lundi 29 janvier 2018

Le tour du théâtre en 80mn - C. Barbier - théâtre de Poche Montparnasse


les lundis et mercredis à 19h
jusqu'au 28 mars
site du théâtre ICI

Le tour du théâtre en 80 mn

De et avec Christophe Barbier


Sous le regard de Charlotte Rondelez

Pour mon anniversaire, on m’a offert le « Dictionnaire amoureux du Théâtre », depuis, je compulse  l’ouvrage ajoutant au stylo les dates de décès de comédiens, d’auteurs et metteurs en scène, car la grande faucheuse n’a pas chômée depuis l’été dernier !


Dans la petite salle du Poche, l’ambiance est déjà là, comme au 17ème siècle, le public s’installe, rouspète parce que la place convoitée est déjà prise... on regarde vite fait le portable pour savoir si la personne attendue arrivera ou non, on parle de chose et d’autre, tandis que le comédien se grime devant sa glace. La prof demande le calme à ses élèves, au fait on commence quand ? L’ouvreur vient faire son office avec beaucoup d’humour et d’aisance.
Christophe Barbier est un amoureux du théâtre, il nous conte à travers les pages de Molière, Hugo, Guitry, Dumas, l’univers du comédien, du maquillage, de la diction, l’entrée en scène, le trac et le « trou de mémoire ». Il n’oublie pas les maîtres : Jouvet, Terzieff, Artaud. En ce qui concerne le beau langage et la diction Napoléon a ouvert la voie, puisque nos politiques prennent des cours avec des chanteurs ou des comédiens.
Deuxième partie (pas d’entracte ça n’existe plus !),  il troque son habit brodé contre l’écharpe rouge, sa signature, et nous apprenons tout sur les rapports entre la religion, le théâtre, la politique. Là aussi passions, déchirements, coups bas.

 Nous assistons à une brillante conférence-spectacle sur le théâtre,  amusante, intéressante. Une soirée gagnée et non perdue, un bon moment.

Anne Delaleu
29 janvier 2018

dimanche 28 janvier 2018

Un jour en octobre - G. Kaiser - théâtre de l'Atalante



jusqu'au 13 février
lundi et vendredi à 20h30
mardi, jeudi, samedi 19 h - dimanche 17h
durée 1h30
site du théâtre ICI
Un jour en octobre
Georg Kaiser

Mise en scène Agathe Alexis

Hervé Van Dermeulen, Ariane Heuzé, Bruno Boulzaguet, Benoit Dallongeville, Jaime Azulay

Catherine est bien étrange, un sourire énigmatique sur les lèvres, c’est une femme-enfant. Pour son malheur, elle a eu un enfant hors des liens du mariage, le monde auquel elle appartient n’accepte pas.

Son oncle et tuteur, veut tout faire pour que le scandale n’éclabousse pas la famille. Il fait appel à l’abbé Jattefaux, la sœur de ce dernier a accueilli Catherine pour qu’elle accouche loin de la ville. M. Coste, convoque celui par qui le malheur est arrivé, le lieutenant Marrien. Celui-ci ne comprend rien, mais décide d’aller trouver M. Coste et d’éclaircir cette affaire.

Le lieutenant, homme d’honneur, affirme ne pas connaître Catherine et preuve à l’appui est certain de ne pas être venu dans cette ville au moment des faits. M. Coste est troublé, d’autant que sa nièce affirme que par amour, le lieutenant attendait la venue de l’enfant pour se déclarer.

Mais voilà, qu’intervient Leguerche, garçon boucher de son état, qui lui affirme être le père de l’enfant et gardera silence, contre de l’argent.

Que s’est-il passé cette nuit d’octobre ? Leguerche prétend qu’il allait retrouver sa promise dans la maison, mais que Catherine l’a entendu et attiré dans sa chambre. Quant au lieutenant il est moins certain de son emploi du temps, et se souvient qu’il est resté quelques heures en ville pour reprendre le train.

L’histoire n’est pas banale, une jeune fille tombe amoureuse folle d’un jeune lieutenant, qui ne prend pas garde à elle, mais sera entrainé dans sa névrose. Elle seule connait la vérité, mais son bonheur et son honneur seront à la merci d’un garçon boucher peu scrupuleux.

Un auteur que je ne connaissais pas, mais le travail d’Agathe Alexis est toujours passionnant, les comédiens bien dirigés et convaincants, beaucoup d’émotions dans ce spectacle et d’interrogations aussi.


