vendredi 15 février 2019

Et si on ne se mentait plus ? - théâtre Tristan Bernard

du jeudi au samedi 19h
durée 1h30
Site du théâtre ICI
Site de la compagnie ICI

Et si on ne se mentait plus ?

Création du collectif Les Inspirés

Mise en scène Raphaëlle Cambray

Avec Maxence Gaillard (Jules Renard), Emmanuel Gaury (Lucien Guitry), Guillaume d’Harcourt (Tristan Bernard), Nicolas Poli (Alfred Capus) et Mathieu Rannou (Alphonse Allais).


Quoi de plus réjouissant pour le cœur et l’esprit que de déjeuner en bonne compagnie. Lucien Guitry, l’avait bien compris puisque tous les jeudis, il recevait dignement ses amis poètes, écrivains, romanciers. Le bon vin aidant, les bons mots et les rires coulaient de source. Mais chacun a son caractère, sa susceptibilité, ses petits secrets, et « la fée verte » coule aussi trop bien dans le gosier d’Alphonse…


On parle de carrière, Lucien Guitry par amitié se prépare à interpréter une pièce de Capus, mais la Comédie-Française impose un autre comédien. Tristan est passionné de boxe, mais l’argent manque, enfin, une lettre compromettante, signée par Madame Capus est découverte par Jules dans un livre, que faire ? L’honneur d’une dame est en jeu, leur amitié aussi. Petits mensonges entre amis, l’année 1901 va être un tournant dans leur amitié. Puis peu à peu, les amis disparaissent, mais ils sont toujours présents, les déjeuners se feront rares.

Renard, Guitry, Bernard, Allais, je connaissais, mais Alfred Capus, pas du tout ! Au moins, un des mérites de cette comédie m’aura fait plonger dans Internet pour en savoir un peu plus…


Cette comédie, qui a triomphé à Avignon et au Lucernaire, est accueillie au Tristan Bernard dont il est question. Bel hommage, il aurait adoré ! Une pièce un brin mélancolique, mais on s’amuse beaucoup et on rit sans vulgarité.

Les cinq comédiens, sont aussi de bons amis à la ville, et leur rencontre dans le cours de Jean-Laurent Cochet (un amoureux des beaux textes et de la langue française) leur a donné l’idée de cette comédie, Raphaëlle Cambray signe une belle mise en scène, un décor soigné de Catherine Bluwal, un bon moment à passer avec nos cinq compères !

Anne Delaleu
15 février 2019
Théâtre Tristan Bernard

lundi 11 février 2019

Fanny et Alexandre - I. Bergman - Comédie Française


jusqu'au 16 juin 2019
Site du théâtre ICI
durée 2h45 avec entracte

Fanny et Alexandre
Ingmar Bergman

Avec Véronique Vella, Thierry Hancisse, Anne Kessler, Cécile Brune, Florence Viala, Denis Podalydès, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Julie Sicard Maj, Hervé Pierre, Gilles David, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Rebecca Marder, Dominique Blanc, Gaël Kamilindi,  Jean Chevalier et les comédiennes de l’académie de la Comédie-Française Noémie Pasteger, Léa Schweitzer


N'ayant plus vraiment de souvenirs précis du film, j'ai suivi avec intérêt et enthousiasme la mise en scène de Julie Deliquet !

Tout débute devant le rideau, par un discours d'Oscar, directeur du théâtre, il est heureux, la représentation théâtrale s'est fort bien déroulée, c'est Noël et il nous souhaite de belles fêtes !

Les comédiens, sa femme, sa mère, les enfants, sont joyeux, ils boivent, chantent et font une grande farandole, le bonheur est là, l'amour aussi entre Oscar et Emilie. Gustav Adolf, le frère d'Oscar est marié à Alma, ce qui ne l'empêche pas de courtiser, un peu lourdement, la préceptrice de ses neveux Fanny et Alexandre, l'autre frère Carl, marié à une allemande, malmène celle-ci, elle ne fait même plus attention à ce qu'il dit.

Fanny et Alexandre jouaient aux spectres dans le théâtre fermé, quel bonheur pour eux, rester enfermés et se faire peur, d'ailleurs ils commencent vraiment à avoir peur de n'importe quel bruit !

Oscar est très impliqué dans son rôle de comédien et de directeur, son souhait le plus cher, monter "Hamlet" et jouer le rôle du spectre, le problème c'est qu'il n'a guère de talent, comme le dit Helena sa mère, comédienne réputée. La répétition d'Hamlet ne se déroule pas comme il le veut (et c'est très drôle !) par malheur, il sera foudroyé par une attaque.

Emilie s'est remariée, autant pour les enfants que pour elle, hélas, Edvard Vergerus, évêque, est un monstre, il lui fera vivre l'enfer ainsi qu'aux enfants. Comment pourra-t-elle s'en sortir et avec l'aide de qui ?


Julie Deliquet signe une mise en scène éblouissante, ingénieuse, mêlant la magie, le mystère, le théâtre dans le théâtre, avec le décor modulable, on participe à la fête du début, puis à l'enfermement d'Emilie et des enfants.


