mercredi 14 septembre 2016

La louve - D. Colas - théâtre La Bruyère


Site du théâtre ICI
mardi au samedi à 21h
matinée samedi à 16h, dimanche 15h30
2 h sans entracte.
Photos LOT
La louve
Daniel Colas

Mise en scène Daniel Colas


1515 ? Marignan !!!! Oui en effet la date préférée des écoliers français, facile à retenir, si tant est qu’ils apprennent encore l’Histoire… Mais pour l’instant revenons à notre échiquier royal, présenté par un homme mystérieux, qui nous conte une incroyable anecdote, véridique.


François, comte d’Angoulême, déjà très porté sur les jolies femmes, pas beaucoup sur la sienne, charmante princesse, mais boiteuse et peu gracieuse. François, est tombé amoureux de sa jeune belle-mère, la gracieuse Mary d’Angleterre, sœur d’Henri VIII mais reine de France, troisième épouse de Louis XII, grand consommateur de femmes lui aussi !


Un coup de tonnerre dans ce tableau familial, le roi Louis meurt, mais Mary, sa veuve attend un héritier ! Louise de Savoie, mère de François veille au grain… elle a bien du mal à retenir la fougue de son fils et ne veut pas que se réduisent à néant tout son lent travail de négociatrice, et ce chien fou pourrait bien perdre la couronne qui lui revient.


Dans cette histoire, les femmes se défendent, mariées par convenance, ne connaissant rien à la vie, elles sortent les griffes et les dents, Louise pour son fils François, Mary (Coralie Audret blonde et joliment perverse) pour se sauver d’un autre mariage sans amour ou d’un couvent, quant à la pauvre Claude (émouvante Maud Baecker), on ne lui demande que de faire des enfants et être la « marraine » d’une variété de prunes …


Une belle épopée, interprétée avec humour et faste par Béatrice Agenin, royale comme il se doit, omniprésente, Patrick Raynal porte avec le rôle du roi vieillissant et rongé par les remords, une vision toute en nuances du personnage. Gaël Giraudeau est le bondissant futur jeune roi, au parler cru et gourmandant sans cesse ce pauvre Yvan Garouel, bègue et souffre-douleur. Ils sont bien entourés par Adrien Melin, Suffolk amoureux certes, mais bon négociateur aussi.


Daniel Colas signe là une belle histoire au dénouement surprenant que je vous invite à découvrir avec une troupe brillante et de magnifiques costumes de Jean-Daniel Vuillermoz.


Anne Delaleu
14 septembre 2016


Challenge théâtre 2016

mardi 13 septembre 2016

L'or - B. Cendrars -



site du théâtre ICI
mardi, mercredi, jeudi et vendredi à 19h, samedi à 16h
1h20
L’or
d’après le roman de Blaise Cendras

Mise en scène Xavier Simonin - Musique Jean-Jacques Milteau

« La ruée vers l’or », que de récits, de spectacles sur ce phénomène qui a bouleversé tant de vies, la fièvre de l’or, les conséquences inimaginables, les destins foudroyés.

Blaise Cendrars, suisse d’origine écrivit en 1925 ce tout premier roman, biographie d’un compatriote Johan Sutter. Celui-ci partit pour la Californie en 1834, il risquait la prison pour dettes et a préféré s’exiler, il prend le bateau au Havre avec un passeport français.

Arrivé à New York, il part s’installer en Californie, son sens des affaires, son courage et son génie, lui font rapidement faire fortune. Mais un coup de pioche dans un de ses terrains va changer le cours de sa vie…

Un coup de pioche, un ouvrier découvre le filon. Sutter lui ordonne de se taire. Pressent-il  la catastrophe ? Hélas, Marshall ne tient pas sa promesse et la nouvelle se répand dans tout le pays. Et c’est la ruée, Sutter ne parvient pas à endiguer la folie de l’or, il perdra tout ce qu’il avait. Sa famille qu’il n’avait pas vu depuis quinze ans arrivera pour découvrir les ruines d’un empire.

Sutter est-il à plaindre ? Difficile à trancher, il a réussi sans états d’âme, se servant d’esclaves, de main d’œuvre facile à exploiter. Apre en affaires, il s’est quand même fait berner. Son destin est intéressant et continue à faire couler beaucoup d’encre.

