mardi 22 mai 2018

Les adieux de la Madeleine Proust - Olympia 3 juin


Site de Madeleine pour les dates de tournée ICI


Lola Sémonin fera ses adieux, enfin c'est plutôt Madeleine Proust qui vous concoctera sans doute une bonne soupe de légumes et du gâteau ! Elle vous attend le 3 juin à l'Olympia à 16h30 pétantes ! avec Monsieur Fraize en 1ère partie.


"Les Adieux à la scène Après 3 nominations aux Molière, le prix SACD des auteurs, plus d’un million de spectateurs et 35 ans de carrière, Lola Sémonin (auteure, metteure en scène et interprète) signe un cinquième et dernier spectacle avec son personnage culte, la Madeleine Proust. 

Le spectacle : La Madeleine Proust, 30 ans de scène 



Comme à ses débuts en 1983, la Madeleine s’affaire dans sa cuisine où ça sent bon la soupe et le gâteau. Dans cette unité de lieu (une cuisine hyper-réaliste) et de temps (une matinée), son quotidien en 2018 n’est plus réglé comme une mécanique d’horlogerie. Le monologue de la Madeleine est sans cesse enrayé par les perturbations des nouvelles technologies : appels téléphoniques abusifs, textos incompréhensibles, problèmes de réseau. 

Ce dernier spectacle fait donc de grands écarts entre le temps passé et les intrusions du monde contemporain auxquelles la Madeleine est confrontée dans son incessant soliloque. Elle a son avis sur tout : la mondialisation, la malbouffe, la SNCF, le prix du beurre, le futur antérieur, le mariage gay. 

Elle recherche son temps perdu : l’orange de Noël, son pauvre André, les grandes lessives à la cendre (“On n’avait rien pi on f’sait avec !“). Elle nous balade entre rires et émotions, remue notre mémoire et parle au cœur de chacun. Les chinois, quand ils achètent des souvenirs à Paris, ils savent qu’ils sont fabriqués chez eux ? T’as 90 % de la planète qui meurt de faim, et les 10% qui restent, ceux qui ont les sous, ils sont au régime. Il parait qu’il y a une chaine à la télé qui montre la météo à longueur de journée, mais nous ça fait longtemps qu’on l’a ça, ça s’appelle la fenêtre ! Moi je trouve que les nouvelles technologies, ça rapproche ceux qui sont loin et ça éloigne ceux qui sont proches ! "

Madeleine Proust


LES TOUTES DERNIERES DATES DE LA MADELEINE PROUST EN MAI et JUIN 2018


Vendredi 25 et Samedi 26 Mai à 20h30 // SAINT-LAURENT-EN-GRANDVAUX (39) 
Dimanche 27 Mai à 16h // ARC-LES-GRAY (70) 
Mardi 29  et Mercredi 30 mai à 20h // PONTARLIER (25) 

Dimanche 3 Juin 16h30 // PARIS-OLYMPIA // 
Dimanche 17 juin à 17h // MORTEAU (25) // 

lundi 21 mai 2018

L'idiot - F. Dostoïevski - théâtre 14



Jusqu'au 30 juin 2018
lundi à 19h, mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 21h00
matinée samedi à 16h
durée 2h30
Site du théâtre ICI


L’idiot

Feodor Dostoievski

Mise en scène et adaptation théâtrale Thomas le Douarec

Avec  Arnaud Denis, Thomas le Douarec, Caroline Devismes, Fabrice Scott, Marie Lenoir, Marie Oppert, Solenn Mariani, Daniel-Jean Colloredo, Bruno Paviot


Le prince Mychkine se retrouve en Russie après une longue période passée en Suisse, pour soigner ces crises d’épilepsie. C’est un être pur, idéaliste, il lit sur les visages et dans les cœurs.

Son charisme fait chavirer Aglaë, fille du général Epantchine, il trouble aussi Nastassia Philippovna, la jeune femme est entretenue, elle a eu une enfance dure, et subit des violences. Laquelle choisira-t-il, il les aime toutes deux à sa manière.

Nastassia joue de ses charmes, elle a ensorcelé Rogojine et son père ! Rogojine aime-t-il vraiment Nastassia ou est-ce une de plus à éblouir avec son argent. Quant à Aglaë, elle souffre de ce petit monde bourgeois, étriqué, elle aspire à autre chose, et surtout à sortir de sa famille et s’occuper des autres, mais est-elle vraiment consciente du monde extérieur ? La jalousie l’emporte lorsqu’elle interpelle Nastassia et lui reproche sa vie.

