samedi 11 juillet 2026

Entre copains d'abord - Brassens et Devos - Studio Hébertot

 



Site du Studio Hébertot ICI
durée 1h20

samedis 18 et 25 juillet 16h
dimanche 19 juillet 14h30

Entre copains d’abord
 
Marie-Silvia Manuel chante Brassens et Devos
 
Piano Marc Goldfeder
 
 
Je suis retournée voir ce spectacle, que j’avais tant aimé l’année dernière !
 
La pimpante Marie-Silvia nous entraine dans ce récital, consacré à deux géants, deux copains, Georges Brassens et Raymond Devos.
 
Nous passons du gorille au « parler pour ne rien dire », on s’attendrit avec la brave Margot et son chaton, en passant, comme on peut, pour un imbécile avec Raymond ! Ah il faut suivre la dame Marie-Silvia, elle chante avec sensibilité nos amoureux sur les bancs publics, danse une tarentelle avec « le chapeau de Mireille ». On rit bien sûr avec les sketchs de Devos, de l’humour sans vulgarité, de l’esprit à revendre. Le public participe aussi, fredonnant Brassens.
 
Un spectacle qui fait du bien par les temps qui courent. Joie, tendresse, humour, dynamisme,
avec Marc Goldfeder, qui l’accompagne au piano, et qui se laisse gentiment rabrouer !
 
« Quand on est con on est con ! » (Brassens)
 
Quand on a du talent on a du talent, et Marie-Silvia Manuel n’en manque pas, de toutes façons l’amour du théâtre et des beaux textes, ça tient de famille, c’est génétique vous dis-je !
 
Anne Delaleu
11 juillet 2026
Studio Hébertot

mercredi 1 juillet 2026

Les petites femmes de Maupassant - théâtre du Lucernaire - salle noire

 



Site du théâtre ICI
durée 1h30 
salle noire


Les petites femmes de Maupassant

 

Adaptation Roger Defossez

Mise en scène Gwenhaël de Gouvello

Avec Eurydice El-Etr, Marie Grach, Karine Pinoteau et Alexandra Sarramona


Avec Les petites femmes de Maupassant, le metteur en scène Gwenhaël de Gouvello nous invite dans un salon délicieusement rétro. Un décor soigné, une radio qui diffuse les airs à la mode, et Céleste, la maîtresse de maison, qui danse seule, pleine d’une joie communicative.

Céleste attend son amie Hortense et sa nièce Coralie, pour une pause estivale entre femmes. En attendant, elle s’amuse à « espionner » les voisins — notamment ce jeune couple au destin tragique, aperçu depuis la fenêtre, qui apporte une note de mélancolie au tableau. Lorsque Coralie arrive, elle n’est pas seule : elle est accompagnée de Zoé, une ancienne amie de collège. Comédienne délurée et extravertie, Zoé est immédiatement adoptée par ces dames de la bonne bourgeoisie.

C’est là toute la magie de la pièce : sous couvert d’une mise en scène légère où Zoé, avec la complicité de Coralie, offre une petite prestation théâtrale improvisée, les masques tombent. Au fil de la conversation, ces femmes se livrent avec une franchise désarmante. On y parle d’amours, de déceptions et de secrets inavouables. Coralie, par exemple, confesse son infidélité : par pur mimétisme avec une voisine de « petite vertu », elle a fini par inviter un inconnu dans l’appartement conjugal ! Quant à Hortense, elle s’ennuie avec son mari, obligée de se soumettre au devoir conjugal, mais elle finira par croquer la pomme !

L’adaptation de ces nouvelles de Maupassant réussit le tour de force de devenir une pièce à part entière, cohérente et captivante. On y sent toute l’ambivalence de l’auteur : il a tant aimé les femmes, mais il semble que cet amour fut souvent un tourment. Les comédiennes sont absolument « pêchues », tour à tour hystériques, drôles, romantiques et profondément touchantes. Un spectacle vivant, qui oscille entre le rire et la mélancolie avec une élégance folle.

À voir absolument et relire Maupassant !