Xavier Simonin endosse le costume de Johan Sutter, il transforme le récit en « wild west show » ! Un rail de mine est suspendu, il servira au conteur pour s’agripper, monter, escalader.
Jean-Jacques Miteau ponctuera les différentes parties du récit avec son harmonica, souvenir aussi de la patrie de Sutter, c’est aussi l’instrument du Far West, facile à transporter dans ses bagages !

Anne Delaleu
13 septembre 2016


vendredi 9 septembre 2016

Quand le diable s'en mêle - Feydeau/Bezace - théâtre de l'Aquarium



Anne Delaleu
Théâtre de l’Aquarium site ICI
(2h 30)

Quand le diable s’en mêle
D’après trois courtes pièces de Georges Feydeau

Adaptation et mise en scène Didier Bezace

« Léonie est en avance »
Toudoux (joli nom !) est le futur papa, c’est son premier et Léonie sa femme souffre, elle n’a pas l’intention de le laisser en repos ! La belle-mère n’arrange rien, et la sage-femme aux allures de diablotin va semer la zizanie avec malice.

« Feu la mère de madame »
Lucien a fait la noce, il rentre tard, costumé en Louis XIV, il se fait sermonner par sa femme mais hélas pour eux, la nuit ne sera pas douce, le diable viendra leur annoncer le décès de la mère de madame. Lucien ne pense qu’à ses créanciers qu’il va enfin pouvoir régler. Mais Monsieur Lemalin leur a joué un bien vilain tour.

« On purge bébé »
Monsieur Follavoine vend des pots de chambre en porcelaine incassable, il compte bien avoir la clientèle de l’armée française et pour cela a invité le colonel Chouilloux. C’est sans compter sur le diablotin qui prendra la tête à Toto ! Ce petit chenapan ne veut pas boire sa purgation, sa mère, trainant en bigoudis, robe de chambre, rien de bien folichon, mais elle n’en a cure, se préoccupe surtout de la santé du gamin et trouvera un allié en la personne de Chouilloux, hélas pour lui...

On rit beaucoup avec les comédiens, qui s’en donnent à cœur joie et jouent avec sincérité, cette galerie de personnages peu recommandables, mais si touchants dans leur maladresse.


Feydeau à travers ses pièces, démontre sa vision peu idyllique de la vie conjugale, il en savait quelque chose et a réussi à nous faire rire de ses démons intérieurs.

mercredi 7 septembre 2016

Politiquement correct - S. Lelouch - Pépinière théâtre




site du théâtre ICI
1h30
mardi au vendredi 21h 
samedi 16h et 21h


Politiquement correct
Salomé Lelouch
Ecrit et mis en scène par Salomé Lelouch

Avec Rachel Arditi, Thibault de Montalembert, Ludivine de Chastenet, Bertrand Combe et Arnaud Pfeiffer.

Un soir de printemps et d’élection présidentielle, Alexandre et Mado, se sont donnés rendez-vous dans leur bistrot habituel « chez Loulou ». Ils ne se connaissent pas, mais par un curieux concours de circonstances, ils ont chacun le portable de l’autre !

Elle est charmante, lui séduisant, ils parlent bien entendu des résultats du premier tour et Cupidon s’ennuyant ferme se jour-là, décide de tirer ses flèches un peu n’importe comment. Et voilà que la gauche et l’extrême-droite se retrouvent amants !

Andréa, marxiste et amie de longue date de Mado, est heureuse du bonheur de Mado, et beaucoup moins quand elle apprend les préférences politiques d’Alexandre, le point d’orgue est donné avec Louis, ami d’Alexandre, fleuriste de son état et militant FN.

Peut-on aimer malgré les différences d’opinion ? Oui, pourquoi non, maintenant vivre dans le militantisme de l’autre et faire avec, n’est sans doute pas chose facile. Rien ne dit non plus, qu’un couple ayant la même opinion politique est plus solide.


En tout cas, on ne peut pas reprocher aux comédiens leur engagement pour cette comédie, on rit souvent, mais la fin surprenante m’a laissée perplexe.



Le dernier baiser de Mozart - A. Teulié - théâtre du Petit Montparnasse


Site du théâtre ICI

Le dernier baiser de Mozart
Alain Teulié

Mise en scène Raphaëlle Cambray
avec Delphine Depardieu et Guillaume Marquet


Un intérieur bourgeois, une cage à oiseaux dans un coin, des livres, des partitions, un piano. Il neige dehors, on est en janvier à Vienne en 1791, le poêle est allumé.




