mercredi 11 mars - mercredi 18 mars à 15h
et samedi 21 mars 17h30
Mise en scène : Estelle Andrea et Magali Paliès.
Avec Estelle Andrea, Oscar Clark, Julien Clément ou Michel Dudan et Magali Paliès.
Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants ! Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
Aude de Tocqueville
Mise en scène - Séverine Vincent
Avec Pierre Forest
Nous
voilà donc devant l’expert d’un musée londonien, furieux, mettez-vous à sa
place, on vient de lui apprendre et confirmer que le tableau de Vermeer qu’il a
prêté au Louvre est un faux, la bakélite que l’on a relevé dans le tableau n’a
été trouvé qu’en 1907 !
C’est alors qu’apparait comme par magie, Han van Meegeren le faussaire qui pourrit la vie et le « five o’clock » de l’expert !
Il n’est pas gêné Han, après tout, c’était un peintre de talent, et il a essuyé refus et moqueries ! En 1920, il décide de créer de faux Vermeer, les experts n’y voient que du feu…
Même le Maréchal Goering en personne, grand amateur de Vermeer, ne se doute de rien ! et achète grand nombre de toiles à Han. Mais la supercherie va être découverte et fera trembler le monde de l’art !
Cette comédie, fort drôle, sur les faussaires et particulièrement sur Han van Meegeren, que je ne connaissais pas, me fait maintenant douter, lorsque je vais voir une exposition et que j’admire les œuvres, est-ce que c’est bien du peintre ou un faux ?
Je me souviens d’ailleurs avoir vu il y a quelques années une rétrospective Vermeer à Paris…
Le duo François Barluet et Benoît Gourley fonctionne à merveille, une comédie à voir pour rire et s’instruire !
François Barluet est également l’auteur de la pièce à succès « les collectionnistes » qui se joue à Avignon au théâtre des Gémeaux, après son triomphe à Paris.
Valérie Demay
Mise en scène Merryl Beaudonnet - Charlotte Bigeard
Les Rochambelles, surnom donné à la première unité féminine, qui en 1939 se retrouveront ambulancières pendant la seconde guerre mondiale, et intégreront la 2ème DB du Général Leclerc.
Jacqueline quitte le Havre pour les Etats Unis, laissant désolé, son fiancé qu’elle compte bien épouser dès son retour, oui mais l’Histoire et le destin vont en décider autrement.
Florence Conrad, américaine, aimant la France, veut bousculer les idées reçues sur les femmes et grâce à son courage et sa détermination, elle réussi à engager des jeunes femmes pour la suivre dans cette aventure.
Pas facile de faire un « bataillon » de femmes, elles doivent affronter les moqueries et les réflexions sexistes, sans compter qu’entre elles ce n’est toujours pas la belle amitié.
Valérie Demay rend hommage à sa grand-mère Gabrielle Demay ainsi qu’à Jacqueline Fournier sa coéquipière, qui s’est engagée comme ambulancière, et lui a raconté son histoire. Une belle idée que de ressortir dans la lumière ces jeunes femmes, qui ont participé à la libération de Paris et dont certaines n’ont pas eu les honneurs mérités.
Merryl Beaudonnet et Charlotte Bigeard ont réussi une mise en scène
inventive, explosive, touchante, aidées par de merveilleux artistes.
Anne Delaleu
Le masque de fer et le mousquetaire,
ou le secret de Saint-Mars
Donat Guibert (auteur et interprète)
Mise en scène Alain Veniger et Donat Guibert
Paris, 1708.
Monsieur de Saint-Mars, geôlier de la Bastille est interrogé par Linget, un journaliste, qui veut connaître le secret du Masque de Fer.
Ce personnage a eu la lourde tâche de s’occuper
du plus célèbre et énigmatique prisonnier désigné comme « le masque de fer »
puisqu’il portait pour cacher son visage un masque de fer ou de velours, qui
était ce personnage ? il était traité avec beaucoup d’égards, donc les spéculations
vont bon train. Seul Monsieur de Saint-Mars voyait son visage, les autres gardiens
ne devaient connaitre l’identité de cet homme sous peine de mort ! on ne
traite pas un vulgaire péquin de cette façon…
Cette histoire a donné lieu à de nombreux films, romans, documentaires télé, et Donat Guibert s’en empare pour le théâtre. Il exprime tour à tour, de la peur, de l’humour, et une infinie souffrance. Le décor et les accessoires sont sobres, après tout nous sommes à la Bastille, connaitra-t-on vraiment la fin de l’énigme ? bonne interprétation et mise en scène saisissante.
