vendredi 20 avril 2018

Suzanne la vie étrange de Paul Grappe - Le Lucernaire

jusqu'au 2 juin
durée 1h15
du mardi au samedi 21h
Site du Théâtre ICI 

Suzanne, la vie étrange de Paul Grappe

Création collective librement inspirée de « La garçonne et l’assassin » de Fabrice Virgili et Danièle Voldman (Payot)

Texte et mise en scène Julie Dessaivre

Avec Éloïse Bloch (Lucie) Édouard Demanche (Paul/Suzanne) Constance Gueugnier (Mme Massin) Zacharie Harmi (Les hommes de loi et Paco) Léa Rivière (Louise) et en alternance Anaïs Casteran (Louise) Matthieu Fayette (Paul/Suzanne) Julie Dessaivre (Madame Massin)


C’est une histoire vraie qui a défrayé la chronique des années folles. 1928, Louise Grappe humiliée et frappée bien trop souvent par son mari, prend une arme et le tue.

Mais il faut remonter un peu plus loin dans l’histoire, en 1912 Louise et Paul se marient, ils sont heureux jusqu’au jour où Paul est mobilisé, nous sommes en 1914.  Paul n’en peut plus, il déserte et rejoint sa femme à Paris. Elle et son amie Lucie, journaliste, ont l’idée de travestir Paul en femme. La police recherche un déserteur, un homme, mais pas une femme !

Et voilà que Paul devient Suzanne, Lucie lui enseigne la féminité, la façon de marcher, de se mouvoir, de répondre, tout un art ! Mais ce changement va bouleverser Paul, il est « transformé », sa vie privée devient débridée, prostitution, échangisme, virées au bois de Boulogne, « Suzy » devient la coqueluche des soirées parisiennes. Mais il continue à boire, beaucoup trop, et frappe Louise.

En 1925, loi d’amnistie, Paul se présente sans état d’âme au Commissariat pour récupérer ses papiers, son identité… trois ans plus tard, Paul sera tué par Louise qui voulait protéger aussi son enfant.

Cette histoire douloureuse, est habilement mise en scène, deux personnages nous racontent l’histoire telle qu’elles l’ont vue et vécue, tel un chœur antique, il y a Lucie, la bonne amie journaliste et la concierge Mme Massin. Chacune sa version des faits.

Des chansons de l’époque éclairent les situations, les changements de décors, de scène. Oui Mistinguett chantait « Mon homme » dont les paroles sont très explicites, oui, il y a des femmes qui aimaient et pardonnaient les coups, jusqu’au jour où…

Une drôle d’histoire qui dénonce la violence sous toutes ses formes, violence de la guerre, violence domestique. Les comédiens sont tous très investis et excellents dans leurs personnages.


Anne Delaleu
20 avril 2018

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