Constance Mozart frissonne, elle attend quelqu’un, Franz-Xaver Süssmayr entre, il est intimidé. Triste aussi, il a perdu son ami, qui le taquinait certes mais sans méchanceté, Wolfgang était un sacré galopin !

Constance le charge de remettre à l’Empereur, un courrier demandant assistance. Elle est jeune veuve avec deux jeunes garçons. Elle est prête à tout pour ses enfants et pour elle.

Franz-Xaver lui propose de terminer le Requiem. Quelle audace ! Elle a d’autres projets en tête.

C’est le jeu du chat et de la souris, ils s’observent, se jaugent, la séduction est là aussi, Constance ne joue-t-elle pas un double jeu ? Faire croire à Franz qu’elle a demandé à un autre de terminer le Requiem, et ainsi toucher l’argent qu’on lui doit ? Franz a l’air si naïf, si désemparé devant cette femme qu’il a autrefois aimé.

Le texte d’Alain Teulié est fin, incisif, drôle. Raphaëlle Cambray signe une mise en scène efficace, respectueuse, ne cherche pas à imposer du Mozart, il est en filigrane, si présent.

Delphine Depardieu joue de sa coquetterie, charmeuse, tentatrice, mais déterminée. Guillaume Marquet est l’instrument musical, il est fragile, mais lorsqu’il parle du Requiem, tout son être est au diapason.


« Lorsqu'on vient d'entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui » Sacha Guitry.

Les chatouilles ou la danse de la colère - A. Bescond - soirée exceptionnelle au Chatelet

représentation exceptionnelle au théâtre du Châtelet le mercredi 19 octobre et jeudi 20 octobre à 20h




Crédit photos Copyright mention Karine Letellier



Les chatouilles ou la danse de la colère
Andréa BESCOND

Où il est question de l’insoutenable, du viol d’une enfant par l’ami de la famille, marié, père de trois garçons.

Odette, petite fille, adore dessiner, elle rencontre son bourreau, un ami de ses parents.
Plus tard, Odette pour se « laver », se reconstruire, sera artiste, elle aime la danse qui lui permet d’exprimer sa souffrance, des signaux que ne comprennent pas ou ne veulent pas voir les adultes qui l’entourent.

La scène chez la psy avec la mère est révélatrice du malaise, maman préfère voir la souffrance des autres mais traite sa fille de menteuse. Il n’est pas facile de reconnaître que l’on s’est trompé sur la « bienveillante attention » de l’ami Gilbert durant tant d’années.


Odette sombre dans les paradis artificiels, les amours passagères. Les castings plus ou moins loufoques, il faut bien gagner sa croûte.

Puis retour sur ces années de petite fille et le cours de danse, où la prof essaie de ne pas sombrer dans le « burn out » avec des gamins excités comme des puces !

Puis, les rêves pour s’échapper de la réalité, les rencontres imaginaires ou que l’on voudrait véridiques.

Et enfin, se délivrer par la parole et dénoncer le cher Gilbert… Odette aura affaire à un commissaire, haut en couleurs, mais pas vraiment dans la délicatesse !


Andréa Bescond aidée par Eric Métayer est tour à tour Odette, Gilbert le monstre, la prof de danse, la mère, le commissaire un peu trop bon enfant, le copain rappeur et d’autres personnages
.
C’est une danseuse accomplie et une remarquable comédienne, savoir nous serrer le cœur, avoir peur comme elle, et aussi rire de certaines situations. On jongle entre le rire et les larmes, un tour de force.



A ne pas manquer dès le 14 janvier au Petit Montparnasse.

site du théâtre Montparnasse ICI

Challenge théâtre 2015

mardi 6 septembre 2016

Vient de paraître - E. Bourdet - théâtre 14



Site du théâtre ICI
2 heures. le lundi à 19h et du mardi au samedi à 21h.
jusqu'au 22 octobre.

Vient de paraître
Edouard Bourdet

Mise en scène Jean-Paul Tribout

Avec Caroline MAILLARD, Jean-Paul BORDES, Eric HERSON-MACAREL, Xavier SIMONIN, Laurent RICHARD, Jean-Marie SIRGUE, Jean-Paul TRIBOUT

Une vraie ruche cette maison d’édition ! et pour cause, un de leurs romanciers favoris est sur le point d’obtenir le prestigieux prix « Emile Zola ». Maréchal est sur des charbons ardents, très dandy, charmeur, sûr de lui, égocentrique, il patiente chez le directeur Moscat. Ce dernier est confiant et pour cause, les « magouilles » il s’y connait, son « poulain » aura le prix tout est programmé pour cela !