La distribution est absolument parfaite, Denis Podalydes est un Oscar touchant, drôle. Les enfants sont joués par les jeunes comédiens de la troupe, dans le rôle d'Alexandre, Jean Chevalier, c'est de la graine de grand comédien, Rebecca Marder n'est pas en reste non plus.

Dominique Blanc, je ne m'en lasse pas, elle ne joue pas à la comédienne, elle l'est totalement, il faut l'entendre dans le monologue de Nora de "Maison de poupée" (rôle qui lui a valu un Molière en 1998) ! Elsa Lepoivre est poignante. Toute la troupe est à citer, on les sent heureux de donner vie à cette pièce.

Un très beau spectacle, une adaptation intelligente, on rit, on pleure, on est ému, c'est du théâtre et de la belle ouvrage !

Anne Delaleu
11 février 2019 
Comédie Française

dimanche 10 février 2019

Origines - Cirque Gruss - Pte de Passy


jusqu'au 3 mars porte de Passy
Site de la compagnie ICI pour horaires et dates de tournées
durée 2h30

Origines

Alexis Gruss


Pour leur 44ème création, le cirque Gruss décide de repartir aux origines du cirque équestre.

1765. Brillante démonstration avec le défilé militaire, les exercices et charges de cavalerie
Nous faisons connaissance avec Philippe Astley, créateur de la piste, sabre, voltige, humour aussi avec un sympathique Gibraltar qui fait tourner en bourrique son cavalier.


Puis la troupe entre, saltimbanques en collants et maillots acidulés, la dresseuse de chiens, l’acrobate et, enfin le clou du spectacle « la grande batoude », où les acrobates sautent par-dessus 6 chevaux, à couper le souffle !


Antonio Franconi et le cirque français, Alexis Gruss présente Fado son cheval « caoutchouc », beauté du mouvement et des jambes du cheval.  Haute voltige, quadrille, trapéziste. Le cheval toujours présent, toujours roi de la piste !


Jongleurs juchés sur les chevaux au galop, habileté, concentration et toujours le sourire, la bonne humeur ! La poste à 17 chevaux, impressionnant ! l’élégance de Gipsy en amazone, le noble écossais, le preux chevalier, le drôle de chevalier vêtu d’écumoire et de râpe à fromage monté sur un bardot, petit cheval (heureusement j’ai le lexique !),


Geoffrey Berhault, fildefériste,  époustouflant, en arrière, en avant, un autre fil croise le premier, il saute sur un pied, se retrouve sur l’autre fil, magique !


La roue allemande est un joujou pour Louis Gruss, une merveille. J’ai été impressionnée par Desire Cardinali Chavez, contorsionniste et archère… essayez seulement de tirer à l’arc avec vos pieds !

Le duo amoureux flotte dans les airs, quelle grâce, quel charme, quelle poésie avec Svetana Lobova et Firmin Gruss, on en redemande !


Enfin, le cirque Gruss ne reste pas dans le passé, l’avenir est prometteur, la jeune génération est  rock and roll et le prouve !

Le spectacle est accompagné par Sandrine Diard, chorégraphe et par la voix et la présence d’Eva Poirieux et l’orchestre dirigé par Sylvain Rolland.

Alexis Gruss est un homme de valeur et de gratitude, et j’aime que soit nommée dans ses spectacles le nom de leur « fée » la tragédienne Sylvia Monfort.


Du grand spectacle, adresse, beauté, élégance et humour.

Anne Delaleu
10 février 2019

samedi 9 février 2019

Kean - A.Dumas - théâtre 14

jusqu'au 23 février 2019 
mardi, vendredi et samedi 20h30
mercredi et jeudi 19h -
samedi 16h
durée 2h
Site du théâtre ICI

Kean

Alexandre Dumas


Adaptation Jean-Paul Sartre

Mise en scène Alain Sachs assisté de Corinne Jahier

Alexis Desseaux, Sophie Bouilloux, Justine Thibaudat, Eve Herszfeld, Frédéric Gorny,
Stéphane Titeca, Pierre Benoist, Jacques Fontanel.

Dans son salon, Elena, épouse de l’ambassadeur de Danemark, reçoit une amie, toutes deux ne parlent que de lui, le grand Kean, de ses amours, ses conquêtes, ses rôles aussi parfois… Il est aimé par Elena et également par une jeune héritière fort riche, Anna Damby. Le Prince de Galles, s’intéresse aussi à Elena, le voici d’ailleurs, ne pouvant se retenir de rire, il annonce à ses hôtes une bien amusante nouvelle, Kean se serait enfui avec la jeune Anna qui échappe ainsi à un mariage arrangé avec Lord Mewill, criblé de dettes. Elena est émue et cache ses sentiments. Mais la comédie continue, et ce diable d’homme arrive enfin, au dîner de l’ambassadeur, alors qu’on ne l’attendait plus ! Surprise, interrogation, mais notre trublion, excessif parvient à faire lire a Elena une lettre lui demandant de le rejoindre dans sa loge.

Tout ne se passera pas comme prévu ! La charmante Anna viendra au bon moment, piètre comédienne mais amoureuse sincère du grand homme, dont on ne sait jamais s’il joue la comédie à chaque instant, s’il est sincère parfois.

