Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants !
Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
Mise en scène : Virginie Lemoine Avec Corinne Touzet Assistante mise en scène : Laury André Décor : Grégoire Lemoine
Un intérieur ? Une cuisine ? Un studio sans aucun doute, bien aménagé, une
femme est allongée au sol, elle s’éveille enfin et tout en s’affairant
activement, nous raconte tout ce qu’on veut savoir sur le 20ème
siècle sans oser le demander !
Elle se démène Corinne, danse, se prépare son petit-déjeuner, repasse, s’habille
tout en nous racontant les inventions, les guerres, les découvertes
scientifiques, le cinéma érotique et même Barbie !
L’évolution du droit des femmes, y a encore du boulot… enfin elle note
tout sur son petit carnet, a eu drôle de façon de ranger ses affaires ou de
chercher dans son sac, un joyeux petit fouillis ! mais elle s’y retrouve
et ne perd pas le fil de son histoire.
Corinne Touzet prend un grand plaisir à interpréter ce texte, elle est
dynamique, toujours sexy, drôle, la mise en scène de Virginie Lemoine est
inventive, le décor une vraie boite à joujoux et les vidéos sont surprenantes !
mardi au samedi 21h matinée samedi 17h00 dimanche 15h
LE TESTAMENT MEDICIS
Stéphane Landowski
Mise en scène Raphaëlle Cambray
Avec : Karina Testa, Eric Prat ou Jean-Marie Frin, Antoine Pelletier,
Michaël Abiteboul ou Sébastien Lalanne, Nicolas Poli, Massimo Riggi ou Audran
Cattin
En repartant avec le bus, nous passons devant le
Louvre… et j’entends une petite fille « ah la ! la ! qu’est-ce qu’elle
est moche la Joconde ! c’est vrai tout le monde est déçu !» le
couperet tombe sur notre Mona Lisa, par cette petite fille que l’on a trainé un
peu trop dans les musées…
Mais non Mona n’est pas moche, elle a son
sourire énigmatique, et le gardien du Louvre de notre histoire, la veille
jalousement, amoureusement. Il attend son fils Laurent, ils n’ont pas le même
parcours de carrière, mais une grande tendresse. Laurent est toujours pressé.
Son père, lui conte une singulière histoire sur Mona Lisa, et dans les salles
du musée se retrouvent devant eux, François 1er et Léonard de Vinci.
Le monarque insiste pour acheter le portrait de la femme au doux sourire,
Léonard souhaite le léguer à son serviteur…
Le temps passe, et Laurent se voit confier un
secret, un testament, celui des Médicis.
C’est une très bonne comédie, on y apprend
beaucoup de choses, mais oui même encore sur Mona Lisa. Chacun repartira avec
son idée ! Jean-Marie Frin apporte de l’émotion à son personnage de gardien,
Michaël Abiteboul est un convaincant Léonard, Massimo Riggi est le très
démonstratif voleur du Louvre, Nicolas Poli est royal, Antoine Pelletier déploie
sa tendresse et son charme, et n’oublions pas Karina Testa qui fait tourner bien
des têtes !
Raphaëlle Cambray réussit une dynamique mise en
scène, après l’excellent « Et si on ne se mentait plus ? ». Une
belle histoire, amusante, qui ne cherche pas à convaincre mais à distraire.
Site du théâtre ICI Lundi 21 h - dimanche 19 h jusqu'au 16 avril 2023 durée 1h30
L’Aigle à deux têtes
Jean Cocteau
Adapté par Paul Goulhot Mis en scène par Paul Goulhot Avec Huifang Liu, Jérémy Brige, Olivier Ho Hio Hen, Maïko-Eva Verna et Bounsy Luang Phinith
Accessoires et décors : Laura Trouillard et Laure Garnier Musique : Coralie Royer Vidéos et Illustrations : John Philomène Costumes : Émilie Engrand Création lumières et sons : Patrick Chevillard et Eliott Rogé
Une jeune reine vit recluse dans son palais, tous les ans elle
célèbre la mort de son mari le roi, assassiné le jour de leurs noces. Elle est « espionnée »
par sa dame de compagnie, Edith de Berg, pour le compte de l’Archiduchesse sa
belle-mère, et du Comte de Foehn.
