jeudi 25 septembre 2008

La journée des dupes - théâtre 14

de Jacques Rampal,
Mise en scène d'Yves Pignot,
jusqu'au 25 octobre

    Emmanuel Dechartre, Richelieu
    Benoît Solès, Louis XIII,
    Julie Ravicz, Marie de Médicis
    Cécile Paoli, Anne d’Autriche
    Florian Cadiou, Gaston d’Orléans
    Didier Niverd, Michel de Marillac
    Daniel-Jean Colloredo, le père Joseph
    Rachel Pignot et Stéphane Valin. Elvire et Perrin


La « journée des dupes » ainsi nommée ainsi par Guillaume Bautru, à cause du retournement de situation qui s’est déroulé dans la nuit du 10 au 11 novembre 1630, et qui a été décisive pour Richelieu.

En ce début de novembre 1630, une jeune paysanne chante a capella, elle nous invite ainsi à entrer dans le premier acte.
Entrent en scène tels des pions sur un échiquier, Marie de Médicis, Louis XIII, son épouse Anne d’Autriche, et Gaston d’Orléans dont la première scène avec sa belle-sœur laisse supposer de tendres sentiments.

La reine Marie, veuve d’Henri IV, fulmine contre Richelieu « il affaiblit la maison des Habsbourg » elle exige son départ afin d’y placer son protégé, Michel de Marillac. Louis XIII malade, essaie de tempérer et surtout de se protéger ! Survient Richelieu qui entre par une porte dérobée et un verrou mal fermé, dans la chambre de la reine au palais du Luxembourg où a lieu la conspiration…

Ecrire en vers n’est pas chose aisée de nos jours… Jacques Rampal relève le gant et l’emporte !
Les répliques sont fines et il nous régale d’un beau texte qui permet une crédibilité à cette pièce, on évite ainsi les dialogues modernes faussement "classique" dont on est abreuvé dans les pièces historiques !

La mise en scène d’Yves Pignot, permet de se concentrer sur cette tragi-comédie, ce n’est pas une pièce de « cape et d’épée » et si le début manque un peu de rythme, la suite des événements se laisse suivre avec intérêt et suspense.

Les costumes sont magnifiques. Au fond une toile peinte représentant aussi bien les jardins du Luxembourg, que Versailles.

Emmanuel Dechartre, est un Richelieu maniant finesse et humour, qui sous prétexte de repentance parvient à maîtriser la sulfureuse Médicis !
Benoît Solès, campe un Louis XIII, intelligent, qui démontre qu’il sera un grand roi, mal connu, se plaçant entre son père le « bon roi Henri » et son fils le Roi-Soleil.
Julie Ravicz, Marie de Médicis, vipérine à souhait ! Quel tempérament !
Cécile Paoli, gracieuse reine, mais habile, elle se protège et renverra son amoureux beau-frère sans vergogne, quand elle comprend que Richelieu est vainqueur. Elle sait que le roi ne peut pas se passer d’elle. Le fossé se creuse entre les deux époux, ils s’asseyent l’un et l’autre de chaque côté de la scène, tout en envisageant de donner un héritier à la France !
Florian Cadiou, on aimerait qu’il projette un peu mieux sa voix, c’est dommage, il a belle allure ce Gaston d’Orléans.
Didier Niverd est Michel de Marillac, pensant défendre une juste cause, il est manipulé pour son malheur par Marie de Médicis et les courtisans.
Daniel-Jean Colloredo, le Père Joseph, l’éminence grise de Richelieu, le seul à parler pour le peuple qui meure de faim.
Stéphane Valin est Perrin, l’homme du peuple qui aime parler chasse avec le roi, les intermèdes chantés par Rachel Pignot sont bienvenus pour accompagner le spectacle.
L’échiquier se reforme à la fin, échec à la reine.