Mychkine est un être trop pur qui découvre l’univers malsain, immoral de la société. Ces réparties font rire par leur naïveté.

Arnaud Denis campe un prince Mychkine, lumineux, sincère, mention aussi à Daniel-Jean Colloredo (Général Epantchine ou Général Ivolguine) truculent, fort en gueule, Caroline Devismes (Nastassia) est émouvante, Marie Oppert (Aglaë) passe de l’oie blanche à la furibonde. Tous les comédiens sont excellents et investis dans leurs personnages.

Quelques longueurs, mais ce n’est pas aisé d’adapter un roman comme celui-ci ! A découvrir pour l’interprétation et les superbes costumes de José Gomez.



Anne Delaleu
21 mai 2018


dimanche 20 mai 2018

Les crapauds fous - M. Mourey - théâtre des Béliers parisiens


mardi au samedi 21h - dimanche 15h
durée 1h35
Site du théâtre ICI

Les crapauds fous

De et mise en scène Mélody Mourey


Avec en alternance : Benjamin Arba, Merryl Beaudonnet, Constance Carrelet, Hélie Chomiac, Gaël Cottat, Rémi Couturier, Charlie Fargialla, Tadrina Hocking, Frédéric Imberty, Damien Jouillerot, Blaise Le Boulanger, Claire-Lise Lecerf, Christian Pelissier


L’histoire que l’on nous conte, est véridique, deux jeunes médecins Polonais, Eugène et Stanislaw vivent à Rozwadow. L’un est marié et père de famille, l’autre éternel hésitant et influençable pour tout, un peu « crapaud fou » quand même !

1990, New York, Anastazy, jeune étudiante rend visite à un vieux monsieur, qui n’est autre que Stanislaw, il est heureux de rencontrer la petite fille de son meilleur ami Eugène. Il va lui raconter leur incroyable histoire. La jeune femme fait une thèse sur l’expérience de Milgram.

1940, Rozwadow : Eugène soigne à la nuit tombée, en cachette, les familles juives du village. Sa femme Anna s’inquiète, il pourrait être dénoncé. Un officier allemand vient le voir un jour, il est couvert de sang. Eugène le soigne, serment d’Hippocrate oblige, le SS ne l’oubliera pas.

Les jeunes sont envoyés en travail obligatoire par l’occupant nazi. Un jour un de leurs amis, leur demande l’impossible, l’amputer d’un membre pour lui éviter de partir en STO ! Stanislas a une meilleure idée… elle sera reprise par Eugène, qui va inoculer le vaccin contre le typhus aux habitants du village, dont les juifs menacés de déportation.


Bien entendu, Berlin envoie des militaires pour vérifier que la quarantaine est bien nécessaire. Les deux soldats seront reçus par les deux médecins, et aussi par quelques villageois qui joueront leur rôle de malade bien contagieux à la perfection !

Beaucoup d’émotion bien sûr, mais aussi de la gaîté et de la musique, comment ne pas éclater de rire avec Damien Jouillerot qui interprète plusieurs rôles, dont un Hitler vrai clin d’œil à Villeret ! Les autres comédiens ne sont pas en reste, la mise en scène créative, audacieuse, les personnages de 1990, « naviguent » en 1940, comme dans une bande dessinée.

Une comédie dynamique à ne pas manquer !
Anne Delaleu
20 mai 2018

vendredi 11 mai 2018

ABC D'AIRS - A. Regnier - Lucernaire


jusqu'au 17 juin
mardi au samedi 19 h - dimanche 16 h
durée 1h20
Site du théâtre ICI

ABC D’AIRS


Sur une idée de Anne Regnier
Mise en scène Gérard Rauber

Avec Anne Baquet (chant), Claude Collet (Piano), Amandine Dehant (Contrebasse), Anne Regnier (Hautbois & Cor Anglais)


Un spectacle d’Anne Baquet, on s’attend à tout et toujours au meilleur. Elle parvient à nous faire croire que le chant, la musique, la danse tout est facile, tu parles ! C’est une athlète, ainsi que ses partenaires, qui ne sont en aucun cas des faire-valoir, mais d’authentiques artistes.

Un piano, une contrebasse, un Hautbois et un Cor Anglais vont compléter la panoplie.