Mais rien ne se passera pas comme prévu, Moscat apprend par un jaloux, la trahison de Maréchal, celui-ci a signé avec une autre maison d’édition. Moscat réussi à faire éliminer Maréchal du prix tant convoité. Ce sera un illustre inconnu qui remportera tous les suffrages. Et voilà que commencera la plus grande supercherie de la maison d’édition ! L’inconnu travaille au ministère, a tout son temps pour écrire ses romans, sa charmante épouse le soutient et le pousse à écrire.

Imbroglio sentimental et littéraire voilà le sujet de cette comédie peu connue d’Edouard Bourdet. L’écriture est incisive, intelligente, Bourdet connaissait son sujet !

La mise en scène de Jean-Paul Tribout est vive, met le texte en valeur, les comédiens ne boudent pas leur plaisir et l’interprétation est de premier ordre. Jean-Paul Bordes traverse l’histoire avec la nonchalance qui sied au personnage, séducteur mais pas trop, Eric Herson-Macarel, l’auteur à succès qui ne s’y attendait pas, fait ressortir toute sa veulerie, Caroline Maillard est au centre de cette joute sentimentale et littéraire et du peu glorieux marché que lui propose Jean-Paul Tribout qui s’est donné un malin plaisir à jouer ce diablotin de Moscat.

Une bonne soirée, on rit beaucoup, et on se délecte de cette histoire toujours d’actualité… et un bon début de saison pour le théâtre 14.

vendredi 2 septembre 2016

Derniers fragments d'un long voyage - C. Singer - Guichet Montparnasse




Site du théâtre ICI
Vendredi et samedi 20h30
Dimanche 16h30

Derniers fragments d’un long voyage
d’après le journal de Christiane Singer

Mise en scène Céline Marrou

Christiane pleure avec les siens, elle est sous le choc de la nouvelle, elle n’a plus que quelques mois à vivre. Et nous découvrons une jeune femme debout souriante bien décidée à aimer, à s’aimer et faire partager son ultime expérience. C’est une amoureuse de la littérature, une gourmande des mots.

Romancière réputée, elle a écrit de nombreux ouvrages, le Sacré, le Mystique imprègnent ses œuvres. Cette force de caractère, cette luminosité elle s’en servira comme d’un bouclier, contre la peur, la souffrance du corps et de l’esprit.

Son amour de la vie et des autres, son parcours professionnel et personnel lui donnent une force mystérieuse. Sans pathos, prête à chaque instant à savourer la vie, le chant d’un oiseau, un arbre au loin, tout est merveilleux ! Certes le texte n’est pas facile, il raconte aussi ses souffrances physiques, et on peut se demander comment on affronterait la « chose » si elle nous arrivait. Souvenirs personnels et familiaux qui me sont revenus.

Je me souviens avoir vu il y a quelques années «Entre ciel et chair» adaptation théâtrale d’après son livre « Passion » sur les amours d’Héloïse et d’Abélard. Déjà la spiritualité et l’amour.

Jézabel d’Alexis, est intense, son phrasé et son corporel sont imprégnés par le texte. Elle illumine de tout son être les derniers instants de Christiane. C’est une tragédienne née.



Communiqué : Soirée de soutien pour la Maison des Femmes - théâtre Dejazet







ENSEMBLE
pour la Maison des Femmes

soirée de soutien pour la Maison des Femmes de l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis pour permettre la prise en charge des femmes victimes de violences

lundi 26 septembre 2016 à 20h30
au théâtre Dejazet

Pour rendre hommage aux Femmes et à l’ouverture de la Maison qui leur est destinée, une pléiade d’artistes de tous horizons, comédiens, chanteurs, musiciens, danseurs conjuguent leurs talents au cours d’une soirée d’exception présentée par Elisabeth QUIN

Avec la participation de :

Inna MODJA, SHIRLEY et DINO, Daniel MESGUICH, Dimitri ARTEMENKO, Olivier BREITMAN, Darya DADVAR, Jean-Claude DERET, ERIC SLABIAK TRIO, Mona HEFTRE, Bafing KUL et Waris DIRIE, Layla METSSITANE, PARADOX SAL, Steve SHEHAN, Vadim SHER…

