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dimanche 16 juillet 2017

Radieuse vermine - P. Ridley - Chêne Noir Avignon

Anne Delaleu
Théâtre du Chêne Noir - 20h45 (1h25)
16 juillet 2017

Radieuse vermine

Philip Ridley


Mise en scène David Mercatali

Avec Joséphine Berry, Louis Bernard, Floriane Andersen


Fleur et Olive sont jeunes mariés ils attendent leur premier enfant, ils nous expliquent que nous aurions fait la même chose qu’eux à leur place… oui mais voilà, l’histoire n’a rien d’un conte de fées !

Un jour Fleur reçoit un prospectus, ils ont gagné une maison “la maison de vos rêves”, Olivier est sceptique, ils partent la visiter, Fleur est éblouie, Olive nettement moins au vue des travaux de rénovation à faire !

Mlle Luce surgit tout à coup et leur propose un marché, ils prennent possession des lieux mais doivent en effet, tout rénover, ils pourront facilement revendre la maison avec une bonne marge. Olivier n’est guère enchanté mais pour faire plaisir à sa petite femme, il cède.

Une nuit, ils sont réveillés par un bruit, c’est un intrus, un clochard qui est entré chez eux, par accident Olivier le tue et soudain... la cuisine de leur rêve apparaît !

C’est simple dès qu’ils tuent, la rénovation d’une pièce se fait comme dans leur rêve ! Olivier devient serial killer pour embellir la vie de sa famille !


Oui l’histoire est carrément trash, l’humour noir y est roi. Pas de décor, de simples panneaux blancs, après tout la rénovation c’est à nous de la faire !

Les comédiens sont dynamiques, jouent plusieurs rôles, passent d’une scène à l’autre avec brio.

Un spectacle spécial certes mais qui ne manque pas d’intérêt.

Driftwood - Casus Circus - Présence Pasteur Avignon



Anne Delaleu
Présence Pasteur - 14h15 (1h)
16 juillet 2017


Driftwood

Casus Circus


Un véritable enchantement, trois garçons, deux filles, de la haute voltige, des acrobaties à couper le souffle, de la danse aérienne, ils sont tous à l’unisson et gardent leur sourire et leur humour.

Qu’ils soient seul, en duo ou trio, le vocabulaire corporel est là, les portées sont magnifiques, stupéfiants. Du main à main au trapèze, au cercle pour de superbes contorsions dansées, pas de faux pas, tout est millimétré avec aisance.

On retient son souffle, ils s’agrippent les uns aux autres avec une facilité déconcertante et l’humour toujours l’humour et le sourire, facile à refaire chez soi ? hum, hum…


L’humour est là, les artistes n’ont pas le même gabarit, on s’amuse avec le plus petit, qui supporte le plus grand, lance en l’air la jeune femme qui sera rattrapée par son autre comparse.

Ils jouent avec la lumière et l’abat-jour qui descend du plafond, ils dansent, se contorsionnent, la pyramide humaine peut commencer !

De jeunes artistes australiens à ne pas manquer.

Elle... Emoi - E. Van Cappell - Le Petit Chien Avignon

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Anne Delaleu
Le Petit Chien - 11h (1h)
16 juillet 2017


Elle… Emoi

de et avec Emmanuel Van Cappel



Mise en scène Nathalie Louyet



Un musicien grognon nous raconte son parcours professionnel et privé.


Il fait ça très bien, on rit de ses jeux de mots, ses contresens. Il parle de sa trompette comme d’une amante, il n’ose même pas la présenter à ses parents, c’est vous dire !


Parce qu’il parle de son instrument comme d’une personne, elle prend tant de place dans sa vie, il a dû répéter inlassablement avec sa trompette, depuis tout jeune. Pour parvenir à un niveau professionnel, on ne compte pas ses heures, demandez donc à un pianiste ou violoniste.


De ses souvenirs de bébé, bercé par Mozart, à la trompette du jeune militaire, du cornet à piston, du clairon, Emmanuel Van Cappel nous entraîne dans son délire, ne pas s’y tromper, c’est très drôle, ce qui n’empêche pas de réfléchir aux maux physiques, aux crampes qui surviennent, aux accidents. A la vie amoureuse aussi qui a bien du mal à s’imposer.



Les trompettes ne font pas seulement décorum sur scène, Emmanuel en joue pour ses différentes scènes comme le clairon militaire à cheval sur le bras du fauteuil, la trompette de jazz, la trompette qu’il cache jalousement, etc.