Alexis Desseaux est un Kean extraverti, dont on ne sait vraiment s’il est sincère ou s’il  joue la comédie, il est parfait. Sophie Bouilloux campe l’élégante Elena. Jacques Fontanel est un amusant ambassadeur, Frédéric Gorny tout à fait à l’aise dans son rôle de Prince, Justine Thibaudat une charmante Anna, sans oublier les excellents Pierre Benoist, Eve Herszfeld et Stéphane Titeca. La mise en scène d’Alain Sachs est dynamique, il a pris le parti de faire un Kean dans la bonne humeur, le bouffon du Prince de Galles.

Les beaux décors de Sophie Jacob, sont manipulés par les comédiens pour figurer chaque changement de lieux, de scènes, les costumes de Pascale Bordet sont superbes, élégants.

Jean-Paul Sartre s’est intéressé à la pièce de Dumas « Kean ou désordre et génie », cette pièce écrite en 1836, trois ans après la disparition du tragédien, fut « réinventé » par Sartre en 1954. Dumas avait choisi Frédérick Lemaître et Sartre le grand Pierre Brasseur (qui fut Frédéric Lemaître dans les « Enfants du Paradis » !).


Une pièce intéressante, dynamique, drôle, à ne pas manquer.

Anne Delaleu
9 février 2019
Théâtre 14

vendredi 8 février 2019

La dégustation - I. Calbérac - théâtre de la Renaissance



Site du théâtre ICI
mardi au dimanche 21h
samedi et dimanche 16h30
durée 1h40

La dégustation

Ivan Calbérac


Mise en scène : Ivan Calbérac

Avec Isabelle Carré et Bernard Campan, Mounir Amamra, Éric Viellard et Olivier Claverie

Jacques est propriétaire d’une cave à vins, on ne peut pas dire que ce goûteux liquide le rende de bonne humeur, il est plutôt du genre ronchon. Pas vraiment aimable avec la cliente qui entre dans sa boutique, elle n’a pas trop d’idée sur le genre de vin qu’il faut pour un dîner, en dehors du vin de messe qu’elle a goûté la dernière fois à la paroisse !

Une alarme retentit, Jacques ne s’inquiète pas vraiment, mais voilà que surgit un jeune homme, cagoulé, qui a eu la très mauvaise idée de « choisir » une montre de marque dans la bijouterie, la police est à ses trousses. Jacques l’aide à s’enfuir espérant ne jamais le revoir. Mais voilà notre jeune homme, Steve, revient plus tard voir Jacques pour lui demander un stage de réinsertion ! Alors là c’est le coup de grâce pour Jacques, mais Hortense qui devient une habituée des lieux, trouve ça très bien. D’ailleurs elle s’inscrit à un atelier dégustation, est-elle vraiment attirée par le vin…

Steve, reubeu sympa, colérique, maltraitant la langue française, va mettre les pieds dans le plat, il va surtout « protéger » Hortense des assiduités du libraire, ami de Jacques. Cupidon va s’en mêler aussi, après tout on parle bien de « la part des anges ».

La scène de l’atelier dégustation est une vraie partie de rire, vu la situation, le vocabulaire de l’œnologie devient très ambigu !

Voilà une comédie sympathique, sentimentale, drôle, Ivan Calbérac sait créer des personnages forts. La distribution est excellente, Isabelle Carré est émouvante, Bernard Campan sensible, Mounir Amamra est drôle, on rit de ses réflexions sur la vie, ses systèmes D, Eric Viellard et Olivier Claverie ne sont pas en reste.


Une comédie à voir en couple à la Saint Valentin, et même toute l’année !

Anne Delaleu
8 février 2019 
théâtre de la Renaissance

mardi 5 février 2019

Barber Shop quartet - chapitre 4 - Essaïon théâtre



Site du théâtre ICI
durée du spectacle 1h20
tous les mardis à 19h45

Barber Shop Quartet chapitre 4

De et avec Marie-Cécile Robin-Héraud, France Turjman, Bruno Buijtenhuijs, et Xavier Vilsek.

Nos amis reviennent pour notre plus grand plaisir, avec un nouveau spectacle, ils n’ont pas changé, Marie-Cécile toujours aussi gracieuse… France toujours bien chapeautée et souriante, Bruno n’en finit plus d’expliquer quant à Xavier c’est le roi de l’imitation et du bruitage.

Ils s’attaquent cette fois-ci à la droite, la gauche, les extrêmes et même le bon Dieu !


Demandez la coupe au carré plongeant ! Et vous aurez comme toujours les parodies, réussies de nos chansons de variétés, d’une incroyable reine de la rigolade, d’une vache bucolique et d’un poète, du tube mondial de Cloclo détourné. Ça pour détourner, ils sont champions !

C’est dynamique, rafraîchissant, parfaitement huilé, belles voix, sketchs hilarants (Je vous conseille le robot Mesdames !).


Un vrai travail de pro, à vous friser les moustaches ! Courez vous « raser » Messieurs dames !

