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mercredi 27 septembre 2023

Borderline - F. Coste - Théâtre de Passy

 



Borderline
Flavia Coste
 
 
Mise en scène Daniel Russo, assistée par Amanda Russo
 
 Avec Daniel Russo et Philippe Lelièvre
 



Comment gérer quand on est psy, à la fois, la folie de son patient qui lui se sent hyper bien, et la colère de sa femme qui l’attend au restaurant. Pas simple !
 
Le docteur ne peut pas faire autrement que de recevoir Pavel, celui-ci lui a téléphoné le matin, au bord du suicide. Alors lorsque Pavel entre, décontracté, heureux, il y a quelque chose qui cloche…
 
Il est quand même un peu spécial Pavel, et le docteur s’en rendra compte assez vite, il a plus d’un tour et autre chose dans son sac, le fou bien sûr, quant au psy il soigne avec des proverbes, on n’y comprend goutte et Pavel s’impatiente…
 
Voilà une bien sympathique comédie, avec petit clin d’œil à Sir Alfred et son cultissime « Psychose », enfin c’est mon avis ! Bravo aussi au décor de Jean-Michel Adam.
 
Daniel Russo et son complice Philippe Lelièvre nous livrent une séance de psychanalyse avec humour, et nous font réfléchir aussi. Flavia Coste dont j’avais déjà apprécié « Non à l’argent ! » et « Alors on s’aime ! », a l’art de nous faire rire avec une petite pointe de vérité cinglante.
 
Un bon moment de détente à savourer sans modération !
 
Anne Delaleu
Théâtre de Passy
27 septembre 2023

 

mardi 21 septembre 2021

Le visiteur - E-E Schmitt - Théâtre Rive Gauche


Site du théâtre ICI
mardi au samedi 21 h - dimanche 15h
durée 1h45

Le visiteur

Eric-Emmanuel Schmitt


Mise en scène Johanna Boyé


Avec Sam Karmann - Franck Desmedt - Katia Ghanty - Maxime De Toledo



1938, à Vienne, le docteur Freud est déjà malade, (il mourra l’année suivante d’un cancer de la mâchoire). Sa fille Anna le supplie de signer le document qui leur permettra de fuir l’Autriche envahie par les nazis. Il ne souhaite pas partir, il ne veut pas imaginer le pire.

Un officier de la gestapo entre dans l’appartement, il fouille, méprise absolument le docteur Freud, prend ses aises, Anna sort de ses gonds et l’insulte, il la fait emmener pour l’interroger. Freud désemparé tentera de la sauver en téléphonant à ses relations.

Il s’assoie et veut prendre le document qu’il devrait signer, mais voici que le papier s’envole, Freud le récupère, et un homme entre par la fenêtre, il a l’air plutôt sympathique, élégant, Freud est interloqué, comment est-il entré, que veut-il ? de l’argent ?

Non, le personnage s’installe, il n’a pas l’air dangereux, commence alors entre les deux hommes une étrange conversation, Freud par habitude, invite l’homme à s’allonger sur le divan et l’interroge. Il est stupéfait par ce que lui révèle ce curieux personnage, il lui raconte un épisode de son enfance, comment peut-il être au courant ?

Ce visiteur intrigue, est-il comme il laisse prétendre, Dieu le Père, cela tombe bien Freud est athée et il ne va pas mâcher ses mots, mais sa priorité, c’est Anna, l’homme le rassure, elle reviendra bientôt. Ils sont dérangés dans leur conversation, par le nazi qui recherche un homme qui vient de s’échapper de l’asile...

C’est un texte brillant et intéressant, il donne libre cours à notre imagination, quelle que soit notre croyance, ce qui est important c’est le doute qui s’installe chez Freud, chez nous aussi. Sam Karmann est un Freud trés convaincant et émouvant, Franck Desmedt a de l’humour à revendre, Katia Ghanty est une Anna survoltée, et le rôle le plus ingrat mais intéressant revient à Maxime De Toledo qui campe le nazi qui finira par douter aussi !

Une mise en scène intelligente et percutante de Johanna Boyé.


Théâtre Rive Gauche

21 septembre 2021

Anne Delaleu

lundi 8 avril 2019

Le sourire du chat - E. Amato - Petit Montparnasse

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samedi 16h30 - dimanche 19h - lundi 20h30
site du théâtre ICI
Le sourire du chat
Elisabeth Amato


Mise en scène Christophe Lidon

J’avoue c’est le titre qui m’a plu, et oui, j’adore les chats ! Et je ne regrette pas d’avoir fait connaissance de la magicienne Elisabeth et de Merlin le minou !

Sur scène une belle lune nous accueille, ronde, lumineuse, on entend miauler Merlin le chat et enfin la magicienne entre, élégante avec de jolis escarpins surmontés de boucles en strass, elle agrémente sa tenue d’une rose qu’elle a fait apparaître.

