lundi 5 novembre 2018

Stück Plastik - Von Mayenburg - Manufacture des oeillets

Site du théâtre ICI
jusqu'au 16 novembre
durée 1h40
lundi - mardi - vendredi 20h
jeudi 19h - samedi 18h - dimanche 16h

STÜCK PLASTIK
(Une pièce en plastique)
Marius von Mayenburg



Mise en scène Maïa Sandoz

Avec Serge Biavan - Maxime Coggio - Paul Moulin - Maïa Sandoz - Aurélie Vérillon



Comment faire pour être en accord avec ses convictions ? est-ce si difficile, apparemment oui pour Michael et sa femme Judith. Il est médecin, elle, assistante d’un artiste plasticien. Ce sont des bobos de gauche, ils ont leurs idées sur tout, mais leur profession les engloutissent complètement, ils sont donc obligés de prendre une femme de ménage, elle s’occupera également de leur gamin de 12 ans, Vincent, râleur et surtout accroché à sa tablette pour filmer toutes les scènes de la vie conjugale compliquée de ses parents et autre chose aussi…

Jessica est donc embauchée. C’est une femme simple, et selon les clichés n’a pas d’éducation ! Judith fait toute une histoire sur la propreté, celle de sa maison mais surtout celle de Jessica.

Michael se sent incompris, délaissé. Serge Hauluppa l’artiste plasticien, ami du couple, a une théorie bien arrêté sur la dépression. C’est vraiment trop banal, on fait du burnout !

Serge est intéressé par Jessica, il veut la filmer lorsqu’elle nettoie, il en rajoute d’ailleurs !

Tout ce petit monde baigne dans l’hystérie, la mise en scène de Maïa Sandoz joue sur l’absurde, la violence des propos. A nous de décrypter le message, sur l’art contemporain et ses dérives, sur l’esclavage moderne.

La pièce est très bien interprétée, chacun sa personnalité, son délire. Une comédie acide qui fait réfléchir.

Ce spectacle fait partie de l'édition 2018 des Théâtrales Charles Dullin www.lestheatrales.com n'hésitez pas à consulter leur site !

Anne Delaleu
5 novembre 2018

mercredi 31 octobre 2018

Il y aura la jeunesse d'aimer - Aragon/Triolet - Lucernaire


Site du théâtre ICI
jusqu'au 2 décembre 2018
21 h mardi au samedi - dmanche 18h

Il y aura la jeunesse d’aimer

Textes de Louis Aragon et Elsa Triolet


Mise en scène Didier Bezace
Avec Ariane Ascaride et Didier Bezace


Une heure trente de poésie, d’amour, de volupté, de charme. Didier Bezace et Ariane Ascaride sont les interprètes des textes d’Aragon et d’Elsa.

Elle est vêtue d’une robe noire, une broche complète cette élégante toilette. Peut-être un clin d’œil au passé d’Elsa qui dessinait des bijoux pour Elsa Schiaparelli et Chanel.  

A tour de rôle, se donnant la réplique, ils font revivre l’histoire de ce couple, les blessures, la passion, l’authentique amour. De belles pages de poésie et de roman qui donnent envie de se replonger dans l’œuvre d’Aragon et de Triolet. Brassens, Ferrat ont été inspirés par les textes du poète.

J’espère que la jeunesse viendra écouter ce spectacle si profond, et aussi si drôle, « ça s’est passé comme au cinéma », relate l’intervention « musclée » de la police durant l’Occupation. On rit bien sûr, mais au final c’est terrifiant de penser que l’on peut vous accuser de tout et de rien. Ariane Ascaride foulard noué sur la tête se transforme en mégère qui donne du fil à retordre à son mari Didier Bezace, celui-ci est irrésistible dans les personnages haut en couleur du récit.


Que dire de plus, les poètes ont toujours raison !

Anne Delaleu
31 octobre 2018

jeudi 25 octobre 2018

Le gros diamant du Prince Ludwig - thếâtre Le Palace


Site du théâtre ICI
jeudi au samedi 20h30
durée 1h40

Le gros diamant du Prince Ludwig

de Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields


Adaptation française Miren Pradier et Gwen Aduh

Mise en scène Gwen Aduh

L’équipe des « Faux British » a encore frappé !
Nous voici embarqué dans un thriller des années 50, sans Bogart, sans Baccall mais avec une Marilyn, secrétaire de Mr Troisgros, bien sous tout rapport.

Un orchestre jazzy, de bons musiciens qui enchaînent les morceaux de musique et les scènes, d’ailleurs vous reconnaîtrez sûrement des extraits de génériques de films bien connus.