Un soir d’orage, un jeune homme, blessé, fait irruption dans sa
chambre, il est anarchiste, se nomme Stanislas, la police le recherche mais
surtout il ressemble trait pour trait au roi ! Sa mission est de tuer la
reine.
Celle-ci pour garder auprès d’elle le jeune homme, le fera
passer pour son lecteur. Ils se sont épris l’un de l’autre, mais la Cour et ses
intrigues feront vite vaciller cet amour, et la tragédie n’est plus loin…
Paul Goulhot a transposé en Asie cette histoire d’amour, interprétée
avec subtilité par Huifang Liu qui donne de l’humanité a son personnage, Jérémy
Brige est le séduisant Stanislas amoureux et anarchiste, Olivier Ho Hio Hen est
Félix, tiraillé entre Edith son ancienne fiancée et la reine, Maïko-Eva Verna
donne du personnage d’Edith une version plus douce mais intrigante, Boun Sy
Luang Phinith est un glacial Comte de Foehn on n’aimerait pas tomber entre ses
griffes !
De délicats dessins à l’encre de Chine projetés en vidéos,
représentant les différentes pièces où se déroulent l’action, deux sabres japonais
au centre. Costumes soignés, accessoires.
Jean Marais avait lancé un défi à Cocteau, celui-ci lui a donc
écrit cette pièce, créée en 1947 par Edwige Feuillère dans le rôle de la reine.
Un condensé du roi fou de Bavière et de sa cousine Elisabeth, plus connue sous
le nom de Sissi.
Jean Cocteau, le prince des poètes, nous a quittés il y a 60
ans, Edith Piaf était décédée la veille, et l’on dit que c’est en apprenant sa
mort que le cœur de Cocteau a lâché.
Alice Guy, vous connaissez ? peut-être n'est-elle pas une inconnue pour ceux qui sont allés voir l'exposition sur le cinéma au musée d'Orsay, il y avait deux extraits de films qu'elle a réalisée.
co Lucas Lomazzi
Mais revenons à notre histoire, Alice doit travailler, sa famille a eu des revers de fortune, elle sait taper à la machine à écrire et se retrouve dans le bureau de Monsieur Léon Gaumont. Elle s'intéresse à la photographie et au début du cinémascope. Elle a beaucoup d'idées ! mais elle doit faire face à la misogynie ambiante, aux avances de certains. Elle a du caractère, et tombe sous le charme de Herbert Blaché, ils se marient, n'ont pas encore d'enfants.
co Lucas Lomazzi
co Lucas Lomazzi
Le rêve cinématographique a failli se terminer plus vite que prévu, en effet en 1897 une étincelle jailli du projecteur de cinéma installé dans le Bazar de la Charité, met le feu et embrase tout l'édifice en toile et en bois ! La Préfecture interdit toute projection et donc toute répétition. Cela durera quelques mois, l'autorisation de tourner est enfin donnée !
M. Gaumont envoie Herbert aux Etats Unis et Alice se doit de suivre son mari, alors qu'elle avait tant de projets en France ! L'aventure américaine se passera mal, tant du point de vue professionnel que personnel.
Voilà donc l'histoire de cette grande dame oubliée, et c'est une excellente idée d'avoir écrit une pièce sur ce personnage, décédée aux USA en 1968.
Relâches :9 et 16 octobre - 13 novembre - 24, 25, 31 décembre - 1er et 7 janvier 2019
1830
Sand Hugo Balzac tout commence…
Ecriture et mise en scène Manon Montel
Avec Stéphane Dauch (Balzac), Thomas Marceul (Hugo)
– Manon Montel (Sand)
Manon Montel amoureuse des beaux textes et des
grands hommes a imaginé une rencontre entre trois personnages illustres, Hugo,
Balzac et Sand.
Tout commence en 1830, Charles X est contraint à
l’exil, tous aspirent à la
République, Sand en tête, mais c’est Louis-Philippe 1er
qui devient roi des français. Déception, espoir, tout se mêle. Comme toujours
les promesses politiques se font attendre (tiens ça ne date pas
d’aujourd’hui !). Liberté d’expression, création artistique, ils se
battent pour leurs droits et ceux des autres.
