lundi 25 janvier 2016

Do Ré Mi Fashion - théâtre Essaïon


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Do Ré Mi Fashion

Collaboration artistique Hervé Devolder

Avec Marion Lépine, Aurore Bouston, Isabelle Fleur


Un magasin de mode ferme ses portes, c’est bien triste, mais grâce à trois demoiselles, colifichets, lingerie, accessoires, reprendront vie.

Les trois demoiselles so glamour du magasin viennent faire les cartons et puis d’un tissu à un autre, un gant évoque Léo Ferré, une mitaine rouge Félix Leclerc et un pharmacien assassiné ! Ah elles ont de quoi faire les luronnes, elles trouvent une chanson et un déguisement, on passe allégrement d’un pot-pourri de tubes des années 70 à 90, et les voilà en hippies, on retrouve la sœur de Mozart, on passe par la Joconde, et surtout par les paroles insensées des chansons réalistes à pleurer de rire. Le folklore français en prend aussi pour son grade avec un « je ne reconnais plus personne » version bourrée auvergnate !



Détournement de classiques, gaudrioles, un spectacle tout en humour, du dynamisme à revendre, et trois merveilleuses chanteuses-comédiennes et musiciennes de talent. De belles voix et un sacré métier !


Allez donc rire et chantonner avec Marion, Aurore et Isabelle, vous ne risquez pas d'être déçus.


Théâtre challenge 2016

jeudi 21 janvier 2016

La visite de la vieille dame - Dürrenmatt - théâtre 71



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La visite de la vieille dame
Friedrich Dürrenmatt


Mise en scène Omar Porras - Production teatro Malandro

Clara est attendue avec impatience par son village Güllen, elle en est partie pauvre, enceinte, abandonnée, sous les quolibets de toute une populace il y a une quarantaine d’années. Elle revient au pays, milliardaire, accompagnée par un certain Bob et son futur mari (le huitième !).
Alfred, son ancien amant l’accueillera, c’est surtout une mission que lui confie le maire. Il faut absolument que Clara « renfloue » le village et ses habitants. Ils sont pauvres, au chômage, l’usine a fermé.


Clara reçoit les compliments sans sourciller, puis elle annonce qu’elle versera cent milliards pour la ville et les habitants. Mais… pour cela, il faudra que justice lui soit rendue. Elle veut la mort d’Alfred, qui l’a abandonnée enceinte et a payé un témoin pour la discréditer et prêter serment au tribunal, la faisant passer pour une fille facile. Alfred a pu épouser Mathilde, fille de l’épicier et riche !


Bien entendu, ce marché provoque l’indignation des habitants, au début… puis Alfred se rendra vite compte, que certains arborent des habits neufs, ou de nouvelles chaussures, qu’ils demandent crédit, sachant apparemment qu’ils pourront rembourser leurs dettes.

Alfred demande protection et n’a devant lui que des lâches, de futurs assassins, il est à son tour abandonné de tous. Clara l’a aimé passionnément et demande froidement sa mise à mort.

Omar Porras, ses masques, ses costumes colorés, sa musique festive pour une pièce cynique, dure. Les masques, la gestuelle de chacun font ressortir l’âme noire de chaque personnage.  

Créativité pour chaque scène, le train qui passe à toute allure, la réception de Clara, son mariage en robe blanche (sur une chanson d’Annie Cordy). Et puis, parce que l’actualité de nos jours est très télévisuelle, on assiste au final, à une sorte de télé-réalité où l’animateur interviewe les habitants sur le drame et ce qu’ils ressentent.


Après tout, « tout s’achète » comme dit Clara, et les nouvelles les plus sordides passent toujours très bien en « prime time » pour l’audimat !


Challenge théâtre 2016

mercredi 20 janvier 2016

La Cerisaie - Tchekhov - théâtre du Soleil


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La Cerisaie
D’Anton Tchekhov

Mise en scène de Christian Benedetti

Assistante à la mise en scène Laure Grisinger

Avec Antoine Amblard, Brigitte Barilley, Christian Benedetti, Nicolas Buchoux, Christophe Carotenuto, Philippe Crubézy, Philippe Lebas, Jean-Pierre Moulin, Lise Quet, Alix Riemer, Hélène Stadnicki, Hélène Vivies.