Chorégraphies, exercices de styles et de dictions, Anne Baquet, vrai lutin, saute sur le tabouret de la pianiste, grimpe sur le piano, fait sa mauvaise élève (!), Claude Collet virtuose elle aussi, ses doigts volent sur le clavier. Amandine Dehant, nous prouve s’il en était besoin, qu’une contrebasse est sensuelle, Anne Regnier fait chanter les oiseaux dans les branches.

On passe aisément de Rameau à Khatchaturian, on musarde du côté des frères Jacques, on se permet une danse macabre, on a peur du loup, et on fait même … silence … on s’amuse et ZE FINAL est époustouflant.

C’est habile, amusant, délirant, joyeux, un des rares spectacles musical qu’il ne faut pas louper en ce moment !


Anne Delaleu
11 mai 2018

mercredi 9 mai 2018

Miss Nina Simone - Djemba/Bouvier - Le Lucernaire


Jusqu'au 2 juin 2018
mardi au samedi 21h - dimanche 18h 
durée 1h10
Site du théâtre ICI

Miss Nina Simone

Jina Djemba et Anne Bouvier


Adaptée de « Nina Simone », Roman de Gilles Leroy (Éd. Mercure De France)
Mise en scène Anne Bouvier

Avec Jina Djemba, Valentin de Carbonnières, Julien Vasnier


Ricardo se trouve devant la villa de Nina Simone, il est bien intimidé le jeune homme ! Il hésite un peu, est-ce vraiment ça une villa de star ? La villa n’est pas entretenue, mais après tout il est justement engagé pour s’occuper de l’intendance.



Nina Simone, une grande voix, une artiste, mais quel caractère ! On a mal pour lui, on a envie de balancer ses superbes escarpins dans la figure de la diva ! Pour sa défense, cette grande artiste, est malade, bipolaire, elle n’y peu rien et parfois a de la tendresse pour ce jeune homme et de bons moments de rigolade ! Il fait ce qu’il peut pour qu’elle ingurgite le lithium prescrit à la place des paradis artificiels, mais là il n’est pas toujours gagnant.



Nina a une passion, le classique et une adoration pour Maria Callas ! Toutes deux ont eu un destin fabuleux d’artiste, mais une vie privée chaotique, décevante. Nina explique à Ricardo, son parcours de petite fille qui souhaitait devenir une grande pianiste classique, et les épreuves, sa lutte contre le racisme, on a beau être célèbre, la couleur de peau est un obstacle pour des esprits obtus.


Anne Bouvier a trouvé des interprètes de choix, Jina Djemba, une présence et une voix remarquables, Valentin de Carbonnières, humble, humain, drôle, une belle palette de sentiments lui aussi ! Jina parfaitement accompagnée par Julien Vasnier pour la musique, on se régale de musique et de chant.


Une standing ovation méritée.

Anne Delaleu
9 mai 2018

lundi 7 mai 2018

J'ai mangé du Jacques - Théâtre Essaïon



  • du 7 au 29 mai 2018
  • lundis et mardis à 19h45
  • durée 1h10
  • Site du théâtre ICI

J’ai mangé du Jacques 

En compagnie de Jacques Brel, Jacques Prévert, Jacques Higelin, Les frères Jacques, Jacques Dutronc, Jacques Offenbach, Jacques Demy, Jacques Lanzmann

Mise en scène : collaboration artistique Emilie Chevrillon

Avec Julie Autissier, Raphaël Callandreau


« Faire le Jacques » c’est une expression qui reflète très bien ce spectacle.

Julie et Raphaël deux très bons musiciens et chanteurs, mangent et grignotent du Jacques à toutes les sauces, même les souvenirs télévisés !

En ouverture le générique de « Mon Oncle », et les «Jacques », se succèdent en chansons avec humour et fantaisie ou émotion quand il le faut.

De plus anciennes chansons aux plus récentes, il y a un parcours, festif, joyeux, égrillard, mais toujours dans le bon ton !


Ça fait travailler les neurones, car il y a des chansons qui nous touchent plus que d’autres, dont on se souvient, et que l’on se surprend à fredonner…

On se couche dans le foin, ça pique les fesses, on rêve d’un gâteau de princesse, on boit un peu trop, on s’éveille, et on tombe du ciel, et puis c’est l’heure de partir.

Un moment agréable avant ou après l’apéro !