Une pièce à découvrir à l’Atalante.
Anne Delaleu
28 janvier 2018

mercredi 24 janvier 2018

Deux mensonges et une vérité - S.Blanc et N.Poiret - Théâtre Rive Gauche



mardi au samedi 21h - dimanche 15h
durée 1h30
site du théâtre ICI 
photos Fabienne Rapeneau
Deux mensonges et une vérité
Une comédie de Sébastien Blanc et Nicolas Poiret

Mise en scène Jean-Luc Moreau

Avec
Lionnel Astier, Raphaëline Goupilleau, Frédéric Bouraly, Julien Kirsche, Esther Moreau, Philippe Maymat

Un couple toujours épris l’un de l’autre après 27 ans d’amour et de complicité, pas de nuages à l’horizon, et Philippe ne sait quoi inventer pour éblouir Catherine, il frappe dans ses mains et hop la lumière jaillit, les oiseaux cuicuitent, c’est le bonheur !


Mais tout ce bel édifice va se fissurer, Philippe prétend tout connaitre de Catherine au point qu’ils ne risquent plus de se surprendre lui di-il...  Quelle erreur ! Il lui propose un jeu, chacun doit trouver trois anecdotes avec deux mensonges et une vérité, Catherine remporte facilement, quant à Philippe il est estomaqué et fera tout ce qu’il peut pour connaître la vérité, une véritable obsession.


Raphaëline Goupilleau, femme-enfant, papillonnant à droite, à gauche, un air innocent pour balancer les « trois énigmes » à son mari, l’air de rien, elle attise le feu, sans se cacher d’ailleurs, tout en gardant le contrôle, elle sait jouer sur tous les tableaux. Lionnel Astier, bougon, charmeur, avocat sans trop de scrupules, j’ai adoré sa « plaidoirie » sur les glandeurs, il est parfait. Un beau duo avec Frédéric Bouraly, le meilleur ami, l’associé, le roi de la gaffe, qui se prend des claques comme tous les bons amis d’ailleurs. Et leur plaidoirie finale pour sauver « l’assassin à l’huitre » est un grand moment !


De très bons comédiens, avec une présence scénique et un sens du comique indéniables, grâce à la mise en scène de Jean-Luc Moreau. Raphaëline Goupilleau retrouve ses auteurs de «Même pas vrai » bien déjantée déjà (je parle de la pièce...).



Une comédie bien écrite, amusante, avec des situations si improbables qu’elles provoquent le rire ! 

Anne Delaleu
24 janvier 2018

mardi 23 janvier 2018

En attendant Bojangles - O. Bourdeaut - La Pépinière Théâtre



mardi au samedi 19h
durée 1h20
site du théâtre ICI

En attendant Bojangles
d’après le roman d’Olivier Bourdeaut

Adapté et mis en scène par Victoire Berger-Perrin
Avec Anne Charrier, Didier Brice et Victor Boulenger

Georges rencontre une étrange et fascinante jeune femme au cours d’une soirée assez assommante, elle est extravagante et c’est le coup de foudre ! Elle ne lui donne pas son prénom, alors il en invente un tous les jours !

Si elle respire la joie de vivre et l'exubérance, certains de ces comportements ne laissent pas de doute quant à sa santé mentale. Georges est amoureux et entre dans son jeu. Et la fête continue, avec Nina Simone et M. Bojangles.
Leur fils, 10 ans sera le narrateur de cet amour fou. Il entend sa mère réprimander l’institutrice, et sort vite de l’école où d’après sa mère il n’apprend rien, il est le témoin de la scène qu’elle fait à l’inspecteur des impôts et aussi à une dame dans la rue, s’offusquant de voir promener “Mlle Superfétatoire”, une grue qu’ils ont rapportée d’un voyage, et qui se balade en toute liberté dans l’appartement.
Mais la mère divague un peu trop et dangereusement. Et les rires se feront plus rares...


C’est une jolie fable, loufoque, excessive, menée tambour battant par un trio de comédiens investis et crédibles dans leurs personnages. J’ai trouvé l’adaptation fidèle au roman.
Une histoire bien romantique pour commencer une soirée.

Anne Delaleu
23 janvier 2018

lundi 22 janvier 2018

Michel-Ange et les fesses de Dieu - JP Noël - Théâtre 14


Lundi 19h - mardi au vendredi 20h45 - samedi 16h
site du théâtre 14 ICI

Michel-Ange et les fesses de Dieu
Jean-Philippe Noël

Mise en scène Jean-Paul Bordes

Avec François Siener, Jean-Paul Comart, Jean-Paul Bordes, César Dabonneville


Quelle rencontre ! Michel-Ange le génie artistique et Jules II pape-guerrier. Ils ont un même objectif, la soif de l’absolu, de la perfection.