Ma deuxième « Cerisaie » de la saison !
Celle-ci est vraiment très dépouillée. Décor simple, chaises empilées, quelques planches de bois pour figurer le mur, les comédiens habillés contemporains, jeans pour tout le monde, sauf pour Firs le vieux serviteur, toujours habillé en redingote, se traînant péniblement avec sa canne.

Copyright Roxane Kaperski

Quant au jeu des comédiens, il m’a paru froid, peu d’émotions, un débit de paroles rapides (mais voulues par le metteur en scène). En fait, c’est au public de donner ses « couleurs » à ce tableau de famille, c’est à nous d’imaginer. On peut aimer ce style, moi je n’ai pas accroché du tout.
Copyright Roxane Kaperski
Non je n’ai pas été transportée à Moscou, dans une famille qui vendait sa maison et son jardin.
Copyright Roxane Kaperski




mardi 19 janvier 2016

Maladie de la jeunesse - Bruckner - théâtre de la Tempête



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MALADIE DE LA JEUNESSE
de Ferdinand Bruckner

mise en scène Philippe Baronnet
traduction Henri Christophe, Alexandre Plank

Une bande de carabins nous accueille, on s’installe, ils ont sur leur blouse d’internes dans le dos, une étiquette et le nom d’une pathologie ou maladie, le jeu consiste à faire deviner à l’interne le mot qu’il porte mais ne peut voir bien entendu. Ça dure un peu… les blagues entre jeunes, un soutien-gorge balancé dans le public. Beaucoup de chahut.

Ils se jettent tous sur l’unique lit, décor simple, mur blanc et deux d’entre eux commencent la pièce véritable.


Oui mais quelle pièce, si on s’en tient à l’auteur et à l’époque, nous sommes après la grande guerre, dans les années 20. Histoires d’amours déçues, désespoir.

« Dans une pension de Vienne cohabitent des étudiants en médecine. Marie s’apprête à fêter son doctorat ; elle aime Petrell, qui aime Irène… Désirée a quitté Freder qui manipule Lucie en attendant que Marie lui cède… Ce chassé-croisé des désirs, pour superficiel qu’il paraisse, n’en traduit pas moins une désorientation profonde. » 

Les comédiens sont bons, rien à dire, mais je reste perplexe quant au message à comprendre. Est-ce que ce sont des étudiants qui « jouent » une histoire ? Histoire qui commence à prendre forme au bout d’une bonne heure… le décor se met en place, le lit toujours et une paroi qui s’avance et découvre une porte. A partir de cet instant la pièce se jouera, prendra forme. Mais je n’ai pas été tentée de rester jusqu’au bout…


J’avais beaucoup aimé « Bobby Fisher vit àPasadena » mis en scène par Philippe Baronnet et là ma déception est grande. 

durée : 2 heures 

samedi 16 janvier 2016

Les 39 marches - Buchan/Hitchcock - théâtre Le Palace




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Les 39 marches
De John Buchan et Alfred Hitchcock

Adaptation Patrick Barlow
Adaptation française  Gérard SIBLEYRAS

Avec Sarah Gellé - Christophe Laubion – Kevin Metayer – Thomas Ronzeau



Du roman original de John Buchan paru en 1915, Alfred Hitchcock en tira un film d’espionnage vingt ans plus tard, et rajouta un personnage féminin.



Le spectacle mis en scène par Eric Métayer est une parodie du film, on retrouve la belle blonde, la vilaine brune aussi, mais elle se fait vite assassiner… et le héros, un homme ordinaire qui devra fuir pour prouver son innocence. Un clin d’œil a Sir Alfred dont on voit la silhouette rondouillarde parcourir le plateau !