Anne Delaleu
5 février 2019
Théâtre Essaïon

dimanche 3 février 2019

Tailleur pour dames - G. Feydeau - Guichet Montparnasse



Site du théâtre ICI
tous les dimanches 20h jusqu'au 21 avril 2019 
durée 2 h

Tailleur pour dames

Georges Feydeau


Mise en scène et adaptation Jean-Marie Ledo

Avec : Maïna Louboutin, Karine Malleret, Michelle Sevault, Natacha Simic, Régis Debraz, Olivier Ducaillou, Jean-François Labourdette, Jean-Marie Ledo


Feydeau savait manier les quiproquos, il parait qu’il utilisait un petit théâtre de marionnettes pour s’y retrouver avec les personnages !

L’histoire éternelle, la jeune fille de bonne famille mariée à un noceur, amour ? convenance ? Toujours est-il que le docteur Moulineaux ne partage pas la chambre de sa jeune femme Yvonne (6 mois de mariage !) et court déjà le guilledou avec la belle Madame Aubin une de ses patientes.

Ajoutez à cela, une belle-mère envahissante (normal !), un ami raseur (ça aussi !), une ancienne petite amie (ça c’est pas banal), tout ceci sous la houlette d’un domestique, qui ne comprend pas tout mais a son avis sur chacun !

Suzanne Aubin est mariée… mais très sensible au charme de Moulineaux, ce dernier réussit à louer un appartement (au raseur), il appartenait à une couturière… et oui, voilà que notre Moulineaux pour sauver la réputation de Suzanne et surtout se protéger, se fait passer pour le couturier à la mode auprès du mari (celui-ci surveillez le bien !). La situation devient catastrophique, mais on retombe toujours sur ses pieds.

Comment ne pas rire avec Feydeau ! Les répliques sont drôles parce que les situations sont toujours compliquées !

La mise en scène et les décors sont comme Moulineaux et ses tee-shirts,  une vraie jungle ! Les comédiens se déchaînent et sortent les griffes.


Passez au Guichet-Montparnasse, le dimanche soir avant de songer au lundi…

Anne Delaleu
3 février 2019
Guichet Montparnasse

vendredi 1 février 2019

Le canard à l'orange - William Douglas Home - théâtre de la Michodière


mardi au samedi 20h30
samedi 16h30 - dimanche 15h30
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Le canard à l’orange

William Douglas Home


Adaptation Marc-Gilbert Sauvajon

Mise en scène Nicolas Briançon

Avec Anne Charrier, Nicolas Briançon, Sophie Artur, François Vincentelli, Alice Dufour


Le regretté Pierre Barillet n’osant plus parler de théâtre de boulevard (un peu trop galvaudé) il parlait de théâtre de divertissement, et quel plus beau mot que celui-ci pour illustrer cette reprise, par Nicolas Briançon succédant ainsi à Jean Poiret.

Hugh et Liz sa femme sont mariés depuis 15 ans, lui est animateur célèbre et ne compte plus les coups de canif dans le contrat de mariage…

Et puis un jour, il apprend que Liz a un amant, elle souhaite divorcer pour vivre avec un brillant trader rencontré lors d’une soirée. Hugh toujours fanfaron a l’air de bien prendre la chose, invite l’amant dans leur maison pour le week-end, mais il a une idée derrière la tête et invite également sa charmante secrétaire, son but prendre les torts à sa charge et donc se faire pincer en flagrant délit d’adultère, par Mme Grey, leur gouvernante un véritable dragon ! Mais veut-il vraiment laisser partir Liz ?

C’est un festival de répliques drôles, de situations loufoques, un vrai régal, les comédiens s’en donnent à cœur joie, François Vincentelli, brillant trader sans une pointe d’humour, surtout pas celui d’Hugh ! Nicolas Briançon est tel un chat devant un pot de lait, gourmand, spirituel, élégant. Anne Charrier a le charme qu’il faut, la belle Alice Dufour est naturelle et amusante, et bien entendu Sophie Artur est un numéro comique à elle seule ! D’ailleurs vous avez intérêt à éteindre vos portables.

Comme la tradition le voulait à la fin de chaque pièce jouée « Au théâtre ce soir », Nicolas Briançon présente l’équipe technique et bien entendu les comédiens. Moi j’aime bien et ça m’a diablement rajeuni !


Un canard qui vaut tout à fait le détour.

Anne Delaleu
1er février 2019
Théâtre de la Michodière

jeudi 31 janvier 2019

Le lien - F. Bégaudeau - théâtre Montparnasse

mardi au samedi 20h30
samedi 17h30
site du théâtre ICI

Le lien

François Bégaudeau


Mise en scène: Panchika Velez

Avec Pierre Palmade, Catherine Hiegel et Marie-Christine Danède


Une salle à manger, le repas se termine, Christiane s’active mais hélas parle beaucoup, on ne peut pas l’arrêter ! Elle présente le fromage de chèvre à Stéphane, son fils, qui s’ennuie, semble perdu dans ses pensées, et se contrefiche que Carrefour City ferme pendant trois jours !