L’histoire, le prince Ludwig confie à la banque un énorme diamant. Bien entendu, les malfrats ne sont pas loin, Marilyn a un fils, un peu voyou mais pas trop, et les gros casses ça ne le branche pas du tout ! mais le voilà bien malgré lui emporté dans le tourbillon, il est amoureux que voulez-vous, et de la fille du banquier, elle-même « fiancé » à un repris de justice qui a préféré « se faire la belle » en compagnie d’un copain, qui n’a pas l’air futé mais très fier d’avoir fait du théâtre amateur…

Enfin, voilà une troupe bien dynamique, très sportive, vous comprendrez pourquoi, lorsque vous irez au Palace, des gags à profusion, des répliques cultes, des changements de décors, des trouvailles pour les différentes actions de la pièce, de la musique et des chansons.


Un bon moment de détente et de rires avec cette joyeuse bande !

Anne Delaleu
25 octobre 2018

mercredi 24 octobre 2018

Un amour exemplaire - Cestac/Pennac - Rond-Point

Site du théâtre ICI 
jusqu'au 18 novembre 2018
Salle Jean Tardieu
durée 1h15 - mardi au dimanche 18h30

Un amour exemplaire

D’après la bande dessinée de Florence Cestac et Daniel Pennac


Mise en scène Clara Bauer

Avec Florence Cestac (la dessinatrice), Marie-Elisabeth Cornet (Germaine) Pako Ioffredo (Père de Germaine), Laurent Natrella (Jean de Bozignac), Daniel Pennac (le narrateur)


De nos jours, les princes épousent des roturières avec un passé sulfureux ou pas. Mais l’histoire qui nous est contée est mieux qu’un conte de fées, enfin s’en est un quand même !

Germaine couturière, est renvoyée de chez Madame la marquise de Bozignac, elle lui a rendu la gifle que celle-ci lui avait envoyée, à cause d’un malencontreux coup d’épingle. Mais Jean de Bozignac avoue son amour à Germaine, qui le lui rend au centuple. Ils sont désavoués tant par la famille aristocratique que par le peu recommandable père de Germaine. Et c’est tant mieux !

Ils peuvent enfin vivre de livres et d’eau fraîche, Jean a acquis une culture littéraire grâce à un de ses oncles, et il possède des livres rares, qui serviront à faire vivre le jeune ménage.

Ils vécurent heureux et n’eurent jamais d’enfants, voilà ce qu’on pourrait dire de Germaine et Jean. Un couple sans histoires, mais quand on ne rentre pas dans la norme, on est vite catalogué… Le petit Daniel, les a bien connus, lorsqu’il allait chez sa mémé. Grâce à eux il a aimé les livres, les couples d’amoureux, devenu professeur, il enseignait à ses élèves la littérature à travers les couples mythiques !

Clara Bauer a eu une merveilleuse idée, mêler la bande dessinée et le théâtre, Florence Cestac dessine et nous voyons le résultat sur écran, (j’ai récupéré un beau dessin !). Marie-Elisabeth Cornet est l’amoureuse Germaine, petite et blottie contre son Jean, Laurent Natrella lunettes sur le nez comme tout bon lecteur qui se respecte, Daniel Pennac savoure l’histoire qu’il nous raconte, et n’oublions pas Pako Ioffredo, inénarrable « artiste de complément » fort bien employé ici !

Daniel Pennac, c’est un de mes écrivains préférés, « la fée carabine » ; « au bonheur des ogres » et surtout « chagrin d’école » qui m’a consolée de mes années d’études !


Bref, une heure et quart de pure gaieté et d’émotions à ne pas louper au Rond-Point.

Anne Delaleu
24 octobre 2018

lundi 15 octobre 2018

1830 tout commence... - Montel - Théâtre Essaion



Site du théâtre ICI pour toute information
  • Du 10 septembre 2018 au 15 janvier 2019
  • les lundis et mardis à 21h - durée 1h15
  • Relâches :9 et 16 octobre - 13 novembre - 24, 25, 31 décembre - 1er et 7 janvier 2019


1830 Sand Hugo Balzac tout commence…

Ecriture et mise en scène Manon Montel

Avec Stéphane Dauch (Balzac), Thomas Marceul (Hugo) – Manon Montel (Sand)


Manon Montel amoureuse des beaux textes et des grands hommes a imaginé une rencontre entre trois personnages illustres, Hugo, Balzac et Sand.

