vendredi 8 novembre 2019

Père ou fils - C. Michel - Théâtre de la Renaissance


site du théâtre ICI
durée 1h30
mardi au samedi 21h
samedi et dimanche 16h30


Père ou fils
Clément Michel

Avec Patrick Braoudé, Arthur Jugnot, Catherine Hosmalin, Flavie Péan, Julien Personnaz, Laurence Porteil

Mise en scène David Roussel et Arthur Jugnot

Alexandre est peintre, il tente vainement d’exposer ses oeuvres, de trouver une galerie, son père Bertrand Delorme, n’a qu’une obsession gérer sa campagne électorale, le seul point commun des deux hommes, ils se méprisent mutuellement !

Bertrand rend visite à son fils pour son anniversaire, bien entendu ce n’est pas la bonne date, ni le bon cadeau… les vannes fusent, les insultes, mais surtout le cultissime “si tu étais à ma place” ! Ils ne vont pas être déçus l’un et l’autre, en effet, un matin Alexandre se réveille et stupeur, il est “son père” ! Bertrand furax revient voir son fils, mais il est dans la peau d’Alexandre, oui je sais il faut suivre !

Bref, un vilain sort les a mis dans la peau de l’autre, un échange qui va virer au cauchemar. Que vont-ils faire ? coacher le fils-père pour répondre aux questions de la journaliste, quant au père-fils il doit repousser les avances de sa propre mère, qui a trop fumé et rattraper la fiancée qui ne comprend plus rien à la situation !

C’est sans compter sur l’ami “chelou”, camé et revendeur de fausses toiles, sans compter non plus sur l’explosive maman d’Alexandre séparée de son mari et surtout pas en bons termes. Pourtant vivre dans la peau de l’autre va peut être s’avérer positif.

Une bonne comédie, sur les rapports père-fils-mère-copine, quiproquos, malentendus. David Roussel et Arthur Jugnot - qui s’y connaît en magie et passe-passe -, signent une mise en scène drôle, dynamique, c’est très bien fait. Catherine Hosmalin est la mère déjantée, imposante et nature ! Flavie Péan apporte la fraîcheur dans cet imbroglio, Laurence Porteil est la séduisante et dynamique journaliste, quant à Julien Personnaz on ne peut s’empêcher de rire, malgré l’air menaçant qu’il tente d’avoir ! Patrick Braoudé et Arthur Jugnot forment le duo parfait et complémentaire.

Anne Delaleu
8 novembre 2019
théâtre de la Renaissance







mercredi 6 novembre 2019

21 rue des Sources - P. Minyana - théâtre du Rond-Point


Site du théâtre ICI
durée 1h15
mardi au samedi 20h30 - dimanche 15h30
jusqu'au 1er décembre 2019


21 rue des Sources
Philippe Minyana

Mise en scène de l’auteur,
avec Laurent Charpentier et Catherine Matisse
musique Nicolas Ducloux

Joli nom la rue des Sources, une maison abandonnée, pas vraiment, deux personnages surgissent, le jeune homme tout de blanc vêtu, la femme en robe cocktail blanche aussi, c’est normal, ce sont des revenants !

Nadine et l’ami se souviennent, elle a vécu dans cette maison, maintenant délabrée, elle nous raconte sa vie, son mariage, les enfants, c’est souvent drôle, quant à l’ami, il est mort jeune dans un accident de la route, c’est un dandy, qui se promène dans chaque pièce avec Nadine, ici la véranda, la cuisine, la chambre où elle a décidé de finir ses jours, comme on dit.

Des tranches de vies quotidiennes, mondaines parfois, le texte est vif, amusant, bien écrit.
Laurent Charpentier et Catherine Matisse apportent la vie et la poésie à ce texte, à ce conte, sur la vie, l’amour, la destinée.

Co Eric Didym

La musique est présente et Nicolas Ducloux a toute la fantaisie qu’il faut pour faire revivre nos revenants.

Une bonne adresse à retenir 21 rue des Sources.

Anne Delaleu
6 novembre 2019
Théâtre du Rond-Point










lundi 4 novembre 2019

Le nom sur le bout de la langue - P. Quignard - Th de la Huchette




Site du théâtre ICI
durée 70 mn

Le nom sur le bout de la langue
Pascal Quignard

Mise en scène Aurélia Arto 
avec Marion Lahmer


Elle avance chantonnant fort bien d’ailleurs, la chanson de Barbara “Ce matin là”. C’est une histoire d’amour, et les paroles de la chanson illustre bien ce qui va suivre. L’époque ? le Moyen-âge, c’est un conte bien singulier auquel nous assistons, le diable s’en mêle aussi...

Colbrune, une jeune brodeuse est amoureuse du tailleur Jeûne. Elle a le courage de ses sentiments, et lui avoue son amour. Le jeune homme la défie, il faudra pour qu’ils se marient qu’elle lui brode de manière identique, la somptueuse ceinture qu’il porte. Colbrune jour et nuit tente vainement de faire une ceinture en tout points semblable, elle n’y arrive pas et se désespère, elle n’épousera pas Jeûne.