Alors, sans dire un mot il se lève, enfile son blouson, il part. A l’étonnement de Christiane il va répondre par des mots durs, parfois drôles, elle ne comprend pas ce qui arrive. Elle se fait une joie de recevoir son fils. Mais voilà, le comportement de sa mère atteint Stéphane, il est écrivain, un ego surdimensionné, puisque le reproche qu’il fait à Christiane, c’est de ne pas lire ses livres !

Christiane est veuve, elle ne se laisse pas aller, s’est fait des amis dont Françoise du cours de yoga, la réputation de son fils la dépasse un peu. Et puis après tout elle réagit comme n’importe quelle maman. Pour Stéphane ce n’est pas assez, s’intéresse-t-elle seulement à ce qu’il écrit ?  Alors il part dans des théories tirées par les cheveux, sous-entend qu’elle est peut être « nazie » « de droite ou de gauche », enfin il est un peu compliqué le petit !


En effet, elle n’a pas grand-chose en commun avec Stéphane, par contre, lorsque Françoise débarque avec son gâteau, là elles ont de quoi discuter ! Françoise comprend la situation, elle non plus, ne fait pas allusion aux livres de Stéphane, mais plutôt à son côté « people ». Elle le connaît depuis tant d’années.

Le thème de cette histoire est éternel, on a toujours quelque chose à reprocher à nos parents, et c’est lorsqu’ils sont partis que l’on éprouve des regrets, parfois des remords. Alors pourquoi ne pas aller dans la simplicité, ce que ne fait pas Stéphane, Christiane a des goûts simples, elle est loin d’être sotte, elle aime ses enfants, célèbres ou pas !

Catherine Hiégel est une mère bien patiente avec ce grand gamin désagréable, Pierre Palmade est drôle, tête à claques aussi, Marie-Christine Danède apporte réconfort et désamorce la situation.


Panchika Velez a su trouver l’ambiance qu’il fallait à cette comédie douce-amère, elle a signé de nombreuses mises en scène, dont «Au début » de François Bégaudeau, et plus récemment « Qui a peur de Virginia Woolf » au théâtre 14. 

Anne Delaleu
31 janvier 2019

mercredi 30 janvier 2019

Le prince travesti - Marivaux - théâtre 71


durée 2h15
site du théâtre ICI (pour les dates de tournées)
prochainement au théâtre Montansier de Versailles du 6 au 10 février

Le prince travesti

Marivaux


Mise en scène Yves Beaunesne

avec Nicolas Avinée (Lélio), Johanna Bonnet (Lisette, maîtresse d’Arlequin), Thomas Condemine (Arlequin), Jean-Claude Drouot (Frédéric, ministre de la princesse), Elsa Guedj (Hortense), Pierre Ostoya-Magnin (l’ambassadeur du roi de Castille), Marine Sylf (la Princesse de Barcelone) et Valentin Lambert musicien


Yves Beaunesne, situe l’histoire de nos jours, une histoire d’amour certes, mais le pouvoir y est omniprésent, l’argent aussi. Un splendide lustre, un immense escalier qui mène aux appartements, sur le côté un piano, sur lequel sont disposées des photos.

Hortense, jeune veuve (mal mariée), est logée chez son amie la Princesse de Barcelone, elle lui conte une aventure bien étrange et bien romanesque, elle a été sauvée par un inconnu alors que son carrosse était attaqué par des malfrats. La Princesse se confie à son tour, elle est demandée en mariage par le roi de Castille, elle ne sait que répondre, car son cœur est pris par Lélio, qui a remporté une belle victoire dans son armée, qui est devenu son favori au grand dam de Frédéric son ministre, qui convoite la tête du gouvernement.

Lélio, est un aventurier, mais il est surtout le prince de Léon, qui voyage incognito de pays en pays, pour connaître d’autres façons de gouverner. C’est un prince éclairé et courageux. Il pense toujours à la jeune personne qu’il a sauvée…

Arlequin, valet de Lélio, aime l’argent, les femmes, et la bonne chère. Peut-on l’acheter facilement, c’est ce que tente Frédéric, pour connaître l’identité de Lélio.

Amour, pouvoir, lutte des classes, argent, corruption, tout est finement présenté dans cette comédie de Marivaux.

La distribution est dominée par Jean-Claude Drouot, impressionnant Frédéric, Thomas Condemine est un Arlequin, drôle, véritable bête de scène disons-le ! Quelle énergie avec sa Lisette, Johanna Bonnet, ils forment un duo pétillant et drolissime !

Elsa Guedj, femme-enfant, elle a la fragilité qu’il faut pour le rôle, Marine Sylf est une princesse sûre d’elle et de son pouvoir. Nicolas Avinée campe un Lélio fantasque, sérieux souvent lorsqu’il s’agit de son amour. Pierre Ostoya-Magnin digne, élégant.

J’ai moins aimé les intermèdes chantés, ils ralentissent le rythme et n’apportent pas grand-chose. Mais j’ai passé un très bon moment de théâtre.

