ils auront un whisky banal ! Comment faire pour aborder la question “supermarché loupé” ?

Michel ne parle pas, il éructe, il gueule, insulte sa femme, arrive à la persuader de tous les maux de la terre, reproches, grossièretés. Elle n’a plus envie de rien, même pas de se préparer pour accueillir le collègue, Michel lui ordonne encore d’aller se changer, avec tout l’argent qu’il dépense pour elle, elle a bien de quoi se vêtir et se maquiller ce soir !

Corinne ne supporte plus les brimades, les humiliations, elle a tout subi, la perversité de son mari l’a éloignée de sa famille, de ses filles, elle n’a plus d’amis.

Les parents de Michel étaient trop amants, fusionnels, ne se préoccupant pas de leur fils, qu’ils ont appelé “Michele” en l’honneur de la chanteuse Michèle Torr, qu’ils adorent. Michèle Torr peut-être n’est-ce pas anodin comme choix, elle aussi est partie après 24 ans de vie commune et de maltraitance !

Corinne a maintenant les cartes en mains et surtout l’arme de service de Michel… que va-t-il arriver ?

Une bonne mise en scène sur un sujet douloureux, Emma Dubois est émouvante sans être larmoyante, Eric Moscardo a le mauvais rôle, mais il est parfait dans le personnage du grand gamin qui veut rattrapper une enfance pourrie. Cela explique ceci mais ne l’excuse pas.

Un spectacle important à voir.


Anne Delaleu
24 octobre 2019
Théo Théâtre

mercredi 23 octobre 2019

La nuit du cerf - cirque Le Roux - théâtre Libre



site du théâtre ICI
durée 1h20
jusqu'au 2 février 2020


Cirque Le Roux
La nuit du cerf

Mise en scène Charlotte Saliou

Avec Lolita Costet, Valérie Benoît, Grégory Arsenal, Philip Rosenberg, Yannick Thomas, Mason Ames


Il y a toujours une histoire avec le cirque Le Roux, cette fois, une réunion de famille un peu macabre mais bien déjantée, dans une maison de famille, frères et soeurs se retrouvent avec leurs conjoints respectifs.

Comme souvent, les intrigues se nouent, les caractères s’affirment, grosse dispute pendant le dîner, éclats de voix et puis un étrange personnage fait son apparition… Que va-t-il arriver au narrateur ? cette maison, cette forêt, tout concorderait pour un Agatha Christie !

Les artistes font démonstration de numéros d’acrobaties, chorégraphies, patins à roulettes, banquine, mains à mains, colonne humaine toujours impressionnante.


Ils s’envolent dans les airs, rattrapent avec une facilité déconcertante leurs partenaires, se suspendent aux agrès, grand écart sur fil de fer… Beauté d’un porté, d’une glissade.

Bien sûr, les numéros sont entrecoupés de sketchs (parfois un peu trop longs), mais toujours l’humour et la sensualité. Décor soigné et ambiance inquiétante, vidéos.



Un rendez-vous avec le cirque Le Roux ça ne se manque pas ! Une standing ovation largement méritée.

Anne Delaleu
23 octobre 2019
théâtre Libre-Comédia

lundi 21 octobre 2019

Contes et légendes de la Huchette - contes de Ionesco


Site du théâtre ICI

Contes et légendes de la Huchette
Contes de Ionesco


Mise en scène Emilie Chevrillon
Pauline Vaubaillon (Josette) Serge Noël (Papa et Jacqueline la bonne)

Voici le deuxième conte de la Huchette et à tout seigneur, tout honneur, c'est dans "son théâtre" que les contes de Ionesco sont joués.

Josette est une petite fille bien turbulente, pleine de vie, pas question que ses parents dorment tranquilles alors qu’elle est (trop bien) réveillée ! elle pique même le petit déjeuner à Jacqueline la bonne anglaise. Josette est adorable, petite frimousse, toujours le sourire et les yeux pétillent de malice pour faire des bêtises.

Papa fait comme il peut, il tente vainement de raisonner la fillette, c’est un monsieur bien occupé, et maman dans tout ça ? elle survole la maisonnée, un tendre regard sur son mari et sa fille, elle est toujours habillée de rose, on dirait une ballerine.

Papa et Josette s’en vont visiter les monuments de Paris, Josette pour une fois, n’est guère enthousiaste, mais c’est si drôle de poser des questions à Papa, surtout sur l’âme quand on visite Notre-Dame, ou bien quand on prend l’avion pour aller dans les nuages et voir tout le monde si petit.

