mercredi 11 mars - mercredi 18 mars à 15h
et samedi 21 mars 17h30
Mise en scène : Estelle Andrea et Magali Paliès.
Avec Estelle Andrea, Oscar Clark, Julien Clément ou Michel Dudan et Magali Paliès.
Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants ! Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
Marc Delaruelle
Mise en scène de l’auteur
Avec Claude Mailhon et Patrice Ricci
Pauvre Céleste ! épouse bafouée, elle se réfugie dans les bonnes œuvres, voilà ce que c’est que d’avoir épousé (sans amour) le brillant vicomte de Chateaubriand, un de nos plus grands écrivains.
Mais voilà Céleste s’amuse beaucoup des incartades de son époux, elle le menace de partir et de recouvrer la liberté !
François-René de Chateaubriand, supporte son épouse à petites doses… il a une grande nouvelle à lui apprendre, mais il faudrait que Céleste le laisse parler.
Ils passeront donc la nuit à se quereller, à se dire leur quatre vérités, la fin sera drôle et surprenante !
Claude Mailhon est une Céleste malicieuse,
exaspérée mais pas vraiment soumise.
Patrice Ricci donne une vision plus humaine de Chateaubriand, plus légère, un « faune au crépuscule » en effet.
Les deux époux sont séparés depuis pour l’éternité, elle dans une chapelle boulevard Raspail, lui sur son îlot de St Malo.
Une bonne comédie écrite et mise en scène par
Marc Delaruelle, un moment d’Histoire et de Littérature qu’il serait dommage de
manquer.
Lady Agatha
(l’incroyable vie d’Agatha Christie)
Cristos
Mitropoulos et Ali Bougheraba
Metteur en scène : Cristos Mitropoulos - Assisté
de : Lison Jouard
Avec Camille Favre-Bulle, Tatiana Gousseff ou Christine
Bonnard, Marie-Aline Thomassin, Matthieu Brugot, Erwan Creignou, Léo Guillaume
Lumières : Franck Thevenon
Décor : Olivier Hébert et Annie Giral
Costumes : Virginie Breger
Musiques : Adrien Hollocou
La jeune Agatha Miller veut devenir Lady ! elle ignore
encore qu’elle deviendra la « duchesse du crime »… et Lady aussi mais
un peu plus tard.
En quelques tableaux, la vie d’Agatha Christie se déroule
devant nous, attention sur le plateau, humour, grâce et imagination, de sa naissance
à sa vieillesse, d’Hercule Poirot à Miss Marple, de ses amours aussi, et surtout
de son incroyable rage de vivre et de tout découvrir, tout essayer.
Un déploiement de gags, de décors, changement à vue, et
surtout une interprétation impeccable !
Nous sommes tous passionnés par les aventures policières et
il faut reconnaitre que les œuvres de Madame Christie ont été si souvent « détournées »,
« adaptées », à la sauce française et anglaise.
Je me suis beaucoup amusée en regardant cette vie déjantée
et du dynamisme des comédiens, une mention particulière pour Camille
Favre-Bulle qui campe avec un naturel désarmant et si comique notre chère
Agatha !
Un super moment de théâtre.
Anne
Delaleu
Théâtre
de la Michodière
15
mai 2024
Music-Hall Colette
Cléo Sénia et Alexandre Zambeaux
Adaptation et mise en scène Léna Bréban
Interprétée par Cléo Sénia
Ingénue ? Libertine ? Un peu des deux !
Cléo se trouve face à une Claudine bien délurée,
mais elle sait se défendre grâce à la technique, la régie et les lumières !
L’enfance de Colette, sa rencontre avec Willy
qui lui fit découvrir les plaisirs interdits, avec Missy nièce de Napoléon III,
ses débuts au music-hall, dénudée, scandaleuse, et ses deux autres maris !
Une amoureuse notre Colette.
C’est une pétulante vie de Colette, librement et drôlement inspirée, que nous conte avec un dynamisme et une leçon de vie à toute épreuve, la « chatte » Cléo Sénia, elle a du tempérament à revendre, se donne à fond, elle aime et admire l’écrivain. Toutes plumes dehors, elle chante et danse, charme le public, l’engueule aussi, et surtout aime sa Bourgogne, le bon vin et la bonne bouffe ! Colette n’avait que faire des régimes et autres restrictions, c’est peut-être hélas ce qui n’a pas arrangé sa santé.
Léna Bréban signe une mise en scène, drôle, inventive, et a su tirer partie du fabuleux potentiel de son interprète.
Colette nous a quittés il y a soixante-dix ans,
elle repose au Père Lachaise, après des obsèques nationales bien méritées, elle
qui n’a jamais pu entrer à l’Académie Française !
Le voyage de Monsieur Molière
Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre
Mise en scène Jean-Philippe Daguerre
Avec Grégoire Bourbier ou François Raffenaud, Stéphane Dauch, Violette
Erhart, Mathilde Hennekinne, Charlotte
Matzneff ou Floriane Vincent, Teddy
Mélis ou Michaël Giorno-Cohen, Geoffrey Palisse et Charlotte Ruby ou Guilia De
Sia
2022, Léo fait des études de médecine, mais son rêve absolu c’est d’être comédien, il va donc passer une audition, mais pris par le trac il s’évanouit, et se réveille… au 17ème siècle en compagnie de comédiens, et pas des moindres, ceux de Molière et de son Illustre Théâtre !
