dimanche 31 mai 2026

Antigone - J. Anouilh - théâtre de Poche Montparnasse

 



Site du théâtre ICI
durée 1h45
Mardi au samedi 21h - dimanche 17h

Antigone
Jean Anouilh

Mise en scène Didier Long

Avec Éric Laugérias, Hermine Granville, Cassandre de Kerraoul, Valérie Vogt ou Séverine Vincent, Robin Hairabian,  Antony Cochin ou Didier Long

Lumières : Antonin Bensaïd


Écrite sous l’Occupation, cette *Antigone* résonne avec une force intacte, portée par la mise en scène de Didier Long.

Ici, nul artifice inutile. Le décor est d'une grande sobriété, laissant toute la place à la puissance du texte et aux comédiens qui, magistraux, forment un chœur mouvant, véritable moteur de l'action tragique.

Au centre, Antigone. Petite sauvageonne écorchée, elle incarne une résistance absolue. Elle ira jusqu’au bout, bravant l’interdit de Créon pour offrir une sépulture digne à son frère. Elle sait, elle a déjà choisi. Ni sa sœur, la belle Ismène, tentant désespérément de la dissuader, ni Hémon, son fiancé, ne parviendront à infléchir sa volonté. Antigone refuse la compromission, elle refuse de « réfléchir » au sens pragmatique du terme.


co Sébastien Toubon


co Sébastien Toubon

Face à elle, Créon tente, presque malgré lui, de la sauver, avant de s'opposer cruellement à sa nièce. Seule la douceur de la nourrice offre une parenthèse de répit.

co Sébastien Toubon

Cette interprétation brillante nous interroge avec force sur les méandres de l'idéologie et la légitimité du pouvoir. Une soirée de théâtre intense, bouleversante


co Sébastien Toubon

Anne Delaleu
Théâtre de Poche Montparnasse
31 mai 2026

vendredi 29 mai 2026

Bollywood Boulevard - Festival Sens théâtre des Gémeaux - Festival d'Avignon 2026

 

Bollywood Boulevard

De et avec Pauline Caupenne

 Mise en scène Grégoire Leprince-Ringuet

Chorégraphie Gerogia Ives
Lumières Luc Khiari
Son et musique Elsa Daynac



Jolie découverte épicée au théâtre des Gémeaux à Paris !

Imaginez Pauline. Pas de plage, juste une envie d’ailleurs. Elle s’envole pour l’Inde, direction un cours de yoga pour se recentrer. Mais le destin, facétieux, en décide autrement : au lieu de la méditation, la voilà embarquée, par un heureux hasard, sur un plateau de tournage Bollywoodien.

Pauline Caupenne est une force de la nature. Seule en scène, elle incarne avec une virtuosité confondante toute une galerie de personnages : du père protecteur qui flaire la manipulation, au partenaire de jeu imbuvable et bien trop payé, jusqu’au réalisateur tyrannique qui pense que les femmes lui appartiennent.

Sous le regard bienveillant et précis de Grégoire Leprince-Ringuet, la mise en scène est ciselée. À travers les rencontres orchestrées par une attachée de presse haute en couleur, Pauline découvre la sororité, les douleurs partagées et la réalité des femmes là-bas. Entre deux chorégraphies entraînantes et des moments de grâce, le spectacle nous interroge avec finesse : comment trouver sa place sans se perdre dans le tourbillon du monde ?

C’est amusant, dansant, profondément humain. Pauline finira par regagner Paris, transformée. Un récit initiatique qui nous rappelle de ne pas aller dans tous les sens, mais de choisir le nôtre.


Anne Delaleu
Théâtre des Gémeaux
29 mai 2026
1h10
Théâtre La Scala Provence

vendredi 22 mai 2026

22 minutes - Benoit Soles - Théâtre des Gémeaux - festival SenS - Festival d'Avignon 2026

 

22 minutes

Le pardon peut-il changer une vie ?

 

De et avec Benoit Solès

Collaboration artistique Sophie Nicollas et Anne Plantey
Lumière Denis Koransky
Musique et création sonore Marc Demais

 




« 22 minutes », la nouvelle création de Benoît Solès. Après nous avoir bouleversés avec « La Machine de Turing » et « La maison du loup », l’auteur et comédien s’attaque ici à une page sombre et fascinante de notre histoire contemporaine : la rencontre historique, en 1983, entre le pape Jean-Paul II et son agresseur, Ali Ağca, dans le huis clos d’une prison italienne.