En bref, ne pas chercher à retrouver le suspens du film, mais plutôt à bien rire de toutes les inventions drolatiques, déjantées, les comédiens endossant plusieurs rôles, tant personnages qu’éléments naturels, jouant avec les accessoires, les déguisements, les marionnettes, tout est bon pour nous faire rire, et c’est réussi !


Les gags visuels, les apartés entre comédiens qui se disputent, les ombres chinoises pour nous faire suivre la course poursuite du héros, aidé par Nessie le monstre du Loch Ness. Par contre, c’est un peu long et une heure et demie aurait largement suffi.


Couronné par deux Molières en 2010.


vendredi 15 janvier 2016

La nuit des rois - W. Shakespeare - théâtre La Tempête




La nuit des rois
William Shakespeare

Mise en scène :  ​Clément Poirée


Après un naufrage, Viola et Sébastien, des jumeaux parviennent à s’échouer séparément sur la même île. L’un pense que l’autre est  disparu.

L’Illyrie est un royaume, gouverné par Orsino, celui-ci est épris de la jolie comtesse Olivia, qui ne partage pas ses sentiments.


Viola s’habille en homme et devient favori et émissaire d’Orsino, sous le pseudonyme de Césario. Elle est amoureuse du Comte mais par devoir s’empressera de rencontrer Olivia pour lui porter les messages d’amour de l’homme qu’elle aime. Mais Olivia tombe amoureuse de Viola/Césario et ne jure que par lui. Tout va se compliquer lorsque Sébastien arrivera à son tour à la Cour d'Orsino...


Malvolio, un sinistre personnage, le chambellan d’Olivia, tente de prendre le pouvoir et s’imagine déjà dans la couche et sur le trône ! Fort heureusement, Sir Toby, oncle d’Olivia, aidé par Andrew, Maria et le fou, parviendra à le ridiculiser et à faire triompher l’amour et la justice.


Le décor ne m’a pas vraiment ébloui, on se trouve en fait dans une chambrée, hôtel ou hôpital, dont les patients joueraient la comédie ? Pourquoi pas.

Les comédiens sont remarquables, il y a beaucoup d’humour, de drôlerie, ils sont à l’aise dans leurs personnages.

Cependant, la pièce est vraiment très longue (plus de 2h30), quelques raccourcis auraient été bienvenus.


Le spectacle affiche complet, pas la peine d’essayer d’avoir une place !


jeudi 14 janvier 2016

Pygmalion - GB Shaw - théâtre 14


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Crédit photo LOT
Pygmalion
G-B Shaw

De la pièce originale (créée en 1914), Ned Grujic a transposé l’histoire dans le Londres des années 50, du cinéma et des vedettes glamour, sophistiquées, fabriquées.

Liza n’est plus marchande de fleurs, mais vend des cigarettes à l’entrée du cinéma. Elle est mal fagotée, parle mal, et prend peur lorsqu’elle aperçoit, un homme, distingué, qui prend des notes… Elle croit que c’est un policier, mais celui-ci est professeur de phonétique, il se dit capable de la transformer en Lady ! Liza a pris au mot Higgins, elle veut changer de statut social et émerger du lot. Elle rend visite au professeur pour qu’il lui apprenne les bonnes manières et parler avec distinction.


Celui-ci se prend au jeu et par défi, accepte de prendre Liza comme élève. Le colonel Pickering le met en garde ainsi que la gouvernante, que deviendra la jeune fille après l’expérience ? Higgins ne s’en préoccupe pas plus que ça, il veut transformer la souillon en duchesse !

Après des heures de cours bien difficiles, Higgins la présente à sa mère (ancienne vedette de cinéma) et aux amis de celle-ci, Liza bien pomponnée, sourire un peu figé, débite ses phrases comme on le lui a appris, mais hélas, le naturel revient au galop et Liza raconte des histoires pas très « correctes » mais dans un phrasé parfait !