Nos trois amis que ce soit au travers de leurs échanges
épistolaires ou de vive voix, parlent de leurs amours (bien compliquées), de
politique (pas plus simple), d’éducation (oui déjà), et surtout de leurs
œuvres. Les uns critiquant les autres sans méchanceté, ni jalousie. Mais
argumentant leurs idées au travers de leurs propres expériences.
Les trois comédiens sont débordants d’énergie, la
mise en scène laisse la part belle au texte. Un moment de grâce. De belles
pages de leurs chefs-d’œuvre sont interprétées, belle idée de nous replonger
dans l’esprit et le style du 19ème siècle.
Avec en alternance : Benjamin Arba, Merryl
Beaudonnet, Constance Carrelet, Hélie Chomiac, Gaël Cottat, Rémi Couturier,
Charlie Fargialla, Tadrina Hocking, Frédéric Imberty, Damien Jouillerot, Blaise
Le Boulanger, Claire-Lise Lecerf, Christian Pelissier
L’histoire que l’on
nous conte, est véridique, deux jeunes médecins Polonais, Eugène et Stanislaw vivent
à Rozwadow. L’un est marié et père de famille, l’autre éternel hésitant et
influençable pour tout, un peu « crapaud fou » quand même !
1990, New York,
Anastazy, jeune étudiante rend visite à un vieux monsieur, qui n’est autre que
Stanislaw, il est heureux de rencontrer la petite fille de son meilleur ami
Eugène. Il va lui raconter leur incroyable histoire. La jeune femme fait une
thèse sur l’expérience de Milgram.
1940, Rozwadow :
Eugène soigne à la nuit tombée, en cachette, les familles juives du village. Sa
femme Anna s’inquiète, il pourrait être dénoncé. Un officier allemand vient le
voir un jour, il est couvert de sang. Eugène le soigne, serment d’Hippocrate
oblige, le SS ne l’oubliera pas.
Les jeunes sont
envoyés en travail obligatoire par l’occupant nazi. Un jour un de leurs amis,
leur demande l’impossible, l’amputer d’un membre pour lui éviter de partir en STO !
Stanislas a une meilleure idée… elle sera reprise par Eugène, qui va inoculer
le vaccin contre le typhus aux habitants du village, dont les juifs menacés de
déportation.
Bien entendu, Berlin
envoie des militaires pour vérifier que la quarantaine est bien nécessaire. Les
deux soldats seront reçus par les deux médecins, et aussi par quelques
villageois qui joueront leur rôle de malade bien contagieux à la perfection !
Beaucoup d’émotion
bien sûr, mais aussi de la gaîté et de la musique, comment ne pas éclater de
rire avec Damien Jouillerot qui interprète plusieurs rôles, dont un Hitler vrai
clin d’œil à Villeret ! Les autres comédiens ne sont pas en reste, la mise
en scène créative, audacieuse, les personnages de 1990, « naviguent »
en 1940, comme dans une bande dessinée.
du mardi au samedi 21h30 jusqu'au 12 mai durée 1h25 site du théâtre ICI
Providence
Neil LaBute
Adaptation et mise
en scène Pierre Laville
:
Avec Xavier
Gallais et Marie-Christine Letort
Providence… sens
premier du terme, c’est la volonté divine, et au second plan, le destin, le
hasard.
Le 11 septembre
2001 c’est l’apocalypse à New York, mais pour Ben et Abby, c’est la Providence, le moment
où jamais.
Dans l’appartement
d’Abby, Ben est affalé sur le divan, on entend une sonnerie de portable, il ne
répond pas, et pour cause. C’est le lendemain de l’attaque terroriste, il se
trouve chez Abby sa maîtresse, normalement il aurait dû être dans une des
tours. Que faire ? Rassurer sa femme et ses filles ? Il a un autre
projet en tête.
La poussière
envahit la pièce, Abby rentre chargée de provisions. Elle raconte à Ben ce qui
se passe dehors, le chaos, les magasins dévalisés. La peur et le désarroi sont partout.
La relation avec
Ben n’est pas facile, il peut se montrer violent, et aussi drôle et mal à l’aise.
