lundi 8 avril 2019

Le sourire du chat - E. Amato - Petit Montparnasse

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samedi 16h30 - dimanche 19h - lundi 20h30
site du théâtre ICI
Le sourire du chat
Elisabeth Amato


Mise en scène Christophe Lidon

J’avoue c’est le titre qui m’a plu, et oui, j’adore les chats ! Et je ne regrette pas d’avoir fait connaissance de la magicienne Elisabeth et de Merlin le minou !

Sur scène une belle lune nous accueille, ronde, lumineuse, on entend miauler Merlin le chat et enfin la magicienne entre, élégante avec de jolis escarpins surmontés de boucles en strass, elle agrémente sa tenue d’une rose qu’elle a fait apparaître.

Elisabeth fera fonctionner ses petites cellules grises pour résoudre l’enquête, à savoir qu’est-ce que la magie ? Nous sommes tous magiciens,et le regard que l’on porte sur une chose, une couleur est-il illusion ? Donc après quelques tours de cartes, d’enveloppes surprises, je ne peux pas vous dévoiler les tours de notre magicienne, mais avec humour et poésie, elle nous entraîne dans son monde.

Elle nous invite à sonder les mystères de notre vie, de notre enfance. Les volontaires, qui se prêtent volontiers au jeu (au fait pas la peine de vous planquer au dernier rang, vous serez peut-être l’élu !), elle va nous bluffer par sa maîtrise du mental, sa perception des sens, on se dit “oui je comprends le truc” et bien non ! on a tout faux ! mais c’est drôle et captivant. Pour une magicienne il fallait l’oeil de Christophe Lidon un autre magicien.
J’ai bien fait de suivre mon intuition première et d’aller me distraire avec cet envoûtant spectacle !
Anne Delaleu
8 avril 2019

vendredi 5 avril 2019

La grande petite Mireille - Petit Montparnasse



  • Changement d’horaires pour « LA GRANDE PETITE MIREILLE » :
  • Jusqu’au 9 juin inclus : représentations du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 17h
  • A partir du mardi 11 juin : représentations du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h

  • site du théâtre ICI

    La Grande Petite Mireille

    Marie-Charlotte Leclaire et Hervé Devolder

    Mise en scène Hervé Devolder
    Musique MIREILLE

    Avec Marie-Charlotte Leclaire, Adrien Biry-Vicente et Hervé Devolder (en alternance avec Cyril Romoli)

    Ouh la ! ça commence mal pour le metteur en scène, il doit choisir pour son prochain spectacle, une chanteuse capable de tenir le rôle de l’inoubliable créatrice de “Bambino” ! Marie-Charlotte passe l’audition, elle est menue comme sa voix, bouclettes blondes au vent, elle fait de son mieux.

    Au lieu de la renvoyer avec le traditionnel “laissez nous votre adresse”, il a une idée de génie. Elle a l’allure et la voix de la grande Mireille, la complice de Jean Nohain, la tyrannique prof du “Petit conservatoire de la chanson”. Marie-Charlotte ne connait pas l’illustre compositrice de “Couchés dans le foin”, mais elle a du tempérament et surtout apprécie les chansons de variétés bien écrites.
    Et nous voilà, toutes générations confondues, à apprendre le parcours de cette jeune fille de bonne famille, Mireille, la chanteuse, sur les annéees folles, sa rencontre avec Claude Dauphin, jeune premier de l’époque et frère de Jean Nohain, qui sera son parolier, son ami.

    Son départ pour les USA, son triomphe, duo avec “l’homme qui ne rit jamais”, Buster Keaton ! Retour à Paris, la drôle de demande en mariage d’Emmanuel Berl, philosophe, les voisins et amis de la rue de Momptensier, Colette, Cocteau, Malraux, mais aussi les heures sombres, le départ précipité pendant l’Occupation. Et la musique encore et toujours !

    Les années 60 avec Le Petit Conservatoire, Mireille, toujours souriante, mais sachant se faire respecter, elle auditionne le jeune Dutheil qui a bien du mal à articuler comme il faut… Mlle Hardy, déjà talentueuse mais timide à un point, Souchon qui ne tient pas droit, Vassiliu qui n’a pas froid aux yeux, et les autres, inconnus qui resteront à jamais dans l’oubli. Un bon moment de franche rigolade et de souvenirs !