Lorie Pester dont c’est le premier rôle au théâtre, est une charmante Liza, elle n’aura aucun mal à peaufiner son personnage. Elle est drôle dans la scène de la visite chez Mme Higgins, ravissante dans sa robe du soir lors de la réception d’une grande première de cinéma (clin d’œil à Audrey Hepburn). Benjamin Egner est un parfait Higgins, cynique, sans manières, Philippe Colin, un honorable Pickering, Sonia Vollereaux une pétulante Mme Higgins, Jean-Marie Lecoq  un truculent Doolitle. Les comédiens sont excellents.


La mise en scène est inventive, et nous entraîne d’une scène à l’autre en cinémascope. Le duo Freddy/Liza chante et danse en « reflet » devant l’écran de cinéma, Higgins chante ses voyelles à Liza.


Un spectacle sympathique, divertissant, bien interprété



Challenge théâtre 2016

mercredi 13 janvier 2016

Je ne suis pas une libellule - F. Obé - Sentier des Halles

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Flannan Obé avec Yves Meierhans au piano
Mise en scène : Jean-Marc Hoolbecq


Une libellule ? un feu-follet, un lutin surtout ! Il y a un mélange Philippe Clay /Jean-Pierre Cassel (oui je suis un peu âgée…).

photo Charlotte Spill

Flannan Obé, renoue avec la chanson fantaisiste, à une époque où tout est formaté, où de jeunes chanteurs sont jetés en pature, avec peu de voix et pas du tout de solfège, ah mais c’est qu’on ne rigole plus de nos jours ! Il faut faire sérieux, politiquement correct, pffff....

Il débute par une chanson courtoise, fait un détour avec une chanson de Fragson chanteur de caf’conc de la Belle Epoque, pour s’amuser de la musique américaine et du snobisme. Un petit coup de patte sur ses professeurs ça fait toujours du bien et ça fait rire !


photo Charlotte Spill

Belle voix de baryton, bon danseur, aimant la vie et le spectacle, il chante des textes drôles, tendres, rend  hommage à son père Jean, et sa célèbre chanson «Oscar et Irma». Il est bien accompagné par son complice Yves Meierhans au piano.

On a de la tendresse pour lui, et de l’admiration, il a surmonté les épreuves, il s’est accroché et a pris le métier d’artiste au sérieux sans se prendre au sérieux.

Et au final « Nous sommes heureux en sortant du spectacle, et je ne dis pas n’importe quoi ».

Chapeau l’artiste !


Challenge théâtre 2016

mardi 12 janvier 2016

Amok - S. Zweig - théâtre de Poche-Montparnasse



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Amok
Stefan Zweig 


Adaptation Alexis Moncorgé
Mise en scène Caroline Darnay
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Dans la pénombre, on distingue des caisses en bois, une chaise, une corne de brune retentit, nous sommes sur le pont d’un navire à destination de l’Europe. On apprend aussi qu’une cargaison mortuaire fera partie du voyage…

Un homme jeune, tourmenté, a besoin de raconter son histoire. Il était médecin en Malaisie, et il fuit ce pays. Pour son malheur il a été pris de passion folle pour une femme de la haute société. Celle-ci vient un jour lui rendre visite pour qu’il la libère de son « fardeau », et éviter ainsi le scandale. Elle est séduisante, hautaine, n’a aucun remords et le considère comme un inférieur. Séduit malgré lui et refusant d’être monnayé, Il lui proposera un marché qu’elle rejettera avec dédain.

photo Christophe Brachet

Ce sera alors le début de sa folie, il deviendra « amok » pris d’une folie incontrôlable, une pulsion meurtrière, rencontrée généralement en Malaisie ou en Inde.

C’est une histoire angoissante, une histoire d’amour non partagé, une critique sociale et politique. Un récit peu connu et fantastique de Stefan Zweig.

Alexis Moncorgé, est intense, passionné, sensuel, émouvant. Il passe d’un personnage à l’autre avec aisance, aidé en cela par la mise en scène de Caroline Darnay.

photo Christophe Brachet

Du cabinet de médecin à la salle de bal du Gouverneur, et jusqu'aux sordides bas-fonds de Malaisie, lumière, effets d’ombres, musique, tout nous entraîne dans ce voyage maudit.


