samedi 14 septembre 2019

Danser à la Lughnasa - B. Friel - théâtre 13


jusqu'au 13 octobre
Site du théâtre ICI
mardi au samedi 20h - dimanche 16h
durée 1h50

Danser à la Lughnasa
Brian Friel (1929-2015)

Mise en scène Gaëlle Bourgeois

Avec Nicolas Bresteau, Pauline Cassan (en alternance avec Mathilde Roehrich), Emilie Chesnais (en alternance avec Caroline Stefanucci), Bruno Forget, Pauline Gardel, Vincent Marguet, Céline Perra et Jennifer Rihouey


Été 1936… Michael se souvient, il était alors âgé de 7 ans et vivait avec sa mère, et ses quatre tantes ainsi que l’oncle Jack, qui revenait d’Ouganda, où il avait passé 25 ans dans une léproserie à servir et soigner.

Michael fabriquait des cerfs-volants, sa manière à lui de s’envoler de ce coin perdu d’Irlande, il est protégé par les femmes du clan, il s’apercevra petit à petit du sacrifice de sa mère et des tantes, chacune au tempérament bien trempé !

Maggie, Christina, Kate, Agnès, Rose, elles ont du mal à joindre les deux bouts, Kate est institutrice, elle est la seule à avoir un salaire, Agnès et Rose fabriquent des gants. Mais les temps changent en Irlande.

Gerry vient voir Christina et aussi son fils, il est beau parleur comme toujours, il séduit à nouveau la jeune femme, demande surtout des nouvelles d’Agnès… et part s’engager pour défendre la jeune république espagnole.

Il y a aussi Marconi ! l’objet le plus important pour ces femmes, c’est le poste de TSF qui fonctionne plus ou moins bien, et grâce à lui, une explosion de joie et de sensualité va bousculer les filles qui vont danser comme des possédées !

La mise en scène de Gaëlle Bourgeois est dense, drôle. C’est dans les silences que l’on ressent la pièce, il y a une harmonie dans le jeu des actrices, on croit tout à fait à leur humanité, leurs failles aussi. Du très beau travail !

Anne Delaleu
14 septembre 2019


mercredi 11 septembre 2019

Marie-Antoinette- S. Zweig - théâtre de Poche Montparnasse

site du théâtre ICI
durée 1h20
mardi au samedi 19h - dimanche 15h

Marie-Antoinette
Stefan Zweig

Adaptation et mise en scène Marion Bierry

Avec Thomas Cousseau et Marion Bierry

Marie-Antoinette, reine de France, romans, films, pièces de théâtre, opéras, son destin tragique a passionné. Elle est plus célèbre que d’autres reines de France, en dehors peut-être de Catherine de Medicis

Stefan Zweig a fait un travail minutieux sur sa compatriote Marie-Antoinette, il a eu accès aux lettres, archives, minutes du procès, il nous livre donc son analyse sur la reine et la Cour de Versailles. Louis XVI semble un gros lourdaud, qu’il n’était sans doute pas, mais ses hésitations, son trop grand amour pour sa femme, ne lui ont pas ouvert les yeux sur ce qui se passait en dehors de Versailles.

Marie-Antoinette, jeune princesse livrée à la Cour de France pour raisons politiques, la grande Marie-Thérèse n’a pas su inculquer à sa fille son sens politique, son devoir. Devenue Reine de France, Marie-Antoinette ne verra pas la révolte qui gronde, la Révolution qui fera tout basculer, elle ne peut concevoir que le “Droit divin” soit foulé aux pieds. Enfin, elle se rendra compte mais bien trop tard.

Thomas Cousseau et Marion Bierry virevoltent, le décor est composé de trois tables rondes juponnées, qui sont aussi bien la Cour, le bal, le cachot. Ils racontent l’Histoire vue à travers les yeux d’un grand écrivain (qui s’était intéressé aussi à une autre reine de France Marie Stuart). De bons interprètes pour nous raconter l’histoire de Marie-Antoinette.

Son roman a été publié en 1932, la révolte grandissait aussi à Vienne à cette époque…

2019, Aurais-je voté la mort de la Reine ? non, et en 1793 je n’avais pas le droit de vote !

Anne Delaleu
11 septembre 2019



mardi 10 septembre 2019

Théo Théâtre - Présentation de saison 2019/2020


Soirée de présentation de la saison 2019/2020, du Théo Théâtre 

- spectacles jeune public qui donnent bien envie d'emmener les gamins ! que ce soit pour une initiation à l'écologie, ou pour apprendre à être tolérant avec l'autre.

