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lundi 10 juillet 2023

L'île des esclaves - Marivaux - Avignon Conditions des Soies

 


Conditions des soies Ici
salle Molière
19h30 
durée 1h30

L’ile des esclaves

Marivaux

 

Mise en scène : Christophe Lidon

Adaptation : Michael Stampe

Textes additionnels : Valérie Alane

 

Avec : Valérie Alane, Thomas Cousseau, Armand Eloi, Morgane Lombard, Vincent Lorimy

 

La « servante » éclaire la scène, un comédien lit un extrait des « voyages de Gulliver », une comédienne sort son portable, l’autre balaie, enfin sommes-nous chez Marivaux ?

Ma foi oui, une troupe de comédiens jouent « L’île des esclaves », une belle toile de fond illustrera les différentes scènes, pour l’instant c’est le naufrage et Arlequin et son maître Iphicrate parviennent enfin sur une île, oui mais là tout va changer le valet devient maître et abuse de son pouvoir.

Euphrosine et Cléanthis font de même, mais ces échanges ne se font pas sans larmes ni révolte. Oui, mais Trivelin est aussi le chef de troupe, et il a bien du mal à se faire respecter et entendre par les comédiens ! Là aussi remontrances, discussion sans fin sur l’argent, la manière de traiter les collègues.

Marivaux l’avait bien écrit, les changements de situation et de rôles ne sont pas si simples, et les mauvaises manières reprennent vite le dessus, quelque soit la perruque ou le costume que l’on porte !

Enfin Christophe Lidon a signé une bien intéressante mise en scène, et les comédiens sont excellents et imprégnés par leur rôle, c’est drôle, grinçant, amusant, et surtout fort bien interprété !

Anne Delaleu
10 juillet 2023
Conditions des Soies

mardi 11 octobre 2022

Le journal d'une femme de chambre - O. Mirbeau - théâtre de la Huchette

 

Site du théâtre ICI
durée 1h20
mardi au samedi 21h

Le journal d'une femme de chambre
Octave Mirbeau

Mise en scène Nicolas Briançon

avec Lisa Martino


Charmante et mutine Célestine, elle sort de sa baignoire, se pare de sa serviette de bain tout en gourmandant une personne au regard trop appuyé …


co Fabienne Rappeneau

Elle est femme de chambre dans une maison bourgeoise en Normandie, ses nouveaux patrons Monsieur et Madame Lanlaire, ça la fait rire car ils portent un nom à faire et dire bien des blagues !


Célestine a été souvent placée, elle en a à dire sur le beau linge peu reluisant, des patronnes peu intéressées par la chose, par contre leurs maris c’est autre chose ! sans parler des obsédés, le dernier en date lustrait les bottines avec une jouissance évidente… d’autres la désirent, elle se laisse faire, elle aime parfois qu’on la possède. Son enfance ? un frère et une sœur dont elle n’a plus de nouvelles, elle n’en cherche pas non plus, et la mort de sa mère la laisse indifférente.

co Fabienne Rappeneau


Joseph le cocher de Madame, ne laisse pas insensible la jolie Célestine, pourtant elle se doute bien de quel homme il est, quel monstre… Quelle importance après tout, elle sera patronne, deviendra égoïste ne s’embarrassant pas de principes, oui elle posera en patriote alsacienne, oui elle acceptera le racisme et l’antisémitisme. Un monde pas bien propre en somme.

Lisa Martino incarne parfaitement la domestique sensuelle, coquine, amusante et aussi la jeune fille fracassée par la vie, par l’alcool et les plaisirs.

Nicolas Briançon signe là une mise en scène dense, étouffante, cruelle, qui ne laisse pas indifférent.

La Huchette est décidemment un lieu de programmation passionnant !

 

Anne Delaleu

11 octobre 2022

Théâtre de la Huchette



samedi 8 juin 2019

Maya, une voix - Essaïon théâtre


Site du théâtre ICI
durée 70mn
du 24 Mai au 15 juin : Les vendredis et samedis à 19h45
Puis du 28 juin au 27 Juillet : Les vendredis et samedis à 21h30


Maya, une voix

création collective : Eric Bouvron, Julie Delaurenti, Tiffany Hofstetter, Sharon Mann, et Elizabeth Wautlet.

Mise en scène : Eric Bouvron

Avec : Ursuline Kairson, Julie Delaurenti ou Sharon Mann, Vanessa Dolmen, Tiffany Hofstetter ou Elizabeth Wautlet et Audrey Mikondo.