Bien sûr, il va devoir expliquer certains anachronismes, tel son jean, et sa passion pour les Beatles ! Il s’en sort très bien, et la jeune Armande Béjart n’est pas insensible à son charme, et ce qui ne gâche rien elle ressemble à sa petite amie du XXIème siècle !
Molière décide d’engager ce jeune homme comme homme à tout faire et comédien, Léo connait bien la fin de l’histoire, et malgré tout il joue le jeu, se laisse séduire, se lie d’amitié avec Gros René mari de Marquise. Il poussera Molière et la troupe à partir à Paris on ne peut pas échapper à l’Histoire !
Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre, ont écrit une belle pièce sur l’amour du théâtre, sur notre « patron » Molière dont on souffle les 400 bougies cette année. Il y a du panache, de l’humour, de l’action, bravo pour les costumes et les décors, la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre est dynamique, drôle, un vrai travail de troupe ! On s’amuse, on est ému, les comédiens sont excellents.
Une belle fresque à voir absolument, bon si des
fois je tombe en syncope je veux bien me réveiller à la première du « Tartuffe »
j’ai des choses à dire à Molière…
Scénographie : Juliette Azoppardi et Jean-Benoît Thibaud
Assistante à la mise en scène: Florence Mato
Glenn grandit à Toronto, sa mère est possessive, castratrice, son père ne dit rien, n’intervient pas sur l’éducation de leur fils unique. Flora Gould est une pianiste frustrée et malheureuse, elle veille sur son fils, trop, le fait travailler plus que de raison. Il n’a pas une enfance comme les autres.
Couvert de gros pull, écharpes, gants, il a toujours froid, hypocondriaque et sans doute autiste Asperger, il n’a pas d’amis, enfin si, Jessie sa cousine, qui lui voue une admiration et un amour sans bornes, c’est une charmante jeune fille, mais timide, tout le monde dans la famille sait qu’elle se fait battre par son père… mais personne n’intervient. Elle n’aura pas le courage de se révolter.
Glenn et ses exigences extravagantes, ses choix en musique, pas question de lui faire jouer Chopin ! et les concerts avec ce public pas toujours respectueux de l’artiste, toux, froissement de papier, etc. Glenn Gould décide, sans doute aussi est-il mal à l’aise en public, d’arrêter les concerts, et de ne faire que de l’enregistrement.
C’est l’histoire émouvante et souvent drôle de ce musicien hors pair, dont la vie privée était quasiment inexistante qui ne vivait que pour Bach.
Encore une belle réussite que cette pièce d’Ivan Calbérac, la mise en scène est soignée, les comédiens sont excellents, chacun dans leur registre, Thomas Gendronneau est bluffant dans le rôle de Gould.
Glenn Gould, une légende, j’ai deux enregistrements de lui, j’ai dû m’habituer à l’entendre chantonner en jouant du piano ! Voilà quarante ans qu’il nous a quittés.
Une pièce à découvrir sur ce géant du piano et
qui vous donnera l’envie d’écouter ses enregistrements.
Puis à Avignon théâtre Le Chien qui fume à 17h
La priapée des écrevisses
Christian Siméon
Mis en scène par Vincent Messager
Avec Andréa Ferréol, Pauline Phelix,
Vincent Messager et Erwin Zirmi
Le
reporter envoyé par la RTF dans les années 50 en a par-dessus la tête et il y a
de quoi, il est parti en Angleterre, pour une interview de Lady Robert Brooke
Campbell Scarlett-Abinger, vous la connaissez ? si, si vous la connaissez,
sous un autre nom, en fait son défunt mari a été assassiné, oui ce médiocre
personnage ne méritait pas cette fin tragique, mais c’est un fait et on ne
saura jamais ce qu’il s’est passé en 1908, car nous avons affaire à une
manipulatrice, menteuse de génie ! Pourtant le journaliste veut absolument
savoir la vérité sur le crime de l’impasse Ronsin…
Revenons
sur le passé sulfureux de Marguerite Japy, née dans une très bonne famille.
Elle épouse le peintre Steinheil, ouvrira son salon, recevra des personnalités
politiques, et la peu farouche Marguerite deviendra la maîtresse de Félix
Faure, Président de la République française. Mais voilà qu’un après-midi de
1899, dans un salon de l’Elysée, Félix passera de vie à trépas dans ses bras,
je vous passe tous les surnoms équivoques que l’on a donné à Marguerite… « la
pompe funèbre » étant le plus parlant !
Nous
voici à nouveau dans sa cuisine elle est aidée par une charmante servante (un
brin polissonne), elle adore cuisiner, surtout des plats de sa composition,
avec d’étranges ingrédients… Elle se confie aussi, apparemment elle a aimé
Félix, elle a des mots très durs sur la politique, sur les hommes. A-t-elle
tous ses esprits on pourrait en douter.
Un
plaisir de retrouver Andréa Ferréol qui donne vie, sensualité, humour et
émotion à Marguerite, Pauline Phelix pousse la chansonnette, elle sait être
coquine sans dépasser les limites, Vincent Messager a bien du courage avec ses
deux femmes qui lui donne du fil à retordre, sa mise en scène est habile, le
décor aux couleurs criardes, mais rien ne pouvait être sobre pour « la
connaissance » de Félix !
A voir à Avignon Le Chien qui fume à 17h.
Anne Delaleu
2 juin 2022
Studio Hébertot