vendredi 25 novembre 2022

Van Gogh deux frères pour une vie - Guichet Montparnasse

 

site du Guichet Montparnasse ici
le vendredi à 19h
jusqu'à fin décembre 

Van Gogh, deux frères pour une vie

Création, mise en scène et interprétation

Sous le regard bienveillant d’Annie Vergne

Ghislain Geiger (Théo) et Julien Séchaud (Vincent)


Vincent peint, Théo vend, ils ont un amour fraternel indéniable et sans réserve.

Difficile d’être le frère d’un génie ! il faut le protéger de lui et des autres, les amours compliquées de Vincent, son licenciement de chez Goupil, il ne supporte pas que l’art soit une marchandise ! et puis Vincent pour suivre la tradition familiale veut devenir pasteur, mais il est instable, irritable. Il en faut de la patience…



Ses crises de démence, sa dépression, Théo tente en vain de gérer mais fait en sorte que Vincent ne manque de rien. Ils se retrouvent à Paris, avec toujours le même bonheur, Théo n’a pas une grande santé non plus. Il se rend bien compte que son frère va de plus en plus mal, il lui fera rencontrer le docteur Gachet. Vincent s’entendra bien avec lui, mais sa folie l’emportera. Théo malade, le rejoindra quelques mois plus tard. Sa veuve fera transférer sa dépouille auprès de Vincent. Elle s’occupera de faire connaître l’œuvre de son beau-frère.

D’après la correspondance des deux frères Van Gogh. Ghislain Geiger campe un Théo solide, humain, Julien Séchaud est le fragile Vincent, toujours prêt à aider les autres, mais en proie à des crises de démence impressionnantes.

Un spectacle émouvant, interprété avec beaucoup d’intensité et de délicatesse.

 

Anne Delaleu
Guichet Montparnasse
25 novembre 2022

vendredi 4 novembre 2022

L'autre fille - A. Ernaux - Reprise au théâtre des Mathurins



REPRISE dès le 6 novembre
Site du théâtre des Mathurins ICI



L’autre fille

Annie Ernaux


Mise en scène Marianne Basler et Jean-Philippe Puymartin

Plongés dans le noir, un bref instant, nous entendons  une voix nous confier : « c’est une photo de couleur sépia… », car c’est bien de confidences qu’il s’agit, nous allons être les témoins de la douloureuse écriture d’une lettre à une absente, une sœur morte, dont Annie Ernaux découvre l’existence lors d’une conversation chuchotée par sa mère à une cliente dans la boutique.

Elle a 10 ans lorsqu’elle entend sa mère prononcer ces mots terribles : “Elle était plus gentille que celle-là”.

Elle, c’est cette sœur, Ginette,  morte à 6 ans de la diphtérie, morte 2 ans avant sa naissance, et la découverte de ce secret familial bouleverse sa vie, la questionne, l’oblige à revisiter toute son histoire familiale, apportant un éclairage nouveau sur sa relation à ses parents.

N’est-elle que la remplaçante de cette sœur idéalisée ? Elle découvre que tout ce qu’elle possède : son lit en bois, son cartable, appartenaient déjà à sa sœur « morte comme une sainte »

Il lui faudra plusieurs dizaines d’années, pour écrire ce texte adressé à « l’autre fille », car dit-elle,  « Celle-là, c’est moi et 60 ans après je n’en finis pas de buter sur ce mot  gentille,»

La sobre mise en scène : un bureau, une chaise pour l’écriture, quelques photos pour raviver les souvenirs de ses parents, et surtout la délicate présence de la comédienne, participent à l’émotion des spectateurs, perceptible tout au long du spectacle.

Marianne Basler, est habitée par le personnage, jusque dans la ressemblance physique, elle nous accompagne avec sensibilité, dans  le douloureux cheminement de la mémoire enfouie, et de l’écriture qui délivre et nous interroge.