Anne Delaleu
30 janvier 2019
Théâtre 71 Malakoff

mardi 29 janvier 2019

Comme en 14 - D. Laurent - thếâtre La Bruyère



mardi au samedi 21h
samedi 15h30
durée 2h
site du théâtre ICI

Comme en 14

Dany Laurent

Mise en scène Yves Pignot

Avec Marie Vincent, Virginie Lemoine, Ariane Brousse, Katia Miran & Axel Huet


C’est reparti comme en 14, expression bien connue qui changera de chiffre plus tard…

Nous sommes en 1917, c’est bientôt Noël, Marguerite se fume une petite cigarette ma foi elle l’a bien méritée, elle est infirmière, elle fait avec les moyens du bord pour soulager les souffrances, elle a surtout besoin d’aide et manque de tout. Suzy est couturière de métier, bénévole à l’hôpital, elle a de l’énergie à revendre, Louise est de bonne volonté, est issue de la bourgeoisie, pas très efficace mais on fait avec ! Toutes les classes sociales se mêlent, s’entraident. Marguerite connaît depuis l’enfance Adrienne, la comtesse, veuve de guerre, son fils mal soigné par un médecin incompétent sera amputé d’une jambe. Son autre fils, Pierre est « l’innocent », amoureux de Louise et admirant Henri le grand frère.

Suzy est pacifiste, en temps de guerre, c’est risqué, elle a son réseau, et elle est surtout amoureuse d’Henry. Mademoiselle Marguerite, la vie ne lui a pas fait de cadeaux, mais elle est courageuse et débrouillarde. Suzy la choque certes mais la fait bien rigoler aussi !


Adrienne est courageuse, elle tient son rang comme on dit, c’est une amie sincère pour Marguerite, les classes sociales n’existent plus dans ces moments là. Elles rient, chantent, blaguent mais n’oublient pas leurs malades. Elles pensent aussi à l’avenir, au retour de leurs hommes, mais quand et dans quel état ?

Marie Vincent est une Marguerite humaine et efficace (elle a bien mérité son Molière !), Virginie Lemoine digne, sait trouver la pointe d’humour qu’il faut, Ariane Brousse a du tempérament, une belle voix, de la gouaille, Katia Miran est fragile, émouvante, Axel Huet est attendrissant.

Comment ne pas être émue par cette histoire, cet hommage aux femmes qui ont remplacé les hommes mobilisés. Je pense à mon histoire personnelle et familiale.

Une distribution menée de main de maître par Yves Pignot, une belle histoire racontée avec sincérité et humour.


Pour ceux comme moi qui aime les histoires et surtout les bons comédiens !

Anne Delaleu
29 janvier 2019
Théâtre La Bruyère

vendredi 25 janvier 2019

Localement agité - A. Bedouet - Théâtre de Paris/ salle Réjane

mardi au samedi 21h -
samedi 17h - dimanche 15h
site du théâtre ICI

Localement agité

Arnaud Bedouet

Mise en scène de Hervé Icovic
Avec Lisa Martino, Anne Loiret, Nicolas Vaude, Thierry Frémont, Arnaud Bedouet, Guillaume Pottier


Ah la Bretagne ! Ses rochers, sa mer, ses embruns ! Dans la maison familiale, se retrouve tous les quatre ans, quatre frères, leur sœur, et leur belle-sœur.
Pourquoi cette réunion familiale ? Le père de famille, un éminent professeur, intellectuel de renom, humaniste, est né un 29 février, et selon ses dernières volontés, il impose à ses enfants de répandre ses cendres vers le grand large le jour anniversaire, et par vent d’Est !
Quatre ans auparavant, ils avaient échoué, le vent n’était pas au programme, le sera-t-il cette année ?
Depuis, la vie des uns et des autres a évolué, Pierre est séparé de Jeanne, Boris le plus jeune a toujours des idées tordues qu’il trouve extraordinaire, ses frères refusent de subventionner ses folies douces. Clément tente vainement de sauver son ménage, Marie est toujours seule, sa vie personnelle est un naufrage, Yves garde la maison familiale et veille jalousement sur la mémoire du père. Marie par respect envers le défunt est présente.
Le journal intime du père va venir semer le trouble et le désordre.  L’honorable père de famille, l’intellectuel réputé va tomber de son piédestal.
La pièce de Arnaud Bedouet ne manque pas de profondeur ni surtout d’humour,  Il faut voir Thierry Frémont cherchant obstinément le réseau téléphonique sur un rocher,  Guillaume Pottier baba-cool aux idées saugrenues, Lisa Martino jeune femme perdue et touchante, Anne Loiret a la rude tâche d’être la soeur, elle prendra sa revanche sur ses frères. Nicolas Vaude, éditeur sauvé grâce aux recettes de cuisine, il a sa part de tristesse, il aime toujours sa femme. Arnaud Bedouet, le fils dévoué aura bien du mal à affronter la vérité.
« Le temps des cerises » réussira-t-il à fédérer tout ce petit monde ?

La mise en scène dynamique et inventive de Hervé Icovic servie par une excellente distribution. Une très bonne comédie avec un texte percutant et drôle, à voir en famille bien sûr !