    Marie-Charlotte Leclaire a une vraie nature comique, excellente musicienne, elle a su redonner vie et corps à Mireille qui le méritait bien. Ses compères, Hervé Devolder, (dont les spectacles musicaux sont souvent moliérisés) musicien, comédien, et metteur en scène, il s’en sort à merveille, et il est un Jean Sablon ou un Chevalier tout à fait crédible ! Adrien Biry-Vicente est Jean Nohain, il a le talent pour incarner aussi bien Françoise Hardy, Vassiliu, Souchon et d’autres.


    Un spectacle musical digne de ce nom, avec de vrais musiciens et chanteurs, on s’amuse beaucoup, on se prend à fredonner certains “tubes”, oui de la belle ouvrage, courez-y pour rire et emmagasiner de la bonne humeur.

    Anne Delaleu
    5 avril 2019

    mardi 12 mars 2019

    La double inconstance - Marivaux - Théâtre 14


    Jusqu'au 20 avril 2019
    mardi - vendredi - samedi 20h30
    mercredi et jeudi 19h - samedi 16h
    Site du théâtre ICI

    La double inconstance
    Marivaux

    Mise en scène Philippe Calvario
    Costumes Coline Ploquin

    Avec Luc-Emmanuel Betton, Philippe Calvario ou Roger Contebardo, Maud Forget, Sophie Tellier,  Guillaume Sentou, AlexianeTorrès

    Le Prince s’ennuie, se morfond dans son palais, voilà qu’il tombe amoureux d’une jeune paysanne pétillante et jolie, Sylvia. Il est Prince et selon son bon vouloir fait enlever la jeune fille, l’installe dans son palais, sans se faire connaître. Trivelin, son bras droit et Flaminia, fille d’un domestique, sont en charge de servir Sylvia et surtout la contraindre à aimer le Prince.

    Sylvia a un amoureux au village, Arlequin. Elle veut lui rester fidèle et Prince ou pas, elle se révolte et envoie promener tout le monde ! Elle exige de voir Arlequin.

    Flaminia est fine mouche, il faut séparer les deux amoureux, elle demande à sa soeur Lisette de séduire Arlequin, celle-ci avec ses simagrées, ses minauderies, s’attire les moqueries de celui-ci ! Flaminia reprendra en mains la situation, elle connaît le monde… Elle va inoculer dans le coeur de chacun des amoureux, le poison du doute, et surtout de la vanité. Sylvia lui confiera n’avoir pas été insensible à un jeune officier qu’elle a aperçu au village, elle ne sait pas qu’il s’agit en fait du Prince, déguisé pour l’occasion. Elle sera d’ailleurs troublée de le retrouver au Palais. Arlequin ? elle l’a aimé car il est drôle et que c’était le seul garçon potable du coin… bel amour en vérité !

    Arlequin pour sa part, aime Sylvia pour ce qu’elle est, et Trivelin aura beau faire, il ne parviendra pas à convaincre le jeune homme de préférer richesses et position sociale.

    Mais Flaminia observe, juge et saura manipuler ses “deux amis” et parvenir à ses fins. Une comédie bien cruelle comme savait les écrire Marivaux.

    On accepte le parti pris de la mise en scène de Philippe Calvario, le décor végétal qui sépare les deux mondes, les envolées lyriques du Prince (belle voix de contre-ténor !), les costumes moderno/baroques de Coline Ploquin, Arlequin a des allures de Titi parisien avec sa casquette aux couleurs … arlequin puis plus tard déguisé tel Papageno. Sylvia surgit tel le petit chaperon rouge, et n’hésitera pas à laisser ses habits de paysanne contre un costume plus “aristocrate”, Flaminia, flamboyante, sanglée dans une robe verte lumineuse, Lisette un poil vulgaire, mais assure avec de longues jambes découvertes par une robe jaune et un jupon volanté.

    Guillaume Sentou conforte mon avis, qu’il est un excellent comédien, il est Arlequin, touchant, facétieux. Maud Forget donne à Sylvia de la profondeur, Sophie Tellier joue avec finesse et charme l'intrigante Flaminia, Alexiane Torres donne à Lisette un ton un peu trop gouailleur mais reste drôle. Luc-Emmanuel Betton traîne élégamment son ennui et sa langueur, Philippe Calvario était Trivelin, courtisan pas assez finaud, et trop sûr de lui.