Annie Lozac'h
22 novembre 2018
Mise à jour 4 novembre 2022

Bernard Dimey Père et fille - REPRISE AU THEATRE ESSAION



Site du théâtre Essaion ICI

BERNARD DIMEY PERE et FILLE
Une incroyable rencontre
Le spectacle musical de Dominique Dimey
Avec Dominique Dimey (jeu et chant), Charles Tois (accompagnement piano),
et Richard Bohringer (voix)

conception et mise en scène : Bruno Laurent
Décor : Nils Zachariasen. Lumières : Stéphane Baquet

C’est dans le Théâtre Lepic, (anciennement Ciné 13 théâtre), si bien rénové, à deux pas du Moulin Rouge et du Moulin de la Galette que j’ai découvert pour un soir, le spectacle de Dominique Dimey « Père et fille, une incroyable rencontre ».
Et ce lieu est particulièrement bien choisi, puisqu’elle nous invite à déambuler autour de Montmartre, de la rue Lepic, à la rue Germain Pilon, avec Bernard Dimey, amoureux de ce quartier populaire authentique et de ses habitants. Il y vivait au jour le jour, si proche de ses frères de route, de comptoir, de trottoir, malgré sa notoriété, lui qui vivait sans posséder ni maison ni voiture ni compte en banque, mais remplissait la salle Pleyel ou l’Olympia, quand il récitait ses poèmes, dans son vieux pull taché.
En ouverture, Richard Bohringer prête sa voix à Bernard Dimey en interprétant « Lorsque mon cœur sera » et l’émotion s’installe.
Il aura fallu beaucoup de temps à Dominique Dimey pour réussir à raconter son incroyable rencontre à Montmartre, lorsqu'elle avait 20 ans, avec son père Bernard qu'elle ne connaissait pas. Mais Je ne dévoilerai pas cette Histoire d’Amour, car il faut l’entendre conter et chanter avec la voix chaude, sensible et pudique de Dominique Dimey, dans une vérité émouvante, superbement accompagnée au piano par Charles Tois.
Ce spectacle pétri de tendresse, apporte un regard inédit sur l’œuvre et l’univers de Bernard Dimey, auteur de centaines de chansons (Syracuse, mon truc en plumes, Mémère, Il ne faudra jamais…) enregistrées par les plus grands noms ( Charles Aznavour, Yves Montand, Serge Reggiani, Zizi Jeanmaire, Henri Salvador, Juliette Gréco, Patachou, les Frères Jacques, Mouloudji, Michel Simon…..) et pour moi je l’avoue, la découverte d’un poète, auteur de romans, et de nouvelles, la découverte d’un homme exubérant, plein d'humour, secret et plein d’humanité, et de démesure, de soif d'absolu.
Dominique Dimey, avec ce spectacle intime et bouleversant nous fait un grand cadeau !


Annie Lozach
Théâtre Lepic 24 juin 2019
mise à jour 4 novembre 2022


Le Horla - G. de Maupassant - A La Folie Théâtre (REPRISE !)

 

durée 1h20
site du théâtre ICI

Le Horla

Guy de Maupassant




Adaptation de Frédéric Gray

Mise en scène : Frédéric Gray assisté d'Olivier Troyon


Avec : Guillaume Blanchard et Olivier Troyon (en alternance avec Frédéric Gray)


Une bien étrange histoire...
Le narrateur se rend dans sa résidence en Normandie, il aime cette région, le calme, la douceur, par sa fenêtre, il voit passer les bâteaux, en voici un qui vient du Brésil, il le salue gaiement.

Un soir, il se sent mal, pris de fièvre, en fait il ressent une présence… une possession qui le rend peu à peu fou, délirant. Curieusement, lorsqu’il part en voyage, il n’est plus “hanté” par la chose, à Paris, il rend visite à sa cousine, au cours de la soirée, elle lui présente un docteur dont la spécialité est l’hypnose. Elle servira de cobaye et il adviendra des choses surprenantes !

De retour en Normandie, il continue à écrire son journal, nous suivons son état d’esprit presque tous les jours. Comment se débarrasser du Horla ? Il explore toutes sortes de situations, semble un soir se libérer, mais non… et il finira par se produire l’impensable.

Nous devenons comme le narrateur, haletant à chaque instant, à chaque manifestation surnaturelle.

