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mardi 25 octobre 2022

Monsieur Proust - entretiens de Céleste Albaret avec Georges Belmont - Théâtre Le Lucernaire

 


Site du théâtre ICI
durée 1h20 
salle Paradis
mardi au samedi 19h et dimanche 15h30
jusqu'au 27 novembre 2022

Monsieur Proust

D’après les entretiens de Céleste Albaret avec Georges Belmont

 

Adaptation et mise en scène Ivan Morane

Interprétation Céline Samie


Comment pouvait-elle imaginer cette jeune provinciale en épousant Odilon Albaret, taxi de son état à Paris ayant comme client Marcel Proust, comment pouvait-elle imaginer l’incroyable rencontre qui changerait sa vie ?

Céleste suit son mari à Paris, elle vient de sa Lozère, et la grande ville commence à lui peser, alors M. Proust suggère à Odilon qu’elle fasse le portage à domicile des ouvrages que l’écrivain a dédicacé. Céleste est toute heureuse, elle voit du monde, et du beau monde !

La guerre de 1914 éclate, son mari part au front (comme taxi de la Marne) et le valet de M. Proust également, Céleste devra s’occuper de l’écrivain, déjà bien malade. Un malade bien exigeant, acheter son café ici, son croissant là, elle court, elle court Céleste, elle est jeune, et elle est heureuse de converser avec ce grand écrivain, celui-ci n’a aucune morgue, il considère Céleste comme une « maman », il lui donne des idées de lecture, et comment débuter superbement l’amour de la lecture que par Dumas et ses « Trois mousquetaires » ! Ah elle aime discuter de Milady avec M. Proust, il lui conseille aussi Balzac, mais a-t-elle vraiment le temps de lire, avec un malade si exigeant, jour et nuit elle reste à sa disposition, pas de vie personnelle.

Grâce à Céleste, à son dévouement, il pourra finir son œuvre, il obtiendra le prix Goncourt en 1919. Proust ne peut pas se passer de Céleste, elle comprend tout, elle l’aime à sa façon. Elle l’amuse en imitant Gide (qu’elle ne peut pas supporter !). Et pourtant la seule et unique fois où elle « trahira » M. Proust c’est pour tenter de le sauver, et elle sera là pour ses derniers instants.

Céline Samie incarne superbement la lumineuse Céleste, dès le début, elle est si solaire, si bienveillante, sourire aux lèvres, toujours amusée des manies du grand homme. Elle est drôle, émouvante. Ivan Morane a adapté pour la scène, les mémoires de Céleste, recueillis par Georges Belmont, sa mise en scène est sobre et intense,

Un très beau seule en scène pour honorer les cent ans de la disparition de Marcel Proust, écrivain majeur.


Anne Delaleu
Théâtre Le Lucernaire
25 octobre 2022


mercredi 29 septembre 2021

Saint Exupéry le mystère de l'aviateur - A. Jugnot et F. Péan - théâtre Le Splendid

 


Site du théâtre ICI

Du mercredi au samedi  à 21h, matinée le samedi à 16h30,
durée 1h30
Représentations supplémentaires : mardi 26 octobre, mardi 2 novembre, mardi 21 et mardi 28 décembre à 21h.

Le mystère de l'aviateur Saint Exupéry
de Arthur Jugnot et Flavie Péan

Mise en scène par Arthur Jugnot, 
Assistante à la mise en scène : Louise Danel


Avec : Davy Sardou, Flavie Péan, Pierre Bénézit, Laurence Porteil ou Caroline Santini, Antoine Lelandais, Lancelot Cherer.



2013, on vient d’enterrer le grand-père, son fils et sa femme entrent dans la maison, sur les murs, des photos et des articles de presse sur Antoine de Saint-Exupéry ! Pas le temps de s’attendrir il faut faire les cartons. Anton l’ado rebelle des parents, pas vraiment affecté par la mort de son grand-père - qu’il nomme le nazi -, belle ambiance !


Anton est scotché à son portable, pas moyen de lui demander de l’aide, alors son père parvient à lui échanger un ouvrage sur Saint-Ex contre le portable tant aimé !