    Une belle représentation pour la dernière saison du théâtre 14 avant la fermeture.

    “Il n’y a rien de si trompeur que la mine des gens”

    lundi 11 mars 2019

    Reprise ! Deux mensonges une vérité

    C'est le théâtre Montparnasse qui accueillera cette plaisante comédie dont j'ai fait la critique en janvier 2018 

    A lire Ici

    Jean-Luc Moreau le metteur en scène reprend le rôle de Lionnel Astier
    Nicole Calfan celui de Raphaëline Goupilleau, 
    Frédéric Bouraly est remplacé par Stephan Wojtowicz

    nouvelle distribution et nouvelle ambiance à découvrir le 4 avril !

    lundi 4 mars 2019

    Les rivaux - R. Sheridan - Artistic Théâtre


    mardi 20h - mercredi, jeudi 19 h - vendredi 20h30, samedi 16h30 et 20h30 dimanche 16h
    durée 1h40
    Site du théâtre ICI

    Les rivaux (1775)
    Richard Brinsley Sherida

    Mise en scène Anne-Marie Lazarini

    avec Alix Bénézech, Cédric Colas, Charlotte Durand-Raucher, Philippe Lebas, Thomas Le Douarec,
    Bernard Malaterre, Willy Maupetit, Sylvie Pascaud, Catherine Salviat, Marc Schapira.


    Bath, petite ville balnéaire calme, trop calme... mais voilà c'est sans compter sur les jeunes filles romantiques, les amoureux jaloux, et ceux qui se cachent sous une autre identité !

    Lydia est une charmante jeune fille romanesque, elle aime Beverley, fringuant officier, qu’elle veut imposer à sa tante, Mrs Malaprop, mais celle-ci s’oppose à l’union et menace la pauvre Lydia de finir sans un sou vaillant. Quant à son amie Julia, elle est aimée de Faukland, mais celui-ci est d’une jalousie maladive. Que de soucis en perspective !

    Beverley n’est autre que le capitaine Absolute, il se cache ainsi sous un faux nom pour mieux voir sa belle, qui n’est pas au courant du stratagème ! Son père Sir Anthony est un véritable tyran, il impose à son fils un mariage de convenance.

    Il y a la servante de Lydia, Lucy (Sylvie Pascaud), une “Frosine British”, n'oublions pas la tante de la jeune lady, Mrs Malaprop, celle-ci est une veuve bien en verve, un peu "bas bleu" qui se pique d'écrire des billets doux à Sir Lucius, mais la malicieuse Lucy échange les billets doux…

    Et puis il y a aussi un prétendant voulant en découdre avec Beverley, c’est le pleutre Bob, mort de peur à la vue d’une épée, et Sir Lucius ne badine pas avec les règles du duel !

    Mariage forcé, enlèvement, duel, une comédie amusante pleine de rebondissements. Anne-Marie Lazarini nous fait découvrir un auteur anglais du 18ème siècle, sa mise en scène est inventive, les décors, des intérieurs peints sur des pans de rideaux amovibles selon la scène et les beaux costumes prêtés par l’Opéra de Paris.

    Alix Bénézech apporte toute la jeunesse et la drôlerie de Lydia, elle chante aussi divinement bien ! Cédric Colas tout feu tout flamme dans le rôle de Beverley, Catherine Salviat campe une amusante Mrs Malaprop, elle maltraite le langage avec ravissement ! Thomas Le Douarec est imposant et convaincant dans son rôle de père, Marc Schapira est Sir Lucius, haut en couleur.

    Enfin, une comédie à ne pas manquer, une histoire amusante et une distribution hors pair.



    jeudi 28 février 2019

    Showtime - Palais des sports Pte de Versailles


    Site du Dôme du palais des sports ICI
    Site de la compagnie pour dates de tournée ICI

    Showtime !


    75 ans ça se fête avec prestige !

    Holiday on ice, une compagnie qui fait toujours rêver, toujours spectaculaire et professionnelle.

    Album souvenir qu'on feuillette, les auditions, très amusantes performances des recalés ou des élus ! et puis le glamour, la jeune femme qui entrera dans le coeur et la vie de l'imprésario.


    Allez on commence, la troupe répète dur mais avec enthousiasme, les numéros s'enchaînent et font la part belle au monde, aux voyages.