Anne Delaleu
25 janvier 2019


mercredi 23 janvier 2019

Les franglaises - Bobino


Site du théâtre ICI
durée 1h40

Les Franglaises


Lorsque l’on prend place dans le théâtre, il faut bien reconnaître que l’ambiance est déjà dans la salle. Les Franglaises ont leur public, et c’est bien mérité. Ils n’ont pas volé leur Molière en 2015, et pour notre plus grand plaisir les voici de nouveau à Bobino,

Avez-vous tenté de comprendre le sens des paroles des chansons anglo-saxonnes ? Moi non plus, disons-le tout de go, les chanteurs américains ou britanniques ont un sens du rythme et de la mélodie inégalable. Les textes de chansons françaises n’ont pas toujours la poésie que l’on souhaiterait, mais nous voilà décomplexés avec le petit jeu suivant… Deviner et donner le titre anglais en écoutant les paroles françaises…


Not easy ! Mais le public trouve, et voici notre troupe de joyeux et délirants comédiens, qui interprète la chanson en français dans une traduction qui laisse à désirer... Comment ne pas résister à un Michael Jackson en tongs et bermuda qui essaie vainement de nous effrayer ! du couple « glamour » qui chante « ces mots stupides » avec un entrain qui donnerait le « bleu » à St Valentin. La petite qui réussit enfin à nous entraîner dans une chanson des « filles épicées », et l’autre qui n’a pas suivi le spectacle et qui chante « le douanier Rousseau » sous le regard effaré du maître de cérémonie ! Le pauvre fait un « brûlage », tout dégringole, part en vrille.

On rit du début à la fin, on chante, la sono est à fond (un peu trop…), rien n’est laissé au hasard, ce sont d’excellents comédiens, chanteurs, danseurs, musiciens.


Quelle énergie, quelle joie de vivre et de chanter. On sort de la salle en chantonnant… le douanier Rousseau !

Anne Delaleu
23 janvier 2019

mardi 22 janvier 2019

La dama boba - Lope de Vega - théâtre 13/jardin

jusqu'au 17 février 2019
mardi au samedi 20h - dimanche 16 h
durée 1h45
site du théâtre ICI

La Dama Boba (ou celle que l’on trouvait idiote)

Félix Lope de Vega


Mise en scène Justine Heynemann

Sol Espeche (Nise), Stephan Godin (Otavio), Corentin Hot (Turin), Rémy Laquittant (Liséo), Pascal Neyron (Duardo), Lisa Perrio (Clara), Roxanne Roux (Finéa), Antoine Sarrazin (Laurencio)


Une grande pièce, deux lits se font face, la chambre est délimitée par un tracé. Justine Heynemann a choisi d’adapter à notre époque, toujours en Espagne, cette histoire écrite en 1613.

L’histoire de deux jeunes sœurs, Nise élégante et cultivée, toujours un livre à la main, Finéa innocente et niaise, mignonne, mais ne comprenant rien de rien, en cela elle ressemble à Agnès de l’Ecole des femmes.

Otavio, le père ne souhaite qu’une chose marier tout d’abord Finéa, cela sera facile grâce à l’héritage de son oncle, il faut bien réparer la « nature », Nise n’aura pas de soucis pour trouver un mari (d’ailleurs elle a en secret un promis…). Mais quand l’esprit vient aux filles amoureuses, tout se complique… et la sotte ne l’est pas tant que ça. Hélas pour ces blanches colombes, les « promis » sont de vilains messieurs, mais on doit s’attendre à tout avec ces demoiselles !

Sol Espeche est une « Armande » qui se jette avec fougue sur Rémy Laquittant, Liséo attiré par le bel esprit, il est très drôle ! Roxanne Roux est une tendre et espiègle Finéa, innocente qui tombe dans les bras de Laurencio, intéressé par l’argent (dynamique Antoine Sarrazin). Lisa Perrio et Corentin Hot sont des valets astucieux et Pascal Neyron est Duardo, poète gratouillant sa guitare, son côté pleurnichard fait bien rire, Stephan Godin est Otavio, le père qui n’en finit pas d’avoir du souci avec ses filles.


Enfin voilà une comédie bien réjouissante, dynamique, interprétée avec fougue et humour par les comédiens. Les intermèdes musicaux (je n’ai pas tout reconnu…) sont entraînants et le public était enthousiaste !

Anne Delaleu
22 janvier 2019

samedi 19 janvier 2019

L'autre festival qui ouvre les livres - Avignon du 14 au 17 février 2019

Une belle programmation pour ce premier festival !

et Avignon est toujours une belle ville quelque soit la saison.



ww

vendredi 18 janvier 2019

Céline, derniers entretiens - Poche Montparnasse


Jusqu'au 4 mars 2019
les vendredis 21h et les lundis 19h
durée 1h15 (petit poche)
site du théâtre ICI

Céline, derniers entretiens

D’après cahiers II Céline et l’actualité littéraire


Mise en scène Géraud Bénech
Avec Stanislas de la Tousche


Meudon, une petite maison, sur la grille deux plaques professionnelles, l’une au nom du Docteur Destouches, l’autre au nom de Lucette Almanzor, professeur de danse classique. Dans le salon, un fauteuil, un guéridon, deux tabourets qui figurent les journalistes venus interviewer l’écrivain le plus controversé, mais dont on ne peut nier la qualité d’écriture, Céline.