Michel-Ange ne se veut que sculpteur, mais un pape paye bien, et le voila peintre, “barbouilleur”, il écrit parfois des poèmes. En attendant, il se demande comment peindre ce plafond… il le trouve très bien décoré de petites étoiles.

Mattéo, son valet, s’occupe de lui, de ses couleurs, de son sale caractère, de ses emportements, de sa paranoÏa. Il lui trouve des modèles, mais Michel-Ange est un esthète et il ne veut que du beau ! Pauvre Mattéo ! il supporte le peintre et le prélat. Parfois peureux, mais fidèle à son maître, il affrontera Jules II pour qu’il ne renvoie pas MIchel-Ange.

Jules II guerroie, il est tout puissant, il manie plus souvent l’épée que la Bible. Il pense surtout à sa renommée… Michel-Ange peindra, mais seul, il ne supporte pas d’être aidé, de toutes façons, il n’imagine même pas que l’on puisse le surpasser.

Sur fond de tragi-comédie, l’interprétation est remarquable. Jean-Paul Bordes, assure la mise en scène, et interprète un Michel-Ange que l’on a envie de piler comme ses pigments, tant il est suffisant, mais c’est un génie… François Siener a une présence scénique indéniable, il campe un pape plus proche de la politique que des cieux. Quant à Jean-Paul Comart, il présente une palette d’expression et de sentiments, couard, râleur, mais combien touchant dans sa supplique au Pape.

Belle idée que de ne pas montrer la voute céleste, si vous connaissez la Chapelle Sixtine, ou si vous projetez d’y aller, souvenez-vous des éclats de voix de Jules et de Michel-Ange, car lorsqu’on pénètre dans cette salle, le moindre chuchotis et vous serez rappelés à l’ordre par les gardiens !

Au théâtre 14 tout est permis !

Anne Delaleu
22 janvier 2018

jeudi 18 janvier 2018

Hôtel Paradiso - Familie Floz - Bobino


mardi au samedi 19h - dimanche 16h30
le site de Bobino ICI

Hotel Paradiso
Familie Flöz


La montagne au loin, une charmante station thermale réputée, un hôtel 4 étoiles… le rêve ? attendez de voir !

L’hôtel Paradiso est tenu par la même famille depuis des années. Un portrait au-dessus de l’ascenseur, c’est le père qui a disparu, tous les ans, la mère, redoutable mémé qui donne facilement de la canne sur tout ce qui bouge, oblige ses enfants à se recueillir devant le portrait du défunt.

Le fils dort debout, sa soeur est une surexcitée bottée de rouge, aimant cette couleur au point qu’elle veut changer toute la décoration vieillotte de l’hôtel. Il y a aussi la bonne, cleptomane, qui voudrait bien aussi voler le coeur du jeune homme, mais celui-ci ne la regarde pas. Il y a le cuisinier, qui a un chien insupportable mais un tendre qui a un doudou et aussi une scie sauteuse...

Les clients se suivent et ne se ressemblent guère, le jogger, l’adepte zen, la jeune étudiante, la femme chic, le voleur, les flics, le critique qui vient inspecter l’hôtel, le jeune groom.

Tout un monde, c’est drôle, déjanté, trash, les gags sont nombreux, même si on s’y attend on rit de bon coeur.

La Familie Flöz, ce sont des comédiens extraordinaires, qui font passer toutes les émotions et expressions par le jeu corporel, avec leurs masques on dirait des héros de bande dessinée en action !


N’hésitez pas à réserver dans cet hôtel, c’est jusqu’au 4 février à Bobino.

Anne Delaleu
18 janvier 2018



mardi 16 janvier 2018

Moi, Dian Fossey - P. Tré-Hardy - Théâtre 14


jusqu'au 24 février
mardi à vendredi 19h - samedi 20h30
Site du théâtre 14 ICI


Moi, Dian Fossey

Pierre Tré-Hardy


Avec Stéphanie Lanier
Mise en scène Gérard Vantaggioli

Dian se souvient… petite fille, ses parents divorcent, son père l’adore, mais elle n’est pas heureuse avec le nouveau mari de sa mère,  celui-ci ne souhaite pas qu’elle l’appelle “papa”, il tient ses distances, rigide.  Elle prend ses repas à la cuisine avec les domestiques.