Jacques Rampal : né en 1944 à Constantine (Algérie)
Auteur notamment de Célimène et le cardinal (1990) son plus grand succès de théâtre, traduit en plusieurs langues et toujours repris tant en France qu’à l’Etranger.
Autres pièces : La fille à la trompette (1992) – Profession de fou (1997) – Alma Mahler (1993) et Bussy d’Amboise (1994)

En 1993, Il écrit un livret d’opéra en vers « Esméralda », musique de Jean-François Gassot

mardi 3 juin 2008

Les belles soeurs- Théâtre St Georges

LES BELLES-SOEURS
Comédie de Eric Assous
Mes Jean-Luc Moreau
www.theatre-saint-georges.com

François-Eric Gendron : Ivan – Sabine Haudepin : Mathilde
Manuel Gélin : David – Elisa Servier : Christelle
Roland Marchisio : Francky – Véronique Boulanger : Nicole
Mathilde Penin : Talia


Frankie invite ses frères et ses belles-sœurs dans la nouvelle maison de campagne qu’il a achetée avec sa femme.

Ivan et Mathilde, lui avocat, elle prof de lettres. Elle, déteste la campagne et n’a pas beaucoup d’affinités avec ses belles-sœurs. David et Christelle, lui dentiste et elle agent immobilier haute gamme, s’habillant haute-couture dans n’importe quelle circonstance ! Les trois frères auront la mauvaise surprise de voir débarquer Talia, secrétaire de Frankie, jolie brin de fille qui a été la maîtresse de deux d’entre eux. Cette charmante créature a été invitée à la pendaison de crémaillère par Nicole, trop naïve touchée par la détresse de la jeune femme. C’est la louve dans la bergerie !

Bien entendu, tout ceci débouche sur une galerie de portraits peu flatteurs autant pour les hommes que pour les femmes. Les « desesperate housewife » françaises vont faire feu de tout bois et rivaliser de méchanceté (tableau d’honneur pour Sabine Haudepin !). Les répliques fusent avec brio !

Règlement de comptes au vitriol assuré, c’est drôle, enlevé. Parfaitement bien interprété - même si la diction et la projection de voix laissent à désirer -.

On rit beaucoup des lâchetés de ses trois frères qui se débarrassent si vite de déclarations embarrassantes les uns sur les autres. On s’amuse aussi des propos de cette vipère « bas-bleu » qui méprise tout ce qui n’est pas de son monde littéraire, du vernis qui craque chez l’agent immobilier mère d’un enfant surdoué bien entendu, et de la gentille femme au foyer, qui se révèle moins cruche que prévue !

jeudi 20 mars 2008

La reine morte - théâtre 14

Créée en 1942 à la Comédie-Française, Madeleine Renaud tenait le rôle d’Inès, Julien Bertheau celui de Pedro.


Henry de MONTHERLANT (1895-1972) - Élu en 1960 à l’Académie Française
Parmi ses pièces les plus célèbres : La Reine morte, Fils de personne, Malatesta, Le Maître de Santiago, Port-Royal, Don Juan, Le Cardinal d’Espagne.

La véritable histoire de Inès et Pedro :

Pedro prince héritier du Portugal, marié par raison d’état à Constance de Castille, tomba amoureux d’une des suivantes de son épouse Inès de Castro. La reine mourut en mettant au monde son 3ème enfant. Ce qui laissa le champ libre aux amants qui se marièrent et eurent quatre enfants.

Le Roi Alphonse IV ne voyait pas d’un bon œil la liaison de son fils et craignait l’influence des frères d’Inès sur le prince. Il fut décidé d’éliminer Inès.
Pedro fou de douleur s’arma contre son père rendant possible une guerre civile. Alphonse IV mourut peu de temps après s’est réconcilié avec son fils, qui avait compris que les assassins de sa bien aimée étaient les conseillers de son père. Pedro devenu roi du Portugal, sa première décision fut de venger Inès en faisant extrader et exécuter ses assassins. La légende dit qu’il fit exhumer le corps d’Inès, la fit revêtir d’un habit de sacre, la couronna et fit asseoir son corps sur le trône à ses côtés. Il obligea tous les Seigneurs à se prosterner devant sa « reine morte ».

