mercredi 29 avril 2026

Je n'ai pas lu Foucault (chefs d'oeuvre en prison) - C. Caussimon - Essaïon théâtre

 



Site du théâtre ICI
tous les mardis à 19h
jusqu'au 2 juin 2026
Salle théâtre
durée 1h


Je n’ai pas lu Foucault

Chefs d’œuvre en prison

De et avec Céline Caussimon

Mise en scène Sophie Gubri

 

Céline Caussimon, nous offre un moment de grâce et d’humanité avec son seule-en-scène Je n’ai pas lu Foucault (moi non plus !). Seule sur les planches, elle déploie une galerie de portraits saisissants : surveillants, coordinatrices culturelles et, surtout, les détenus, hommes ou femmes selon les prisons et les endroits.

Céline anime des ateliers d'écriture en milieu carcéral. On y découvre les heurts, les bagarres soudaines, règlements de compte, mais aussi l’inattendu. Là où nous passons trop vite devant un chef-d’œuvre dans un musée climatisé, les prisonniers, eux, regardent vraiment. Ils décortiquent l’attitude d’une poule sur une toile ou l’éclat d’un regard. Un détenu réclame avec insistance un Cézanne... On comprendra plus tard, le pourquoi de cette obsession ! Une autre aime se projeter dans un tableau, elle s’évade à sa manière.

Il y a celui qui n’aime pas écrire, il n’y voit pas d’intérêt, et ceux qui, à travers les mots des autres, retrouvent les leurs. Céline Caussimon interprète chaque personnage avec une justesse bouleversante, sans jamais tomber dans le pathos. Elle nous interroge : comment l’art peut-il encore sauver quand les murs se referment ?

Le ministre de la Justice, devrait voir ce spectacle, il éviterait que certains détenus se carapatent pendant des « sorties culturelles », on peut « s’évader » aussi avec un atelier d’écriture !

Un spectacle émouvant, drôle, intéressant, vous pouvez vous laisser enfermer à l’Essaîon sans problème ! Une mise en scène efficace de Sophie Gubri.
Anne Delaleu
28 avril 2026
Théâtre Essaïon

jeudi 2 avril 2026

La guerre des émeus - théâtre 100 NOMS - Nantes



 
Site du théâtre ICI

LA GUERRE DES EMEUS

De et avec Antoine Le Frère et Florent Oulkaïd


Mise en scène Elisa Mabit et Damien Reynal

Scénographie Benjamin Mornet

 

Je dois l’avouer : je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Une guerre contre des émeus ? Les émeus cousins de l’autruche, mais en plus grand !

Sur le papier, cela semblait absurde, déjanté. Et puis il y a le théâtre. Et là, tout prend une autre ampleur. Deux comédiens, rien de plus — et pourtant, un monde entier surgit. Ils courent, transpirent, racontent, incarnent, basculent d’un personnage à l’autre avec une jubilation contagieuse. Il y a quelque chose de l’enfance dans ce jeu-là : le plaisir pur de faire semblant, de transformer trois fois rien en épopée. Et même garder sa moustache pour incarner le seul personnage féminin !

Derrière l’histoire (vraie !) de cette guerre grotesque, qui s’est déroulée en 1932 en Australie, se dessine un vertige très contemporain. Le ridicule du pouvoir. L’entêtement absurde.

Et tout cela passe par les deux interprètes incroyables. On sent qu’ils s’amusent — et cet amusement-là, si précieux, se transmet immédiatement, surtout avec le langage « fleuri » du Major Meredith.

Simplicité de la mise en scène. Rien ne pèse, tout circule. On est embarqué sans même s’en rendre compte, et, mine de rien, on en ressort avec des images, des idées, des questions.

Un théâtre de tréteaux, vivant et populaire.

  

Anne Delaleu
Théâtre 100 noms (Nantes)
2 avril 2026