Anne Delaleu
1er juillet 2026
Théâtre du Lucernaire


mercredi 17 juin 2026

N.O.U.B.A . - Les Divalala - théâtre des Gémeaux Parisiens


 Elles seront au théâtre des Gémeaux Avignon à 19h40 au festival OFF.


N.O.U.B.A.

« Nouvel Opus Ultrafestif Border A cappella »

Mise en scène colorée et festive de Freddy Vlau


Nos trois drôles de dames sont de retour ! Elles sont passées par les Gémeaux Parisiens avant de partir pour Avignon.

Quel bonheur de retrouver Angélique Fridblatt, Gabrielle Laurens et Marion Lépine ! Pour fêter leurs 15 ans de scène, ces « drôles de dames » du chant a cappella nous ont concocté une N.O.U.B.A. (Nouvel Opus Ultrafestif Border A cappella) absolument irrésistible.

Dès l’entrée, le ton est donné : un charmant jeune homme, Romain, nous accueille pour cette soirée d’anniversaire survoltée. Entre deux parts de gâteau et quelques notes de guitare, il nous « coache » avec malice, transformant la salle en une immense bande de copains. Car, oui, avec elles, le public n’est pas simple spectateur : on finit par faire connaissance avec son voisin de rang dans une ambiance conviviale, presque comme à la « fête des voisins ».

Sous la mise en scène pétillante et colorée de Freddy Vlau, les trois complices enchaînent les tableaux avec une énergie contagieuse. Paillettes et strass de sortie, elles revisitent avec brio un répertoire éclectique, passant de Dalida à MC Solaar, de Desireless à Sia. C’est dynamique, drôle, et techniquement bluffant.

En un mot : elles « allument le feu » ! Un spectacle généreux qui fait un bien fou. Courez-y, c’est un vrai shoot de bonne humeur.


Anne Delaleu
Théâtre des Gémeaux Paris
17 juin 2026

dimanche 14 juin 2026

Mystère à Silent Pool - Théâtre du Lucernaire -

 


Site du théâtre ICI
Mercredi au samedi 21h| Dimanche 18h
Durée 1h30

Mystère à Silent Pool

Agatha Christie a disparu

 

 

De Carla Girod, Drys Penthier et Axel Stein-Kurdzielewicz


Mise en scène David Legras et Axel Stein-Kurdzielewicz

 

Avec Camille Delpech, Carla Girod, Justine Marçais, Drys Penthier, Émilien Raineau, Axel Stein-Kurdzielewicz


et en alternance Corentin Calmé, Joanna Flahault, David Legras



Avec « Mystère à Silent Pool », nous plongeons tête la première dans un univers visuel bluffant : des décors dignes d’une bande dessinée où les comédiens évoluent avec une énergie contagieuse. Certes, le jeu est volontairement appuyé, presque surjoué, mais après tout, nous ne sommes pas ici pour une tragédie grecque !

L'intrigue ? La mystérieuse disparition d'Agatha Christie en 1926. Ce fait divers, jamais élucidé par la romancière elle-même, stimule depuis longtemps l'imaginaire. Ici, place à la parodie ! On y croise un commissaire délicieusement imbu de lui-même, épaulé par une adjointe, véritable « Miss Marple » en puissance, bien plus fine que son supérieur. Ajoutez une meilleure amie bourgeoise, un éditeur flairant le coup marketing du siècle et un mari impatient de divorcer pour épouser sa secrétaire, et vous obtenez un cocktail explosif.

Je me souviens de l'annonce du décès d'Agatha en 1976... les théâtres britanniques avaient alors éteint leurs lumières. Rien de tout cela ici : on rit, on s’amuse et on se laisse porter sans prise de tête. Une enquête policière légère à savourer sans modération !