    Magnifique tableau sur la Chine, menée par Tippi Packard Yu, éclatantes couleurs, jeu de bannières. L'Italie, la Russie, l'Espagne etc.

    Alexey Rogonov et Alina Ustimkina nous offrent un florilège de portés superbes.

    Les tableaux se succèdent, l'humour est présent, avec les marins, et le trio The Top Bananas qui ouvre le spectacle et accueille les spectateurs, ils "chauffent" la salle !

    Et puis un saut spectaculaire au-dessus de six jeunes femmes et d'une spectatrice choisie au hasard (ouf j'étais dans les hauteurs !).

    Les combinaisons de patinage (d’après ce que j'entends dans les reportages sportifs),  lutz, axel, salchow, pirouettes, tout est grâce et talent. Par contre je m’attendais à plus de sauts mais ne boudons pas notre plaisir !

    Le cirque est présent aussi avec un numéro à couper le souffle de Jochen et Avital Poschko, trapézistes à donner le vertige, quelle grâce et quelle force. le sport avec le ballet des hockeyeurs.

    Les décors et les costumes sertis de paillettes et strass sont somptueux. une locomotive emportera nos amis vers d'autres destinées.

    Une quarantaine de patineurs professionnels, souvent engagés après les JO ou les championnats du monde; rôles principaux ou secondaires en tout cas de merveilleux artistes. Bravo aux chorégraphes, aux ingénieurs lumière et son.

    Un show parfaitement réussi pour un bel anniversaire, souhaitons-leur de souffler longtemps les bougies !

    Anne Delaleu
    28 février 2019

    dimanche 24 février 2019

    Interview - T.Holman - Manufacture des Abbesses

    jusqu'au 24 avril 2019
    lundi, mardi et mercredi 21 h - dimanche 20h
    durée 1h10
    Site du théâtre ICI

    Interview
    Theodor Holman


    Mise en scène Thierry Harcourt
    Adaptation Tom Morton

    avec Tiffany Hofstetter et Tom Morton

    Pierre est furieux, journaliste politique, il prend à coeur son métier, une mise au placard et son directeur l'envoie interviewer une starlette de série américaine de passage à Paris !

    Katya est en retard, elle arrive enfin, tout sourire, mini-short sur des jambes interminables, ce qui la rend encore plus insupportable auprès de Pierre. Il est agacé, lui répond vertement, allusions crues sur son peu de talent... Katya qui avait tenté la séduction et l'amabilité en est pour ses frais, et quitte le grossier personnage.

    Pierre se rend compte qu'il est allé trop loin, la suit, on entend un bruit de freinage, un choc.
    Plus tard, de retour dans sa chambre d'hôtel, Katya apporte un verre de whisky à Pierre et surtout une poche de glace pour sa tête qui en a pris un bon coup !

    Le portable rose de Katya sonne souvent en plus une sonnerie qui agace. L'interview ne se passera pas comme prévu, qui des deux manipule le mieux l'autre ? La jolie blonde n'est pas si crétine que le pense Pierre. Jeu de séduction, de pouvoir. Elle mène la danse, mais qu'en est-il vraiment ? PIerre est prêt à tout pour reprendre son poste, et les confidences de l'un et de l'autre, vont bon train.

    L'histoire est prenante, intéressante, Tiffany Hofsterrer et Tom Morton ont de la présence et du charme, dirigés par Thierry Harcourt qui signe là une mise en scène captivante.













    samedi 23 février 2019

    Ma grammaire fait du vélo - F. Mougenot - théâtre Essaion


    tous les samedis 17h30
    durée 75mn
    Site du théâtre ICI

    Ma grammaire fait du vélo
    de et par François Mougenot


    Mise en scène Caroline Darnay
    Arrangements musicaux : Hervé Devolder


    Il déchire grave le Mougenot !

    D'abord première provoc' il sort ses livres, oui des livres il a même pas de tablette !

    Puis voilà sa leçon de grammaire, faut dire qu'il est fortiche, même moi j'ai compris !
    ça m'a même amusée, après la conjugaison, les pronoms perso,  j'ai bien aimé les phrases historiques, il a évité par prudence les phrases de Nabila mais bon, il peut pas tout savoir, je ne lui en veux pas.