- spectacles tout public, comédie, drame, fait de société, classique, contemporain.


La soirée était animée par la Directrice Florence Fouéré, quelques spectacles ont été présentés, puis une visite des lieux, et pour finir un cocktail et surtout un échange à bâtons rompus, entre les artistes et la Presse.

Merci à l'équipe du Théo Théâtre pour leur sympathique accueil, ainsi qu'à la dynamique Dominique Lhotte !

Anne Delaleu
10 septembre 2019

Reprise : Piaf, Fréhel, Damia et moi au théatre de dix heures de


Site du théâtre ICI

A partir du 28 septembre, tous les samedis à 16h et ce jusqu'au 4 janvier 2020, reprise du spectacle musical que je vous conseille pour passer un agréable moment avec trois grandes dames de la chanson réaliste, chantées par Livane quatrième grande dame de la chanson !

Spectacle vu à Avignon  mon article



lundi 9 septembre 2019

Suite française - I. Nemirovsky - théâtre La Bruyère


Virginie Lemoine poursuit les adaptations théâtrales des oeuvres d'Irène Nemirovsky, après "Le bal", voici "Tempête en juin" et "Suite Française" que j'ai eu le plaisir de découvrir à Avignon.

Mon article sur Suite Française ICI

Ces deux pièces seront jouées à partir du 10 septembre au théâtre La Bruyère.

mercredi 4 septembre 2019

Je ne suis pas Michel Bouquet - Théâtre de Poche Montparnasse


Site du théâtre ICI
durée du spectacle  1h
mardi au samedi 19h

Je ne suis pas Michel Bouquet


Mise en scène Damien Bricoteaux

Avec Maxime d’Aboville

Lors du tournage du film d’Anne Fontaine “Comment j’ai tué mon père”, Charles Berling eu l’ingénieuse idée de recueillir les mémoires de son partenaire Michel Bouquet.


Une enfance, marquée par la seconde guerre mondiale, la famine, la peur, la délation, son père de nouveau mobilisé, un père aimant sans doute, mais peu bavard, traumatisé par la Grande Guerre, le petit Michel travaille pour aider ses parents. Sa mère l’emmène au théâtre et à l’Opéra Comique, quel bonheur, quelle révélation !

Il osera un jour franchir la porte du domicile du comédien Maurice Escande, élégant sociétaire de la Comédie Française et surtout professeur ! Celui-ci l’encourage, lui donnera des cours. Petit à petit, le jeune Michel fera son chemin, avec sa diction et ton timbre si particuliers. Théâtre, superbe rencontre avec Albert Camus, téléfilms, et au cinéma, le comédien préféré de Chabrol, sauf pour la conduite automobile…

Comédien s’effaçant devant un personnage, “il n’est pas Michel Bouquet”, il est le personnage qu’il incarne, qu’il apprivoise, il a besoin de comprendre le cheminement du personnage, qu’il soit tyran ou bourreau. C’est un amoureux des beaux textes, des classiques, créations aussi.

Maxime d’Aboville, admirateur de Michel Bouquet (on le comprend !), prend à bras le corps le texte, les mots de Bouquet. Ce n’est pas une imitation du grand comédien, bien entendu, mais un parcours, une philosophie de vie. La mise en scène de Damien Bricoteaux est sobre, une chaise devant un rideau, fort belle composition de Marguerite Danguy Des Déserts et François Loiseau pour les lumières.

Un spectacle intéressant qui fera découvrir d’autres facettes de Michel Bouquet. Un bel hommage du non moins génial Maxime d’Aboville.
Anne Delaleu
4 septembre 2019
Poche Montparnasse



dimanche 1 septembre 2019

Madame Pylinska et le secret de Chopin - théâtre Rive Gauche



site du théâtre ICI
durée 1h50
jusqu'au 29 septembre 2019


Madame Pylinska et le secret de Chopin
Eric-Emmanuel Schmitt


mise en scène Pascal Faber

avec Eric-Emmanuel Schmitt et au piano Nicolas Stavy


Ah les leçons de piano ! c’est tout un poème, une discipline dont se passerait bien les enfants, mais que de bonheur plus tard dont on ne soupçonne pas la portée sur l’instant.