Anne Delaleu

Théâtre du Lucernaire
14 juin 2026

 


samedi 13 juin 2026

Lettres de Madame de Sévigné - Théâtre de Poche Montparnasse

 


Site du théâtre ICI

Vendredi et samedi à 19h – dimanche 15h
Jusqu’au 5 juillet
durée 1h15

Lettres de Madame de Sévigné

Féministe baroque
 
Lettres choisies et commentées par Sébastien Lapaque
Lecture Béatrice Agenin
 
Quel bonheur de célébrer les 400 ans de la plus illustre de nos épistolières ! une pièce-conférence délicieuse nous plonge au cœur du Grand Siècle. Sébastien Lapaque, spécialiste passionné et véritable amoureux de la marquise, a sélectionné avec finesse des lettres qui révèlent toute la modernité de Marie de Rabutin-Chantal.



S’il est un regret, c’est de ne pas avoir saisi chaque mot du conférencier, un micro 17ème siècle aurait été bienvenu ! mais peu importe : la magie opère dès que Béatrice Agenin entre en scène. Quelle incarnation ! Elle est la Marquise. Avec une élégance rare, elle nous offre une palette d’émotions où se mêlent douceur, gourmandise, drôlerie et cette pointe de causticité irrésistible lorsqu’elle évoque son gendre. Ah, ce pauvre Grignan ! Heureusement pour lui, la distance était de mise, car cette maman protectrice, parfois envahissante, veille jalousement sur sa fille bien-aimée.

Loin de l’image d’une « précieuse » ridicule, nous découvrons une femme d'une culture immense, veuve très jeune, qui choisit son indépendance en refusant de se remarier pour élever seule ses enfants. Sébastien Lapaque nous régale d’anecdotes savoureuses sur cette époque flamboyante.

En sortant, une évidence s'impose : Madame de Sévigné serait aujourd'hui la reine incontestée des réseaux sociaux, championne des SMS et blogueuse passionnée. Quelle langue magnifique ! Quelle verve ! Une pièce merveilleuse, un hommage vibrant à la plume la plus vive de l’histoire de France.

Courez-y, tout va très bien, Madame la Marquise !

A noter que le musée Carnavalet lui consacre une exposition et ne pas oublier le festival de la correspondance de Grignan

 Anne Delaleu
Poche Montparnasse
13 juin 2026

dimanche 31 mai 2026

Antigone - J. Anouilh - théâtre de Poche Montparnasse

 



Site du théâtre ICI
durée 1h45
Mardi au samedi 21h - dimanche 17h

Antigone
Jean Anouilh

Mise en scène Didier Long

Avec Éric Laugérias, Hermine Granville, Cassandre de Kerraoul, Valérie Vogt ou Séverine Vincent, Robin Hairabian,  Antony Cochin ou Didier Long

Lumières : Antonin Bensaïd


Écrite sous l’Occupation, cette *Antigone* résonne avec une force intacte, portée par la mise en scène de Didier Long.

Ici, nul artifice inutile. Le décor est d'une grande sobriété, laissant toute la place à la puissance du texte et aux comédiens qui, magistraux, forment un chœur mouvant, véritable moteur de l'action tragique.

Au centre, Antigone. Petite sauvageonne écorchée, elle incarne une résistance absolue. Elle ira jusqu’au bout, bravant l’interdit de Créon pour offrir une sépulture digne à son frère. Elle sait, elle a déjà choisi. Ni sa sœur, la belle Ismène, tentant désespérément de la dissuader, ni Hémon, son fiancé, ne parviendront à infléchir sa volonté. Antigone refuse la compromission, elle refuse de « réfléchir » au sens pragmatique du terme.


co Sébastien Toubon


co Sébastien Toubon

Face à elle, Créon tente, presque malgré lui, de la sauver, avant de s'opposer cruellement à sa nièce. Seule la douceur de la nourrice offre une parenthèse de répit.

co Sébastien Toubon

Cette interprétation brillante nous interroge avec force sur les méandres de l'idéologie et la légitimité du pouvoir. Une soirée de théâtre intense, bouleversante


co Sébastien Toubon

Anne Delaleu
Théâtre de Poche Montparnasse
31 mai 2026

vendredi 29 mai 2026

Bollywood Boulevard - Festival Sens théâtre des Gémeaux - Festival d'Avignon 2026

 

Bollywood Boulevard

De et avec Pauline Caupenne

 Mise en scène Grégoire Leprince-Ringuet

Chorégraphie Gerogia Ives
Lumières Luc Khiari
Son et musique Elsa Daynac



Jolie découverte épicée au théâtre des Gémeaux à Paris !