Ah les énigmes historiques, qu’elles soient
françaises ou étrangères on adore !
L’affaire Corneille Molière
Marc Tourneboeuf
Mise
en scène Julien Alluguette
Je n’aime pas les sports d’hiver, mais ma foi, avec les Perrichon, ça ne manque pas de sel !
Monsieur Perrichon, bon bourgeois, aime sa femme
et sa fille (en âge de se marier !).
Il leur propose un séjour à la montagne, bien entendu, ce ne sera pas de tout repos, deux galants les accompagne, ces jeunes gens sont tombés sous le charme de la jeune fille, lors d’un bal.
Enfin les sommets, la neige, la mer de glace
(qui va valoir des problèmes à notre Perrichon !) et un commandant irascible
et amoureux.
Sa tendre épouse tente bien de le raisonner,
mais rien à faire, et surtout pas question de reconnaissance envers le jeune
homme qui l’a sauvé, il ne supporte pas d’être son obligé.
Il est vaniteux, ingrat, et le revers de la médaille sera amer.
On rit beaucoup à cette comédie-vaudeville, Frédérique Lazarini signe une mise en scène fraiche, dynamique, les vidéos, les lumières, les costumes, les changements de scène orchestrés, tout ceci est bien mené.
De merveilleux comédiens, Cédric Colas en tête est un fantastique Perrichon, drôle et émouvant, Emmanuelle Galabru parfaite dans le rôle d’épouse, Messaline Paillet malicieuse, Hugo Givort et Arthur Guézennec deux amoureux sympathiques, amusants et Guillaume Veyre qui endosse plusieurs rôles avec beaucoup de subtilité.
C’est le moment de partir joyeusement avec
Monsieur Perrichon et la famille ! Un spectacle qui ravira petits et grands.
Candide
Voltaire
Je m’appelle Georges… et vous ?
Gilles Direk
Avec Mélanie Page, Grégori Baquet, Marine Dusehu, Etienne Launay, Stéphane
Roux
Ah la ! la ! se faire plaquer et obliger de déménager dans un quartier qu’il ne connaît pas, voilà ce qui arrive au charmant Georges, qui partant à la découverte de son environnement, s’aperçoit que les résidences portent un prénom féminin et malheureusement ceux de ses ex-copines ! Une nouvelle construction un nouveau nom « Emilie » va lui poser un sacré problème !
Georges cherche son Emilie, il rencontre une jolie blonde et leur jeu amoureux consistera à ne pas connaître leurs prénoms. Ils se plaisent tant ces deux-là !
C’est une jolie comédie drôle, romantique, superbement joué, mention spéciale pour les décors-vidéos, les comédiens évoluent dans un espace bande-dessinée, Eric Bu signe une mise en scène joyeuse dans un rythme dynamique de cette nouvelle comédie de Gilles Dyrek.
Mélanie Page est très subtile et ravissante, Grégori Baquet séduisant et touchant, Marine Dusehu, Etienne Launay et Stéphane Roux endossent différents rôles et costumes avec un égal bonheur.
Pourquoi se priver d’une aussi bonne comédie, vous sortirez du théâtre
heureux !
Le barbier de Séville (ou la précaution inutile) (1775)
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732 -1799)
Mise en scène Justine Vultaggio
Avec Justine
Vultaggio : Rosine (en alternance Laura Marin), Michaël Giorno-Cohen :
Bartholo (en alternance avec Mikaël Fasulo), Victor O’Byrne : Almaviva, Oscar
Voisin : Figaro, Alexis Rocamora : Basile.
Dans la belle ville de Séville au 18ème siècle, la jolie Rosine, jeune orpheline est cachée au monde par son tuteur Bartholo, c’est un grand jaloux, amoureux d’elle ou de sa dot ? Basile est un grand amoureux aussi mais de l’argent !
Enfin, le séduisant Comte Almaviva est lui aussi amoureux de Rosine, il veut être aimé pour lui-même et se fait passer pour un étudiant pauvre, aidé en cela par le facétieux Figaro.