Sur scène, pas d'artifices. Solès, dans une performance magistrale, incarne les deux hommes. D’un côté, le souverain pontife, empreint d'une humanité lumineuse ; de l'autre, Ali, cet « enfant pauvre », égaré, en quête désespérée d’une figure paternelle. On découvre alors l'engrenage fatal : comment ce jeune homme, assoiffé d’amour et de reconnaissance, a pu glisser dans la manipulation des réseaux terroristes. On partage ses rêves brisés, son désir d'une vie simple aux côtés de Fatima, son amie, avant que l'idéologie ne vienne tout balayer.

La pièce ne cherche pas à excuser l'acte, mais à comprendre l'âme derrière le monstre. Le moment suspendu où le pape, cet homme de foi, offre ce pardon inattendu — allant jusqu’à demander la libération de celui qui a voulu sa mort — est d’une puissance rare. Ali Ağca ira se recueillir sur sa tombe en 2014.

C’est un texte intelligent, très bien interprété par Benoît Solès qui réussit, une fois de plus, à nous parler de la complexité humaine, là où la haine rencontre la grâce. Un spectacle indispensable, qui nous rappelle que, même au cœur de l'ombre, le dialogue reste la plus belle des armes.

Je me souviens de l’attentat, et aussi de la photo prise en prison, que se sont dit les deux hommes, on ne le saura jamais. 
Anne Delaleu
Théâtre des Gémeaux
22 mai 2026
Théâtre Actuel Avignon à 10h
durée 1h15

lundi 18 mai 2026

La grille - théâtre du Gouvernail


Site du Théâtre ICI

durée 1h15
prochaine représentation lundi 25 mai à 19h
et à partir du 17 septembre au théâtre Clavel les jeudis à 19h


La Grille

Mise en scène et écriture : Laura Zerbib et Sébastien Chol

Aide à l’écriture : Jean-Baptiste Kaupp et Axel Ruch

Avec Jean-Baptiste Kaupp, Stéphane Rouabah, Laura Zerbib, Sébastien Chol, Amel Belaiboud

 

« La grille » c’est l’émission de télé-réalité sur la mendicité, créée à la télé en 2058, décidemment ils n’ont peur de rien, tout commence sur la ligne 12 du métro, deux hommes et une femme, cherchent à récolter quelques pièces pour acheter à manger, chacun sa méthode, bien entendu, ils parlent dans le vide, ils n’intéressent personne, après tout chacun ses problèmes.

La mendicité est interdite par la loi on le rappelle par haut-parleurs dans les wagons ou couloirs.

Et puis un jour, les trois SDF font partie de l’émission de télé-réalité « La Grille » animée par un ancien SDF et une coach qui a les dents bien longues, et surtout aucune empathie envers les pauvres.

Ils sont soumis à un entrainement, défilé de pancartes, animation pour attendrir le public, savoir tendre la main, savoir mendier, et bien sûr intermèdes publicitaires, ciblés sur la pauvreté et le confort du mendiant !

ils veulent gagner, pouvoir mendier sur une ligne chic, mais l’un sort du lot et se révolte, réussiront-ils à remporter la victoire ?

Les comédiens sont bien dirigés, et s’investissent totalement, on sourit parfois, la mise en scène est inventive.

Le théâtre se doit de faire réfléchir et aussi d’être original. Et le pari est réussi !


Anne Delaleu
Théâtre du Gouvernail
18 mai 2026

dimanche 17 mai 2026

Etre ou ne pas être - W. Mesguich et R. Stella - théâtre des Gémeaux parisiens

affiche©Sarah Barzyk


Théâtre des Gémeaux Parisiens ICI
Festival SenS

Festival OFF Avignon : Théâtre des Corps Saints
Durée 1h20

Etre ou ne pas être

Ecriture et mise en scène William Mesguich et Rebecca Stella

 

Football or not football ? Telle est la question !

Quel bonheur que ce spectacle ! Avec Être ou ne pas être, William Mesguich et sa petite sœur Rebecca Stella nous offrent une parenthèse théâtrale d’une fraîcheur absolue, à la fois tendre, émouvante et diablement drôle.

Le jeune William grandit dans un milieu d'artistes et d'intellectuels. Mais entre les répétitions de son père avec Antoine Vitez et les ombres bienveillantes de Beckett, Tchekhov ou Shakespeare, le gamin, lui, n'a d'yeux que pour son ballon rond. Ses héros se nomment Platini ou Maradona.

Puis vient le drame : une vilaine blessure sur le terrain, infligée par un adversaire peu scrupuleux. C’est alors qu’un autre William – le dramaturge – vient au secours du footballeur blessé. De la pelouse aux planches, la ténacité reste la même.

Sur scène, William Mesguich s'en donne à cœur joie. Seul en scène (ou presque, tant sa sœur et lui ont peaufiné le sujet), il enchaîne les imitations savoureuses : une maman complètement déjantée qui hurle à chaque but de son Willy, un père toujours digne en toutes circonstances, des copains de vestiaire, un prof de théâtre peu avenant, un premier béguin.