Moi aussi j'ai fait un rêve...
J'ai rêvé que les femmes, qui sont tout à la fois la moitié du ciel, l'avenir de l'homme et le sel de la terre si l'on en croit les poètes, étaient devenues des êtres humains, libres, égaux et fraternels...
Docteur Ghada Hatem-Gantzer

THÉÂTRE DÉJAZET 41 boulevard du Temple - 75003 PARIS
Réservations : 01 48 87 52 55 - www.dejazet.com / missives@wanadoo.fr
FNAC et points de vente habituels
Tarif plein : 35 € / Tarif réduit : 25 € (chômeurs, intermittents, jeunes de moins de 26 ans)




jeudi 1 septembre 2016

La version Browning - T. Rattigan - théâtre de Poche Montparnasse




 Site du théâtre ICI

La version Browning
De Terence Rattigan

1948, c’est la fin de l’année scolaire, malheureusement pour lui un jeune étudiant, Taplow, a été convoqué par le professeur Crocker Harris surnommé « Croquignole » par les étudiants…Il doit rattraper un cours de version grecque s’il veut passer en première.

Le professeur se fait attendre, dans le salon aménagé par sa femme Millie, son ami et collègue Hunter discute avec Taplow. Millie entre dans la pièce, elle a surpris le jeune homme imitant son mari. Alors qu’ils sont seuls, Hunter et Millie parlent de leur avenir à tous deux. Ils sont amants mais la santé du professeur est faible et il prend sa retraite loin d’ici, Millie ne peut envisager d’être abandonnée par Hunter.

Enfin, le professeur entre, essoufflé, diminué, il espère que le directeur de la « public school » lui accordera une pension. Une fin d’année scolaire, éprouvante pour lui, Taplow lui offre en cadeau de départ, l’Agamemnon d’Eschyle dans la version Browning, avec une dédicace personnelle et en grec !

Mais rien ne lui sera épargné, la décision du directeur quant à sa pension, la visite du jeune couple qui va les remplacer, Millie leur raconte comment elle a rencontré son mari, une version idyllique, romanesque, pour surtout leur démontrer qu’elle était d’une famille aisée.

Jean-Pierre Bouvier est bouleversant, il est tour à tour ce professeur amoureux du grec et du latin, épuisé, malade, mais surtout anéanti pour n’avoir pas su insuffler à ses élèves sa passion. Marie Bunel est sa femme, désabusée, reprochant à son mari leur train de vie médiocre. Elle aussi a des rêves perdus mais une méchanceté naturelle !

Une distribution idéale, de Thomas Sagols à Benjamin Boyer, Philippe Etesse, Nikola Krminac et Pauline Devinat. Une mise en scène de Patrice Kerbrat tout en nuances, effleurant avec subtilités les sentiments humains.

Un grand moment de théâtre à savourer.




La reine de beauté de Leenane - M. McDonagh - Lucernaire



Site du théâtre ICI
jusqu'au 16 octobre du mardi au samedi 19h
dimanche 15h
1h15

Monique Lecointe
1er septembre 2016

La reine de beauté de Leenane
Martin Mc Donagh


Le ton est donné dès les premières minutes. Une ambiance glauque dans cette cuisine, une mère acariâtre sur un fauteuil roulant, une mauvaise fille. De quoi s'agit il ?

Une relation mère - fille qui s'envenime, s'enflamme pour les faits quotidiens les plus triviaux de la vie comme manger, boire, uriner ... jusqu'à atteindre au fil du temps son paroxysme ; la relation se déshumanise et ces deux femmes deviennent des machines qui débitent des propos violents, ravageurs : elles s'emballent, c'est poignant ! 

C'est bien difficile de comprendre les raisons de cette spirale infernale ! Certes, le milieu social est simple, le labeur est ingrat :  les deux actrices expriment ce contexte social de manière admirable : la voix est rude et des fautes de syntaxe sont incluses dans le texte avec une justesse à vous couper le souffle. Mais, cela ne justifie pas cette escalade de violence. Encore moins, la dépendance de la mère à sa fille ; la mère en dépit des apparences, n'est en effet pas handicapée physiquement.

A l'évidence néanmoins, un dérèglement mental habite Catherine Salviat et Sophie Parel qui excellent, en alternance, dans ce jeu cruel du bourreau et de la victime.