    Il joue avec les mots, les jeux/je, jongle avec les verbes, il est fort aussi pour traduire du français au ... quoi d'ailleurs ? enfin comment on cause aujourd'hui, franglais ou pas. Langage SMS, mise au goût du jour de "mon ami Pierrot". Enfin il assure !

    Aidé en cela par le regard bienveillant de Caroline Darnay, et la mise en onde de Hervé Devolder. François Mougenot amoureux de la langue française, nous amuse, il sait manier les phrases, manipule le calembour, pousse la chansonnette avec des onomatopées.

    Un spectacle pour tous, et pour apprécier la langue française avec humour et simplicité.

    Anne Delaleu
    23 février 2019



    vendredi 22 février 2019

    Voyages avec ma tante - G. Greene - Théâtre Hebertot

    mardi au samedi 19h - dimanche 18h
    durée 1h20
    Site du théâtre ICI

    Voyages avec ma tante
    Graham Greene

    Mise en scène Nicolas Briançon
    Avec Claude Aufaure, Jean-Paul Bordes, Dominique Daguier, Pierre-Alain Leleu

    Un wagon, nous sommes prêts à partir en voyage avec Agatha et son neveu Henry. Ce dernier rencontre sa tante pour la première fois, aux obsèques de sa mère. Elle est délurée tatie, elle vit sans complexe avec son... majordome un gaillard aux moeurs assez libres aussi !

    Pauvre Henry, il va avoir bien des aventures et du fil à retordre avec Tante Agatha, ses amis peu recommandables, la police, une junkie rencontrée dans le train. Le voilà en route pour la Turquie avec l'Orient-Express. Agatha le balade un peu partout en Uruguay, au Paraguay, en voiture, en bateau, dans des bouges, des hôtels de luxe, etc.

    Henri délaissera un temps, ses chers dahlias et sa belle Angleterre, mais pour combien de temps encore ?

    Les quatre comédiens sont à tour de rôle Henry. Mais Tante Augusta, est divinement interprétée par Claude Aufaure, minaudant, joyeusement farfelue,
    Jean-Paul Bordes joue également avec bonheur, la douce fiancée lointaine d'Henry, Miss Keene, mais aussi Frau General Smith, Richard Pulling,
    Dominique Daguier est le truculent Woodsworth, Visconti, Hakim, Miss Paterson, Hatty
    Pierre-Alain Leleu, bruiteur, mais il défend à sa manière la cause animale en interprétant le perroquet de Hatty, ou le gros toutou passablement affectueux... Qu'est-ce que j'ai ri !

    Une bonne dose de bonne humeur avec ces quatre galopins en chapeau melon ou en panama, c'est selon ! On rit beaucoup de leurs aventures, de leurs équipées en voiture, ils s'amusent de tout, dansent, les chaises se transformeront en taxi, mais la scène de Tante Augusta et Hatty c'est quelque chose qui ne s'oublie pas !

    Nicolas Briançon a su recréer une atmosphère so british avec d'excellents comédiens.

    How do you do ? very well my dear !
    Anne Delaleu
    22 février 2019

    mercredi 20 février 2019

    Le misanthrope - Molière - théâtre Libre


    jusqu'au 31 mars 2019
    mardi au samedi 20h - samedi et dimanche 16h
    Site du théâtre ICI
    durée 2h

    Le Misanthrope
    Molière

    Mise en scène Peter Stein

    Avec Lambert Wilson (Alceste), Jean-Pierre Malo (Oronte), Hervé Briaux (Philinte), Brigitte Catillon (Arsinoé), Pauline Cheviller (Célimène), Manon Combes (Eliante), Paul Minthe (Acaste), Léo Dussollier (Clitandre), Patrice Dozier (Basque), Jean-François Lapalus (Dubois), Dimitri Viau (Garde de la maréchaussée), et Arthur Alexiu, Gauthier Buhrer.

    Molière a écrit là sa plus belle pièce, l'homme aux rubans verts c'était lui, devant Armande/Célimène à qui il pouvait reprocher ses écarts de conduite.

    Nous sommes dans un hôtel du Marais, un long salon avec boiseries et fenêtres hautes, l'orage gronde, le temps est lourd...

    Alceste entre en courant, invectivant ce pauvre Philinte. Il lui reproche son manque de franchise. Alceste est "droit dans ses bottes" il ne tergiverse pas, n'a aucune envie de plaire, et pour ça il réussit fort bien ! Son point faible c'est Célimène, jolie veuve, qui veut profiter enfin de sa liberté, et se laisse courtiser. Aime-t-elle Alceste ? rien n'est moins sûr.