Si vous allez au Portugal, arrêtez-vous à Alcobaça. C’est là que Dom Pedro et Inès reposent pour l’éternité.
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THEATRE 14 - Jusqu’au 19 avril (2h sans entracte)
01 4545 4977 – mardi – mercredi – vendredi 20h30
Jeudi 19h – samedi 16h et 20h 30
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Merci à Jean-Laurent COCHET, sa compagnie joue intensément ce chef-d’œuvre de Montherlant. D’ailleurs, pourquoi les pièces de cet auteur sont-elles si peu données ? Le mobilier, les costumes, mettent ce texte en valeur. Les comédiens sont installés tels des pièces sur un échiquier. Ils assistent au déroulement de l’action, pour s’éclipser leur scène jouée.

Les amoureux de la langue française pourront se délecter, les répliques sont fortes, exaltées, c’est un texte d’une grande beauté, qui rend vie à l’amour sans concession de Inès de Castro. Si l’Histoire retient le nom de Pedro 1er dit le Cruel, Montherlant en fait un prince si falot, qu’on se demande comment il peut mériter une telle passion ! A l’inverse, l’infante de Navarre, bafouée droite et fière, qui a parfaitement compris son rôle de future reine, avoue sans détour qu’elle n’aime pas Dom Pedro, mais qu’elle voit beaucoup plus haut ! rien à voir avec l’amoureuse qui lui tient tête et qu’elle tentera, en vain, de sauver de son funeste sort.
L’infante est-elle éprise de sa rivale ? on peut le supposer également. La jeune fille avouant sans détour qu’elle n’aime pas les hommes et qu’elle ne s’imagine pas aimée ou être aimée… C’est sans nul doute, le seul personnage d’une grande droiture, orgueilleuse. Elle ne cache rien, ne dissimule pas. Inès est son pendant, toute en douceur, amour, compassion.

Jean-Laurent COCHET ……….Ferrante, roi de Portugal
Xavier DELAMBRE ………….. Le Prince Don Pedro, son fils
Pierre DELAVÈNE …………… Egas Coelho, premier ministre
Frédéric GUIGNOT ………… Alvar Gonçalvès, conseiller
Catherine GRIFFONI ………… Inès de Castro
Elisabeth VENTURA …………. L'Infante de Navarre

www.jeanlaurentcochet.com

Maria MALIBRAN, dont on fête le bicentenaire de la naissance, créa le rôle d'Ines de Castro en 1835, opéra composé par Giuseppe Persiani (1799–1869) sur une commande du Teatro San Carlo.

dimanche 9 mars 2008

La forme des choses - Petit théâtre de Paris

Décidemment le théâtre américain nous réserve bien des surprises !
en effet après Good Canary, voici une pièce de Neil Labute LA FORME DES CHOSES.

Evelyn (Julie Delarme) étudiante en histoire de l’art est bien décidée à taguer une statue, objet pour elle de l’hypocrisie (des feuilles de vignes cachent honteusement le sexe du dieu...)

Elle déteste le mensonge et veut la vérité à tout prix. Adam (Jérôme Foucher), jeune étudiant gardien dans le musée pour se faire un peu d'argent, tombe sous le charme de cette jeune femme à l'opposé de lui. Plus tard, il lui présente ses meilleurs amis Jenny (Marie-Julie Baup) et Philipp (César Méric), tous justes fiancés. Malheureusement, Evelyn et son franc parlé vont faire des dégats auprès de Philipp qui a décidé de toutes façons qu’il faut penser comme lui, lors d’une discussion mémorable sur l’art et la vie en général.

Adam se métamorphose, tant physiquement que mentalement, du jeune binoclard bedonnant, il devient très vite séduisant et sûr de lui, l’amour fait des miracles pense ses amis… Il supporte tout d’Evelyn même de renier ses amis.