Sur scène, cinq femmes chantent et jouent la vie de la petite Maya. Elle est très complice avec son frère, et tous deux sont ramenés à St Louis, ils vivaient chez leur grand-mère dans une petite ville de l’Arkansas.

Ils retrouvent leur mère, chanteuse dans un cabaret, elle vit avec un autre homme. Celui-ci abusera de la fillette et Maya traumatisée par ce viol et obligée de témoigner contre lui au Tribunal, décidera de ne plus prononcer une parole, croyant que c’est à cause d’elle que Freeman a été retrouvé mort…


Maya, ne parle plus, mais elle est employée comme bonne à tout faire, et puis un jour la rencontre avec Mrs Flower va sans qu’elle s’en doute, changer sa vie.

Elle ne dit pas un mot soit, mais elle lit, et dévore les livres que lui prête cette femme, qui a compris toute l’intelligence et la sensibilité de la jeune fille. Il faut écrire, écrire ce qu’elle ressent. Ses poèmes vont aussi lui attirer les foudres de sa grand-mère mais Mrs Flower veille ! Maya est en route pour la gloire !

Eric Bouvron a mis en scène, de façon ludique et intense, la vie de Maya, Ursuline Kairson est l’interprète idéale, une voix chaleureuse. Les cinq artistes jouent les différents rôles, c’est toujours émouvant, drôle, dynamique.

Bien entendu, Bill Clinton ça me disait quelque chose… mais Maya Angelou rien du tout ! et c’est là l’importance du théâtre, nous faire découvrir des personnes, des vies, des oeuvres.

Anne Delaleu
8 juin 2019
Essaion théâtre



mercredi 30 janvier 2019

Le prince travesti - Marivaux - théâtre 71


durée 2h15
site du théâtre ICI (pour les dates de tournées)
prochainement au théâtre Montansier de Versailles du 6 au 10 février

Le prince travesti

Marivaux


Mise en scène Yves Beaunesne

avec Nicolas Avinée (Lélio), Johanna Bonnet (Lisette, maîtresse d’Arlequin), Thomas Condemine (Arlequin), Jean-Claude Drouot (Frédéric, ministre de la princesse), Elsa Guedj (Hortense), Pierre Ostoya-Magnin (l’ambassadeur du roi de Castille), Marine Sylf (la Princesse de Barcelone) et Valentin Lambert musicien


Yves Beaunesne, situe l’histoire de nos jours, une histoire d’amour certes, mais le pouvoir y est omniprésent, l’argent aussi. Un splendide lustre, un immense escalier qui mène aux appartements, sur le côté un piano, sur lequel sont disposées des photos.

Hortense, jeune veuve (mal mariée), est logée chez son amie la Princesse de Barcelone, elle lui conte une aventure bien étrange et bien romanesque, elle a été sauvée par un inconnu alors que son carrosse était attaqué par des malfrats. La Princesse se confie à son tour, elle est demandée en mariage par le roi de Castille, elle ne sait que répondre, car son cœur est pris par Lélio, qui a remporté une belle victoire dans son armée, qui est devenu son favori au grand dam de Frédéric son ministre, qui convoite la tête du gouvernement.

Lélio, est un aventurier, mais il est surtout le prince de Léon, qui voyage incognito de pays en pays, pour connaître d’autres façons de gouverner. C’est un prince éclairé et courageux. Il pense toujours à la jeune personne qu’il a sauvée…

Arlequin, valet de Lélio, aime l’argent, les femmes, et la bonne chère. Peut-on l’acheter facilement, c’est ce que tente Frédéric, pour connaître l’identité de Lélio.

Amour, pouvoir, lutte des classes, argent, corruption, tout est finement présenté dans cette comédie de Marivaux.

La distribution est dominée par Jean-Claude Drouot, impressionnant Frédéric, Thomas Condemine est un Arlequin, drôle, véritable bête de scène disons-le ! Quelle énergie avec sa Lisette, Johanna Bonnet, ils forment un duo pétillant et drolissime !

Elsa Guedj, femme-enfant, elle a la fragilité qu’il faut pour le rôle, Marine Sylf est une princesse sûre d’elle et de son pouvoir. Nicolas Avinée campe un Lélio fantasque, sérieux souvent lorsqu’il s’agit de son amour. Pierre Ostoya-Magnin digne, élégant.

J’ai moins aimé les intermèdes chantés, ils ralentissent le rythme et n’apportent pas grand-chose. Mais j’ai passé un très bon moment de théâtre.

Anne Delaleu
30 janvier 2019
Théâtre 71 Malakoff