L’amour ne peut entrer par la porte et bien il passera par la fenêtre ! Beaumarchais savait défendre la femme cloitrée, la jeune fille obligée de se marier par convenance. C’est une pièce amusante, légère, mais qui dit beaucoup de choses. Certes il faut penser qu’à l’heure actuelle, beaucoup de jeunes « Rosine » sont prisonnières.
Justine
Vultaggio signe une mise en scène drôlissime, colorée, les comédiens sont tous excellents,
à souligner la beauté des décors, des costumes et les jeux de lumière.
Vous
ne pourrez avoir qu’une envie revenir au théâtre pour rire sans modération avec
cette charmante comédie.
Colette, l’incorrigible… besoin d’écrire
Calme, volupté, Colette relit ses pages, dans la douceur de son logis, son joyeux bric-à-brac, et une jolie boite de musique, elle se corrige, se remémore ses souvenirs d’enfance, l’amour que lui portait Sido sa mère, mais surtout son père le Capitaine Colette, amputé d’une jambe.
Colette rend hommage à ce père, c’était un écrivain dans l’âme, et elle se souvient avec gourmandise du matériel d’écriture qu’il achetait !
Elle se remémore, la nature, les animaux, l’enfance heureuse, le jardin mais surtout le couple heureux que formait ses parents.
Nathalie Prokhoris vit intensément les textes si riches, si beaux que Colette, disparue il y a 70 ans nous a laissé en héritage.
Un spectacle et une comédienne à voir sans
hésiter, pour la beauté de la langue, l’écriture et l’humour !
Mise en scène Jean-Paul Tribout
Avec Baptiste Bordet, Maryline Fontaine, Emma Gamet, Agathe Quelquejay
ou Lou Noerie, Thomas Sagols ou Anthony Audoux, Xavier Simonin et Jean-Paul
Tribout
Mise en scène François Michonneau
Avec Bérengère Dautun, Benoît Dugas, Ilyès Bouyenzar,
avec la voix de Jean-Claude Drouot
1889, le jeune Romain Rolland fait la connaissance d’une femme d’exception, Malwida von Meysenbug, celle-ci a traversé bien des épreuves qui l’ont fait grandir, elle est érudite, musicienne, fine politicienne, féministe.
Le jeune homme venu de sa Nièvre natale, de Clamecy exactement, sera pris sous son aile, elle le conseille comme elle peut, un grand échange épistolaire entre eux pour ne pas se perdre de vue, jusqu’au dernier jour de Malwida.
Je retiens de cette pièce, l’élégance du jeu, la passion de Bérengère Dautun, l’humanité de Benoit Dugas, Ilyès Bouyenzar est un charmant Romain Rolland et un merveilleux pianiste sans oublier la voix chaleureuse de Jean-Claude Drouot.
Oui un moment gracieux et attentif pour connaître un peu mieux, le futur
Nobel de Littérature, enfant chéri de Clamecy, pacifiste comme son ami Stefan
Zweig. Et connaître le parcours et la vie lumineuse de Malwida, dans une sobre
et intéressante mise en scène de François Michonneau.
Marc Delaruelle
Mise en scène de l’auteur
Avec Claude Mailhon et Patrice Ricci
Pauvre Céleste ! épouse bafouée, elle se réfugie dans les bonnes œuvres, voilà ce que c’est que d’avoir épousé (sans amour) le brillant vicomte de Chateaubriand, un de nos plus grands écrivains.
Mais voilà Céleste s’amuse beaucoup des incartades de son époux, elle le menace de partir et de recouvrer la liberté !
François-René de Chateaubriand, supporte son épouse à petites doses… il a une grande nouvelle à lui apprendre, mais il faudrait que Céleste le laisse parler.
Ils passeront donc la nuit à se quereller, à se dire leur quatre vérités, la fin sera drôle et surprenante !
Claude Mailhon est une Céleste malicieuse,
exaspérée mais pas vraiment soumise.
Patrice Ricci donne une vision plus humaine de Chateaubriand, plus légère, un « faune au crépuscule » en effet.
Les deux époux sont séparés depuis pour l’éternité, elle dans une chapelle boulevard Raspail, lui sur son îlot de St Malo.
Une bonne comédie écrite et mise en scène par
Marc Delaruelle, un moment d’Histoire et de Littérature qu’il serait dommage de
manquer.