Mais, un homme et son « messager » arrivent avec leurs doutes, leur bienveillance, leur humour, leurs ressentiments aussi, en somme leur humanité.

Alors, nous voulons croire à une possible guérison de ces femmes grâce à eux. Grégori Baquet et Arnaud Dupont insufflent de manière admirable à nouveau la vie réelle à la fois difficile mais saine : les visages s'apaisent, les sourires s'esquissent, la joie éclate même et les projets aussi, le suspense est total, c'est haletant !

Enfin, cette pièce illustre qu'une des fonctions du théâtre dans ses origines était de mettre en scène l'extravagance voire la folie, la mort dans le but de nous rendre plus vertueux : la tempérance, le juste milieu valent aussi en amour, n'est ce pas ? Ce spectacle est grand, assurément !




mardi 30 août 2016

Racine ou la leçon de Phèdre - A. Delbée - Poche Montparnasse




Site du théâtre ICI

Racine ou La leçon de Phèdre
Conception, mise en scène, interprétation Anne Delbée

Anne Delbée est une passionnée, elle aime le bel esprit, le beau langage, le théâtre du 17ème siècle avec ses fureurs, ses débordements.
Elle aime Racine par dessus tout et veut nous faire partager sa passion.
Tour à tour, rockeuse, danseuse classique chaplinesque, elle parle de tout, de l’enfance triste de Jean Racine, de sa vie, de ses rencontres artistiques et religieuses. On part de Racine et on arrive à David Bowie en passant par Alain Cuny, inoubliable Théramène.

Elle parle aussi de la perception de Racine aujourd’hui, nous amuse en imitant quelques comédiennes jouant Phèdre. Le phrasé que l’on n’ose plus de nos jours utiliser sous peine de passer pour des ringards. Nous conte l’Intéressante histoire du théâtre du 17ème, elle fait vivre la Duparc, la Champmeslée, La Fontaine, Molière, nous rappelle que Racine a été éclaboussé par le scandale “des poisons”.

Un spectacle ou baigne la passion des mots, de l’amour, parfois trop submergée par la musique pour apprécier vraiment la langue racinienne.

Challenge théâtre 2016

Pyrénées - V.Hugo - Le Lucernaire



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Pyrénées ou le voyage de l’été 1843
Victor Hugo

Mise en scène et adaptation Sylvie Blotnikas




Hugo en 1843 est marié à Adèle Foucher, ils ont quatre enfants. Il a aussi sa maîtresse en titre Juliette Drouet.
Sa fille ainée Lépoldine est sa préférée, elle s’est mariée à 19 ans à Charles son amour de jeunesse.
Victor en partant prendre les eaux à Cauterets - il souffre de rhumatismes - se réjouit de retrouver les chemins de son enfance. Le fils de Sophie Trébuchet se souvient… ils étaient partis vers l’Espagne (pour rejoindre le général Hugo ou alors Fanneau de la Horie le parrain de Victor ? ). Sa mère est morte un an avant son mariage, elle lui manque, c’est un doux souvenir.
Premier émoi de théâtre “Les ruines de Babylone”, le futur auteur d’Hernani, qui incendiera le monde théâtral est émerveillé ! mais pendant tout un mois, c’est hélas le même programme !
Premier émoi amoureux, une jolie petite paysanne plus effrontée, lui offre un baiser. Il espère (ou pas) la retrouver.
Victor Hugo, monument de la littérature, Sénateur, Pair de France, auteur connu dans le monde entier, pouvons-nous penser un instant qu’il ait pu être un enfant, un adolescent, rêveur, timide.
Victor pendant tout son voyage, aura de quoi remplir son cahier, réflexion sur les baigneuses de Biarritz - ah quelle belle ville ! - “pourvu qu’elle ne devienne pas à la mode” dit-il. Quelques réflexions et surtout de belles descriptions de paysages, à savoir d’ailleurs si Oléron est toujours aussi compliquée d’accès de nos jours…
Lors d’une visite, il aperçoit un monument funéraire, en souvenir d’un jeune couple qui s’est noyé...
Et puis, alors qu’il s’apprêtait à repartir pour Paris, lors d’un moment de détente, il apprendra par hasard en lisant le journal la mort de Léopoldine.
Julien Rochefort a la présence, l’humour, il se délecte de ce récit, émaillé des réflexions drôles et profondes d’Hugo sur le pays qu’il traverse.
Un spectacle intéressant et distrayant sur des moments méconnus du grand Hugo, et l’on sourit à quelques répliques qui pourraient faire écho aujourd’hui.



jeudi 18 août 2016

Pacamanbo - W. Mouawad - théâtre Essaïon



Site du théâtre ICI 


 - du 18 août au 2 septembre jeudi, vendredi et samedi 19h30

- du 10 septembre au 26 novembre uniquement les samedis à 17h30


PacamamboWajdi Mouawad


Mise en scène Joseph Olivennes

Avec Pamina de Hautecloque, Jock Maitland, Vianney Ledieu, Aloysia Delahaut et Rafaële Minnaert (en alternance avec Anne Lefol).


