lundi 18 février 2019

Le faiseur de théâtre - T. Bernhard - Théâtre Déjazet

Jusqu'au 9 mars 2019
Lundi au samedi 20h30
durée 1h50
Site du théâtre ICI

Le faiseur de théâtre
Thomas Bernhard

Mise en scène Christophe Perton

Avec André Marcon, Agathe L'Huillier, Eric Caruso, Jules Pelissier, Barbara Creutz, Manuela Beltran

Un théâtre en province, c'est là que doit être représentée la comédie de Bruscon, auteur, comédien, metteur en scène. Comme troupe, sa famille, sa femme qui tousse sans arrêt, elle est malade il n'en croit rien, il y a aussi leurs enfants, Ferruccio (en hommage à Busoni) et Sarah. De toutes façons, Bruscon a un ego surdimensionné, il n'a aucune empathie, engueule tout le monde, méprisant envers le personnel.

C'est bien simple, le plus grand comédien du monde c'est lui, lui, et lui !

La salle ne lui convient pas, les lumières non plus, ne parlons pas des affiches qu'il fait retirer, sauf un portrait d'Adolf qui peut servir sa pièce sur les dictateurs. Mais surtout il ne supporte pas les lumières des blocs de secours, il faut demander au capitaine des pompiers la permission d'éteindre ces blocs.

Tout est matière à râler, la poussière, l'humidité, et surtout jouer devant des ignares, car bien entendu ils ne comprendront pas la finesse de son texte !

Voilà une comédie grinçante sur le monde du théâtre, elle est menée de main de maître par André Marcon, grand comédien et ça c'est vrai !


Jules Pelissier est drôle dans le rôle du fils, plus occupé à écouter de la techno et grimper partout que d'apprendre le texte, Agathe L'Huillier est Sarah tourmentée par son père, Barbara Creutz a la lourde tâche de tousser tout le temps et de se faire humilier, tout en tenant le rôle de Marie Curie. Eric Caruso et Manuela Beltran incarnent très bien "les petits" que méprisent Bruscon.

Bruscon a toute une philosophie sur le théâtre, les femmes qu'il considère inférieures en tout, c'est tellement énorme que l'on ne peut s'empêcher de rire, on s'amuse beaucoup de cet énergumène, véritable tyran sans talent.

Une performance de comédien, toujours un plaisir de retrouver André Marcon.


Anne Delaleu
18 février 2019 
théâtre Dejazet


vendredi 15 février 2019

Et si on ne se mentait plus ? - théâtre Tristan Bernard

du jeudi au samedi 19h
durée 1h30
Site du théâtre ICI
Site de la compagnie ICI

Et si on ne se mentait plus ?

Création du collectif Les Inspirés

Mise en scène Raphaëlle Cambray

Avec Maxence Gaillard (Jules Renard), Emmanuel Gaury (Lucien Guitry), Guillaume d’Harcourt (Tristan Bernard), Nicolas Poli (Alfred Capus) et Mathieu Rannou (Alphonse Allais).


Quoi de plus réjouissant pour le cœur et l’esprit que de déjeuner en bonne compagnie. Lucien Guitry, l’avait bien compris puisque tous les jeudis, il recevait dignement ses amis poètes, écrivains, romanciers. Le bon vin aidant, les bons mots et les rires coulaient de source. Mais chacun a son caractère, sa susceptibilité, ses petits secrets, et « la fée verte » coule aussi trop bien dans le gosier d’Alphonse…


On parle de carrière, Lucien Guitry par amitié se prépare à interpréter une pièce de Capus, mais la Comédie-Française impose un autre comédien. Tristan est passionné de boxe, mais l’argent manque, enfin, une lettre compromettante, signée par Madame Capus est découverte par Jules dans un livre, que faire ? L’honneur d’une dame est en jeu, leur amitié aussi. Petits mensonges entre amis, l’année 1901 va être un tournant dans leur amitié. Puis peu à peu, les amis disparaissent, mais ils sont toujours présents, les déjeuners se feront rares.

Renard, Guitry, Bernard, Allais, je connaissais, mais Alfred Capus, pas du tout ! Au moins, un des mérites de cette comédie m’aura fait plonger dans Internet pour en savoir un peu plus…


Cette comédie, qui a triomphé à Avignon et au Lucernaire, est accueillie au Tristan Bernard dont il est question. Bel hommage, il aurait adoré ! Une pièce un brin mélancolique, mais on s’amuse beaucoup et on rit sans vulgarité.