Eugène Ionesco (1909-1994), a écrit ses contes pour Marie-France sa fille, il y a déjà le côté théâtre de l’absurde, et c’est un monument de drôlerie, habilement mis en scène par Emilie Chevrillon, Pauline Vaubaillon connaît bien son personnage et l’a peaufinée encore plus, grimaces, caprices, toute la panoplie de la petite fille espiègle et casse-pieds, Serge Noël est un papa dépassé et une Jacqueline flegmatique, il est parfait.

Jeux de mots, répliques qui font penser à “la cantatrice chauve”, et puis jeux avec les accessoires, les tissus, enfin tout est jeu !

Beaucoup de jeunes enfants dans la salle qui se sont bien divertis, les grandes personnes aussi bien sûr…

Voilà une belle idée pour faire aimer le théâtre tout jeune !
Anne Delaleu
21 octobre 2019
théâtre de la Huchette

dimanche 20 octobre 2019

La famille Ortiz - JP Daguerre - Théâtre Rive Gauche



Site du théâtre ICI
mardi au samedi 21h - dimanche 15h
durée 1h30

La famille Ortiz
Jean-Philippe Daguerre

Mise en scène Jean-Philippe Daguerre

avec Isabelle de Botton, Bernard Malaka, Stéphane Dauch, Charlotte Matzneff,
Antoine Guiraud, Kamel Isker

Le début de l’histoire se déroule au Japon, pays des matins calmes… Pierre est chanteur, Claire sa compagne attend leur premier enfant. Elle a toujours cru en son Pierre, c’est l’amour véritable, mais voilà elle ouvrira la porte et Pierre devra répondre de ses mensonges.

Il lui raconte alors, en effet, il a une famille, des parents et des frères jumeaux, près de Bordeaux. Les parents se sont rencontrés, elle infirmière, lui blessé lors d’une corrida. Coup de foudre et quelques mois plus tard naissance de l'aîné Pierre, qu’on appellera aussi Madiba.

Secret de famille, non-dits, Pierre est bien obligé de se replonger dans un passé douloureux, au fil de l’histoire on comprendra pourquoi il en veut à son père, et pourquoi il est obligé de se taire pour ses frères et sa mère.

Les comédiens sont parfaits, mais je n’ai pas adhéré à cette histoire, peut être à cause de scènes répétitives - repas, corrida, toujours le même protocole - qui m’ont paru bien longues.

Anne Delaleu
20 octobre 2019
théâtre Rive-Gauche


samedi 19 octobre 2019

Tant qu'il y aura des coquelicots - C.Paillé - Essaion Théâtre


Jusqu'au 23 novembre
Site du théâtre ICI
jeudi, vendredi, samedi 19h30
durée 75 mn

Tant qu’il y aura des coquelicots

Cliff Paillé



Mise en scène : Cliff Paillé
Avec Pauline Phélix, Cliff Paillé

On arrive dans la salle, un homme est plongé dans sa lecture, bon on essaie de ne pas faire de bruit… heureusement, il lève le nez et nous interpelle, il nous conte sa passion pour la lecture !

Il a dix ans, c’est la rentrée, bon on entre ou pas dans la classe ? personne ? si une dame plongée dans son livre, qui les invite non seulement à entrer mais à lire aussi le livre qu’elle a posé sur leur pupitre !

Ouh la ! Pagnol “Le château de ma mère”, Paul n’est pas enthousiaste, il ne comprend rien à l’histoire et puis il est “foot” avant tout. Mlle Mansard a plus d’un tour dans son sac pour ouvrir l’esprit et la curiosité des enfants, elle est marrante, de bonne humeur, sensible, elle s’amuse autant qu’eux.

Paul a aussi une super mamie, il se réfugie chez Mamie Louise quand c’est compliqué à la maison. Mamie Louise adore lire et Paul aime se blottir contre elle quand elle lui lit des romans.

Chasse aux oeufs, exercice d’écriture pour l’imaginaire, c’est si important, comprendre, s’amuser avec les mots, découvrir, apprendre en s’amusant et puis…  écouter Barbara, alors ça Paul n’en revient pas, la longue dame brune ça ne le branche pas non plus, mais Mlle Mansard est persuasive.

Une bien belle comédie, poétique, drôlissime, joué avec conviction par Cliff Paillé et Pauline Phélix et surtout qui donne les clés pour nous aider à faire aimer un livre ! Avec un livre, c’est l’aventure, la liberté, oui c’est aussi la solitude, mais on peut lire à voix haute pour quelqu’un après tout.

