dimanche 19 juillet 2026

Louise Weber dite La Goulue - D. Gustau - Théâtre du Lucernaire

 


Théâtre du Lucernaire - salle Paradis site ICI
mercredi au samedi 21 h - dimanche 17h30
Durée 1h


Louise Weber dite La Goulue

Delphine Gustau

Au Lucernaire, la mise en scène signée Delphine Gustau et Delphine Grandsart nous plonge dans le destin hors du commun de Louise Weber, dite La Goulue.

Dès les premières secondes, une femme titube, ivre, hantant sa roulotte. Ancienne reine incontestée du Moulin Rouge et créatrice du légendaire French Cancan, muse immortelle de Renoir et de Toulouse-Lautrec, elle se livre sans fard. Seule Mistinguett - et ses belles gambettes - la reconnaitra et la prendra dans ses bras avec gentillesse.

Orpheline sans véritables repères, cette femme libre et solaire nous entraîne dans sa vie tumultueuse. Amours complexes, un fils unique, deux mariages : La Goulue a croqué la vie à pleines dents, refusant obstinément toute limite. Plus tard, on la découvrira recueillant avec tendresse des animaux de cirque maltraités, des chats et des chiens.

Porté par l'interprétation absolument remarquable de Delphine Grandsart, qui s'implique corps et âme dans ce rôle, le spectacle adopte un subtil cheminement à rebours, partant de sa fin de vie pour s'achever sur son enfance. Une bouleversante image finale d'une petite fille endeuillée mais fière de sa jolie robe, qui ne rêve que d'une chose : danser !

Un moment de théâtre vibrant à ne pas manquer !

Anne Delaleu
Lucernaire
19 juillet 2026

samedi 11 juillet 2026

Entre copains d'abord - Brassens et Devos - Studio Hébertot

 



Site du Studio Hébertot ICI
durée 1h20

samedis 18 et 25 juillet 16h
dimanche 19 juillet 14h30

Entre copains d’abord
 
Marie-Silvia Manuel chante Brassens et Devos
 
Piano Marc Goldfeder
 
 
Je suis retournée voir ce spectacle, que j’avais tant aimé l’année dernière !
 
La pimpante Marie-Silvia nous entraine dans ce récital, consacré à deux géants, deux copains, Georges Brassens et Raymond Devos.
 
Nous passons du gorille au « parler pour ne rien dire », on s’attendrit avec la brave Margot et son chaton, en passant, comme on peut, pour un imbécile avec Raymond ! Ah il faut suivre la dame Marie-Silvia, elle chante avec sensibilité nos amoureux sur les bancs publics, danse une tarentelle avec « le chapeau de Mireille ». On rit bien sûr avec les sketchs de Devos, de l’humour sans vulgarité, de l’esprit à revendre. Le public participe aussi, fredonnant Brassens.
 
Un spectacle qui fait du bien par les temps qui courent. Joie, tendresse, humour, dynamisme,
avec Marc Goldfeder, qui l’accompagne au piano, et qui se laisse gentiment rabrouer !
 
« Quand on est con on est con ! » (Brassens)
 
Quand on a du talent on a du talent, et Marie-Silvia Manuel n’en manque pas, de toutes façons l’amour du théâtre et des beaux textes, ça tient de famille, c’est génétique vous dis-je !
 
Anne Delaleu
11 juillet 2026
Studio Hébertot

mercredi 1 juillet 2026

Les petites femmes de Maupassant - théâtre du Lucernaire - salle noire

 



Site du théâtre ICI
durée 1h30 
salle noire


Les petites femmes de Maupassant

 

Adaptation Roger Defossez

Mise en scène Gwenhaël de Gouvello

Avec Eurydice El-Etr, Marie Grach, Karine Pinoteau et Alexandra Sarramona


Avec Les petites femmes de Maupassant, le metteur en scène Gwenhaël de Gouvello nous invite dans un salon délicieusement rétro. Un décor soigné, une radio qui diffuse les airs à la mode, et Céleste, la maîtresse de maison, qui danse seule, pleine d’une joie communicative.

Céleste attend son amie Hortense et sa nièce Coralie, pour une pause estivale entre femmes. En attendant, elle s’amuse à « espionner » les voisins — notamment ce jeune couple au destin tragique, aperçu depuis la fenêtre, qui apporte une note de mélancolie au tableau. Lorsque Coralie arrive, elle n’est pas seule : elle est accompagnée de Zoé, une ancienne amie de collège. Comédienne délurée et extravertie, Zoé est immédiatement adoptée par ces dames de la bonne bourgeoisie.

C’est là toute la magie de la pièce : sous couvert d’une mise en scène légère où Zoé, avec la complicité de Coralie, offre une petite prestation théâtrale improvisée, les masques tombent. Au fil de la conversation, ces femmes se livrent avec une franchise désarmante. On y parle d’amours, de déceptions et de secrets inavouables. Coralie, par exemple, confesse son infidélité : par pur mimétisme avec une voisine de « petite vertu », elle a fini par inviter un inconnu dans l’appartement conjugal ! Quant à Hortense, elle s’ennuie avec son mari, obligée de se soumettre au devoir conjugal, mais elle finira par croquer la pomme !

L’adaptation de ces nouvelles de Maupassant réussit le tour de force de devenir une pièce à part entière, cohérente et captivante. On y sent toute l’ambivalence de l’auteur : il a tant aimé les femmes, mais il semble que cet amour fut souvent un tourment. Les comédiennes sont absolument « pêchues », tour à tour hystériques, drôles, romantiques et profondément touchantes. Un spectacle vivant, qui oscille entre le rire et la mélancolie avec une élégance folle.

À voir absolument et relire Maupassant !

Anne Delaleu
1er juillet 2026
Théâtre du Lucernaire