mardi 9 mai 2017

Le testament de Marie - C. Toibin - théâtre de l'Odéon




Site du Théâtre de l’Odéon ICI
durée : 1h20
jusqu'au 3 juin
mardi au samedi 20h - dimanche 15h

Le testament de Marie
Colm Tóibín

Mise en scène Deborah Warner

Sur scène, les touristes déambulent, photographient le décor, les bougies allumées, l’olivier suspendu, et la femme assise dans sa châsse, robe rouge et drapé bleu, l’icône de son fils placé devant elle.

Les touristes partis, elle se lève, se défait de son voile bleu, les cheveux au vent, elle prend soin du grand oiseau, petit rapace, elle va et vient entre les objets placés par terre.

L’intérieur de l’église disparait, une forme blanche sur scène, se lève en hurlant. Marie se retrouve en tee-shirt et jeans, son fils dont elle n’ose prononcer le prénom, est parti. Elle prend parole, pour une fois, elle s’insurge contre les « disciples » les « désaxés » comme elle dit, qui lui ont pris sa Vérité.

Elle raconte le combat de son fils, son martyr, sa souffrance. Et elle, sa souffrance de mère, de n’avoir pu garder son enfant, de le voir partir pour « sauver le monde », d’empêcher sa mort...

Ce texte m’a fait penser au tableau de Caravage « la mort de la Vierge », la scène peinte était trop réaliste pour l’époque, une simple femme allongée morte, ne pouvait convenir dans une église.

Là  l’Irlandais Colm Tóibín, donne la parole à la mère du Christ, ce n’est pas irrévérencieux, la mise en scène de Deborah Warner et l’engagement de Dominique Blanc, donne une autre dimension. Le simple fait de prendre un objet ou un tissu est une référence à l'art religieux, tel sa façon de prendre le linge blanc, de le poser sur ses genoux comme la Piètà. 

Marie n’a pas eu prise sur son fils, il était déjà "ailleurs", malgré tout son amour de mère. Les mères d’aujourd’hui sont dépassées par l’engagement de leurs enfants pour quelque cause que ce soit. Cela en vaut-il la peine ?


A voir pour Dominique Blanc, merveilleuse et lumineuse comédienne.

Anne Delaleu
9 mai 2017

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