Un soir pourtant, un seigneur se présente à sa porte, il s’est égaré et cherche refuge, la jeune fille se confie à lui, quelle joie, le seigneur lui donne une ceinture identique à celle de son fiancé, mais … il reviendra dans un an et si elle ne se souvient pas de son nom elle sera à lui ! Colbrune rit, bien entendu, il peut revenir, elle se souviendra de lui !

La ceinture est donnée, le mariage conclu, les deux jeunes gens s’aiment et les mois défilent… Colbrune tout d’un coup ne se souvient plus du nom du seigneur, panique, peur, elle est bien obligée d’avouer son stratagème à son mari. Celui-ci par trois fois, partira dans les recoins les plus sombres de la forêt, un lapereau, une carpe, une buse lui serviront de guide. Mais Jeûne en revenant ne se rappelle plus du nom du seigneur !

Comment le conte se termine d’après vous ? 

Marion Lahmer, campe avec sensualité et gaîté la belle Colbrune, elle est accompagnée d’un musicien, ce conte initiatique de Pascal Quignard est prenant, on y croit, on galope avec Jeûne, on pleure avec Colbrune, on sourit aussi.

Une belle histoire qui donne envie de lire et relire Pascal Quignard.

Anne Delaleu
4 novembre 2019
théâtre de la Huchette


mardi 29 octobre 2019

Je m'appelle Erik Satie comme tout le monde - Théâtre de la Contrescarpe



Site du théâtre ICI
mardi au samedi 19h
durée 70 mn

Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde

Avec Elliot Jenicot et Anaïs Yazit
Écrit et mis en scène par Laetitia Gonzalbes


Erik Satie, je n’allais pas manquer un spectacle sur un de mes compositeurs favoris, je n’ai pas été déçue ! Pensez donc, les Gymnopédies, les "embryons desséchés", les "gnossiennes", et de jolies mélodies “je te veux” ou l'inénarrable “Allons y chochotte” !

photos Fabienne Rappenau

Mais sommes-nous vraiment face à ce génial compositeur ? comment se fait-il qu’il donne un autre nom à Anna ? Enfin, de toutes façons Monsieur Satie, binocles sur le nez, parapluie, chapeau melon et barbichette se lance dans l’évocation de sa vie, dansant, prenant des poses, aidé par la jeune femme, ces deux-là s’amusent bien !

photo Fabienne Rappeneau

Cet original se moque des conventions, sa musique manque de forme ? bon et bien il composera trois morceaux “en forme de poire” ! Un humour dévastateur ce Satie vous dis-je ! Iconoclaste, se prenant au sérieux, pas vraiment, en tout cas brocardant certains de ses confrères, et la critique n’en parlons pas ! Sa vie amoureuse ? “Biqui” Suzanne Valadon, rejeté par elle, il compose “Vexations”...

photo Fabienne Rappeneau

photo Fabienne Rappeneau

photo Fabienne Rappeneau

Sur un livret de Cocteau, le décor et les costumes de Picasso, musique de Satie, le ballet “Parade” sera créé par Diaghilev, les critiques seront virulentes. Satie baigne dans un “bouillon de culture”, il est à l’origine du groupe des six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre), ses compositions jouées dans le monde entier, chantées et toujours au répertoire des artistes lyriques.

Biographie ludique et décalée, grâce à l’interprétation géniale de Elliot Jenicot, qui investit le personnage, douceur et sensualité avec Anaïs Yazit. La projection d’un film d’animation aurait beaucoup plu à Satie, la mise en scène de Laetitia Gonzalbes est créative, en forme de… peut-être !
photo Fabienne Rappeneau

Un très bon moment de théâtre et de musique à ne pas manquer !



Anne Delaleu
29 octobre 2019
théâtre de la Contrescarpe



lundi 28 octobre 2019

Contes russes et autres histoires vraies - La Huchette


Site de la Huchette ICI
durée 70 mn



Contes russes et autres histoires vraies


Adaptation et avec Yves Thuillier, Compagnie Les oies sauvages.

Spectacle de contes, tirés des textes d’Afanassiev accompagnés de mélodies à la balalaïka.

Un très beau spectacle que nous a présenté Yves Thuillier, il chante, danse, nous conte les histoires de la grande Russie, anecdotes historiques, sur le tsar Alexei, furieux contre la musique qu’il juge dégradante, l’oukase est lancé sur les musiciens, les chanteurs et les instruments de musique… la balalaïka sera imaginée et inventée à partir de cette époque !

Contes fantastiques, lutins farceurs, animaux doués de parole et de raison, n’oublions pas la sorcière Baba Yaga ! Yves Thuillier joue de tout pour nous faire rêver, sourire, il utilise à la perfection les objets, les déguisements, l’art de la marionnette pour illustrer un conte. On voyage avec lui et avec les tsiganes, une belle leçon d’humanité. 

De la couleur, des costumes, des poupées russes, de la musique, du rire, tout est fort bien mené par le conteur.