Imaginez Pauline. Pas de plage, juste une envie d’ailleurs. Elle s’envole pour l’Inde, direction un cours de yoga pour se recentrer. Mais le destin, facétieux, en décide autrement : au lieu de la méditation, la voilà embarquée, par un heureux hasard, sur un plateau de tournage Bollywoodien.

Pauline Caupenne est une force de la nature. Seule en scène, elle incarne avec une virtuosité confondante toute une galerie de personnages : du père protecteur qui flaire la manipulation, au partenaire de jeu imbuvable et bien trop payé, jusqu’au réalisateur tyrannique qui pense que les femmes lui appartiennent.

Sous le regard bienveillant et précis de Grégoire Leprince-Ringuet, la mise en scène est ciselée. À travers les rencontres orchestrées par une attachée de presse haute en couleur, Pauline découvre la sororité, les douleurs partagées et la réalité des femmes là-bas. Entre deux chorégraphies entraînantes et des moments de grâce, le spectacle nous interroge avec finesse : comment trouver sa place sans se perdre dans le tourbillon du monde ?

C’est amusant, dansant, profondément humain. Pauline finira par regagner Paris, transformée. Un récit initiatique qui nous rappelle de ne pas aller dans tous les sens, mais de choisir le nôtre.


Anne Delaleu
Théâtre des Gémeaux
29 mai 2026
1h10
Théâtre La Scala Provence

vendredi 22 mai 2026

22 minutes - Benoit Soles - Théâtre des Gémeaux - festival SenS - Festival d'Avignon 2026

 

22 minutes

Le pardon peut-il changer une vie ?

 

De et avec Benoit Solès

Collaboration artistique Sophie Nicollas et Anne Plantey
Lumière Denis Koransky
Musique et création sonore Marc Demais

 




« 22 minutes », la nouvelle création de Benoît Solès. Après nous avoir bouleversés avec « La Machine de Turing » et « La maison du loup », l’auteur et comédien s’attaque ici à une page sombre et fascinante de notre histoire contemporaine : la rencontre historique, en 1983, entre le pape Jean-Paul II et son agresseur, Ali Ağca, dans le huis clos d’une prison italienne.

Sur scène, pas d'artifices. Solès, dans une performance magistrale, incarne les deux hommes. D’un côté, le souverain pontife, empreint d'une humanité lumineuse ; de l'autre, Ali, cet « enfant pauvre », égaré, en quête désespérée d’une figure paternelle. On découvre alors l'engrenage fatal : comment ce jeune homme, assoiffé d’amour et de reconnaissance, a pu glisser dans la manipulation des réseaux terroristes. On partage ses rêves brisés, son désir d'une vie simple aux côtés de Fatima, son amie, avant que l'idéologie ne vienne tout balayer.

La pièce ne cherche pas à excuser l'acte, mais à comprendre l'âme derrière le monstre. Le moment suspendu où le pape, cet homme de foi, offre ce pardon inattendu — allant jusqu’à demander la libération de celui qui a voulu sa mort — est d’une puissance rare. Ali Ağca ira se recueillir sur sa tombe en 2014.

C’est un texte intelligent, très bien interprété par Benoît Solès qui réussit, une fois de plus, à nous parler de la complexité humaine, là où la haine rencontre la grâce. Un spectacle indispensable, qui nous rappelle que, même au cœur de l'ombre, le dialogue reste la plus belle des armes.