Céline, Louis-Ferdinand Destouches, a pris le prénom de sa mère comme pseudo, il répond aux journalistes, posément, en parlant de temps à autre à Bébert son chat. Il parle de l’actualité littéraire, avec, bien entendu, quelques coups de griffes à ses confrères, les attaquant tant sur leur prose que sur leur préférence sexuelle, Montherlant, Proust, Gide… il n’a d’admiration que pour La Fontaine !

Céline se relève, il entend sonner à la porte. Il reprend l’entretien, oui il a été blessé pendant la Grande Guerre, handicapé à 75 %, en rajoute-t-il on ne sait pas trop… Il raconte son enfance, ses parents, il était fils unique. Il aime son métier de médecin, disons que ça lui a servi pour écrire au scalpel ses ouvrages !

Stanislas de la Tousche, est d’une ressemblance frappante avec Céline, il interprète magistralement son rôle, à tel point que les images projetées sur l’écran, je ne savais plus si je voyais des archives ou bien si c’était le comédien !

La mise en scène est subtile, on se croirait devant notre poste de télé noir et blanc en 1960, on imagine bien les deux journalistes prenant des notes et la caméra qui tourne.


Un excellent spectacle à voir absolument pour la performance de Stanislas de la Tousche.


Anne Delaleu
18 janvier 2019

mercredi 16 janvier 2019

Le sourire au pied de l'échelle - H. Miller - théâtre de l'Oeuvre


du 16 janvier au 17 février 2019
mercredi au samedi 19h et dimanche 17h30
durée 1h15
Site du théâtre ICI

Le sourire au pied de l'échelle

d'après Henri Miller

Adaptation Ivan Morane
Mise en scène Bénedicte Necaille
Traduction Georges Belmont
Auguste clown vedette, maltraité, fuit le cirque, il ne veut plus du public, ne veut plus faire rire, il veut vivre ! Mais voici qu'il rencontre un cirque au détour de son errance, il parvient à se faire engager, redoute qu'on le reconnaisse. Il semble heureux de cette nouvelle situation...

Mais voici qu'un jour le clown Antoine, tombe malade. Qu'est-ce qui pousse Auguste à souhaiter le remplacer ne serait-ce qu'un soir ? Il ne peut s'empêcher de renouer avec le passé qu'il avait fui. Il va donc trouver le directeur, celui-ci n'est guère enthousiaste mais donne sa chance à Auguste. Antoine meurt, le directeur culpabilise Auguste.

Notre clown va donc fuir à nouveau, trouvera-t-il la sérénité le bonheur enfin ?

Henri Miller était fasciné par le cirque et les clowns en particulier. Il est vrai que derrière un masque blanc, un gros nez rouge, se cache une personnalité, une souffrance aussi. Le texte de Miller nous renvoie aussi à nos peurs et nos interrogations.

Denis Lavant est comme d'habitude excellent, il interprète avec émotion et poésie ce clown triste. Il joue de la musique, se contorsionne, joue les différents personnages qu'il rencontre. Fabuleux ! Une mise en scène et en lumière poétique et parfois drôle.
Un final étoilé !

Anne Delaleu
16 janvier 2019


vendredi 4 janvier 2019

Cambriolage - Bamberger - Guichet Montparnasse

Site du théâtre ICI
jusqu'au 23 mars 2019
durée 1h - les vendredis et samedis

Cambriolage
Ana-Maria Bamberger


avec Catherine Mahieu (mise en scène) et Arthur Berne


C'est Noël ! Victoria tente tant bien que mal de décorer en blanc un sapin... blanc en plastique ... Elle semble nerveuse, angoissée, énervée, elle tente sans succès de joindre son ex-amant.

On apprend qu'elle a été virée de la banque, pour malversations, c'est dans le journal. Victoria a couvert son chéri mais surtout a été dépassée par les événements.

Elle se console avec le Cognac, et c'est le moment que choisi un hurluberlu pour entrer chez elle, bonnet de ski, masque de Zorro, sac à dos, il est tellement "pro" qu'il se prend les pieds dans le sapin ! Avec son accent à couper au couteau, plus corse qu'italien, il se nomme Chuck, pizzaiolo de son état et surtout père de famille aux abois !

Victoria s'amuse de la situation, Chuck est soulagé, il n'est pas dangereux mais il lui propose un marché, il lui faut du fric et elle aussi. Ils décident de cambrioler l'appartement du peu scrupuleux banquier, qui ,d'après Victoria, est absent.

Le cambriolage fait par des amateurs, ne va pas se dérouler comme prévu, un oubli bête comme chou va bouleverser leurs vies.

Que vont-ils se dire un Noël plus tard ? Leur amitié va-t-elle voler en éclats ?

L'histoire est amusante, au moins on sait grâce à eux ce qu'il ne faut pas faire pour louper un cambriolage (prenez des notes !). Les deux comédiens s'amusent beaucoup, le texte est léger mais dit beaucoup de choses sur l'amitié.