Anne Delaleu
7 mai 2018

dimanche 6 mai 2018

La Guerre de Troie (en moins de deux !) - E.Labrusse - théâtre 13 jardin


mardi au samedi 20h - dimanche 16h
1h20 sans entracte
jusqu'au 2 juin
Site du théâtre ICI

La Guerre de Troie (en moins de deux !)

Eudes Labrusse


Mise en scène Jérôme Imard & Eudes Labrusse
D'après Homère, Sophocle, Euripide, Hésiode, Virgile…

Catherine Bayle, Audrey Le Bihan, Hoa-Lan Scremin, Laurent Joly, Nicolas Postillon,
Loïc Puichevrier, Philipp Weissert


Ah la mythologie ! Elle a fait couler beaucoup d’encre, inspiré de nombreux écrivains et compositeurs, Racine, Giraudoux, Berlioz, Offenbach et tant d’autres ! C’est vrai qu’il y a de la matière, c’est mieux qu’une série, jugez-en : meurtres, guerre, amour, sacrifice, ruse, enlèvement… toute la panoplie.

Sans compter les expressions populaires, la pomme de discorde, le talon d’Achille et ce vilain cheval de Troie cauchemar des ordinateurs !

Ici, tel un chœur antique, ils nous narrent l’histoire de la guerre de Troie, du pâtre Pâris, de la belle Hélène, Ulysse, Achille, de Cassandre, enfin tout cela est bien enlevé, ils chantent fort bien, accompagnés au piano, virevoltent par-dessus la table, se bagarrent. Sans oublier l’émotion, les destinées sont parfois bien cruelles, malheureuse Iphigénie, Andromaque…

Une grande table, des chaises serviront de décors pour illustrer les différents chapitres, les costumes se transformeront au gré des personnages et du récit. L’humour ne manque pas, et les comédiens en ont à revendre, et du dynamisme aussi.

On sourit et on rit, les enfants présents étaient sous le charme et s’amusaient beaucoup, ça leur change de l’école !

Anne Delaleu
6 mai 2018 

jeudi 3 mai 2018

La mécanique du coeur - M. Malzieu - A la folie théâtre



jusqu'au 24 juin 2018, durée 1h20
jeudi à 19h30 - samedi à 18h - dimanche à 16h30.

Site du théâtre ICI

Avignon 2018 théâtre Pandora

La mécanique du cœur

Mathias Malzieu


Mise en scène : Coralie Jayne
Avec Nicolas Avinée en alternance avec Pierre-Antoine Lenfant, Gregory Baud en alternance avec Maxime Norin, Clara Cirera, Gabriel Clenet, Mylène Crouzilles, Laurent Vigreux


Il fait nuit, quatre petites lumières investissent la scène, portées par des personnages bien curieux, nous sommes à Edimbourg, en 1874, une jeune femme sur le point d’accoucher va perturber tout ce petit monde. Madeleine, sage-femme un peu spéciale, dotée de pouvoirs surprenants va aider l’enfant à venir au monde, mais il fait bien froid ce jour-là et le cœur du bébé est gelé ! Rien d’impossible à Madeleine, une horloge à coucou fera l’affaire.



Les années passent, Jack a dix ans, il est bien entouré, il y a Madeleine bien sûr, mais aussi Arthur et Luna. On ne peut pas dire que ce soit la fête délirante… le seul souhait de Jack c’est aller en ville, voir du monde, sortir, Madeleine lui a promis. Alors elle cède, et les voilà dans le monde, le jeune garçon est attiré par une charmante chanteuse espagnole, il est subjugué ! Il fera tout pour la retrouver et ça le mènera bien loin et bien au-delà de ce qu’il pense et de ce qu’il redoute, car il doit éviter les émotions…


Voilà un parcours initiatique, savoir prendre des décisions, bonnes ou pas, il faut oser, c’est ce que lui explique son ami Georges Méliès, génial inventeur et magicien du cinéma.


On retrouve un peu l’univers de Tim Burton, et puis le théâtre de tréteaux est bien recréé, il y a de l’invention dans les accessoires, tout se transforme, c’est une véritable explosion de couleurs, de gags. La poésie et l’humour sont toujours présents.

Beaucoup d’enthousiasme dans la troupe, chacun joue sa partition avec justesse et émotion. Un bon moment poétique à passer rue de la Folie Méricourt.