Un artiste complet, héritier de Devos, ne vous privez pas de cette heure musicale !

samedi 15 juillet 2017

Médée Kali - L. Gaudé - Présence Pasteur Avignon


Anne Delaleu
15 juillet 2017

Médee Kali

Laurent Gaudé


Interprétation et mise en scène Emilie Faucheux, accompagnée par un contrebassiste

Médée Kali est déterminée à enterrer décemment le corps de ses enfants, ses enfants qu’elle a assassinés alors qu’ils étaient si heureux d’être dans ses bras.

Elle s’est vengée de Jason son amour en tuant leurs fils. Elle n’accepte pas qu’ils soient enterrés à la grecque, elle, Kali doit brûler leurs corps et répandre leurs cendres dans le Gange.

Médée Kali, a un regard qui glace, sa posture de danseuse, recouverte de sang, son attitude, charmeuse, sensuelle, fascine, elle raconte sa rencontre avec Jason à un personnage que nous ne voyons pas, qui semble la suivre, pour quelle raison ?

Elle pourra alors de nouveau aimer, et sa rencontre avec Persée sera sa destinée.



Le texte de Gaudé devient un long poème initiatique, psalmodique et prenant grâce à l’interprétation fascinante d’Emilie Faucheux.

Le violoncelle poilu - H.Mestron - Artéphile Avignon



Anne Delaleu
Artéphile - 18h35 (1h)
15 juillet 2017

Le violoncelle poilu

Hervé Mestron

Mise en scène Pascal Antonini
Avec Thomas Landbo


Lui et Maurice jouent très souvent chez la Comtesse de Hollande, dans les beaux salons, ou les mélomanes se pressent pour écouter Schubert, Beethoven.
Lui, c’est le violoncelle, qui nous raconte sa vie et celle de Maurice Maréchal, son instrumentiste. Maurice a 22 ans, il jouait au concert Lamoureux et la guerre de 1914 éclate, il s’est engagé pour servir la patrie.

Une idée originale, celle de donner la parole à un instrument ! et pourquoi pas puisqu’ils ont une “âme” aussi. C’est un violoncelle un peu prétentieux, il n’est pas fait de n’importe quelle essence de bois, et ne supporte que la beauté et le chic des salles de concerts ou salons de l’aristocratie.
Maurice est fier de servir la nation, il fait la guerre comme ambulancier, et joue souvent chez les gradés.
Hélas, un jour un obus fracasse le violoncelle, qui devient une “gueule cassée”, Maurice récupére l’âme et avec l’aide d’un soldat charpentier, l’instrument se forme dans une caisse à munitions, quelle déchéance, notre violoncelle est horrifié ! Et pourtant… Maurice le surnomme “le poilu” il l’a bien mérité ce surnom.

Thomas Landbo est le violoncelle, il ne fait qu’un avec l’instrument, on y croit, il est le violoncelle qui aurait pu connaître Vivaldi, qui a traversé les siècles, qui ne connaissait jusque là que la beauté de la musique et de la vie, et qui découvre l’horreur des tranchées et de la mort.

Une histoire vraie, belle et émouvante et une performance d’acteur.

Fratelli - D. Hollier - Ninon Théâtre Avignon



Anne Delaleu
Ninon Théâtre - 14h20 (1h25)
15 juillet 2017

Fratelli

Dorine Hollier


MIse en scène Stéphane Cottin
Avec Jean-Paul Farré et Henri Courseaux


“J’ai faim !” hurle Mauro à son frère Sauro, celui-ci continue tant bien que mal et surtout avec douleur à faire ses exercices à la barre, en collant de laine douteux et short déchiré. Mauro est un ancien ténor, il est infirme et se déplace en fauteuil roulant, il chante Traviata pour embêter son frère qui réplique sur du Puccini que déteste Mauro !


Les Fratelli Carusi ont connu leur heure de gloire au San Carlo de Naples, ils vivent maintenant misérables, dans une mansarde à Paris, au moins ils ont vue sur la télé de leur voisin d’en face, qui comme eux est fan de foot !

Leur vie à présent ? s’insulter, grossièretés et insultes pleuvent, ils n’ont plus que ça à vrai dire. Lorsqu’on est obligé de vivre ensemble après avoir connu un certain confort, il ne peut être question que de rancoeur et de haine. MIsère humaine, misère physique, misère financière.


Mauro attend fiévreusement une lettre de Gina, il espére et redoute sa visite, elle lui a écrit qu’elle viendrait le voir. Mais il a peur de sa réaction, Sauro en pleure de rire et on finira par savoir pourquoi.

Le sujet qui fâche entre les deux, c’est la mamma. Elle a toujours préféré son danseur de fils mais n’a jamais accepté son homosexualité. Puis un jour la mamma tombe malade, elle perd la mémoire, alors Mauro prendra “la” décision, il prend toujours les bonnes décisions...