Evelyn poursuit son travail sur la sculpture et le présentera au final aux étudiants avec un numéro mémorable qui vous laisse pantois !

Jusqu’où va-t-on pour l’art, pour l’amour ? Se laisse-t-on manipuler si aisément, y a-t-il une frontière à ne pas dépasser même au nom de l’ART ?

Les acteurs sont merveilleux, la pièce est dérangeante, cruelle et souvent drôle. Julie Delarme est remarquable d’innocence perverse. Les répliques sont crues, ce n’est pas une comédie sur la jeunesse américaine mais bien sur l’ambition et le paraître, fléaux de notre époque.

Je vous recommande vivement cette pièce qui se joue actuellement.

Petit Théâtre de Paris, à 21 heures, du mardi au samedi, en matinée le samedi à 17 heures et le dimanche à 15 heures. Tél.: 0142800181.

samedi 1 décembre 2007

Good canary - théâtre comedia

GOOD CANARY de Zach HELM
Mise en scène John Malkovich
Annie : Christiana REALI
Jacques : Vincent ELBAZ
Jeff : Ariel WIZMAN
Sylvia : Bénedicte DESSOMBZ
Son mari : Stéphane BOUCHER
Tony : Jean-Paul MUEL

Annie est droguée, anorexique, traumatisée par un viol dans son enfance.
Le livre de son mari rencontre un grand succès, mais elle ne supporte pas la critique inepte à son goût d’un journaliste qu’elle aura l’occasion de rencontrer lors d’une soirée mémorable pour tous …
Jacques, aime sa femme, il est séduit par sa personnalité, faible il accepte la situation qu’elle lui impose, jusqu’au jour où il donnera de l’argent à Jeff, son dealer, pour qu’il s’éloigne d’Annie.
Tony, l’ami de Jacques, pense enfin avoir trouvé la « poule aux œufs d’or », en effet, un grand ponte de la presse et de l’édition l’a contacté pour éditer le livre et les inviter à une soirée. Quand il connaîtra leur secret, il sera le seul à reprocher à Jacques d’avoir laissé Annie s’enfoncer dans la drogue.
Le critique mondain, dandy toujours impeccable, un peu genre 19ème siècle. Il essaiera vainement de se justifier auprès d’Annie.
L’éditeur et sa femme, bien sûr il ne lit aucun livre qu’il édite, et elle, gentille « barbie », dont le cerveau a dû mal à intégrer une conversation en général !
C’est une pièce multiple, autodestruction, amour intense, création artistique et ses codes. Le texte est cru, souvent grossier.
Christiana Réali, trouve un rôle qui l’a fait basculer dans un autre registre, elle est naturelle, sincère, magistrale, on a mal pour elle et avec elle. Si elle n’obtient pas le MOLIERE, j’envoie une pétition !

C’est le rôle dont peuvent rêver toutes les comédiennes.

Ses partenaires sont à la hauteur, ils ont été dirigés remarquablement par John Malkovich, la mise en scène est très intelligente et fine, pas de temps mort.

Les décors sont composés par les vidéos et les lumières, enfin intelligemment exploités ! les fenêtres qui se modifient suivant le « regard » d’Annie, ou se transforment en bocaux d’amphétamines.

C’est la pièce à voir en ce moment.

jeudi 8 novembre 2007

Jean et Béatrice - A la folie théâtre

A LA FOLIE THEATRE


JEAN et BEATRICE
De Carole Fréchette

Mise en scène Hélène Lebarbier
Valérie Parisot et Frédéric Gray


Qu’arrive-t-il quand on passe une annonce pour rencontrer l’âme sœur ? Béatrice, tout de noir vêtue, attends du haut de sa tour (au 33ème étage…) son « prétendant ». Telle une princesse qui se transformera en mauvaise reine, en Turandot, en Sultane qui pourrait tuer si elle n‘avait pas son esclave pour lui raconter des histoires. Car elle en veut des histoires, Jean un peu dérouté au début arrivera a passer toutes les épreuves, enfin c’est ce qu’il croit.