Anne Delaleu
3 mai 2018



mardi 1 mai 2018

De théâtre et d'eau fraîche - Claude Confortès


Je dois l'avouer, je connaissais le nom de Confortès, mais pas son théâtre !

Son récit commence aussi par une drôle d'histoire pendant la drôle de guerre, sa mère n'était pas riche, mais le jour de l'an a donné quand même des étrennes au livreur de lait, elle ne se doutait pas qu'elle sauvait sa famille par ce geste, en effet, l'homme était un collaborateur et dénonçait les familles juives au SS. Mais dénoncer une pauvre femme ça il n'en était pas question !

Un parcours riche et plein d'humanité, quelles rencontres passionnantes, travailler avec Vilar, Mnouchkine, être l'assistant de Peter Brook.

Partager l'amour du théâtre, les amitiés connues ou pas, ses expériences théâtrales dans divers pays.

Confortès a été auteur, comédien, metteur en scène.

Un romantique aussi, il rend un hommage très émouvant à sa femme.

Il nous a quitté en 2016, un an après l'assassinat de ses copains de Charlie Hebdo.

jeudi 26 avril 2018

Rien à dire - Léandre le clown catalan - 13ème art théâtre




du 24 avril au 29 avril et du 15 au 20 mai.
mardi au samedi 20h - samedi 16h et dimanche 15h
durée 1h10
site du théâtre ICI


Rien à dire

Léandre le clown


Mise en scène : Léandre Ribera – Scénographie : Xesca Salvà
Musiciens : Maria Perera, Francesc Puges, Pep Moliner, Jordi Gaspar, Frederic Miralda, Sergi Sirvent, David Dominguez


Un appartement un peu fouillis, des chaussettes jaunes jonchent le sol, une grande armoire, une commode, une drôle de chaise et une drôle de table, enfin Léandre, tout de jaune vêtu arrive chez lui, il a des soucis avec les lumières qui fonctionnent quand elles veulent. Il en arrive même à demander l’aide du public ! Sa maison est réactive elle aussi, et que dire de l’armoire bien remplie…

Il fera souvent appel à nous d’ailleurs, mais c’est bon enfant et drôle.


Souvenirs d’enfance avec les bulles de savon, que nous faisons éclater, lancement de chaussettes jaunes (propres !) dans le public, nous réagissons en bombardant Léandre, celui-ci a bien du mal avec son mobilier, il prendra même son thé de travers comme sa table et sa chaise. Il prend son petit déjeuner, mais décidément ça ne va pas non plus. Il s’initie au golf, se fait livrer un colis, enfin il trouve des « victimes » bien consentantes et amusées pour l’aider.

Rien à dire, en effet, tout est dans le geste, la poésie, l’improvisation, la magie, l’adresse des mouvements, je me demande encore comment la balle de golf s’est retrouvée dans le gobelet !


Léandre un clown tout en douceur et humour à voir pour rêver.
Anne Delaleu
26 avril 2018

mardi 24 avril 2018

Providence - N. LaBute - théâtre Les Déchargeurs


du mardi au samedi 21h30
jusqu'au 12 mai
durée 1h25
site du théâtre ICI

Providence

Neil LaBute


Adaptation et mise en scène Pierre Laville
:
Avec Xavier Gallais  et Marie-Christine Letort


Providence… sens premier du terme, c’est la volonté divine, et au second plan, le destin, le hasard.

Le 11 septembre 2001 c’est l’apocalypse à New York, mais pour Ben et Abby, c’est la Providence, le moment où jamais.

Dans l’appartement d’Abby, Ben est affalé sur le divan, on entend une sonnerie de portable, il ne répond pas, et pour cause. C’est le lendemain de l’attaque terroriste, il se trouve chez Abby sa maîtresse, normalement il aurait dû être dans une des tours. Que faire ? Rassurer sa femme et ses filles ? Il a un autre projet en tête.

La poussière envahit la pièce, Abby rentre chargée de provisions. Elle raconte à Ben ce qui se passe dehors, le chaos, les magasins dévalisés. La peur et le désarroi sont partout.

La relation avec Ben n’est pas facile, il peut se montrer violent, et aussi drôle et mal à l’aise. Il propose à Abby de profiter de la situation providentielle qu’ils vivent pour recommencer ailleurs une nouvelle vie. Laisser croire qu’il fait partie des disparus, le prix à payer, c’est qu’il renonce à voir grandir ses filles. Quant à Abby, elle est sa supérieure hiérarchique, elle a bataillé pour avoir un poste important, laissera-t-elle tout tomber par amour ?