Je me souviens de l’attentat, et aussi de la photo prise en prison, que se sont dit les deux hommes, on ne le saura jamais. 
Anne Delaleu
Théâtre des Gémeaux
22 mai 2026
Théâtre Actuel Avignon à 10h
durée 1h15

lundi 18 mai 2026

La grille - théâtre du Gouvernail


Site du Théâtre ICI

durée 1h15
prochaine représentation lundi 25 mai à 19h
et à partir du 17 septembre au théâtre Clavel les jeudis à 19h


La Grille

Mise en scène et écriture : Laura Zerbib et Sébastien Chol

Aide à l’écriture : Jean-Baptiste Kaupp et Axel Ruch

Avec Jean-Baptiste Kaupp, Stéphane Rouabah, Laura Zerbib, Sébastien Chol, Amel Belaiboud

 

« La grille » c’est l’émission de télé-réalité sur la mendicité, créée à la télé en 2058, décidemment ils n’ont peur de rien, tout commence sur la ligne 12 du métro, deux hommes et une femme, cherchent à récolter quelques pièces pour acheter à manger, chacun sa méthode, bien entendu, ils parlent dans le vide, ils n’intéressent personne, après tout chacun ses problèmes.

La mendicité est interdite par la loi on le rappelle par haut-parleurs dans les wagons ou couloirs.

Et puis un jour, les trois SDF font partie de l’émission de télé-réalité « La Grille » animée par un ancien SDF et une coach qui a les dents bien longues, et surtout aucune empathie envers les pauvres.

Ils sont soumis à un entrainement, défilé de pancartes, animation pour attendrir le public, savoir tendre la main, savoir mendier, et bien sûr intermèdes publicitaires, ciblés sur la pauvreté et le confort du mendiant !

ils veulent gagner, pouvoir mendier sur une ligne chic, mais l’un sort du lot et se révolte, réussiront-ils à remporter la victoire ?

Les comédiens sont bien dirigés, et s’investissent totalement, on sourit parfois, la mise en scène est inventive.

Le théâtre se doit de faire réfléchir et aussi d’être original. Et le pari est réussi !


Anne Delaleu
Théâtre du Gouvernail
18 mai 2026

dimanche 17 mai 2026

Etre ou ne pas être - W. Mesguich et R. Stella - théâtre des Gémeaux parisiens

affiche©Sarah Barzyk


Théâtre des Gémeaux Parisiens ICI
Festival SenS

Festival OFF Avignon : Théâtre des Corps Saints
Durée 1h20

Etre ou ne pas être

Ecriture et mise en scène William Mesguich et Rebecca Stella

 

Football or not football ? Telle est la question !

Quel bonheur que ce spectacle ! Avec Être ou ne pas être, William Mesguich et sa petite sœur Rebecca Stella nous offrent une parenthèse théâtrale d’une fraîcheur absolue, à la fois tendre, émouvante et diablement drôle.

Le jeune William grandit dans un milieu d'artistes et d'intellectuels. Mais entre les répétitions de son père avec Antoine Vitez et les ombres bienveillantes de Beckett, Tchekhov ou Shakespeare, le gamin, lui, n'a d'yeux que pour son ballon rond. Ses héros se nomment Platini ou Maradona.

Puis vient le drame : une vilaine blessure sur le terrain, infligée par un adversaire peu scrupuleux. C’est alors qu’un autre William – le dramaturge – vient au secours du footballeur blessé. De la pelouse aux planches, la ténacité reste la même.

Sur scène, William Mesguich s'en donne à cœur joie. Seul en scène (ou presque, tant sa sœur et lui ont peaufiné le sujet), il enchaîne les imitations savoureuses : une maman complètement déjantée qui hurle à chaque but de son Willy, un père toujours digne en toutes circonstances, des copains de vestiaire, un prof de théâtre peu avenant, un premier béguin.

Amateurs de foot ou de grand théâtre, foncez-y : on est tous prêts à faire une immense hola à William !

