lundi 10 décembre 2018

Reprises au Lucernaire !




Reprise au Lucernaire des pièces suivantes que j'ai eu le plaisir de voir !


  • Les Fourberies de Scapin voir mon article ICI 
  • Le cercle de Whitechapel voir mon article ICI 
  • ABC d'airs  voir mon article ICI

site du Lucernaire ICI



vendredi 7 décembre 2018

Cuisine et confessions - Les 7 doigts - Bobino


jusqu'au 12 janvier 2019
mercredi au samedi durée 1h30
site du théâtre ICI

Cuisine et confessions

Les 7 doigts



« Pâtes, amour et fantaisie », voilà ce qu’on pourrait dire de ce spectacle dynamique, très sympathique.

Jonglerie au fouet de cuisine, les assiettes virevoltent, pas de casse ! Le lancer de diabolos est parfaitement maîtrisé.  Coté acrobatie aérienne, une charmante jeune femme s’envole, elle s’enrobe du tissu avec beaucoup de grâce et de poésie.


Et puis il y a les cadres, les acrobates se projettent au travers, les portés sont adroits, les échappées avant ou arrière à couper le souffle, le mat japonais toujours aussi impressionnant. Tout ceci en continuant leur petite cuisine, leurs confessions, chacun parle de souvenirs d’enfance, dans leur langue respective, ce qui provoque un beau chaos et beaucoup de rires !

Les spectateurs sont invités à participer à cette « cuisine » pour au moins préparer le gâteau au chocolat…

Je ne connaissais pas cette compagnie, ce fut une belle et goûteuse découverte !


Anne Delaleu
7 décembre 2018


mercredi 5 décembre 2018

J'ai des doutes - Devos - théâtre du Rond-Point

jusqu'au 6 janvier 2019
mardi au dimanche 18h30
durée 1h30
site du théâtre ICI

J’ai des doutes

Spectacle de François Morel


Textes Raymond Devos
Composition musicale  Antoine Sahler
Musique et interprétation Romain Lemire ou Antoine Sahler


Attention, spectacle intelligent, drôle, fin, joué par deux fameux interprétes François Morel et Antoine Sahler, qui ont redonné vie aux textes de Raymond Devos.

Et oui, le clown est mort, celui-ci nous a quitté en 2006, enfin disons que le Créateur s’ennuyant ferme a « convoqué » le sieur Devos.

C’est d’ailleurs comme ça que le spectacle commence, des éclairs, le tonnerre et Morel, violon en main, Antoine Sahler au piano. Discussion entre St Pierre et Dieu. Accrochez-vous bien !

Parler pour ne rien dire, le clou, A Caen les vacances, Mon chien c’est quelqu’un, où courent-ils, la dernière heure, j’ai des doutes, etc. Devos était un magicien des mots, un jongleur de l’esprit.

On rit encore de ses bons mots, de ses sketchs, de sa poésie, son aspect lunaire. François Morel redonne vie à Devos, quelle énergie il déploie, même les textes les plus connus font encore rire aux larmes ! Devos avait un comparse, son pianiste. Antoine Sahler joue de multiples instruments et donne la réplique à François Morel avec beaucoup d’humour.

« Radioscopie » de Jacques Chancel pour entendre le vrai Devos, et tout ceci finit par un grand karaoké géant, vous avez intérêt à vous exercer pour « Je hais les haies qui font la haie le long des murs ».


Un spectacle à ne pas manquer, vous en ressortirez heureux !

Anne Delaleu
5 décembre 2018 

La queue de Monsieur Kat - Cie Mecanika - Mouffetard


Du 4 au 14 décembre / dès 4 ans
Mercredi à 15 h Samedi et dimanche à 17 h
Durée 40 mn
Pour les infos pratiques voir le site du théâtre ICI

La Queue de Monsieur Kat

de la Cie Mecanika


Conception, marionnettes, scénographie, interprétation : Paulo Duarte Univers sonore live, manipulation, conception des instruments et synthétiseurs, programmation : Morgan Daguenet Création lumière, machinerie, manipulation, régie plateau : Fabien Bossard Regard extérieur : Christelle Hunot Construction de structure scénographique : Pierre-Yves Jamaux Diffusion : Léa Malhouitre Remerciements : Cécile Bellat, Faustine Beuve, Eric Deroost, Benoit Gasnier, Amanda Silva Remerciement spécial : Nino Duarte


Il s’agit d’une adaptation visuelle et sonore du très beau livre graphique pour enfants de Tjalling Houkema auteur et illustrateur néerlandais inédit en France.

Spectacle visuel, musical et  sans paroles, et c’est ce qui étonne tout d’abord, et nous entraîne dans une histoire devinette : mais qui est donc Monsieur Kat ?



Nous sommes dans l’univers heureux et ordinaire, des oiseaux, qui étrangement ressemblent au monde des humains.