Un étrange récit qui ne nous laisse pas indifférent.

samedi 9 janvier 2016

La Cerisaie - Tchekhov - Théâtre de Chatillon



jusqu'au 16 janvier à Chatillon

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La Cerisaie
Anton Tchekhov

« La Cerisaie » c’est un monde qui meurt sans s’en rendre compte et un autre qui piaffe d’impatience pour une vie nouvelle. Insouciance d’une classe pour les choses « matérielles » mais qui sont indispensables pour la survie d’une maisonnée et d’une cerisaie.


Après la mort de son fils, Louba était partie vivre à Paris, son amant l’avait suivi et ruinée, elle a été aussi sa garde-malade.

Ruinés quelle importance ! la grand-tante qui nous déteste va pourvoir à tout cela pour que la maison et le jardin reste dans la famille. Louba ne se rend compte de rien, elle rit, elle danse et pleure (intense Nine de Montal), c’est une amoureuse, elle l’a chèrement payée.


Lopakhine, moujik, fils de moujik, est devenu un marchand très riche, il a durement travaillé, il n’a pas beaucoup de manières, il essaie de s’instruire. Il s’intéresse à Varia, mais ne se déclare pas, après tout elle n’est que la fille adoptive de Louba. Ania et Trofimov ont l’air de se plaire, mais lui est trop « révolutionnaire » pour elle. Tout est en suspens, de grandes effusions certes, des embrassades, mais tout est vide.


Firs, le vieux domestique que l’on n’écoute plus, qui s’occupe toujours comme un enfant, de son maître Léonid, frère de Louba. Douniacha la jeune servante trop romanesque qui aime Yacha, lui ne souhaite prendre que du bon temps.


La mise en scène de Gilles Bouillon, scrute tous les personnages, les situations, tout est bien en place, comme la fête, la farandole, les rires, les cris de joie, les tours de magie de Charlotta, de tout ce petit monde qui ne se rend compte de rien ou ne veut pas.


Le décor représente la pièce à vivre, qui ouvre sur un bois de bouleaux, un tableau représente la famille de Louba, les ancêtres. Il y a une ambiance de lumière, de musique, tout est un régal pour les yeux et le texte est servi de main de maître.



Chalenge théâtre 2016

jeudi 7 janvier 2016

Les femmes savantes - Molière - théâtre des quartiers d'Ivry




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Les Femmes savantes
Molière

Cette pièce abordait au 17ème siècle, l’éducation des filles, mais Molière fustigeait surtout les faux intellectuels. Elisabeth Chailloux a revisité la pièce et transposé au temps des sixties, de Salut les Copains, de l’évolution des mœurs, de la révolution féminine.

« Les femmes savantes » est une critique sur le snobisme, la pédanterie, la fausse culture. Molière n’aimait pas les sottes, son grand amour Madeleine Béjart était cultivée, poétesse, comédienne de talent.

Le trio Philaminte, Bélise et Armande, se pâment devant Trissotin, mais on sent bien qu’elles ne comprennent rien à ce qu’il dit ! Lui-même lance ses phrases faussement poétiques tout en sachant qu’il pourra manipuler tout ce petit monde facilement, aidé par son copain/coquin Vadius !

Copyright : Alain Richard

Chrysale, le maître de maison, n’a aucune autorité, tremble devant son dragon de femme, et n’essaie pas d’intervenir au renvoi de Martine la servante, pas très futée certes, mais brave cuisinière en tout cas ! Ariste est plus mesuré, d’ailleurs on ne sait pas s’il est ou non célibataire, mais il raisonne mieux que son frère, il lui rappelle aussi leur jeunesse contestataire, en fredonnant « Pour une amourette ».