Jeune fille fraichement diplômée, elle part pour l’Afrique, elle y restera 13 ans, elle devait y rester un mois ! Elle vit, respire, aime l’Afrique et surtout elle étudie la vie des grands singes, une photo d’elle fera le tour du monde, la primatologue américaine, qui n’a pas reçu tout l’amour qu’elle aurait dû avoir, trouve l’affection et l’humanité avec les gorilles, elle écrira un livre “Gorilles dans la brume”, elle fera la guerre aux braconniers, aux vendeurs de souvenirs - et quels souvenirs ! - comment peut-on exhiber dans un salon, une main de gorille comme cendrier.


Dian Fossey, assassinée une nuit de décembre 1985, elle avait 53 ans, son meurtrier n’a pas été retrouvé (l’a-t-on bien cherché d’ailleurs).

Stéphanie Lanier campe une Dian Fossey, exaltée, émouvante, meurtrie, une performance de comédienne. Un seul regret, le décor et les lumières minimalistes, on ne ressent pas assez la forêt, l’environnement.


Anne Delaleu
16 janvier 2018

samedi 13 janvier 2018

Le souper - Brisville - théâtre Poche Montparnasse



jusqu'au 4 mars
du mardi au samedi 21h - dimanche 15h
Site du Poche Montparnasse ICI


Le souper

Jean-Claude Brisville



Mise en scène Daniel et William Mesguich


Daniel Mesguich, Talleyrand - William Mesguich, Fouché


1815, Paris, la défaite de Waterloo et l’exil de l’usurpateur… nuit d’orage, une salle à manger, la table dressée, nous assisterons à un souper divin… Le maître des lieux, Talleyrand, “le diable boiteux” ou comme le disait crument Napoléon “une merde dans un bas de soie”.

Talleyrand, perruque poudrée, attend, il s’inquiète de l’attroupement devant son hôtel particulier. Le peuple gronde comme l’orage. Un homme pénètre dans le salon, sanglé dans son costume, Fouché, pourvoyeur de la Terreur, et des massacres de Vendée. Il a une police redoutable.

Leur préoccupation de l’instant c’est leur survie ! Ils ont besoin l’un de l’autre. Quel régime pour la France ? Louis XVIII frère de Louis XVI ou est-ce l’heure du Duc d’Orléans fils du régicide ? Fouché est pour la République, il est pour l’heure chef du gouvernement provisoire, Talleyrand fin gourmet, épicurien, veut amadouer son invité, lui veut le retour des Bourbons. Ils se connaissent et ne feront aucune concession.

Ce souper est un régal des sens, Daniel Mesguich savoureux Talleyrand, sans scrupules, sans état d’âme, offrant à son rival, l’acidité des propos et le moelleux d’un pâté en croute. William Mesguich, sans foi ni loi, incarne avec justesse un Fouché, froid, cynique, mais appréciant la bonne chère !

Les dialogues bien mitonnés, une mise en scène mijotée, et des interprètes savoureux.

Jean-Claude Brisville était un grand auteur, il laisse une oeuvre importante et intemporelle.

Anne Delaleu
13 janvier 2018

mercredi 3 janvier 2018

Artaud Passion - P. Trigano - Studio Hébertot


mardi et mercredi 21 h
site du Studio théâtre ICI
durée 1h10


Artaud Passion
Patrice Trigano

« Artaud Passion », le titre décrit bien l’homme qui a souffert dans son corps et son âme.

1946, la rencontre entre Artaud dessinateur et le père galeriste de Florence Loeb, 16 ans, sera marquante pour la jeune fille. Amour ? amitié ? on ne sait trop mais surtout une profonde admiration de part et d’autre. Florence a été subjugué par la beauté du poète en voyant le « Napoléon » d’Abel Gance. Artaud est un artiste génial, mais profondément meurtri. Il mourra seul chez lui en 1948.

Artaud et son théâtre de la cruauté, sa vision dure et sans concession du théâtre est telle qu’il a fini par se brouiller avec les surréalistes.

Un côté mystique, une rage d’exister, un langage cru, une conception de l’univers théâtral opposé à celle de Jouvet par exemple. Barrault a beaucoup appris avec Artaud, les mouvements théâtraux qui ont suivi ont été influencés par lui, tel le Living Theatre. Ses souffrances physiques et psychologiques étaient malheureusement, soignées par les méthodes de l’époque, les électrochocs.

La mise en scène d’Agnès Bourgeois, qui tient le rôle de Florence, est fidèle à l’esprit d’Artaud, quelques scènes auraient pu être moins répétitives, comme celle des électrochocs.

Jean-Luc Debattice est un sidérant Artaud, rage, humiliation, humour parfois. Agnès Bourgeois est étonnante, elle sait jouer de son corporel, de sa voix.


La pièce et la mise en scène sont intéressantes, le sujet ardu mais ne manque pas d’intérêt.


Anne Delaleu
3 janvier 2018