Le gamin bougonnant, lit quand-même l’ouvrage et se retrouve “transporté” au début du 20ème siècle, devant un petit garçon qui ne rêve que de s’envoler, il s’attache à l’histoire (ouf !) et demande plus de précisions à son père sur Antoine de Saint Exupéry. Deux histoires se déroulent donc, très savamment mises en scène et en images, aller retour présent-passé. Vidéos et décors illustrant parfaitement la vie et l'œuvre de St Ex.


L’auteur du “Petit Prince”, n’a aimé qu’une seule femme, la volcanique Consuelo, mais l’un et l’autre ont donné pas mal de coups de canifs dans le contrat. Il aimait son pays et ne pensait qu’à rejoindre les forces alliées pour combattre les allemands, et en juillet 1944 son avion disparaît en mer…


1998, un pêcheur découvre dans ses filets une gourmette avec le nom de l’aviateur. Des recherches sont effectuées et la carcasse de l’avion découverte enfin !


Anton ne connaîtra le lien qui le lie à St Ex, qu’en découvrant des articles de presse chez son grand-père et ce sera une énorme surprise !


On navigue dans les étoiles, il y a beaucoup d’humour, le gamin ne connait la géographie que grâce à certains artistes qui fuient notre cher pays pour raisons fiscales !


Davy Sardou est un convaincant Saint-Exupéry, charmeur, drôle, Flavie Péan campe une Consuelo électrisante, on s’amuse de leurs querelles, la distribution est bien entendu de haut niveau, sous la houlette de Arthur Jugnot qui maîtrise parfaitement une mise en scène, vivante, colorée, dynamique.


Envolez-vous avec St-Ex au Splendid, vous ne le regretterez pas !


Théâtre Le Splendid

29 septembre 2021

Anne Delaleu


vendredi 15 février 2019

Et si on ne se mentait plus ? - théâtre Tristan Bernard

du jeudi au samedi 19h
durée 1h30
Site du théâtre ICI
Site de la compagnie ICI

Et si on ne se mentait plus ?

Création du collectif Les Inspirés

Mise en scène Raphaëlle Cambray

Avec Maxence Gaillard (Jules Renard), Emmanuel Gaury (Lucien Guitry), Guillaume d’Harcourt (Tristan Bernard), Nicolas Poli (Alfred Capus) et Mathieu Rannou (Alphonse Allais).


Quoi de plus réjouissant pour le cœur et l’esprit que de déjeuner en bonne compagnie. Lucien Guitry, l’avait bien compris puisque tous les jeudis, il recevait dignement ses amis poètes, écrivains, romanciers. Le bon vin aidant, les bons mots et les rires coulaient de source. Mais chacun a son caractère, sa susceptibilité, ses petits secrets, et « la fée verte » coule aussi trop bien dans le gosier d’Alphonse…


On parle de carrière, Lucien Guitry par amitié se prépare à interpréter une pièce de Capus, mais la Comédie-Française impose un autre comédien. Tristan est passionné de boxe, mais l’argent manque, enfin, une lettre compromettante, signée par Madame Capus est découverte par Jules dans un livre, que faire ? L’honneur d’une dame est en jeu, leur amitié aussi. Petits mensonges entre amis, l’année 1901 va être un tournant dans leur amitié. Puis peu à peu, les amis disparaissent, mais ils sont toujours présents, les déjeuners se feront rares.

Renard, Guitry, Bernard, Allais, je connaissais, mais Alfred Capus, pas du tout ! Au moins, un des mérites de cette comédie m’aura fait plonger dans Internet pour en savoir un peu plus…


Cette comédie, qui a triomphé à Avignon et au Lucernaire, est accueillie au Tristan Bernard dont il est question. Bel hommage, il aurait adoré ! Une pièce un brin mélancolique, mais on s’amuse beaucoup et on rit sans vulgarité.

Les cinq comédiens, sont aussi de bons amis à la ville, et leur rencontre dans le cours de Jean-Laurent Cochet (un amoureux des beaux textes et de la langue française) leur a donné l’idée de cette comédie, Raphaëlle Cambray signe une belle mise en scène, un décor soigné de Catherine Bluwal, un bon moment à passer avec nos cinq compères !

Anne Delaleu
15 février 2019
Théâtre Tristan Bernard