Guillaume Blanchard interprète le narrateur de façon convaincante, et l’on est suspendu à son délire. L’adaptation et la mise en scène de Frédéric Gray permet aussi de “souffler". Il fait ressortir l’humour de Maupassant, et Olivier Troyon qui joue plusieurs rôles, nous fait réfléchir à chaque scène, est-il responsable de la folie du narrateur, pourquoi ce sourire narquois ? Est-ce notre imagination ou celle du narrateur ? Tout peut-il s’expliquer rationnellement ?

Un spectacle qui nous donne envie de lire et relire Maupassant et de l’apprécier à juste titre. 


Anne Delaleu

mise à jour le 4 novembre 2022

A la Folie Théâtre

mercredi 26 octobre 2022

Le voyage de Molière - Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre - Théâtre Le Lucernaire

 


Site du théâtre ICI
théâtre rouge : durée 1h35
mardi au samedi 19h - dimanche 16h
jusqu'au 7 janvier 2023

Le voyage de Monsieur Molière

Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre

 

Mise en scène Jean-Philippe Daguerre

Avec Grégoire Bourbier ou François Raffenaud, Stéphane Dauch, Violette Erhart, Mathilde Hennekinne,  Charlotte Matzneff ou  Floriane Vincent, Teddy Mélis ou Michaël Giorno-Cohen, Geoffrey Palisse et Charlotte Ruby ou Guilia De Sia

 

Musique Petr Ruzicka
Costumes Corinne Rossi
Décors Antoine Milian
Lumières Moïse Hill


2022, Léo fait des études de médecine, mais son rêve absolu c’est d’être comédien, il va donc passer une audition, mais pris par le trac il s’évanouit, et se réveille… au 17ème siècle en compagnie de comédiens, et pas des moindres, ceux de Molière et de son Illustre Théâtre !

Bien sûr, il va devoir expliquer certains anachronismes, tel son jean, et sa passion pour les Beatles ! Il s’en sort très bien, et la jeune Armande Béjart n’est pas insensible à son charme, et ce qui ne gâche rien elle ressemble à sa petite amie du XXIème siècle !

Molière décide d’engager ce jeune homme comme homme à tout faire et comédien, Léo connait bien la fin de l’histoire, et malgré tout il joue le jeu, se laisse séduire, se lie d’amitié avec Gros René mari de Marquise. Il poussera Molière et la troupe à partir à Paris on ne peut pas échapper à l’Histoire !

Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre, ont écrit une belle pièce sur l’amour du théâtre, sur notre « patron » Molière dont on souffle les 400 bougies cette année. Il y a du panache, de l’humour, de l’action, bravo pour les costumes et les décors, la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre est dynamique, drôle, un vrai travail de troupe ! On s’amuse, on est ému, les comédiens sont excellents.

Une belle fresque à voir absolument, bon si des fois je tombe en syncope je veux bien me réveiller à la première du « Tartuffe » j’ai des choses à dire à Molière…


Anne Delaleu
Théâtre Le Lucernaire
26 octobre 2022

mardi 25 octobre 2022

Monsieur Proust - entretiens de Céleste Albaret avec Georges Belmont - Théâtre Le Lucernaire

 


Site du théâtre ICI
durée 1h20 
salle Paradis
mardi au samedi 19h et dimanche 15h30
jusqu'au 27 novembre 2022

Monsieur Proust

D’après les entretiens de Céleste Albaret avec Georges Belmont

 

Adaptation et mise en scène Ivan Morane

Interprétation Céline Samie


Comment pouvait-elle imaginer cette jeune provinciale en épousant Odilon Albaret, taxi de son état à Paris ayant comme client Marcel Proust, comment pouvait-elle imaginer l’incroyable rencontre qui changerait sa vie ?

Céleste suit son mari à Paris, elle vient de sa Lozère, et la grande ville commence à lui peser, alors M. Proust suggère à Odilon qu’elle fasse le portage à domicile des ouvrages que l’écrivain a dédicacé. Céleste est toute heureuse, elle voit du monde, et du beau monde !