C’est une histoire peu commune qui regorge d’idées. On a l’impression d’avoir enfin saisi, et puis on rebondit sur une autre histoire. Qui ment, qui dit la vérité ? Nous mentent-ils tous les deux ? C’est un univers « chabrolien » que les comédiens nous offrent, la sincérité de leur jeu fait qu’il n’y a pas un temps de repos ou de lassitude.

Auteure des « Sept jours de Simon Labrosse » et du « Collier d’Hélène », Carolle Fréchette nous offre là une comédie curieuse, bien écrite et qui sort des sentiers battus.

samedi 3 novembre 2007

La Mouette - théâtre 14

Comme dans toute pièce de Tchekhov, il y a les tourmentés, les ridicules. Des gens qui se supportent plus ou moins et qui se déchirent. Ils n’ont pas la vie dont ils rêvent, alors qu’ils ne manquent de rien apparemment.

Dès l’entrée, Oleg Ponomarenko donne le ton, en nous accueillant à la guitare, il sera le lien entre les personnages et les actes.

Les comédiens sont toujours présents, et vont s’asseoir au fond dès que leur scène est terminée, ils sont les spectateurs de la pièce. Les costumes sont sobres et assez jolis. Le décor est unique avec ça et là, des coussins, quelques chaises, des arbustes en pot. L’action se passe à la campagne.

D’emblée Antonia Malinova (Arkadina) s’impose, j’ai rarement vu une comédienne autant habitée par son personnage d’actrice vieillissante, égoïste, s’étourdissant de mots et de chansons pour paraître ce qu’elle n’est pas, dans ses élans de tendresse envers son fils, on ne sait si elle est sincère ou non. Sorine (Jean Hache) son frère, propriétaire d’un vaste domaine à la campagne mais qui préfère la ville, conseiller d’état il aurait voulu être écrivain.

Anne Bourgeois - qui signe la mise en scène - est Macha, l’amoureuse éconduite de Kostia, elle se mariera par raison à un brave homme qui est l’antithèse de ce dont elle rêve. Elle se console dans la vodka ! Philippe Ivancic interprête le rôle ingrat de l’instituteur Medvedenko, il est lui aussi tout en finesse et touchant.

Les parents de Macha, les régisseurs du domaine Chamraev et Paulina - Stéphane Russel et Laurence Fabre - l’un toujours fasciné par les acteurs, l’autre pleure tout le temps son amour impossible pour le docteur Dorn (Pierre Remund).

L’héroïne, Nina (Ariane Zantain) est le personnage le plus sensible de l’histoire, la plus pure, elle sera broyée dans son amour pour l’écrivain Trigorine (Philippe Sivy), homme séduisant et lâche qui sans difficulté, l’éconduira dès qu’elle lui aura cédée. Il a trop besoin de sa maîtresse Arkadina.
Nina ne veut pas voir l’amour que lui porte Treplev, fils d’Arkadina, qui tente vainement de percer dans le théâtre. Ariane Zantain joue bien son personnage, peut être aurait-il fallu plus de tourment, quand on sait tout ce qu’elle a endurée dans sa jeune vie. Le héros malheureux Kostia très bien interprêté par Stéphane Hausauer, il a la fougue et le désespoir.

Au final, un très bon spectacle à ne pas manquer, les acteurs de qualité. Le public était très attentif.