Je n’aurai pas vu d’autres comédiens que Farré et Courseaux pour ce duo de monstres, si attachants pourtant, et faire vivre ce texte cru et drôle !

L'autre fille - A. Ernaux - Artéphile Avignon



Anne Delaleu
Artéphile - 12h40 (1 h)
15 juillet 2017

L’autre fille

Annie Ernaux


Mise en scène Nadia Rémita
Avec Laurence Mongeaud

“GENTILLE” c’est ce qui est écrit sur les panneaux, 6 panneaux suspendus au bout de 6 roses.
Annie Ernaux n’a jamais pardonné à ses parents de lui avoir caché l’existence de Ginette, morte à 6 ans. Annie est venue au monde deux ans après la mort de sa soeur aînée.
Les secrets de famille qui n’en a pas, et un jour ou l’autre un mot, une phrase, une allusion et tout finit par se savoir, on le reçoit de plein fouet, on s’en remet ou pas. Une cousine d’Annie lui a donc appris un jour, l’existence de cette grande soeur.
Alors Annie se révolte contre tout ce qui l’a entourée enfant, la religion, les parents, l’éducation.
Elle-même a failli mourir petite. Sa mère l’a soignée, lui faisant boire de l’eau de Lourdes ! On parle aujourd’hui de vaccination obligatoire, elle existait déjà en 1938 mais n’a pas sauvé Ginette. Les parents sont très pieux, ils ont la maladresse de lui dire “Elle était plus gentille que celle-là” alors qu’Annie fête ses 10 ans…
C’est une femme, qui a de la haine pour tout, sa mère en particulier, Annie ne nous dit rien sur la souffrance de ses parents, (un peu facile de rejeter la faute sur eux).  C’est vrai on ne parlait pas de ces choses là aux enfants, pour les protéger sans doute, parce qu’on estimait que ça ne les regardait pas peut être.

Rien à reprocher à l’impeccable interprétation de Laurence Mongeaud, qui ressent avec intensité les mots durs d’Annie Ernaux.

vendredi 14 juillet 2017

Vincent - L. Nimoy - théâtre du Centre Avignon



Anne Delaleu
14 juillet 2017
Théâtre du Centre - 17h45 (1h15)

Vincent

Léonard Nimoy


Mise en scène :  Paul Stein
avec Jean Michel Richaud

Vincent Van Gogh, le nom fait rêver, nous parviennent des couleurs, et quelle palette lumineuse !
On oublie presque sa nature tourmentée, sa vie parsemée d’embûches, ses combats, ses révoltes.
Un homme bon, qui était vite jugé, malade certes, dépressif, ses abus de toutes sortes l’ont conduit à se mutiler, à en mourir.
Son frère Léo, a voulu peindre aussi, sous l’oeil critique et moqueur de Vincent. Mais ce qui est le plus important, c’est l’amour fraternel qui les unissait, Vincent a toujours pu compter sur son frère, que ce soit pour le défendre, lorsqu’il était en couple avec cette femme vulgaire ou lorsqu’il manquait d’argent. Il aurait bien voulu aussi le protéger de Gauguin, mais là, il a trouvé plus fort que lui.
Vincent porte le prénom d'un petit frère mort, imaginez son émoi lorsqu’il voyait son nom au cimetière ! Salvador Dali éprouvera le même sentiment, ses parents lui ayant donné le prénom de l'aîné disparu...
Ce soir, Léo nous raconte Vincent, le sien celui qu’il connaissait et qui est mort trop jeune.
Jean-Michel Richaud dans un décor à la Van Gogh, incarne avec passion et intensité Léo, il est surprenant de vérité et de sincérité.
Les toiles de Vincent sont projetées sur écran, certaines connues, d’autres moins, des dessins magnifiques aussi.

Léonard Nimoy, plus connu comme acteur de séries (Star Trek ou Mission impossible), était un artiste aux multiples talents, il avait rassemblé, les lettres de Léo à Vincent, sa pièce eut beaucoup de succès, hélas il n’a pas eu le loisir de la voir jouée en France, il est décédé quelques semaines avant la première en 2015.


jeudi 13 juillet 2017

De si tendres liens - L. Bellon - Petit Louvre Templiers Avignon


Anne Delaleu
13 juillet 2017

De si tendres liens
de Loleh Bellon

Mise en scène Laurence Renn Penel
Avec Christiane Cohendy et Clotilde Mollet



Cette pièce de Loleh Bellon - qui fut une grande comédienne - débute dans les années 80, Jeanne rend visite à sa mère Charlotte, celle-ci perd la mémoire, mais supplie sa fille de rester “5 minutes encore”. On remonte dans le temps, la petite Jeanne supplie sa mère de ne pas la laisser seule dans l’appartement.