Elisabeth fera fonctionner ses petites cellules grises pour résoudre l’enquête, à savoir qu’est-ce que la magie ? Nous sommes tous magiciens,et le regard que l’on porte sur une chose, une couleur est-il illusion ? Donc après quelques tours de cartes, d’enveloppes surprises, je ne peux pas vous dévoiler les tours de notre magicienne, mais avec humour et poésie, elle nous entraîne dans son monde.

Elle nous invite à sonder les mystères de notre vie, de notre enfance. Les volontaires, qui se prêtent volontiers au jeu (au fait pas la peine de vous planquer au dernier rang, vous serez peut-être l’élu !), elle va nous bluffer par sa maîtrise du mental, sa perception des sens, on se dit “oui je comprends le truc” et bien non ! on a tout faux ! mais c’est drôle et captivant. Pour une magicienne il fallait l’oeil de Christophe Lidon un autre magicien.
J’ai bien fait de suivre mon intuition première et d’aller me distraire avec cet envoûtant spectacle !
Anne Delaleu
8 avril 2019

samedi 22 septembre 2018

Les mots pour le dire - Théâtre de l'Archipel


Du jeudi 6 septembre 2018 au samedi 19 janvier 2019
Jeudi, vendredi et samedi à 19h30 - durée 1h15


Site du théâtre ICI
Photos Philippe Escalier

Les mots pour le dire

D’après le roman de Marie Cardinal

Adaptation Jade Lanza
Mise en scène : Fréderic Sousterelle

Avec Jade Lanza et Françoise Armelle et les voix off de Daniel Mesguich, Grégory Laisné, 
Mélanie Paillié et Frédéric Souterelle

Spectacle-cri, d'une sincérité violente, sans concession, ce récit ne ressemble à aucun autre.

Au fil des séances de psychanalyse,  nous suivons le chemin de vie de Marie, enfant, adolescente, jeune femme exsangue, somatisant ses angoisses : la tuberculose qui fera mourir sa sœur. Lorsque sa mère caresse la tombe de sa fille de onze mois qu’elle a perdue, la petite Marie sait que sa sœur est plus importante qu’elle : «J’aurais aimé être la pierre, et par extension, être morte» le divorce des parents, les enveloppes de la pension qu’elle doit réclamer à son père, la mort de ce dernier,  les traumatismes de la sexualité infantile, son éducation par une mère tyrannique et froide, et par-dessus tout, l'ultime souvenir arraché aux ténèbres du refoulement, cet aveu d'une mère, qui ne l’a pas désirée et qui est peut-être à l'origine de tout le mal.


Au terme de son récit, elle s'apercevra qu'elle est délivrée de ses angoisses et qu'elle peut recommencer à vivre. Et  « Quelques jours plus tard, c'était mai 68."


L'adaptation du roman de Marie Cardinal «Les mots pour le dire » (1975) est très réussie. Nous pouvons mesurer, à quel point il reste un grand livre, sur la douleur physique et le combat contre le mal de vivre. Marie Cardinal raconte les sept années de  psychanalyses, trois fois par semaine, qui lui ont évité le suicide.



La mise en scène reste cependant légère, et les comédiennes, excellentes, servent ce texte fort, au travers d’un jeu subtil et d’une diction remarquable. Le psychanalyste quant à lui, est présent dans  la voix off de Daniel Mesguich.


J’étais curieuse d’entendre ce texte qui a marqué toute une génération de femmes, ma génération, et a contribué à libérer la parole des femmes, à faire tomber les peurs.

J’ai retrouvé l’émotion, la force de l’écriture de Marie Cardinal, et son actualité,  tant il y a encore de paroles et de peurs de femmes à délivrer.

Annie Lozac’h
22 septembre 2018

mercredi 25 juillet 2018

La méningite des poireaux - théâtre Artephile - Avignon

14h30 durée 1h20
réservations   +33 (0)4 90 03 01 90

La méningite des poireaux
Frédéric Naud

Mise en scène Marie-Charlotte Biais
Interprète(s) : Jeanne Videau, Frédéric Naud


Ma foi, le titre de la pièce m'a amusée mais je ne connaissais pas du tout l'histoire de François Tosquelles et j'ai appris bien des choses intéressantes !

Cet exilé catalan, médecin psychiatre, après bien des péripéties, parviendra en Lozère, dans un asile où il soignera les malades par des méthodes douces, des ateliers de théâtre. Il devra obtenir l'agrément de la mère supérieure, qui finira par être convaincue. Les pensionnaires se rencontreront, se parleront, ils auront des outils pour travailler dans les fermes. Les hommes sont au combat. Finies les camisoles chimiques enfin presque...

La mise en scène est créative, ludique, certes un peu déroutante mais au final très intéressante et les deux interprètes y sont pour beaucoup.

Le sujet des aliénés abandonnés pendant la guerre avait été relaté dans le film de Philippe de Broca "le roi de coeur", sur un plan plus fantaisiste !


Anne Delaleu
25 juillet 2018