La guerre de 1914 éclate, son mari part au front (comme taxi de la Marne) et le valet de M. Proust également, Céleste devra s’occuper de l’écrivain, déjà bien malade. Un malade bien exigeant, acheter son café ici, son croissant là, elle court, elle court Céleste, elle est jeune, et elle est heureuse de converser avec ce grand écrivain, celui-ci n’a aucune morgue, il considère Céleste comme une « maman », il lui donne des idées de lecture, et comment débuter superbement l’amour de la lecture que par Dumas et ses « Trois mousquetaires » ! Ah elle aime discuter de Milady avec M. Proust, il lui conseille aussi Balzac, mais a-t-elle vraiment le temps de lire, avec un malade si exigeant, jour et nuit elle reste à sa disposition, pas de vie personnelle.

Grâce à Céleste, à son dévouement, il pourra finir son œuvre, il obtiendra le prix Goncourt en 1919. Proust ne peut pas se passer de Céleste, elle comprend tout, elle l’aime à sa façon. Elle l’amuse en imitant Gide (qu’elle ne peut pas supporter !). Et pourtant la seule et unique fois où elle « trahira » M. Proust c’est pour tenter de le sauver, et elle sera là pour ses derniers instants.

Céline Samie incarne superbement la lumineuse Céleste, dès le début, elle est si solaire, si bienveillante, sourire aux lèvres, toujours amusée des manies du grand homme. Elle est drôle, émouvante. Ivan Morane a adapté pour la scène, les mémoires de Céleste, recueillis par Georges Belmont, sa mise en scène est sobre et intense,

Un très beau seule en scène pour honorer les cent ans de la disparition de Marcel Proust, écrivain majeur.


Anne Delaleu
Théâtre Le Lucernaire
25 octobre 2022


vendredi 14 octobre 2022

Le comble de la vanité - V. Fayolle - Théâtre de la Pépinière

 
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Assistante à la mise en scène : Sabrina Paul
Scénographie : Emmanuel Charles
Costumes : Isabelle Mathieu
Lumière : François Leneveu
Musique : Pierre-Antoine Durand
Jeudi au samedi 19h ou 21h (selon les jours)
dimanche 15h
durée 1h30

Le comble de la vanité
Valérie Fayolle


Mise en scène : Ludivine de Chastenet


Avec: Mikaël Chirinian, Julie Farenc, Virginie Pradal, Cécile Rebboah et David Talbot.


Canicule, mois d’août, les enfants reviennent dans la maison de leurs parents, ils vont enterrer le père. Il y a le fils ainé, homme d’affaires, le portable collé à la main, marié, à une petite jeune femme fragile sans beaucoup d’expression, qui part à la chasse aux microbes et à la poussière, pas d’affection entre eux. L’autre fils est baba-cool musicien, leur sœur a des problèmes d’audition et retire son appareil quand ça l’arrange !

La mère, souriante, élégante tout de blanc vêtue, heureuse de retrouver sa « tribu », elle est un peu dans son « monde », mais si délicate et si drôle, par contre, ses enfants ne s’attendent pas à ce qu’elle leur réserve !


Un testament est trouvé dans un des tiroirs, certes ils sont tous bénéficiaires, mais il y a un « autre » bénéficiaire et ils le connaissent tous, un petit gars qui partageait leurs jeux. Pas question de se faire gruger, ils fouillent dans le grenier dans lequel un tableau assez mochasse a atterri, un cadeau du fils ainé à ses parents, le sujet est ce qu’on appelait à la Renaissance « une vanité », la vie, la mort. Et derrière le tableau ils découvriront un crane… Ils bousculent leur mère, un peu brusquement, mais celle-ci ne perd pas pied et leur répond le plus gentiment du monde oui elle a eu un amant et celui-ci repose sous un massif de fleurs… alors là s’en est trop pour eux, recherche ADN ou pas ? La mère va-t-elle révéler son secret ? y a-t-il eu crime, leur père un assassin ?

Une comédie cynique et drôle de Valérie Fayolle, Virginie Pradal que l’on a toujours plaisir à retrouver sur scène, est une veuve plus que joyeuse ! Mikaël Chirinian, Julie Farenc, Cécile Rebboah et David Talbot ses enfants, sont tous investis dans leurs personnages et s’amusent autant que nous.