Henriette la jeune sœur, a « piqué » Clitandre le fiancé d’Armande, celui-ci en avait assez de se morfondre devant la jeune femme et a préféré Henriette, moins compliquée, fan de Sylvie Vartan, copiant sa coiffure et chantant à tue-tête « la plus belle pour aller danser »…

Copyright : Alain Richard

Clitandre l’amoureux éconduit d’Armande, aime-t-il vraiment Henriette ? Est-ce par dépit qu’il se tourne vers elle. On peut se poser la question, ne va-t-il pas se lasser avec une jeune femme trop frivole ?

Armande préfère s’accompagner à la guitare pour la romance plus douce de Nancy Sinatra « Bang Bang » qui reflète d’ailleurs ce qu’elle ressent au fond d’elle-même.

Bélise, n’est pas antipathique, elle pense et croit fermement que tous les hommes sont fous d’elle, mais elle est sous l’emprise de sa belle-sœur et on ne voit pas comment elle pourrait s’en sortir.
Copyright : Alain Richard
Il est amusant de constater que dans les années 60, la cigarette était un symbole de liberté, de maturité, alors que de nos jours « la fumée tue » et que l’on diabolise les « fumeurs » ! Seul le notaire est en costume 17ème siècle, peut-être pour nous rappeler que les lois matrimoniales ont depuis évolué.

Copyright : Bellamy

Le décor, un grand espace « ring » où se déroule les affrontements des uns et des autres, quelques chaises dépareillées, et dans le fond, un escalier-bibliothèque mène à une lunette astronomique.


Un bon spectacle, des comédiens qui se prennent au jeu, les années 60 vont-elles parler à tout le monde ? A voir en tout cas, on s’amuse beaucoup !


Challenge théâtre 2016

mardi 5 janvier 2016

Victor F. - L. Gutmann - théâtre de l'Aquarium


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Victor F
d’après le roman Frankenstein de Mary Shelley
texte et mise en scène Laurent Gutmann

avec Éric Petitjean, Cassandre Vittu de Kerraoul, Luc Schiltz et Serge Wolf


L’histoire de Frankenstein a toujours fasciné, le cinéma s’en est emparé, avec le mythique Boris Karloff dans un film noir et blanc de 1931.


Quelle est donc la teneur de la pièce ? un savant Victor F. se référant à la Bible, «tu es poussière et tu retourneras à la poussière», s’est décidé après la mort de son jeune frère de créer un être humain, beau puisque l’apparence physique est essentielle pour l’homme. Il s’empare donc d’une poussière d’étoiles.

Le prologue trop long, Victor nous raconte son idée, c’est plutôt ennuyeux et l’arrivée de son ami aveugle Henri, pour l’aider dans sa recherche, ne fait pas rebondir l’action, quant à sa fiancée qui débarque de la salle pour lui faire des reproches, sur son manque d’égards envers elle, ça tombe comme un cheveu dans la soupe !

La créature de Victor, n’est pas terrifiante, il a seulement un sourire niais et la coupe de cheveux « Beatles » ! Victor n’est pas satisfait de son travail et rejette son « enfant ». La « créature » poursuit son papa et la tragédie commencera pour Victor et ses amis.

En sortant de la salle, je me suis demandée si c’était tragicomique, mais ce n’est pas tragique, ni vraiment drôle, encore moins poétique. On a quand même droit à de beaux décors, une galaxie d’étoiles au début, puis un paysage alpestre Suisse où se réfugie Victor.

Mary Shelley a créé ce mythe après un cauchemar et une nuit d’orage, suite à un pari lancé par Lord Byron « et si nous écrivions une histoire de fantômes ! ». Elle était la toute jeune femme de Percy Shelley, elle avait 18 ans, et a écrit de nombreuses nouvelles.


La mise en scène de Laurent Gutmann, sa direction d’acteurs ne m’a pas laissé un grand souvenir, moi qui avais tant apprécié son travail avec « la putain de l’Ohio ».

dimanche 3 janvier 2016

Reprise "La veuve Choufleuri"



Pour cause de succès et de talent "La veuve Choufleuri" recevra le lundi 10 avril à 19h au théâtre du Gymnase Marie Bell (Grance salle)

voir mon article ICI !

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