Tout commence en 1830, Charles X est contraint à l’exil, tous aspirent à la République, Sand en tête, mais c’est Louis-Philippe 1er qui devient roi des français. Déception, espoir, tout se mêle. Comme toujours les promesses politiques se font attendre (tiens ça ne date pas d’aujourd’hui !). Liberté d’expression, création artistique, ils se battent pour leurs droits et ceux des autres.

Nos trois amis que ce soit au travers de leurs échanges épistolaires ou de vive voix, parlent de leurs amours (bien compliquées), de politique (pas plus simple), d’éducation (oui déjà), et surtout de leurs œuvres. Les uns critiquant les autres sans méchanceté, ni jalousie. Mais argumentant leurs idées au travers de leurs propres expériences.


Les trois comédiens sont débordants d’énergie, la mise en scène laisse la part belle au texte. Un moment de grâce. De belles pages de leurs chefs-d’œuvre sont interprétées, belle idée de nous replonger dans l’esprit et le style du 19ème siècle. 

Anne Delaleu
15 octobre 2018

dimanche 14 octobre 2018

Misery - King - Théâtre Hébertot

Site du théâtre ICI
du jeudi au samedi 21h (mardi 16 et mercredi 17 à 21h)
dimanche 15h
durée 1h30
photos Nathalie Sternalsky

Misery

William Goldman


D’après le roman de Stephen King
Adaptation française Viktor Lazlo

Mise en scène Daniel Benoin - Assistante à la mise en scène Alice-Anne Filippi Monroché

Avec Myriam Boyer et Francis Lombrail


A travers la fenêtre d’une chambre on voit la neige tomber, une femme est assise sur une chaise devant un lit où se tord de douleur un homme. Que s’est-il passé ?

Annie a sauvé Paul, il était coincé dans sa voiture, elle l’a ramené chez elle et soigné, elle est infirmière. Tout pourrait sembler en bonne voie mais, Annie est une fan assidue de l’écrivain Paul Sheldon auteur à succès de la saga « Misery ». Annie est sa fan numéro 1, hélas pour lui…

Paul s’inquiète de ne pas se retrouver à l’hôpital, il souffre beaucoup, et voudrait donner de ses nouvelles à son éditeur et surtout à sa fille. Annie, lui dit qu’avec la neige, les routes sont encombrées et son téléphone ne passe pas.

Annie le rassure, elle connaît tout de Misery, et arrive à trouver enfin le dernier tome, elle se fait une joie de gamine à l’idée de retrouver son héroïne. Mais Paul, souhaitant passer à un autre genre littéraire a « tué » Misery. Annie devient hystérique et n’accepte pas non plus le nouveau manuscrit de Paul, qu’elle juge trop vulgaire. Et la descente aux enfers de l’écrivain commence. Annie l’oblige à « ressusciter » Misery ! Elle sera cruelle avec lui et tortionnaire.



Il n’a pas le choix, il est enfermé dans sa chambre, mais c’est un écrivain, donc il a assez d’imagination pour tenter le tout pour le tout.


La mise en scène est adroite, les vidéos cauchemardesques, bonne idée aussi de montrer par caméra, l’intérieur de la maison.

Myriam Boyer sait jouer au chat et à la souris, parfois souriante et humaine, elle devient abominable et psychotique. Francis Lombrail est à sa merci, on souffre avec lui, on aurait presque envie de lui crier « attention la voilà ! ».

Un bon moment de théâtre, suspense et angoisse réunis, avec deux excellents comédiens.

Anne Delaleu
14 octobre 2018



vendredi 12 octobre 2018

L'occupation - Ernaux - théâtre de l'Oeuvre

Site du théâtre ICI
Du 4 octobre au 2 décembre 2018
Du jeudi au samedi à 19H et les dimanches à 17h30

L’occupation

D’après le texte d’Annie Ernaux



Mise en scène Pierre Pradinas

Avec Romane Bohringer accompagnée par le musicien Christophe « Disco » Minck


Une femme quitte l’homme qu’elle aime. Quoi de plus banal, mais veut-elle une séparation pour mieux le reconquérir ?

Ils se retrouvent souvent, lui a rencontré une autre femme, mais ne veut pas donner le nom ni le prénom de cette dernière.

Ce sera alors, l’obsession, l’occupation. Elle fera tout pour trouver le nom de la personne qui partage la vie de « W ». A la limite de la folie furieuse, elle n’aura aucun repos, cherchera par croisements, par les quelques bribes de conversation. Il lui faut absolument trouver le nom de sa rivale !



Romane Bohringer interprète avec conviction le rôle de cette femme, le texte d’Annie Ernaux coule de source. Les intermèdes musicaux et les vidéos allègent ce récit obsédant.

Une belle performance d’actrice.

 Anne Delaleu
12 octobre 2018