Théâtre 14 (01 45 45 49 77) 20 avenue Marc Sangnier 75014 PARIS
jusqu’au 14 juillet
tous les jours sauf dimanche et lundi : 20h30
matinée samedi : 16h
jeudi : 19 h

samedi 20 octobre 2007

Victor ou les enfants au pouvoir - Théâtre Antoine

Théâtre Antoine - Paris
mise en scène Alain SACHS
Avec :
Lorànt DEUTSCH ;Christiane MILLET; Philippe UCHAN ; Cerise;Urbain CANCELIER;Fabienne CHAUDAT;Isabelle TANAKIL;Pierre AUSSEDAT;Caroline MAILLARD
Décor Jacques VOIZOT
Lumières Philippe QUILLET
Costumes Pascal BORDET
Musiques Patrice PEYRIERAS

"Le jour de ses 9 ans, Victor, 1 mètre 80, culotte courte et idées bien arrêtées sur le monde des adultes, provoque toutes sortes de catastrophes qui s’enchainent les unes les autres."

Il est des pièces qu’il vaudrait mieux ne plus sortir du placard… la comédie qui a été créée en 1928, est très datée, les dialogues insipides, les situations grotesques sans être drôles (la femme pétomane…). C’est le théâtre de l’absurde et du surréalisme bien sûr, mais qui finit par lasser à la longue.

Le distribution pourtant est de qualité, et les comédiens jouent parfaitement, ils ont bien du mérite !

Pour inconditionnels de Lorant DEUTSH. C'est un bon comédien, et, chose rare il parle très bien lors de ses interview ! il peut faire une carrière à la Claude RICH, qui lui-même en 1960 a joué le rôle de Victor. Il a la même fraicheur juvénile.

Marcel Bozonnet a lui aussi enfilé les culottes courtes de Victor, à la comédie-Française dans les années 80.

lundi 15 octobre 2007

Nekrassov - Théâtre 14

mise en scène JP Tribout
Théâtre 14 Paris – jusqu’au 27 octobre
01 45 45 49 77

Une comédie de Sartre, très drôle, et comme le dit si justement le metteur en scène Jean-Paul Tribout, Nekrassov c’est «Arsène Lupin chez les réac» !

Nous sommes dans les années 50, à Paris. Comment manipuler les médias, mais aussi tel est pris qui croyait prendre…

Georges de Valéra, brillant escroc, se fait passer pour un ministre russe, qui selon les sources bien informées, serait passé de « l’autre côté » vers la liberté ! la situation est rocambolesque, mais Valéra arrive à persuader les actionnaires d’un journal de droite qu’ils sont sur une « liste noire » sauf le directeur dudit journal ! bien entendu, ils sont prêts à tout entendre, à croire n’importe qui, n’importe comment, et surtout comme ça les arrange.

Mais voilà, notre « Arsène » finit par ne plus contrôler la situation, ni même à s’amuser !

Eric Verdin (Valéra) joue de façon très subtile, il a un côté Louis Jouvet dans l’allure ! il passe aisément du comique au sincère. Henri Coursaux (Sibilot) larmoyant et servile, qui amène le loup dans la bergerie.

Tous les comédiens sont excellents et sont menés tambour battant par une mise en scène, drôle et inventive. Les décors sont judicieusement transformables.

Quelques extraits de chanson ainsi que la composition des comédiens imitant les vedettes de l’époque donnent le ton à cette comédie.

La pièce fut créée en 1955 au Theâtre Antoine, 60 représentations seulement. Michel Vitold tenait le rôle titre

mardi 25 septembre 2007

L'un dans l'autre - Petit théâtre de Paris

L’UN DANS L'AUTRE
COMÉDIE DRAMATIQUE de Marc Fayet,
mise en de scène de José Paul et Stéphane Cottin,
Marc Fayet (Stéphane), Lisa Martino (Juliette), Evelyne Dandry (Annie), Thierry Heckendorn (Pierre) et Gérard Loussine (Franck-Olivier).

Comme l'indique le titre de la pièce, deux scènes et deux saisons se déroulent dans le même appartement. Au début, Stéphane invite Juliette à passer un moment avec lui. La jeune femme réticente, accepte d’entrer ; elle semble perturbée, elle pose beaucoup de questions sur le frère jumeau de Stéphane. On saura à la fin pourquoi.