Un duo de comédiens exceptionnels, des dialogues souvent crus, et comme toujours avec LaBute un final auquel on ne s’attend pas.


J’aime l’écriture et l’univers de cet auteur, j’avais beaucoup aimé « La forme des choses » (The shape of things) donnée à Paris en 2008 et Bash en 2014 (adaptation de Pierre Laville).

Anne Delaleu
24 avril 2018

Still Life today - E. Mann - théâtre Les Déchargeurs


du mardi au samedi 19h 30
jusqu'au 19 mai
durée 1h25
site du théâtre ICI

Still life

Emily Mann


Adaptation et mise en scène Pierre Laville
Avec Manon Clavel  Antoine Courtray  Ambre Pietri


Mark est revenu de la guerre, il y a perdu ses amis, ses illusions, son humanité. Il est devenu violent, la guerre, les morts, les tortures, tout ça il l’a subi sinon dans sa chair mais dans son mental, les photos qu’il montre sont insoutenables. A son retour chez lui, ses parents ne l’ont pas accueilli comme il aurait voulu.

Sa femme Chéryl, enceinte de leur second enfant, a les pieds sur terre, accepte la situation, sans comprendre son mari. Son objectif c’est de donner un foyer à ses enfants et une bonne éducation.

Nadine, sa maîtresse, que l’on pourrait penser fofolle et sans histoires, cache une violence elle aussi, elle est divorcée, mère de famille, et comprend Mark, même si elle rejette le fait qu’il frappe sa femme. Cela ne l’empêche pas d’être féministe et pacifiste.

Trois monologues, trois parcours de vie, le texte est dur, les photos aussi. La direction d’acteurs impeccable, beaucoup d’émotions. Chaque comédien parle au public, se défend, intervient parfois dans le récit de l’autre.

Une œuvre intéressante et bouleversante à découvrir.

Anne Delaleu
24 avril 2018

vendredi 20 avril 2018

Suzanne la vie étrange de Paul Grappe - Le Lucernaire

jusqu'au 2 juin
durée 1h15
du mardi au samedi 21h
Site du Théâtre ICI 

Suzanne, la vie étrange de Paul Grappe

Création collective librement inspirée de « La garçonne et l’assassin » de Fabrice Virgili et Danièle Voldman (Payot)

Texte et mise en scène Julie Dessaivre

Avec Éloïse Bloch (Lucie) Édouard Demanche (Paul/Suzanne) Constance Gueugnier (Mme Massin) Zacharie Harmi (Les hommes de loi et Paco) Léa Rivière (Louise) et en alternance Anaïs Casteran (Louise) Matthieu Fayette (Paul/Suzanne) Julie Dessaivre (Madame Massin)


C’est une histoire vraie qui a défrayé la chronique des années folles. 1928, Louise Grappe humiliée et frappée bien trop souvent par son mari, prend une arme et le tue.

Mais il faut remonter un peu plus loin dans l’histoire, en 1912 Louise et Paul se marient, ils sont heureux jusqu’au jour où Paul est mobilisé, nous sommes en 1914.  Paul n’en peut plus, il déserte et rejoint sa femme à Paris. Elle et son amie Lucie, journaliste, ont l’idée de travestir Paul en femme. La police recherche un déserteur, un homme, mais pas une femme !

Et voilà que Paul devient Suzanne, Lucie lui enseigne la féminité, la façon de marcher, de se mouvoir, de répondre, tout un art ! Mais ce changement va bouleverser Paul, il est « transformé », sa vie privée devient débridée, prostitution, échangisme, virées au bois de Boulogne, « Suzy » devient la coqueluche des soirées parisiennes. Mais il continue à boire, beaucoup trop, et frappe Louise.

En 1925, loi d’amnistie, Paul se présente sans état d’âme au Commissariat pour récupérer ses papiers, son identité… trois ans plus tard, Paul sera tué par Louise qui voulait protéger aussi son enfant.

Cette histoire douloureuse, est habilement mise en scène, deux personnages nous racontent l’histoire telle qu’elles l’ont vue et vécue, tel un chœur antique, il y a Lucie, la bonne amie journaliste et la concierge Mme Massin. Chacune sa version des faits.