    Lambert Wilson est un Alceste colérique, séduisant, drôle parfois dans ses réactions, un rôle qui lui va parfaitement bien ! Pauline Cheviller est Célimène, on peut avoir de la sympathie pour elle, certes elle n'est pas d'une grande loyauté mais après tout, elle a été mariée très jeune et contre son gré, elle ne souhaite que vivre à présent. Brigitte Catillon est une Arsinoë sournoise, vipérine à souhait,
    Jean-Pierre Malo est Oronte, prétentieux, ridicule, Philinte c'est Hervé Briaux, ami patient d'Alceste, et amoureux de la charmante Eliante, Manon Combes, elle s'intéresse à Alceste, mais par prudence se tournera vers Philinte.
    Les marquis, ridicules, arrogants, Acaste et Clitandre tout en rubans et couleurs tapantes, ce sont les excellents Paul Minthe et Léo Dussolier. Au moins Célimène peut compter sur Basque son fidèle serviteur, Patrice Dozier qui compose un personnage paternel et touchant. Dimitri Viau et Jean-François Lapalus sont également à citer l'un dans le rôle du valet d'Alceste, l'autre dans l'inquiétant garde de la maréchaussée.

    Peter Stein s'est attaché au texte, sa mise en scène est simple, la direction d'acteurs est irréprochable, on goûte avec plaisir le texte. Les costumes de Anna-Maria Heinreich sont élégants, ceux des marquis font bien ressortir leurs caractères avec des couleurs criardes. Alexander Kinds a créé des perruques parfaitement adaptées à chaque personnage.

    Un spectacle à ne pas manquer, il est de très grande qualité !

    Anne Delaleu
    20 février 2019 



    lundi 18 février 2019

    Le faiseur de théâtre - T. Bernhard - Théâtre Déjazet

    Jusqu'au 9 mars 2019
    Lundi au samedi 20h30
    durée 1h50
    Site du théâtre ICI

    Le faiseur de théâtre
    Thomas Bernhard

    Mise en scène Christophe Perton

    Avec André Marcon, Agathe L'Huillier, Eric Caruso, Jules Pelissier, Barbara Creutz, Manuela Beltran

    Un théâtre en province, c'est là que doit être représentée la comédie de Bruscon, auteur, comédien, metteur en scène. Comme troupe, sa famille, sa femme qui tousse sans arrêt, elle est malade il n'en croit rien, il y a aussi leurs enfants, Ferruccio (en hommage à Busoni) et Sarah. De toutes façons, Bruscon a un ego surdimensionné, il n'a aucune empathie, engueule tout le monde, méprisant envers le personnel.

    C'est bien simple, le plus grand comédien du monde c'est lui, lui, et lui !

    La salle ne lui convient pas, les lumières non plus, ne parlons pas des affiches qu'il fait retirer, sauf un portrait d'Adolf qui peut servir sa pièce sur les dictateurs. Mais surtout il ne supporte pas les lumières des blocs de secours, il faut demander au capitaine des pompiers la permission d'éteindre ces blocs.

    Tout est matière à râler, la poussière, l'humidité, et surtout jouer devant des ignares, car bien entendu ils ne comprendront pas la finesse de son texte !

    Voilà une comédie grinçante sur le monde du théâtre, elle est menée de main de maître par André Marcon, grand comédien et ça c'est vrai !


    Jules Pelissier est drôle dans le rôle du fils, plus occupé à écouter de la techno et grimper partout que d'apprendre le texte, Agathe L'Huillier est Sarah tourmentée par son père, Barbara Creutz a la lourde tâche de tousser tout le temps et de se faire humilier, tout en tenant le rôle de Marie Curie. Eric Caruso et Manuela Beltran incarnent très bien "les petits" que méprisent Bruscon.

    Bruscon a toute une philosophie sur le théâtre, les femmes qu'il considère inférieures en tout, c'est tellement énorme que l'on ne peut s'empêcher de rire, on s'amuse beaucoup de cet énergumène, véritable tyran sans talent.

    Une performance de comédien, toujours un plaisir de retrouver André Marcon.


    Anne Delaleu
    18 février 2019 
    théâtre Dejazet