Les cinq comédiens, sont aussi de bons amis à la ville, et leur rencontre dans le cours de Jean-Laurent Cochet (un amoureux des beaux textes et de la langue française) leur a donné l’idée de cette comédie, Raphaëlle Cambray signe une belle mise en scène, un décor soigné de Catherine Bluwal, un bon moment à passer avec nos cinq compères !

Anne Delaleu
15 février 2019
Théâtre Tristan Bernard

lundi 11 février 2019

Fanny et Alexandre - I. Bergman - Comédie Française


jusqu'au 16 juin 2019
Site du théâtre ICI
durée 2h45 avec entracte

Fanny et Alexandre
Ingmar Bergman

Avec Véronique Vella, Thierry Hancisse, Anne Kessler, Cécile Brune, Florence Viala, Denis Podalydès, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Julie Sicard Maj, Hervé Pierre, Gilles David, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Rebecca Marder, Dominique Blanc, Gaël Kamilindi,  Jean Chevalier et les comédiennes de l’académie de la Comédie-Française Noémie Pasteger, Léa Schweitzer


N'ayant plus vraiment de souvenirs précis du film, j'ai suivi avec intérêt et enthousiasme la mise en scène de Julie Deliquet !

Tout débute devant le rideau, par un discours d'Oscar, directeur du théâtre, il est heureux, la représentation théâtrale s'est fort bien déroulée, c'est Noël et il nous souhaite de belles fêtes !

Les comédiens, sa femme, sa mère, les enfants, sont joyeux, ils boivent, chantent et font une grande farandole, le bonheur est là, l'amour aussi entre Oscar et Emilie. Gustav Adolf, le frère d'Oscar est marié à Alma, ce qui ne l'empêche pas de courtiser, un peu lourdement, la préceptrice de ses neveux Fanny et Alexandre, l'autre frère Carl, marié à une allemande, malmène celle-ci, elle ne fait même plus attention à ce qu'il dit.

Fanny et Alexandre jouaient aux spectres dans le théâtre fermé, quel bonheur pour eux, rester enfermés et se faire peur, d'ailleurs ils commencent vraiment à avoir peur de n'importe quel bruit !

Oscar est très impliqué dans son rôle de comédien et de directeur, son souhait le plus cher, monter "Hamlet" et jouer le rôle du spectre, le problème c'est qu'il n'a guère de talent, comme le dit Helena sa mère, comédienne réputée. La répétition d'Hamlet ne se déroule pas comme il le veut (et c'est très drôle !) par malheur, il sera foudroyé par une attaque.

Emilie s'est remariée, autant pour les enfants que pour elle, hélas, Edvard Vergerus, évêque, est un monstre, il lui fera vivre l'enfer ainsi qu'aux enfants. Comment pourra-t-elle s'en sortir et avec l'aide de qui ?


Julie Deliquet signe une mise en scène éblouissante, ingénieuse, mêlant la magie, le mystère, le théâtre dans le théâtre, avec le décor modulable, on participe à la fête du début, puis à l'enfermement d'Emilie et des enfants.


La distribution est absolument parfaite, Denis Podalydes est un Oscar touchant, drôle. Les enfants sont joués par les jeunes comédiens de la troupe, dans le rôle d'Alexandre, Jean Chevalier, c'est de la graine de grand comédien, Rebecca Marder n'est pas en reste non plus.

Dominique Blanc, je ne m'en lasse pas, elle ne joue pas à la comédienne, elle l'est totalement, il faut l'entendre dans le monologue de Nora de "Maison de poupée" (rôle qui lui a valu un Molière en 1998) ! Elsa Lepoivre est poignante. Toute la troupe est à citer, on les sent heureux de donner vie à cette pièce.

Un très beau spectacle, une adaptation intelligente, on rit, on pleure, on est ému, c'est du théâtre et de la belle ouvrage !

Anne Delaleu
11 février 2019 
Comédie Française

dimanche 10 février 2019

Origines - Cirque Gruss - Pte de Passy


jusqu'au 3 mars porte de Passy
Site de la compagnie ICI pour horaires et dates de tournées
durée 2h30

Origines

Alexis Gruss


Pour leur 44ème création, le cirque Gruss décide de repartir aux origines du cirque équestre.

1765. Brillante démonstration avec le défilé militaire, les exercices et charges de cavalerie
Nous faisons connaissance avec Philippe Astley, créateur de la piste, sabre, voltige, humour aussi avec un sympathique Gibraltar qui fait tourner en bourrique son cavalier.