Il propose à Abby de profiter de la situation providentielle qu’ils vivent pour
recommencer ailleurs une nouvelle vie. Laisser croire qu’il fait partie des disparus,
le prix à payer, c’est qu’il renonce à voir grandir ses filles. Quant à Abby,
elle est sa supérieure hiérarchique, elle a bataillé pour avoir un poste
important, laissera-t-elle tout tomber par amour ?
Un duo de comédiens
exceptionnels, des dialogues souvent crus, et comme toujours avec LaBute un
final auquel on ne s’attend pas.
J’aime l’écriture et
l’univers de cet auteur, j’avais beaucoup aimé « La forme des
choses » (The shape of things) donnée à Paris en 2008 et Bash en 2014 (adaptation
de Pierre Laville).
jusqu'au 30 mai mardi au samedi 19h - dimanche 17h30 durée 1h10 au Petit poche site du théâtre ICI
Madame Marguerite
Roberto Athayde
Mise en scène Anne
Bouvier
Avec Stéphanie
Bataille
J’ai 7 ans, je suis
assise gentiment sur mon banc, avec les copains et copines, nous attendons la
nouvelle institutrice…. Madame Marguerite, entre, elle n’a pas l’air commode, elle
nous toise tous, sort des livres de son grand sac, l’air satisfait.
Elle nous demande
si on voit tous bien, pour en être sûre, elle inscrit le mot CUL sur le tableau,
ouh là ! Madame Marguerite parle d’elle à la troisième personne, on dirait
qu’elle a peur de dire « je », elle nous dispute, s’imagine que nous
sommes tous des obsédés sexuels… Son problème ? Elle demande toujours si
quelqu’un s’appelle « messie », « Jésus » ou encore « St
Esprit », elle s’inquiète, s’énerve, se prend la tête, elle semble
souffrir. Je suis dans mes petits souliers pourvu qu’elle ne m’interroge pas !
La voilà qui monte
sur son bureau, fait des acrobaties, elle est souple, en apesanteur. Elle nous
dit aussi que nous allons tous mourir, et nous demande de faire une rédaction
sur notre enterrement… et puis elle nous
met en garde contre les substances illicites, la drogue. Décidément je n’aime
pas la biologie.
Pour Madame
Marguerite, de toutes façons on ne sait rien, on n’apprend pas vite, on va se
faire avoir si on ne sait pas lire, si on ne compte pas bien…
Stéphanie Bataille est
une redoutable institutrice, sous des apparences violentes, elle a une
fragilité en elle, on ressort de la classe chamboulés par son « message »,
sa leçon de vie.
les lundis, mercredis,
vendredis à 20h30
les jeudis et samedis à 19h les dimanches à 17h jusqu'au 14 avril site du théâtre ICI
Lettres à Elise
Jean-François Viot
Mise
en scène Yves Beaunesne
Avec
Lou Chauvain et Elie Triffault
Un
jeune homme feuillette un album de famille, des livres sur la Grande Guerre sont
éparpillés près de lui. Un journal tombe de l’album, ce sont les lettres que
Jean écrivait à sa femme Elise…
1914,
Jean Martin, part à la guerre, il espère revenir au plus tôt, il est
instituteur, marié et père de famille. Il retrouve ses copains de régiment à la
caserne. Pour ne pas oublier, pour rester toujours en contact, pour survivre,
il écrira quotidiennement à Elise, les histoires de camarades, les tranchées,
mais aussi l’amitié et la rigolade parfois. Elise quant à elle, lui apprend
qu’un troisième enfant va bientôt arriver… Il espère que ce sera une fille, au
moins on ne l’enverra pas à la guerre !
Elise,
lui parle du quotidien, de la survie, de l’égoïsme des uns, la vie continue et
les femmes sont capables de reprendre les métiers tenus par les hommes. Quatre
longues années, et enfin une permission !
Une
belle histoire d’amour, petites histoires dans la grande Histoire, Lou Chauvain
et Elie Triffault tiennent leurs rôles avec naturel.
Un
spectacle à voir pour ne pas oublier le sacrifice de nos grands-parents, en ces
temps de commémoration.