mercredi 1 juillet 2026

Les petites femmes de Maupassant - théâtre du Lucernaire - salle noire

 



Site du théâtre ICI
durée 1h30 
salle noire


Les petites femmes de Maupassant

 

Adaptation Roger Defossez

Mise en scène Gwenhaël de Gouvello

Avec Eurydice El-Etr, Marie Grach, Karine Pinoteau et Alexandra Sarramona


Avec Les petites femmes de Maupassant, le metteur en scène Gwenhaël de Gouvello nous invite dans un salon délicieusement rétro. Un décor soigné, une radio qui diffuse les airs à la mode, et Céleste, la maîtresse de maison, qui danse seule, pleine d’une joie communicative.

Céleste attend son amie Hortense et sa nièce Coralie, pour une pause estivale entre femmes. En attendant, elle s’amuse à « espionner » les voisins — notamment ce jeune couple au destin tragique, aperçu depuis la fenêtre, qui apporte une note de mélancolie au tableau. Lorsque Coralie arrive, elle n’est pas seule : elle est accompagnée de Zoé, une ancienne amie de collège. Comédienne délurée et extravertie, Zoé est immédiatement adoptée par ces dames de la bonne bourgeoisie.

C’est là toute la magie de la pièce : sous couvert d’une mise en scène légère où Zoé, avec la complicité de Coralie, offre une petite prestation théâtrale improvisée, les masques tombent. Au fil de la conversation, ces femmes se livrent avec une franchise désarmante. On y parle d’amours, de déceptions et de secrets inavouables. Coralie, par exemple, confesse son infidélité : par pur mimétisme avec une voisine de « petite vertu », elle a fini par inviter un inconnu dans l’appartement conjugal ! Quant à Hortense, elle s’ennuie avec son mari, obligée de se soumettre au devoir conjugal, mais elle finira par croquer la pomme !

L’adaptation de ces nouvelles de Maupassant réussit le tour de force de devenir une pièce à part entière, cohérente et captivante. On y sent toute l’ambivalence de l’auteur : il a tant aimé les femmes, mais il semble que cet amour fut souvent un tourment. Les comédiennes sont absolument « pêchues », tour à tour hystériques, drôles, romantiques et profondément touchantes. Un spectacle vivant, qui oscille entre le rire et la mélancolie avec une élégance folle.

À voir absolument et relire Maupassant !

Anne Delaleu
1er juillet 2026
Théâtre du Lucernaire