Des chansons de l’époque éclairent les situations, les changements de décors, de scène. Oui Mistinguett chantait « Mon homme » dont les paroles sont très explicites, oui, il y a des femmes qui aimaient et pardonnaient les coups, jusqu’au jour où…

Une drôle d’histoire qui dénonce la violence sous toutes ses formes, violence de la guerre, violence domestique. Les comédiens sont tous très investis et excellents dans leurs personnages.


Anne Delaleu
20 avril 2018

mercredi 18 avril 2018

L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine - R. Ogien - théâtre de la Reine Blanche



jusqu'au 22 avril
site du théâtre ICI 

Avignon 2018
14h15 théâtre Baretta 

L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine

De Ruwen Ogien



Mise en scène : Hervé Dubourjal, Éric Bu

Avec : Jean-Louis Cassarino, Hervé Dubourjal


Comme le disait la grande Jeanne Moreau, invitée de Pivot, «les philosophes m’em… », Je pense qu’avec ce spectacle elle aurait bien ri et changé d’avis !

En effet, nous assistons et nous intervenons à un cours de philo pas comme les autres, nos petites cellules grises sont en ébullition, il y a comme dans toutes les classes, les timides, les bavards qu’il faut canaliser, mais il y a de l’idée en l’air ! En plus on nous a donné un beau crayon et un papier qui servira plus tard…

Une question simple, un canot de sauvetage risque de couler, il faut sacrifier un passager, quelle serait votre réponse ? sachant qu’il y a un toutou dans le canot… et puis cas de conscience aussi, vous conduisez à toute allure, transportant cinq passagers gravement blessés et sur la route vous arrêteriez-vous pour porter secours à un piéton perdant son sang ?

Les paradis « artificiels » les machines à rêver, mais pas pour longtemps, là aussi il faut faire un choix. Mais le principal c’est la réflexion, le droit de choisir sa vie, on peut vite basculer dans le monstre ou le héros. Et encore doit-on juger ? et l’odeur des croissants là-dedans me direz-vous ? et bien il a été scientifiquement prouvé qu’une bonne odeur de croissant, ou de poulet nous rend plus heureux, plus empathique !

Grand débat animé de façon ludique et drôlissime par nos deux compères, aidés par les vidéos, les dessins, les croquis animés et qui nous régalent d’intermèdes chorégraphiques de leur cru, pas mal non plus !

Donc même si la philo ne vous parle pas trop, n’hésitez pas à suivre Jean-Louis et Hervé.


Anne Delaleu
18 avril 2018






dimanche 15 avril 2018

Choisir de vivre - M. Daudet - Studio Hébertot

Studio Hébertot jusqu'au 15 avril


Choisir de vivre

D’après le roman de Mathilde Daudet


Adaptation et mise en scène Franck Berthier
photos Mathilde Daudet


Daudet, joli nom empreint de souvenirs d’enfance, lavande, moulin, élixir, petite chèvre…

La famille Daudet, comme dans toutes les familles, aura son lot de drames, énigmes, non-dits, mariage et divorce.

Thierry est né en 1950, le poids du nom est lourd à porter, mais aussi son « enveloppe », il se sent femme, aime se travestir. Plus tard deux mariages, quatre enfants, et surtout grand reporter, il suit les grands conflits, vit les horreurs des guerres, avec courage, et se retrouve affublé du surnom de « Rambo » ! Le courage n’a pas de sexe… et la petite robe suit dans les bagages de Thierry.
En 2010, et c’est ainsi que débute la pièce, hôpital de Bangkok, dans quelques heures, il accepte le destin, mourir en salle d’opération ou devenir ce qu’il est depuis la naissance, une femme. Cette Mathilde qui est en lui, avec qui il dialogue depuis des années. Enfin, il a eu le feu vert de son psy et part à Bangkok avec les encouragements et le soutien de sa dernière compagne.

Mathilde est née et Thierry disparu. Pas facile de faire accepter son choix de vie, par son entourage d’abord, elle réalise soudain que ses enfants ne vont pas l’accepter, la haïr peut-être. Il n’en sera rien, l’amour sera le plus fort.


Nathalie Mann, interprète brillamment ce rôle, sans caricatures, elle souffre, elle hurle, et parfois, mutine s’amuse des réflexions des hommes lorsqu’elle est vêtue en femme. Drôle aussi, lorsque Thierry décide de s’acheter une petite robe Courrèges, conseils de la vendeuse qui ne se doute de rien ! Et les circuits administratifs pas simples non plus.