La mort, la disparition d’un être cher est une douleur, une injustice.

Julie, a décidé avec l’aide de Gros - son chien aux allures de Dingo -, d’affronter « la mort » qui lui a enlevé Marie-Marie sa mamie…

Elle refuse de voir la réalité en face, « enlève » le corps de Marie-Marie, le cache dans une cave et la maquille, la parfume.

La Mort vient la trouver, elle n’a rien à voir avec « la grande faucheuse », au contraire, elle a des allures de mannequin, prête à défiler, couleurs, paillettes, est-ce l’imagination de Julie, qui ne veut pas la voir autrement ?

Que se passe-t-il dans la tête de Julie ? c’est ce que voudrait bien savoir le médecin qui s’occupe d’elle, elle a réponse à tout. C’est une jeune fille très mature.

Sa mamie vient lui rendre visite, mais il n’y a que Gros – qui a l’usage de la parole ! – qui la voit et essaie de transmettre les messages d’amour et de consolation de Marie-Marie. Celle-ci lui a dit avant de partir qu’il existait un pays où tout le monde s’aime et se comprend et où elles se retrouveraient « Pacamambo », un joli nom exotique pour un ailleurs que l’on dit meilleur.

Une fable qui peut aider à affronter le pire, ou tout au moins à l’apprivoiser.


vendredi 12 août 2016

Les faux British - H.Lewis, H.Shields, J.Sayer théâtre Saint Georges


Site du théâtre ICI
représentations jusqu'au 18 décembre


LES FAUX BRITISH
de Henry Lewis, Henry Shields, Jonathan Sayer
Mise en scène : Gwen Aduh

Vous avez de la chance car l’Association des amis du roman noir anglais, jouera pour une représentation unique «Meurtre au manoir Haversham ».

Ce sont des passionnés (hélas…) et surtout des amateurs, ne cherchez pas de metteur en scène, ils estiment que ce n’est pas la peine. L’intrigue ? Le soir de ses fiançailles avec Florence, le maître du manoir, Lord Haversham est assassiné, par qui ? pourquoi ? telles sont les questions que devra résoudre l’inspecteur Carter qui pourrait être cousin de Sherlock.


Sur scène, Annie, l’accessoiriste, a bien du mal à monter les accessoires, les tableaux tombent et le manteau de cheminée tient comme il peut ! Quant au chien il a disparu et les comédiens le cherchent dans le théâtre !


Les personnages sont :

  • Le président de l’association, pharmacien de son état, s’est attribué le rôle principal, Carter
  • Le majordome (marié à Annie, qui tient le dépôt vente et bricoleuse à ses heures), est fâché avec les liaisons grammaticales et surtout avec ses anti-sèches qu’il colle un peu partout !
  • Florence n’a pas apprécié que Michel ose prétendre qu’elle est plus âgée que le rôle...
  • Elmer frère du défunt et amoureux de Flo,
  • Thomas frère de Flo, un peu précieux et gaffeur,
  • Annie prétend pouvoir jouer les doublures…
  • Le régisseur lumière et musique n’est pas en reste pour faire louper les scènes
  • Le cadavre s'enkylose tant qu'il en perd le contrôle de l'histoire !
Tout ce petit monde est sur scène pour leur plus grande joie, leur égo surdimensionné, leurs gaffes à répétition, et pour notre plus grand plaisir ! Difficile de garder son sérieux, on rit beaucoup, même quand c’est énorme ! 

C’est aussi un bel exercice, car pour jouer des « mauvais » il faut être bon, et c’est ce qu’ils sont tous, en plus quel engagement physique !


Cette année, ils ont eu le « Molière » (qu’ils ont cassé par maladresse…) et c’est mérité, y a pas de mal à rire !



Challenge théâtre 2016