mardi 12 mars 2019

La double inconstance - Marivaux - Théâtre 14


Jusqu'au 20 avril 2019
mardi - vendredi - samedi 20h30
mercredi et jeudi 19h - samedi 16h
Site du théâtre ICI

La double inconstance
Marivaux

Mise en scène Philippe Calvario
Costumes Coline Ploquin

Avec Luc-Emmanuel Betton, Philippe Calvario ou Roger Contebardo, Maud Forget, Sophie Tellier,  Guillaume Sentou, AlexianeTorrès

Le Prince s’ennuie, se morfond dans son palais, voilà qu’il tombe amoureux d’une jeune paysanne pétillante et jolie, Sylvia. Il est Prince et selon son bon vouloir fait enlever la jeune fille, l’installe dans son palais, sans se faire connaître. Trivelin, son bras droit et Flaminia, fille d’un domestique, sont en charge de servir Sylvia et surtout la contraindre à aimer le Prince.

Sylvia a un amoureux au village, Arlequin. Elle veut lui rester fidèle et Prince ou pas, elle se révolte et envoie promener tout le monde ! Elle exige de voir Arlequin.

Flaminia est fine mouche, il faut séparer les deux amoureux, elle demande à sa soeur Lisette de séduire Arlequin, celle-ci avec ses simagrées, ses minauderies, s’attire les moqueries de celui-ci ! Flaminia reprendra en mains la situation, elle connaît le monde… Elle va inoculer dans le coeur de chacun des amoureux, le poison du doute, et surtout de la vanité. Sylvia lui confiera n’avoir pas été insensible à un jeune officier qu’elle a aperçu au village, elle ne sait pas qu’il s’agit en fait du Prince, déguisé pour l’occasion. Elle sera d’ailleurs troublée de le retrouver au Palais. Arlequin ? elle l’a aimé car il est drôle et que c’était le seul garçon potable du coin… bel amour en vérité !

Arlequin pour sa part, aime Sylvia pour ce qu’elle est, et Trivelin aura beau faire, il ne parviendra pas à convaincre le jeune homme de préférer richesses et position sociale.

Mais Flaminia observe, juge et saura manipuler ses “deux amis” et parvenir à ses fins. Une comédie bien cruelle comme savait les écrire Marivaux.

On accepte le parti pris de la mise en scène de Philippe Calvario, le décor végétal qui sépare les deux mondes, les envolées lyriques du Prince (belle voix de contre-ténor !), les costumes moderno/baroques de Coline Ploquin, Arlequin a des allures de Titi parisien avec sa casquette aux couleurs … arlequin puis plus tard déguisé tel Papageno. Sylvia surgit tel le petit chaperon rouge, et n’hésitera pas à laisser ses habits de paysanne contre un costume plus “aristocrate”, Flaminia, flamboyante, sanglée dans une robe verte lumineuse, Lisette un poil vulgaire, mais assure avec de longues jambes découvertes par une robe jaune et un jupon volanté.

Guillaume Sentou conforte mon avis, qu’il est un excellent comédien, il est Arlequin, touchant, facétieux. Maud Forget donne à Sylvia de la profondeur, Sophie Tellier joue avec finesse et charme l'intrigante Flaminia, Alexiane Torres donne à Lisette un ton un peu trop gouailleur mais reste drôle. Luc-Emmanuel Betton traîne élégamment son ennui et sa langueur, Philippe Calvario était Trivelin, courtisan pas assez finaud, et trop sûr de lui.

Une belle représentation pour la dernière saison du théâtre 14 avant la fermeture.

“Il n’y a rien de si trompeur que la mine des gens”

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