Amateurs de foot ou de grand théâtre, foncez-y : on est tous prêts à faire une immense hola à William !

Anne Delaleu

17 mai 2026


lundi 11 mai 2026

Une femme à la mer - N. Lucas - Théâtre des Gémeaux Parisiens

 



Site du théâtre ICI
festival SenS ICI pour les dates et horaires
durée 1h10
Théâtre des Gémeaux Avignon 11h40 (sauf mercredis)


Une femme à la mer

 

D’après le livre de Florence Arthaud « Cette nuit la mer est noire »

Avec Nathalie Lucas


Au Théâtre des Gémeaux Parisiens, Une femme à la mer, adaptation sensible de Jean-Benoît Patricot et Jean-Louis Bachelet, d’après le récit haletant et bouleversant de Florence Arthaud, nous embarque dans une nuit où le destin chavire. En 2011, seule sur son bateau, la navigatrice tombe accidentellement à la mer. Pas de gilet, l’obscurité, l’immensité, et ce voilier qui, en pilotage automatique, s’éloigne inexorablement sous un ciel constellé. Vision terrible, presque irréelle.

photo Cyrille Valroff

Alors commence le plus grand combat de cette femme libre : survivre. Florence nage, lutte, pense, se souvient. Sa fille Marie devient une lumière intérieure, tandis que surgissent les visages aimés et les ombres fraternelles, Tabarly son héros, Colas, les disparus de l’océan. Dans cette odyssée intime, chaque mouvement est un refus de céder. Même ses bottes roses, si jolies, elle les avait acheté de la même couleur que son bateau ! mais l’eau s’engouffre, entrainant Florence, elle se résigne à les abandonner aux profondeurs. Elle devra pour ne pas couler se débarrasser de son blouson et là…


photo Cyrille Valroff

Stéphane Cottin signe une mise en scène nerveuse, physique, d’une intensité remarquable, où le corps devient mémoire et résistance. Et Nathalie Lucas, seule en scène, impressionne par son engagement total : sportive, vibrante, profondément habitée.


photo Cyrille Valroff

Un spectacle poignant, haletant, qui célèbre avec pudeur et admiration l’incroyable force de Florence Arthaud, femme intrépide, passionnée, immense dame de la mer. Cette fois-là, elle a été sauvée, par un hélicoptère.

photo Cyrille Valroff



Anne Delaleu
11 mai 2026
Théâtre des Gémeaux Parisiens
Théâtre des Gémeaux Avignon à 11h40

mercredi 29 avril 2026

Je n'ai pas lu Foucault (chefs d'oeuvre en prison) - C. Caussimon - Essaïon théâtre

 



Site du théâtre ICI
tous les mardis à 19h
jusqu'au 2 juin 2026
Salle théâtre
durée 1h


Je n’ai pas lu Foucault

Chefs d’œuvre en prison

De et avec Céline Caussimon

Mise en scène Sophie Gubri

 

Céline Caussimon, nous offre un moment de grâce et d’humanité avec son seule-en-scène Je n’ai pas lu Foucault (moi non plus !). Seule sur les planches, elle déploie une galerie de portraits saisissants : surveillants, coordinatrices culturelles et, surtout, les détenus, hommes ou femmes selon les prisons et les endroits.

Céline anime des ateliers d'écriture en milieu carcéral. On y découvre les heurts, les bagarres soudaines, règlements de compte, mais aussi l’inattendu. Là où nous passons trop vite devant un chef-d’œuvre dans un musée climatisé, les prisonniers, eux, regardent vraiment. Ils décortiquent l’attitude d’une poule sur une toile ou l’éclat d’un regard. Un détenu réclame avec insistance un Cézanne... On comprendra plus tard, le pourquoi de cette obsession ! Une autre aime se projeter dans un tableau, elle s’évade à sa manière.

Il y a celui qui n’aime pas écrire, il n’y voit pas d’intérêt, et ceux qui, à travers les mots des autres, retrouvent les leurs. Céline Caussimon interprète chaque personnage avec une justesse bouleversante, sans jamais tomber dans le pathos. Elle nous interroge : comment l’art peut-il encore sauver quand les murs se referment ?

Le ministre de la Justice, devrait voir ce spectacle, il éviterait que certains détenus se carapatent pendant des « sorties culturelles », on peut « s’évader » aussi avec un atelier d’écriture !

Un spectacle émouvant, drôle, intéressant, vous pouvez vous laisser enfermer à l’Essaîon sans problème ! Une mise en scène efficace de Sophie Gubri.
Anne Delaleu
28 avril 2026
Théâtre Essaïon