Charlotte vit sa vie de femme, elle a divorcé du père de Jeanne, il s’est remarié et a donné un petit frère à sa fille. Celle-ci ne supporte pas Pierre l’amant de sa mère, déjà un conflit. Il y en aura d’autres et ce jusqu’à la fin.
Des reproches, des chamailleries, du carnet de mauvaises notes au escarpins empruntés pour sortir danser avec les amis, alors qu’il y a le couvre-feu (nous sommes en guerre).

Puis plus tard, toujours les mêmes disputes, Jeanne s’est sentie abandonnée, mal aimée, et Charlotte de son côté, éprouve la même chose ! Elle se révélera quand même une grand-mère attentive et caline, heureuse de les garder un soir pour permettre à Jeanne de sortir.

On rit parfois, parce que n’importe qui peut se reconnaître dans ses portraits de femme. On reproche toujours tout à ses parents, “tu ne m’as pas aimée” “je ne suis pas jolie” etc, que de temps perdu ! Mais il restera toujours le tendre lien qui nous unit les uns aux autres.

Christiane Cohendy, parfaite en mère élégante, insupportable parfois, et Clotilde Mollet, tout à fait juste en gamine et jeune femme miroir de sa mère.




La fille qui hurle sur l'affiche - A. Salatko -Espace Roseau Teinturiers


Anne Delaleu
Espace Roseau Teinturiers - 14h15
13 juillet 2017
1h15

La fille qui hurle sur l’affiche

d’après Alexis Salatko


Adaptation et mise en scène Thierry Binisti


Tous les enfants aiment avoir peur, du loup, des fantômes… mais surtout ils savent qu’ils seront rassurés, cajolés. Ce n’est pas le cas de la petite fille, qui n’aime que Sir Alfred, le grand Hitchcock. Son imaginaire la conduit à rejouer, dans la cour de l’école, les scènes les plus gores !

Elle a 10 ans, ses parents ne s’aiment plus, elle le sent, mais ils ne lui disent pas la vérité.

Pour lui faire plaisir, son père, souvent absent pour son travail, décide de l’emmener au cinéma voir un film de son idole, elle est si heureuse et excitée, mais sa mère s’y oppose. Arrivés au cinéma, l’ouvreuse ne permet pas à la petite d’aller voir ce film pour grandes personnes, et l’envoie voir “les 101 dalmatiens” ! elle finit par se faufiler dans la cabine de projection de “Frenzie”, elle écoute et se fait son film ! ses parents et le projectionniste finissent par la retrouver endormie.

Et puis il y a aussi la copine de classe, qu’elle n’aime pas vraiment, mais c’est la seule qui l’invite à son anniversaire… et c’est comme ça qu’elle s’amuse à “essayer” les cercueils, le père de la copine est dans les Pompes Funèbres !

Marie Broche, seule en scène, est saisissante de sincérité, elle a de l’humour aussi et il en faut, d’ailleurs, Sir Alfred en rajoutait dans ses films. Elle porte en elle, cette histoire de petite fille qui a du mal à grandir, et qui partagera un lourd secret avec sa mère.

Mais là je vous laisse le plaisir de deviner comment se termine cette histoire.

Le jardin de M. Ruraru - Conditions des soies Avignon


Anne Delaleu
13 juillet 2017


Le jardin de M. Ruraru

Mise en scène de Mei-Hua HSUEH
Avec Ssu-Wei HUANG, Yi RUAN (marionnettistes)


Au loin une petite maison, mais c’est le jardin qui attire le regard, on le voit et on respire d’aise et de calme !

Un arbre, une clairière, l’herbe pousse et les animaux s’en donnent à coeur joie. Le propriétaire M. Ruraru, est un vieil homme solitaire,  il sait l’art de cultiver son jardin, mais gare à l’intrus !

Il construit une clôture pour empêcher le chien d’approcher, il n’a besoin de personne, sur sa belle pelouse, pas une herbe folle, il s’installe sur son banc sous l’arbre pour profiter de son beau jardin.


Mais voilà qu’un jour, il donne un coup de pied à une branche qui se révèle être un crocodile ! Il prend peur et aussi conscience de son égoïsme. Le crocodile apprivoise le vieil homme, qui devient heureux et détendu, s’allongeant dans l’herbe, sur sa belle pelouse et les animaux confiants, viennent le remercier.

C’est un joli conte sur le partage, la joie de donner, même un bout de jardin. Le décor et les “animaux” sont faits de matière végétale, l’imagination est donnée au public.

Bravo aux excellents marionnettistes qui donnent vie à M. Ruraru. Une histoire qu’apprécie les enfants qui accompagnent leurs parents !