La pièce commence et se termine avec le beau roman de Philippe Claudel “la petite fille de M. Lihn”. Moi aussi j’ai aimé ce livre.

En reprenant le bus, le hasard a voulu qu’un petit garçon à côté de moi, me montre ses livres, il était fier et gourmand d’histoires que sa maman lui racontait !

De Cliff Paillé, se joue également “Madame Van Gogh que je vous conseille d’aller voir au Studio Hébertot et que j’ai beaucoup aimé à Avignon.

Anne Delaleu
19 octobre 2019
Essaïon Théâtre


vendredi 18 octobre 2019

Prof - J-P Dopagne - Théo Théâtre


site du théâtre ICI
durée 1h15 - tous les vendredis à 19h30
jusqu'au 13 décembre 2019

Prof'

Jean-Pierre Dopagne


Mise en scène Yves Javault
Avec Jean-Marie Garandet


Un homme qui a perdu sa dignité, face à des ados difficiles, lui le fils d’un paysan, d’un “cul terreux”, il a voulu croire en la transmission du savoir, de la beauté d’un texte. Son père voulait qu’il fasse autre chose, oui enseignant c’est ça qu’il faut faire !

Mais que faire face à des gamins qui préfèrent les belles voitures, d’abord ça gagne combien un prof ? Lui, le professeur, parle de ses confrères, l’un picole, l’autre s’en fout, une encore prend des antidépresseurs. Lui, il a sa femme, choriste à l’opéra et leur petite fille, mais tous les matins, une grosse barre à l’estomac, a-t-il au moins une écoute de ses supérieurs, pas vraiment, alors il est seul, face à des mômes qui le méprisent, face à leurs doutes et leurs angoisses aussi, mais qui n’a rien à voir avec Molière, Plutarque, Shakespeare...

De quoi parle cette pièce ? du ras-le-bol d’un homme qui ira jusqu’à la tragédie pour se sentir libre, mais aussi de la représentation théâtrale, un acteur, un professeur, ils ont un public. Et là est-ce l’acteur ou le prof qui s’adresse à nous ?

Un texte d’une brûlante actualité, je pense au suicide de cette directrice d’école, qui n’avait pas trouvé l’écoute nécessaire. Les problèmes sont toujours les mêmes, la faute à qui ? à quoi ?



Anne Delaleu
18 octobre 2019
Théo Théâtre

mercredi 16 octobre 2019

En ce temps là l'amour - G. Segal - théâtre des Mathurins



Site du théâtre ICI
mercredi au samedi 21h - dimanche 16h30
durée 1h20

En ce temps là, l’amour...
Gilles Ségal (1929-2014)

Mise en scène : Christophe Gand
Avec David Brécourt

Une pièce, une cave apparemment, tout un bric à brac, caisses, valises, horloge, pendule. Un homme que nous nommerons Z, enregistre sur un magnétophone à bandes, il hésite plusieurs fois, il reprend sa phrase, on sent bien que ça lui coûte de parler, il s’adresse à son fils, qui vient d'être papa.


C’est une confession, un message que veut transmettre cet homme. Lors de l’enregistrement il parle aussi de sa femme et de sa fille. L’homme a vécu la déportation, mais le héros ce n’est pas lui, c’est un compagnon d’infortune avec son petit garçon. Ce père de famille, fera tout pour vivre “normalement” pendant le trajet qui les conduit à Auschwitz. Dans le train, il continuera à donner des leçons de français à son enfant, l’encourageant à dire des récits, à inventer des histoires. Ne pas se laisser aller, et pourquoi pas, devenir amoureux !


Bien sûr, les autres le prennent pour un fou, et Z ne supporte pas cette inconstance, le père n’écoute pas les autres gémir ou prier, il fera en sorte que son petit garçon ne souffre pas. Z est excédé et ne peut imaginer que l’on puisse passer outre ce qui les attendra au bout. Il s’en prend à tout, aux religions, à Dieu ou Jéhovah. Et puis, peu à peu, sa violence se transformera, il finira même par entrer dans le jeu de l’homme.


C’est une leçon d’humanité que nous propose Christophe Gand, le texte de Gilles Segal est poignant, parfois comique, pas de pathos, les sept jours du trajet sont ponctués par de la musique, dont Bach et Mozart. Comédien exceptionnel David Brécourt prend le récit à bras le corps et lui insuffle la vie et l’amour. Il est brillant, drôle.

Un spectacle qui ne laisse pas indifférent.


Anne Delaleu
16 octobre 2019
Théâtre des Mathurins (petite salle)