Pierre, le père de Stéphane, reçoit Annie au même endroit après une soirée au théâtre, pour « prendre un dernier verre ». Ils ont été amants autrefois et Pierre souhaiterait renouer. Elle-même ne semble pas s’y refuser. Saura-t-il la reconquérir ?

On comprend petit à petit le déroulement de l’histoire et l’événement qui bouleversera la famille, par l’intervention de Frank-Olivier leur voisin - grand gaffeur faussement jovial et amateur de déguisement et devinettes -, qui dans un cas comme dans l’autre vient déranger leur projet !

Les deux aventures, qu’on croyait simultanées, ne le sont pas ; les époques se croisent, déroutant un peu le spectateur ; chacun imagine ce qu’il veut.

Le texte est subtil, les comédiens sont excellents et l’interprétation culmine dans l’échange final entre le père et le fils. La mise en scène est simple malgré la complexité du sujet.

Marc Fayet est également l’auteur de « Jacques a dit », pièce donnée dans ce même théâtre.

www.theatredeparis.com

samedi 23 juin 2007

La Montansier - théâtre Montansier

à Versailles au théâtre Montansier.

Dès l'accueil du public, le personnel est déguisé en révolutionnaires !
Dans la salle, des acteurs en costumes, s’installent parmi le public et sont là pour « chauffer la salle » ! On devra huer, applaudir, invectiver. Enfin bref, le ton est donné, nous assisterons à un procès.

Un tambour précède la fameuse Montansier, accusée par le comité de salut public d’avoir fait construire son théâtre de la rue de la loi avec l'argent de l'ennemi et d’avoir profité des largesses de Marie-Antoinette et des princes.

Le juge la charge de tous les maux, le greffier essaie de tempérer, et ses plus ardents défenseurs se trouvent parmi le public.

Après tout elle a fait comme tout le monde, obséquieuse avec les Grands, esclavagiste avec ses comédiens qu’elle ne payait pas, se mêlant aussi de leur vie privée, refusant à Beaumarchais sa pièce « le mariage de Figaro » parce qu’il fallait le payer !

L’adaptation tourne autour de la première « femme d’affaires du 18ème siècle », attirant bien sûr la convoitise et la jalousie. C’est son procès avec en arrière-plan les scènes de sa vie de la Montansier, sa tante, ses amants, sa servante dévouée. Pour la partie musique, Anne-Claude Villard, violon solo et les élèves du CNR interprètent des œuvres d’Ignace Pleyel.

Par contre si les comédiens jouent parfaitement, la pièce traine en longueur (3 heures !), l’auteur a voulu trop appuyer sur le féminisme pour défendre son héroïne, mise en scène avec interaction du public – on se lève quand le tribunal rentre en scène, ils nous ont vainement fait chanter un couplet de la Marseillaise ! – Tout cela était bien trop long.

De Anne Kellen librement adapté du livre de Patricia Bouchenot-Déchin
Mise en scène Jean-Daniel Laval
Avec Rafaële Minnaert, Amélie Gonin, Claire Mirande, Tiphaine Vaur, Françoise Bussy, Mathilde Puget, Clotilde Daniault, Anne Ruault., Denis Llorca, Jean-Daniel Laval, Thierry Lavat, Alain Lawrence, Damien Coden, Cédric Miele, Vincent Caire, Oliver Lecoq, Jean-Pierre Savinaud.

lundi 19 mars 2007

La fourmi et la cigale - Petit Hébertot

A la manière de...

Un certain Mougenot de sa plume audacieuse
Osa La Fontaine imiter de façon fort heureuse
Il y parvint aidé de son frérot
Nous faire rire fut son plus beau cadeau
Les plus grands noms ils pastichèrent
De Racine à Verlaine et Rimbaud et Molière
Courez si m'en croyez, n'attendez à demain pour réserver
Vous délecter de cette fourmi et sa copine cigale
Revisitée aussi par Colombo, les feux de l'amour et notre cher Audiard !