S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas !

Anne Delaleu
28 octobre 2019
théâtre de la Huchette

vendredi 25 octobre 2019

Les pâtes à l'ail - théâtre de la Scène Parisienne


jeudi au samedi 19h
jusqu'au 31 décembre 2019
durée 75 mn
site du théâtre ICI

Les pâtes à l’ail
Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé

Mise en scène Jean-Carol Larrivé


Les pâtes à l’ail
Bruno Gaccio, Philippe Giangreco et Jean-Carol Larrivé

Mise en scène Jean-Carol Larrivé


Quoi de meilleur pour passer une bonne soirée que des pâtes à l’ail, et du vin à partager avec son meilleur ami !

Vincent attend Carlo, ils se connaissent depuis la naissance, ils sont mieux que des frères, des amis, et le repas des retrouvailles est sacré.

Vincent est restaurateur et selon la formule, bon père, bon époux, et travailleur, peut être un peu trop ! Carlo, lui, ne s’engage pas vraiment, photographe et papillonnant, sa dernière conquête rencontrée dans une boulangerie, entre baguette et croissant !

La soirée démarre, on veille sur les pâtes qui cuisent, les amis discutent de tout et de rien, Vincent est sur les nerfs et fait un pétage de plomb, et pour cause, Carlo a invité pour le café, sa nouvelle copine Julia accompagnée d’une amie. Trahison ! Vincent annonce alors la nouvelle qui fait mal, à laquelle on ne croit pas lorsqu’il s’agit d’un proche. Sa maladie, il n’en parle à personne, et maintenant il demande l’impossible service à son ami. Il a tout prévu.

Carlo fera tout et mettra tout en oeuvre pour le faire changer d’avis, et ce qui devrait être abominable à entendre, devient un moment de rires, d’humour et d’amitié. Pas de larmes, des bons mots, des répliques drôles et efficaces. Vincent changera-t-il d’avis ? Si vous voulez le savoir, courez voir cette comédie, qui fait du bien !

Un dernier point, surtout ne me dénoncez pas à ces siciliens, je n’aime les pâtes que … bien cuites !

Anne Delaleu
25 octobre 2019
Théâtre La Scène Parisienne


jeudi 24 octobre 2019

Les ecchymoses invisibles - D. Saïbi - Théo Théâtre



Site du théâtre ICI
tous les jeudis à 19h jusqu'au 19 décembre 2019
durée 1h15


Les ecchymoses invisibles
Djamel Saïbi

Mise en scène Djamel Saïbi

Avec Eric Moscardo et Emma Dubois


Dans la pénombre d’un salon, une femme parle seule, elle est terrifiée à l’idée d’affronter Michel son mari. Il lui a remis 50 euros pas plus, pour acheter tout ce qu’il faut et préparer un apéro dinatoire. Ce pourrait être une soirée sympathique, avec le collège de Michel et sa copine, mais Corinne a tout loupé, malgré la liste sur Excel que lui a donné Michel. Elle a dépassé le budget et pas moyen de payer, elle n’avait pas de carte bancaire… Alors elle est sortie du supermarché sans rien, s’est posée un moment avant de rentrer, elle réfléchit, comment va t'elle s’en sortir ?

Michel rentre tout content, c’est un homme séduisant, rigolard il est fou de maquettes d’avion et souhaite montrer sa dernière trouvaille à Fabian son collègue. Un vrai môme !
Elle lui donne son scotch préféré, que bien sûr il lui ordonne de ne pas servir à leurs invités, ils auront un whisky banal ! Comment faire pour aborder la question “supermarché loupé” ?

Michel ne parle pas, il éructe, il gueule, insulte sa femme, arrive à la persuader de tous les maux de la terre, reproches, grossièretés. Elle n’a plus envie de rien, même pas de se préparer pour accueillir le collègue, Michel lui ordonne encore d’aller se changer, avec tout l’argent qu’il dépense pour elle, elle a bien de quoi se vêtir et se maquiller ce soir !

Corinne ne supporte plus les brimades, les humiliations, elle a tout subi, la perversité de son mari l’a éloignée de sa famille, de ses filles, elle n’a plus d’amis.

Les parents de Michel étaient trop amants, fusionnels, ne se préoccupant pas de leur fils, qu’ils ont appelé “Michele” en l’honneur de la chanteuse Michèle Torr, qu’ils adorent. Michèle Torr peut-être n’est-ce pas anodin comme choix, elle aussi est partie après 24 ans de vie commune et de maltraitance !

Corinne a maintenant les cartes en mains et surtout l’arme de service de Michel… que va-t-il arriver ?

Une bonne mise en scène sur un sujet douloureux, Emma Dubois est émouvante sans être larmoyante, Eric Moscardo a le mauvais rôle, mais il est parfait dans le personnage du grand gamin qui veut rattrapper une enfance pourrie. Cela explique ceci mais ne l’excuse pas.

Un spectacle important à voir.


Anne Delaleu
24 octobre 2019
Théo Théâtre