Puis la troupe entre, saltimbanques en collants et maillots acidulés, la dresseuse de chiens, l’acrobate et, enfin le clou du spectacle « la grande batoude », où les acrobates sautent par-dessus 6 chevaux, à couper le souffle !


Antonio Franconi et le cirque français, Alexis Gruss présente Fado son cheval « caoutchouc », beauté du mouvement et des jambes du cheval.  Haute voltige, quadrille, trapéziste. Le cheval toujours présent, toujours roi de la piste !


Jongleurs juchés sur les chevaux au galop, habileté, concentration et toujours le sourire, la bonne humeur ! La poste à 17 chevaux, impressionnant ! l’élégance de Gipsy en amazone, le noble écossais, le preux chevalier, le drôle de chevalier vêtu d’écumoire et de râpe à fromage monté sur un bardot, petit cheval (heureusement j’ai le lexique !),


Geoffrey Berhault, fildefériste,  époustouflant, en arrière, en avant, un autre fil croise le premier, il saute sur un pied, se retrouve sur l’autre fil, magique !


La roue allemande est un joujou pour Louis Gruss, une merveille. J’ai été impressionnée par Desire Cardinali Chavez, contorsionniste et archère… essayez seulement de tirer à l’arc avec vos pieds !

Le duo amoureux flotte dans les airs, quelle grâce, quel charme, quelle poésie avec Svetana Lobova et Firmin Gruss, on en redemande !


Enfin, le cirque Gruss ne reste pas dans le passé, l’avenir est prometteur, la jeune génération est  rock and roll et le prouve !

Le spectacle est accompagné par Sandrine Diard, chorégraphe et par la voix et la présence d’Eva Poirieux et l’orchestre dirigé par Sylvain Rolland.

Alexis Gruss est un homme de valeur et de gratitude, et j’aime que soit nommée dans ses spectacles le nom de leur « fée » la tragédienne Sylvia Monfort.


Du grand spectacle, adresse, beauté, élégance et humour.

Anne Delaleu
10 février 2019

samedi 9 février 2019

Kean - A.Dumas - théâtre 14

jusqu'au 23 février 2019 
mardi, vendredi et samedi 20h30
mercredi et jeudi 19h -
samedi 16h
durée 2h
Site du théâtre ICI

Kean

Alexandre Dumas


Adaptation Jean-Paul Sartre

Mise en scène Alain Sachs assisté de Corinne Jahier

Alexis Desseaux, Sophie Bouilloux, Justine Thibaudat, Eve Herszfeld, Frédéric Gorny,
Stéphane Titeca, Pierre Benoist, Jacques Fontanel.

Dans son salon, Elena, épouse de l’ambassadeur de Danemark, reçoit une amie, toutes deux ne parlent que de lui, le grand Kean, de ses amours, ses conquêtes, ses rôles aussi parfois… Il est aimé par Elena et également par une jeune héritière fort riche, Anna Damby. Le Prince de Galles, s’intéresse aussi à Elena, le voici d’ailleurs, ne pouvant se retenir de rire, il annonce à ses hôtes une bien amusante nouvelle, Kean se serait enfui avec la jeune Anna qui échappe ainsi à un mariage arrangé avec Lord Mewill, criblé de dettes. Elena est émue et cache ses sentiments. Mais la comédie continue, et ce diable d’homme arrive enfin, au dîner de l’ambassadeur, alors qu’on ne l’attendait plus ! Surprise, interrogation, mais notre trublion, excessif parvient à faire lire a Elena une lettre lui demandant de le rejoindre dans sa loge.

Tout ne se passera pas comme prévu ! La charmante Anna viendra au bon moment, piètre comédienne mais amoureuse sincère du grand homme, dont on ne sait jamais s’il joue la comédie à chaque instant, s’il est sincère parfois.

Alexis Desseaux est un Kean extraverti, dont on ne sait vraiment s’il est sincère ou s’il  joue la comédie, il est parfait. Sophie Bouilloux campe l’élégante Elena. Jacques Fontanel est un amusant ambassadeur, Frédéric Gorny tout à fait à l’aise dans son rôle de Prince, Justine Thibaudat une charmante Anna, sans oublier les excellents Pierre Benoist, Eve Herszfeld et Stéphane Titeca. La mise en scène d’Alain Sachs est dynamique, il a pris le parti de faire un Kean dans la bonne humeur, le bouffon du Prince de Galles.

