mardi 27 septembre 2016

Brasseur et les Enfants du Paradis - D. Colas - théâtre du Petit St Martin



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Brasseur et les Enfants du Paradis
Daniel Colas

Avec Alexandre Brasseur et Cléo Senia
Mise en scène de l’auteur

Une jeune femme pose à demi nue, elle prend la même pose qu’Arletty lorsque celle-ci jouait Garance, Pierre Brasseur peint justement ce portrait pour elle, il souhaite offrir le tableau à son amie. Les souvenirs ressurgissent chez l’artiste pour évoquer la naissance d’un chef d’œuvre du cinéma qui rendait hommage au théâtre et à des interprètes prestigieux et une période bien noire de notre époque.


En 1943, l’occupation allemande, la débâcle, mais la vie doit continuer, les spectacles doivent se jouer, même devant l’occupant…

Un poète engagé Jacques Prévert, un talentueux réalisateur Marcel Carné homosexuel,  le compositeur Kosma et le décorateur Trauner juifs tous deux, vont s’unir pour offrir à la France un film poétique, historique, mais avec les répliques de Prévert il y a de la Résistance dans l’air !


Pierre Brasseur, grand séducteur, aurait bien consolé Arletty mais celle-ci avait pour amant un bel officier allemand, à la Libération, elle lancera « mon cœur est français, mon cul est international » et « si vous ne vouliez pas que je couche avec un allemand, il ne fallait pas les faire entrer ! », certes c’est drôle et Arletty n’aura qu’un blâme et une interdiction de travailler pendant trois ans, elle a eu plus de chance que certaines de ses condisciples (je pense à Mireille Balin).

Quant à Pierre, il a séduit une jolie « souris grise », ils ont passé du bon temps, et il s’interroge sur la justice, l’épuration, lui aussi a « collaboré à l’horizontale » à sa façon, comme certainement beaucoup d’autres. La Résistance si près d’eux, Barrault se serait bien engagé mais il y a Madeleine, il ne veut pas la laisser seule.

Une performance pour Alexandre Brasseur que de se glisser dans le costume de son grand-père, une émotion que l’on ressent aussi. Il ne manque pas l’humour et l’esprit des Brasseur !



Drôle de guerre, drôle de drame, le monde de la poésie et de l’intelligence va contrecarrer la barbarie.

Anne Delaleu
27 septembre 2016


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