Un événement va perturber la tranquillité de ce petit monde : un œuf va être dérobé  par un oiseau malhonnête et les petites marionnettes à fil vont partir à sa recherche.


Les personnages, évoluent dans un paysage limité par une sorte de  tube rouge et blanc, qui nous intrigue, mais les petites marionnettes à fil ne semblent pas s’en soucier, occupées par leur recherche. La dure réalité de la solution viendra bien sur à la fin de l’histoire.


Au sein de la compagnie Mecanika, Paulo Duarte, assisté de Morgan Daguenet et Fabien Bossard, aime combiner les nouvelles technologies et le théâtre, pour offrir un spectacle exigeant qui nourrit l’imaginaire des jeunes enfants présents, particulièrement attentifs et étonnement silencieux le jour où je suis venue !
Annie Lozac'h
5 décembre 2018 

mardi 4 décembre 2018

Le double - F. Dostoïevski théâtre 14


jusqu'au 29 décembre 2018
du mardi au vendredi 19 h et samedi 20h30
site du théâtre ICI
durée 1h30
Le double
D’après Fiodor Dostoïevski

Adaptation et mise en scène de Ronan Rivière en collaboration avec Amélie Vignaux

avec Ronan Rivière (Jacob Pétrovitch Goliadkine), Jérôme Rodriguez (Nikolaï Sémionovitch), (Pietrouchka), Jean-Benoît Terral (Olsoufi Ivanovitch), Laura Chetrit (Clara Olsoufievna), Antoine Prud’homme de la Boussinière (Le Double) et Olivier Mazal au piano


Jacob Petrovitch Goliadkine est un nobliau et il s’en revendique hautement, mais il est bien obligé de travailler, il envoie son valet Pietrouchka acheter de nouvelles bottes, un costume et une livrée pour lui. C’est dans cet équipage grotesque qu’il se rend à son bureau, au Ministère. Son collègue Nikolai ainsi que le Directeur Olsoufi Ivanovitch s’amusent de lui, Jacob se rend bien compte qu’il est la risée de tous. La charmante Clara, fille du Directeur, l’invite à son anniversaire, elle fait tourner la tête à plus d’un…

Jacob honteux de sa tenue, de son manque d’envergure, refuse l’invitation. Il est sermonné par son valet et ils se rendent tous deux devant la maison d’Olsoufi, cadeau à la main, Jacob tremble, il commet impair sur impair ! Retournant chez lui à travers les rues, il semble voir son double ! Est-il sujet aux hallucinations ? Après tout entre la vie que l’on subit et le rêve, la frontière est infime, son « double » s’est-il matérialisé ?

Le double en question arrive au Ministère, il a la même allure et le même patronyme, ce qui prête à confusion. Le pauvre Jacob est manipulé par son double, celui-ci est le contraire de Jacob, aisance, habileté, charme. Et voilà notre Jacob bien embarrassé et chassé de son poste.

C’est un univers « fantastique » que nous présente Ronan Rivière, il aborde le rôle de façon burlesque au début et plus noire à la fin, grâce au piano, on se croirait dans les cinémas où l’on projetait les films muets avec accompagnement pour illustrer ou ponctuer certaines scènes.

Les décors modulables, ingénieux pour se retrouver chez Jacob, au Ministère, dans St Petersbourg, les lumières pour appuyer tel ou tel moment.

Jérôme Rodriguez, fidèle ami, Michaël Giorno-Cohen, bourru et attachant, Jean-Benoît Terral, fantoche attaché à ses privilèges, Laura Chetrit, charmante en robe « patineuse » ne doutant de rien, Antoine Prud’homme de la Boussinière,  Double ou sortant de l’imagination de Jacob, en tout cas inquiétant à souhait ! sans oublier Olvier Mazal et son piano.


Une pièce intéressante et fort bien interprétée.
Anne Delaleu
4 décembre 2018 

vendredi 30 novembre 2018

Ich bin Charlotte - D.Wright - Théâtre de Poche Montparnasse


Vendredi - samedi 19h dimanche 15h
durée 1h10 - jusqu'au 6 janvier 2019
site du théâtre ICI

Ich bin Charlotte

Doug Wright


Adaptation Marianne Groves
Prix Pulitzer 2004 du texte dramatique.

Mise en scène Steve Suissa

Avec Thierry Lopez


Longue silhouette noire, perchée sur des hauts talons, Charlotte von Mahlsdorf nous raconte son histoire, ses combats dans l’Allemagne nazie et le communisme… Comment survivre en étant homosexuel, travesti ?

L’américain Doug Wright a mené l’enquête sur Lothar Berfelde devenu Charlotte, jeune allemand qui pour se protéger et défendre sa mère, tuera son père, militant du parti nazi.

Charlotte aime les objets anciens, elle ouvrira un musée pour cacher tous ses trésors, les meubles, les phonographes. Ce passé révolu elle le protège, le fait découvrir à certains, en qui elle a confiance. Pourtant Il lui faudra répondre de ses actes, a-t-elle espionnée pour le compte de la Stasi ? Elle sera honorée dans son pays, puis partira ouvrir un autre musée en Suède. Avant sa mort, elle aura vu le mur de Berlin s’effondrer.