Anne Delaleu

17 mai 2026


lundi 11 mai 2026

Une femme à la mer - N. Lucas - Théâtre des Gémeaux Parisiens

 



Site du théâtre ICI
festival SenS ICI pour les dates et horaires
durée 1h10
Théâtre des Gémeaux Avignon 11h40 (sauf mercredis)


Une femme à la mer

 

D’après le livre de Florence Arthaud « Cette nuit la mer est noire »

Avec Nathalie Lucas


Au Théâtre des Gémeaux Parisiens, Une femme à la mer, adaptation sensible de Jean-Benoît Patricot et Jean-Louis Bachelet, d’après le récit haletant et bouleversant de Florence Arthaud, nous embarque dans une nuit où le destin chavire. En 2011, seule sur son bateau, la navigatrice tombe accidentellement à la mer. Pas de gilet, l’obscurité, l’immensité, et ce voilier qui, en pilotage automatique, s’éloigne inexorablement sous un ciel constellé. Vision terrible, presque irréelle.

photo Cyrille Valroff

Alors commence le plus grand combat de cette femme libre : survivre. Florence nage, lutte, pense, se souvient. Sa fille Marie devient une lumière intérieure, tandis que surgissent les visages aimés et les ombres fraternelles, Tabarly son héros, Colas, les disparus de l’océan. Dans cette odyssée intime, chaque mouvement est un refus de céder. Même ses bottes roses, si jolies, elle les avait acheté de la même couleur que son bateau ! mais l’eau s’engouffre, entrainant Florence, elle se résigne à les abandonner aux profondeurs. Elle devra pour ne pas couler se débarrasser de son blouson et là…


photo Cyrille Valroff

Stéphane Cottin signe une mise en scène nerveuse, physique, d’une intensité remarquable, où le corps devient mémoire et résistance. Et Nathalie Lucas, seule en scène, impressionne par son engagement total : sportive, vibrante, profondément habitée.


photo Cyrille Valroff

Un spectacle poignant, haletant, qui célèbre avec pudeur et admiration l’incroyable force de Florence Arthaud, femme intrépide, passionnée, immense dame de la mer. Cette fois-là, elle a été sauvée, par un hélicoptère.

photo Cyrille Valroff



Anne Delaleu
11 mai 2026
Théâtre des Gémeaux Parisiens
Théâtre des Gémeaux Avignon à 11h40

mercredi 29 avril 2026

Je n'ai pas lu Foucault (chefs d'oeuvre en prison) - C. Caussimon - Essaïon théâtre

 



Site du théâtre ICI
tous les mardis à 19h
jusqu'au 2 juin 2026
Salle théâtre
durée 1h


Je n’ai pas lu Foucault

Chefs d’œuvre en prison

De et avec Céline Caussimon

Mise en scène Sophie Gubri

 

Céline Caussimon, nous offre un moment de grâce et d’humanité avec son seule-en-scène Je n’ai pas lu Foucault (moi non plus !). Seule sur les planches, elle déploie une galerie de portraits saisissants : surveillants, coordinatrices culturelles et, surtout, les détenus, hommes ou femmes selon les prisons et les endroits.

Céline anime des ateliers d'écriture en milieu carcéral. On y découvre les heurts, les bagarres soudaines, règlements de compte, mais aussi l’inattendu. Là où nous passons trop vite devant un chef-d’œuvre dans un musée climatisé, les prisonniers, eux, regardent vraiment. Ils décortiquent l’attitude d’une poule sur une toile ou l’éclat d’un regard. Un détenu réclame avec insistance un Cézanne... On comprendra plus tard, le pourquoi de cette obsession ! Une autre aime se projeter dans un tableau, elle s’évade à sa manière.

Il y a celui qui n’aime pas écrire, il n’y voit pas d’intérêt, et ceux qui, à travers les mots des autres, retrouvent les leurs. Céline Caussimon interprète chaque personnage avec une justesse bouleversante, sans jamais tomber dans le pathos. Elle nous interroge : comment l’art peut-il encore sauver quand les murs se referment ?

Le ministre de la Justice, devrait voir ce spectacle, il éviterait que certains détenus se carapatent pendant des « sorties culturelles », on peut « s’évader » aussi avec un atelier d’écriture !

Un spectacle émouvant, drôle, intéressant, vous pouvez vous laisser enfermer à l’Essaîon sans problème ! Une mise en scène efficace de Sophie Gubri.
Anne Delaleu
28 avril 2026
Théâtre Essaïon

jeudi 2 avril 2026

La guerre des émeus - théâtre 100 NOMS - Nantes



 
Site du théâtre ICI

LA GUERRE DES EMEUS

De et avec Antoine Le Frère et Florent Oulkaïd


Mise en scène Elisa Mabit et Damien Reynal

Scénographie Benjamin Mornet

 

Je dois l’avouer : je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Une guerre contre des émeus ? Les émeus cousins de l’autruche, mais en plus grand !