Les beaux décors de Sophie Jacob, sont manipulés par les comédiens pour figurer chaque changement de lieux, de scènes, les costumes de Pascale Bordet sont superbes, élégants.

Jean-Paul Sartre s’est intéressé à la pièce de Dumas « Kean ou désordre et génie », cette pièce écrite en 1836, trois ans après la disparition du tragédien, fut « réinventé » par Sartre en 1954. Dumas avait choisi Frédérick Lemaître et Sartre le grand Pierre Brasseur (qui fut Frédéric Lemaître dans les « Enfants du Paradis » !).


Une pièce intéressante, dynamique, drôle, à ne pas manquer.

Anne Delaleu
9 février 2019
Théâtre 14

vendredi 8 février 2019

La dégustation - I. Calbérac - théâtre de la Renaissance



Site du théâtre ICI
mardi au dimanche 21h
samedi et dimanche 16h30
durée 1h40

La dégustation

Ivan Calbérac


Mise en scène : Ivan Calbérac

Avec Isabelle Carré et Bernard Campan, Mounir Amamra, Éric Viellard et Olivier Claverie

Jacques est propriétaire d’une cave à vins, on ne peut pas dire que ce goûteux liquide le rende de bonne humeur, il est plutôt du genre ronchon. Pas vraiment aimable avec la cliente qui entre dans sa boutique, elle n’a pas trop d’idée sur le genre de vin qu’il faut pour un dîner, en dehors du vin de messe qu’elle a goûté la dernière fois à la paroisse !

Une alarme retentit, Jacques ne s’inquiète pas vraiment, mais voilà que surgit un jeune homme, cagoulé, qui a eu la très mauvaise idée de « choisir » une montre de marque dans la bijouterie, la police est à ses trousses. Jacques l’aide à s’enfuir espérant ne jamais le revoir. Mais voilà notre jeune homme, Steve, revient plus tard voir Jacques pour lui demander un stage de réinsertion ! Alors là c’est le coup de grâce pour Jacques, mais Hortense qui devient une habituée des lieux, trouve ça très bien. D’ailleurs elle s’inscrit à un atelier dégustation, est-elle vraiment attirée par le vin…

Steve, reubeu sympa, colérique, maltraitant la langue française, va mettre les pieds dans le plat, il va surtout « protéger » Hortense des assiduités du libraire, ami de Jacques. Cupidon va s’en mêler aussi, après tout on parle bien de « la part des anges ».

La scène de l’atelier dégustation est une vraie partie de rire, vu la situation, le vocabulaire de l’œnologie devient très ambigu !

Voilà une comédie sympathique, sentimentale, drôle, Ivan Calbérac sait créer des personnages forts. La distribution est excellente, Isabelle Carré est émouvante, Bernard Campan sensible, Mounir Amamra est drôle, on rit de ses réflexions sur la vie, ses systèmes D, Eric Viellard et Olivier Claverie ne sont pas en reste.


Une comédie à voir en couple à la Saint Valentin, et même toute l’année !

Anne Delaleu
8 février 2019 
théâtre de la Renaissance

mardi 5 février 2019

Barber Shop quartet - chapitre 4 - Essaïon théâtre



Site du théâtre ICI
durée du spectacle 1h20
tous les mardis à 19h45

Barber Shop Quartet chapitre 4

De et avec Marie-Cécile Robin-Héraud, France Turjman, Bruno Buijtenhuijs, et Xavier Vilsek.

Nos amis reviennent pour notre plus grand plaisir, avec un nouveau spectacle, ils n’ont pas changé, Marie-Cécile toujours aussi gracieuse… France toujours bien chapeautée et souriante, Bruno n’en finit plus d’expliquer quant à Xavier c’est le roi de l’imitation et du bruitage.

Ils s’attaquent cette fois-ci à la droite, la gauche, les extrêmes et même le bon Dieu !


Demandez la coupe au carré plongeant ! Et vous aurez comme toujours les parodies, réussies de nos chansons de variétés, d’une incroyable reine de la rigolade, d’une vache bucolique et d’un poète, du tube mondial de Cloclo détourné. Ça pour détourner, ils sont champions !

C’est dynamique, rafraîchissant, parfaitement huilé, belles voix, sketchs hilarants (Je vous conseille le robot Mesdames !).


Un vrai travail de pro, à vous friser les moustaches ! Courez vous « raser » Messieurs dames !

Anne Delaleu
5 février 2019
Théâtre Essaïon