Une belle histoire, mis en scène avec délicatesse, sans pathos, et une Nathalie Mann au sommet.

Anne Delaleu
15 avril 2018

jeudi 12 avril 2018

Les bords du monde - Epée de Bois


jeudi au samedi 20h30
samedi et dimanche 16h
jusqu'au 22 avril
Site du théâtre ICI

Les bords du monde

Brésil - Syrie - Haïti - Togo - Maroc - France


Dramaturgie et Mise en scène Laurent Poncelet

Avec Gabriela Cantalupo, Tamires Da Silva, Abdelhaq El Mous, Zakariae Heddouchi,
Marcio Luiz, Ahmad Malas, Mohamad Malas, Kokou Mawuenyegan Dzossou,
Lindia Pierre Louis, Lucas Pixote, Germano Santana, Clécio Santos, Sodjiné Sodetodji


Ils sont jeunes, dynamiques, énergiques, leurs corps se balancent, se jettent dans le vide, ils s’échappent, de quoi, de qui ? d’une vie de misère, d’un conflit armé, pas faciles de vivre sa jeunesse dans ses conditions.

Liberté de paroles, de pouvoir se balader sans craindre les réflexions sexistes. Alors ils dansent, ils parlent aussi dans leur langue, en essayant – pas trop – de convaincre l’autre. Pas besoin de grandes phrases pour rire et s’amuser. Mais toujours sur la défensive.

Beauté des mouvements, des corps, des expressions, au son des percussions, des chants.

Une jeunesse en révolte qui parle au cœur d’autres jeunes.


Anne Delaleu
12 avril 2018

mardi 10 avril 2018

Le Cid - P. Corneille - théâtre des Quartiers d'Ivry



mardi, mercredi, vendredi 20h - jeudi 19h
samedi 18h, dimanche 16h
durée 2h15
Site du théâtre ICI

Le Cid

Pierre Corneille

Mise en scène Yves Beaunesne

Eric Challier, Thomas Condemine, Jean-Claude Drouot, Eva Hernandez, Antoine Laudet, Fabienne Lucchetti, Maximin Marchand, Julien Roy, Marine Sylf, Zoé Schellenberg

Chimène et Rodrigue s’aiment et leur union est bénie par leurs pères. Hélas le Comte de Gormas, père de Chimène, convoitait la place de précepteur du prince, Don Diègue père du jeune homme, est préféré par le roi. Don Diègue rappelle au Comte que leurs enfants vont s’unir, que l’amour surpassera le dépit, mais rien n’y fait, la jalousie est trop forte.

Gifle, vieillesse ennemie, Rodrigue vengera l’honneur bafoué de la famille dans le sang du père de son aimée.

L’infante de Castille, semble bien exaltée, n’agit pas comme le devrait une femme de son rang, elle est amoureuse de Rodrigue et sait bien que cet amour ne sera pas béni. Elle est agitée, se pare de voiles, danse, chante (Superbe Marine Sylf elle chante divinement !).

J’ai aimé l’idée de voir un Rodrigue, non pas conquérant, mais dévasté par son duel, et revenant de guerre, meurtri et couvert de sang. Thomas Condemine, n’est pas un héros, mais un jeune homme qui ne craint pas d’ailleurs d’affronter son roi, infirme, Julien Roy fait une étonnante composition !

La mise en scène, la création musicale, le décor et les somptueux costumes, nous entraînent dans un livre d’images, les comédiens donnent vie et chair au texte, Jean-Claude Drouot est un Don Diègue meurtri mais revanchard, regrettant aussi d’avoir poussé son fils à la vengeance. Le thème est toujours d’une cruelle actualité, l’honneur, donner sa vie pour la patrie, pour une personne.

Eric Challier est un Don Gomès, plein de suffisance et de morgue, Zoé Schellenberg est Chimène, toute en contradiction, Antoine Laudet apporte la fraîcheur de son jeu, Maximin Marchand est un merveilleux contre-ténor, Eva Hernandez et Fabienne Lucchetti ne sont pas en reste et défendent avec brio leurs maîtresses.

C’est un long poème auquel nous convie Yves Beaunesne, avec chants qui ponctuent le récit et les changements de scène.


A voir et admirer à Ivry et en tournée !

Anne Delaleu
10 avril 2018