Sur le papier, cela semblait absurde, déjanté. Et puis il y a le théâtre. Et là, tout prend une autre ampleur. Deux comédiens, rien de plus — et pourtant, un monde entier surgit. Ils courent, transpirent, racontent, incarnent, basculent d’un personnage à l’autre avec une jubilation contagieuse. Il y a quelque chose de l’enfance dans ce jeu-là : le plaisir pur de faire semblant, de transformer trois fois rien en épopée. Et même garder sa moustache pour incarner le seul personnage féminin !

Derrière l’histoire (vraie !) de cette guerre grotesque, qui s’est déroulée en 1932 en Australie, se dessine un vertige très contemporain. Le ridicule du pouvoir. L’entêtement absurde.

Et tout cela passe par les deux interprètes incroyables. On sent qu’ils s’amusent — et cet amusement-là, si précieux, se transmet immédiatement, surtout avec le langage « fleuri » du Major Meredith.

Simplicité de la mise en scène. Rien ne pèse, tout circule. On est embarqué sans même s’en rendre compte, et, mine de rien, on en ressort avec des images, des idées, des questions.

Un théâtre de tréteaux, vivant et populaire.

  

Anne Delaleu
Théâtre 100 noms (Nantes)
2 avril 2026

mercredi 11 mars 2026

Sur les pas de Victor Hugo - E. Andrea - Espace Paris Plaine

 


Espace Paris Plaine ICI
durée 1h15
mercredi 11 mars - mercredi 18 mars à 15h
samedi 14 mars à 15h 
dimanche 15 mars à 15h
et samedi 21 mars 17h30

 
Sur les pas de Victor Hugo
Spectacle musical d’Estelle Andrea
 

Texte et compositions musicales : Estelle Andrea.
Mise en scène : Estelle Andrea et Magali Paliès.

Avec Estelle Andrea, Oscar Clark, Julien Clément ou Michel Dudan et Magali Paliès.

 
Estelle et Magali aiment les grands hommes ! Après Léonard de Vinci, elle se sont penchées sur Victor Hugo.

Le port de Guernesey, 1855. L’exilé politique, le poète, qui se promène se nomme Victor Hugo. Il cherche une maison. Il rencontre un pêcheur, celui-ci le reconnait et par bonheur, va l’aider à trouver une maison pour loger sa famille, Adèle et les enfants, (et une certaine Juliette mais chut on n’en parle pas !), et il rage aussi contre la perte de sa malle qui n’est toujours pas arrivée.

Victor Hugo, emporte aussi avec lui, le souvenir de Léopoldine, sa jeune fille trop tôt disparue, pour laquelle il écrira un magnifique poème.

Il rencontre la jeune fille du pêcheur, grande liseuse et connaissant son Victor Hugo sur le bout des doigts, son livre favori « Notre Dame de Paris » !

A la taverne il retrouvera la joie de vivre, l’amitié, et surtout le plaisir d’écrire à nouveau.
Un bien joli spectacle, bravo aux comédiens-chanteurs qui enchainent les personnages au fur et à mesure de l’histoire. Bonne idée aussi de projeter en guise de décor, les photos de l’intérieur de la maison à Guernesey. La mise en scène est inventive et poétique.

Jouer un extrait de « Notre Dame de Paris » et terminer sur « les Misérables ». Chansons et dialogues parlés, violon et guitare, airs tristes ou joyeux. Tout est bien ! Les enfants ne s'y trompent pas tant ils étaient concentrés et intéressés. Victor aurait été content !

Cette fine équipe quittera les brouillards et le vent pour le soleil de Provence en juillet et le festival OFF à la « Présence Pasteur ».

Anne Delaleu
Espace Paris Plaine
11 mars 2026