Thierry Lopez incarne Charlotte et d’autres personnages, il faut le voir déambuler, danser (bravo à la chorégraphe Anouk Viale), imiter différents accents ou personnages ! À l’aise, l’œil rieur, le sourire enjôleur, Il est drôle, mais aussi touchant.

Steve Suissa (qui recevra le trophée de la culture pour la création du festival du théâtre français en Israël), a su recréer une atmosphère, aidé par les lumières de Jacques Rouveyrollis.


Une époque où il ne faisait pas bon être différent, soyons vigilants dès à présent !
Anne Delaleu
30 novembre 2018 



mercredi 28 novembre 2018

Gainsbourg forever - Théâtre Trévise

les mercredis 21h30
site du théâtre ICI
durée 1h10

Gainsbourg Forever

Myriam Grélard


« Dieu est un fumeur de Havane… » Et certes sur la scène du théâtre il y en a des volutes de fumée !

Myriam Grélard nous conte l’histoire de Lucien, fils d’immigrants russes juifs, elle campe Liliane la sœur jumelle, c’est à travers elle que nous connaîtrons l’histoire, l’ascension et le destin hors norme de l’homme à la tête de chou, séduisant, aimant les femmes et l’amour.



Il aimait aussi la peinture, la grande musique, un grand admirateur de Chopin, Ravel, Debussy etc, un véritable artiste !

Qui ne connaît ses chansons, les fredonne, je me souviens à la fin d’un spectacle musical, le public a chanté « la javanaise », devant les artistes sidérés ! des paroles simples, poétiques, une musique qui accompagne parfaitement les mots. Les femmes lui ont donné sa chance, ou l’ont aimé avec passion, Juliette Gréco,  Michelle Arnaud, BB, et la jeune France Gall l’interprète de « poupée de cire, poupée de son », anecdote personnelle, nous ne manquions jamais le concours de l’Eurovision à la maison, je me souviens de ma mère, en entendant le nom de Gainsbourg, soupirer « pourvu qu’il ne soit pas saoul ! » elle l’aimait bien, mais il avait l’air d’être souvent entre deux verres…

Serge Gainsbourg nous manque, il a marqué et traversé les époques et les genres de musique sans problème. Il aurait eu 90 ans, lui qui se vantait d’avoir enterré trois cardiologues !

Un beau spectacle, Myriam donne vie à BB, Liliane, Edith, et bien sûr à Jane et Charlotte.


« j’ai vu Gainsbourg, Gainsbourg forever, j’ai jamais rien vu d’aussi beau, oh c’est beau, c’est beau Gainsbourg, Gainsbourg forever »…

Anne Delaleu
28 novembre 2018

jeudi 22 novembre 2018

L'autre fille - A. Ernaux - Les Déchargeurs


jusqu'au 1er décembre 2018
mardi au samedi 21h30 - durée 1h10
site du théâtre ICI

L’autre fille

Annie Ernaux


Mise en scène Marianne Basler et Jean-Philippe Puymartin

Plongés dans le noir, un bref instant, nous entendons  une voix nous confier : « c’est une photo de couleur sépia… », car c’est bien de confidences qu’il s’agit, nous allons être les témoins de la douloureuse écriture d’une lettre à une absente, une sœur morte, dont Annie Ernaux découvre l’existence lors d’une conversation chuchotée par sa mère à une cliente dans la boutique.

Elle a 10 ans lorsqu’elle entend sa mère prononcer ces mots terribles : “Elle était plus gentille que celle-là”.

Elle, c’est cette sœur, Ginette,  morte à 6 ans de la diphtérie, morte 2 ans avant sa naissance, et la découverte de ce secret familial bouleverse sa vie, la questionne, l’oblige à revisiter toute son histoire familiale, apportant un éclairage nouveau sur sa relation à ses parents.

N’est elle que la remplaçante de cette sœur idéalisée ? Elle découvre que tout ce qu’elle possède : son lit en bois, son cartable, appartenaient déjà à sa sœur « morte comme une sainte »

Il lui faudra plusieurs dizaines d’années, pour écrire ce texte adressé à « l’autre fille », car dit-elle,  « Celle là, c’est moi et 60 ans après je n’en finis pas de buter sur ce mot  gentille,»

La sobre mise en scène : un bureau, une chaise pour l’écriture, quelques photos pour raviver les souvenirs de ses parents, et surtout la délicate présence de la comédienne, participent à l’émotion des spectateurs, perceptible tout au long du spectacle.

Marianne Basler, est habitée par le personnage, jusque dans la ressemblance physique, elle nous accompagne avec sensibilité, dans  le douloureux cheminement de la mémoire enfouie, et de l’écriture qui délivre et nous interroge.

Annie Lozac'h
22 novembre 2018