Voilà donc l’histoire peu commune du petit Eric-Emmanuel, qui, après avoir eu les tympans massacrés par les leçons de piano de sa soeur Florence, sur le vieux Schiedmayer de la famille, eut la révélation de la musique grâce à sa tante préférée au joli nom, qui lui allait à ravir, Aimée. Tante Aimée joue sur le vieux piano et en tire des sons mélodieux, apprivoise le clavier, c’était “Chopin évidemment” !

C’est décidé, il reprendra des leçons, avec une professeure de Lyon, mais il ne retrouve pas la magie qu’il avait éprouvée avec Aimée. A vingt ans, il se rend à Paris pour continuer ses études littéraires. La capitale est tentatrice, il sort, mène une vie de patachon, mais Chopin lui manque ! Sa vie sera transformée par une extravagante professeure de piano, polonaise comme Chopin, c’est de bonne augure ! Madame Pylinska est haute en couleurs, possède trois chats aux noms évocateurs, Horovitz, Alfred Cortot (le plus musicien des trois), et Rubinstein.

Elle ne ménage pas son élève, lui fait faire de curieux exercices, alors qu’il ne rêve que de jouer au piano, de mieux jouer Chopin ! Elle lui en fera voir de toutes les couleurs, mais petit à petit, le jeune homme comprendra le sens de la vie, de la beauté, percera-t-il le secret de Chopin ?

Eric-Emmanuel Schmitt déploie tout son talent de comédien, il est Madame Pylinska jusqu’au bout du fume-cigarette, sa parodie de la tirade du nez est hilarante, il a su rendre attachante cette amoureuse de Chopin.

Nicolas Stavy est plus un partenaire qu’un accompagnateur, il a de faux airs de Rubinstein jeune homme ! C’est un virtuose et les pages musicales sont un délice à entendre, on pourrait penser que, comme le chat de Madame Pylinska, réincarné en araignée mélomane, Arthur Rubinstein s’est glissé dans le corps de Nicolas !


Une belle comédie, on rit beaucoup, on est ému, on sourit, la musique et le texte, le jeu musical et théâtral, tout concorde à un très beau moment, n’oublions pas Pascal Faber, qui a su donner vie et couleurs à Madame Pylinska.

Anne Delaleu
1er septembre 2019
théâtre Rive-Gauche

samedi 31 août 2019

Madame de la Carlière - Diderot - Lucernaire



Site du théâtre ICI
durée 1h15
jusqu'au 3 novembre 2019

Madame de la Carlière
Denis Diderot

Mise en scène Hervé Dubourjal

Caroline Silhol et Hervé Dubourjal

Elle, très élégante dans une superbe robe de soirée rouge, lui en costume, ils tiennent leurs verres à la main, et trinquent mais à quoi ?
Il enlève le drap qui recouvre deux mannequins sur pied et l’on découvre deux costumes d’époque, masculin et féminin, ce sont Madame de La Carlière et le chevalier Desroches.

Nos deux amis, vont nous conter l’histoire de Madame de La Carlière, veuve, et de son second mari, le chevalier Desroches. Elle et lui, prennent la parole, ils ont entendu ceci ou cela, les paroles vont vite ainsi que les jugements.

Madame de La Carlière est éprise et accepte la demande en mariage du Chevalier, mais elle pose ses conditions, elle veut une absolue fidélité, s’il n’en est pas capable et bien soit, elle restera son amie. Bien entendu Desroche lui jure ses grands dieux, qu’il lui sera fidèle. Hélas, elle passe du temps avec leur fils, trop de temps et le Chevalier s’ennuie…

Elle veut se venger de l’ingrat et se sépare de lui, emportant leur enfant, hélas malgré les pleurs et le remords du Chevalier, elle ne reviendra pas sur sa décision, et finira par entraîner dans la mort, son jeune enfant, trop faible pour l’allaiter.

Nos deux amis, continuent le jeu, et parfois redeviennent des comédiens, elle lui faisant des remarques sur sa façon de dire un mot. Puis ils sont la foule, les cancans, les “pour” et les “contre” Madame de La Carlière. Jugements hâtifs, revirements de situation. voilà cette pauvre femme bien mal aimée et incomprise.

Caroline Silhol et Hervé Dubourjal nous offrent de beaux moments de théâtre, de beau texte, d’humour, une mise en scène poétique, créative.

photo : Yan Malaise

Un moment de grâce au Lucernaire vous dis-je !


Anne Delaleu
31 août 2019
théâtre du Lucernaire