Ce serait un comble si vous n’alliez pas assister à l’ouverture du testament !

 

 

Anne Delaleu
14 octobre 2022
Théâtre de la Pépinière


jeudi 13 octobre 2022

Au scalpel - A. Rault - Théâtre des Variétés

 


Site du théâtre ICI
mercredi au samedi 19h
Durée 75mn

Au scalpel
Antoine Rault

 

Metteur en scène : Thierry Harcourt

Avec Davy Sardou et Bruno Salomone

 


Ah les histoires de famille, les héritages, les rancœurs qui remontent à la surface, voilà un très bon thriller psychologique qui nous est conté grâce à Antoine Rault.

Deux frères, ils ne se sont pas vus depuis longtemps, de toutes façons ils se détestent ! Leurs vies privées est également très compliquée, l’un était amoureux de sa belle-sœur, l’autre n’a pas hésité à devenir l’amant de la femme de son frère.

Le chirurgien a un superbe appartement, lumineux, spacieux, sur un meuble, une collection d’instruments de chirurgie, et au-dessus trônent une balalaïka, et un beau vase…

Copyright : Stéphane Parphot

L’autre, est photographe, imbu de lui-même, content de narguer le grand frère. Il se permet beaucoup de choses, trop. L’héritage des parents a été fait mais il aurait voulu l’instrument de musique et le vase en plus. Il joue avec les nerfs de son frère et ne se doute pas du piège dans lequel il va tomber.



Le photographe a toujours été le chouchou de ses parents, même quand il faisait une bêtise ou travaillait mal en classe, son frère c’est l’inverse, brillant élève mais peu d’affection du côté des parents.


Copyright : Stéphane Parphot

Au moment de partir le photographe se rend compte que son frère a fermé la porte et caché la clé… Que va-t-il se passer entre eux ?

Du suspense, de l’humour, un bon cocktail servi par Davy Sardou et Bruno Salomone, remarquables tous les deux et dirigés avec beaucoup de finesse par Thierry Harcourt.


Anne Delaleu
14 octobre 2022
Théâtre des Variétés

mardi 11 octobre 2022

Le journal d'une femme de chambre - O. Mirbeau - théâtre de la Huchette

 

Site du théâtre ICI
durée 1h20
mardi au samedi 21h

Le journal d'une femme de chambre
Octave Mirbeau

Mise en scène Nicolas Briançon

avec Lisa Martino


Charmante et mutine Célestine, elle sort de sa baignoire, se pare de sa serviette de bain tout en gourmandant une personne au regard trop appuyé …


co Fabienne Rappeneau

Elle est femme de chambre dans une maison bourgeoise en Normandie, ses nouveaux patrons Monsieur et Madame Lanlaire, ça la fait rire car ils portent un nom à faire et dire bien des blagues !


Célestine a été souvent placée, elle en a à dire sur le beau linge peu reluisant, des patronnes peu intéressées par la chose, par contre leurs maris c’est autre chose ! sans parler des obsédés, le dernier en date lustrait les bottines avec une jouissance évidente… d’autres la désirent, elle se laisse faire, elle aime parfois qu’on la possède. Son enfance ? un frère et une sœur dont elle n’a plus de nouvelles, elle n’en cherche pas non plus, et la mort de sa mère la laisse indifférente.

co Fabienne Rappeneau


Joseph le cocher de Madame, ne laisse pas insensible la jolie Célestine, pourtant elle se doute bien de quel homme il est, quel monstre… Quelle importance après tout, elle sera patronne, deviendra égoïste ne s’embarrassant pas de principes, oui elle posera en patriote alsacienne, oui elle acceptera le racisme et l’antisémitisme. Un monde pas bien propre en somme.

Lisa Martino incarne parfaitement la domestique sensuelle, coquine, amusante et aussi la jeune fille fracassée par la vie, par l’alcool et les plaisirs.

Nicolas Briançon signe là une mise en scène dense, étouffante, cruelle, qui ne laisse pas indifférent.

La Huchette est décidemment un lieu de programmation passionnant !

 

Anne Delaleu

11 octobre 2022

Théâtre de la Huchette