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mardi 1 octobre 2019

L'un de nous deux - Jeanneney - Petit Montparnasse


site du théâtre ICI
Petit Montparnasse
mardi au samedi 19h - dimanche 15h
durée 1h25


L’un de nous deux
Jean-Noël Jeanneney

Mise en scène Jean-Claude Idée
Avec Christophe Barbier, Emmanuel Dechartre et Simon Willame


1944, Léon Blum, fidèle de Jaurès et chef du Front populaire et Georges Mandel, collaborateur de Clemenceau sont prisonniers en Allemagne près du sordide camp de Buchenwald.

Ils sont opposés tant sur le plan politique que personnel. Blum prend tout au sérieux, Mandel essaie de le dérider par l’écoute d’un disque, qui offusque Blum ! Les paroles de la chanson sont en effet équivoques sur la sincérité et l'honnêteté des hommes politiques… Il arrive pourtant à le faire sourire par l’évocation d’une anecdote lorsqu’il était ministre des PTT.

Entre l’écoute des nouvelles à la radio, ou le billard, qu’ils ont à disposition, des livres français aussi, les deux hommes malgré leurs divergences, parlent de leur parcours politiques, de leurs rêves et des désillusions. Mandel “pénalise” Blum, celui-ci en effet, parle un peu trop souvent de Jaurès, c’est un jeu entre eux, un petit buste du “Tigre” est aussi sur un buffet, chacun son idole ! Ils ont du respect l’un pour l’autre. Blum tente l’apaisement envers le jeune soldat allemand, Mandel quant à lui le houspille !

Ils le savent, ils sont en sursis, mais lequel partira le premier ? Tout va s’accélérer avec l’assassinat de Henriot, Hitler réclame une tête...

Jean-Claude Idée connaît son sujet, et on peut lui faire confiance, depuis les “Meilleurs alliés” dans ce même théâtre, décor soigné, vidéo qui représente l’extérieur de leur prison, allées et venues des automobiles, puis actualités d’époque.

Christophe Barbier et Emmanuel Dechartre sont convaincants jouant chacun leur partition, l’un plus léger et l’autre plus sombre.

Un sujet difficile mais bien interprété, qui fait réfléchir.

Anne Delaleu
1er octobre 2019
Petit Montparnasse

mardi 8 novembre 2016

Audience et Vernissage - V. Havel - Artistic Athévains


Site du théâtre ICI
jusqu'au 15 janvier 2017
mardi, mercredi, jeudi 19h
vendredi 20h30
samedi 18h et dimanche 15h

Audience 
Vernissage
Vaclav Havel (1936-2011)
Mise en scène Anne-Marie Lazarini
Photos Marion Duhamel

Audience (Stéphane Fiévet et Cédric Colas)

Deux personnalités contrastées : le ton est donné dès les premières minutes dans une mise en scène très créative. L'un grand, fort, volubile, sanguin, submergé par ses émotions, ses ressentiments. L'autre petit, frêle, renfrogné, prostré, incapable d'exprimer un sentiment. Néanmoins, ce qui les unit est une même blessure : la privation de liberté.

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Certes, Ils sont issus  de milieux  différents : ouvrier pour l'un, intellectuel pour l'autre mais, qu'importe ! L'intellectuel rêve d'être magasinier, l'ouvrier rêve de rencontrer le monde de la culture et notamment une comédienne de renom. Une belle manière de se reconstruire: goûter à nouveau aux plaisirs de l'échange, du débat d'idées, réconcilier en somme le corps et l'esprit et reconquérir leur liberté ; nous voulons que ces rêves les ressuscitent…. 


Brutalement, l'intellectuel  à son tour devient véhément, cassant : ses convictions vont-elles briser le rêve ?

Cédric Colas et Stéphane Fiévet incarnent de manière très réaliste ces deux personnages desquels ressort une vérité à la fois déconcertante et troublante.



Vernissage (Frédérique Lazarini, Marc Schapira et Cédric Colas)
Œuvre picturale Miroslav Moucha

Un leitmotiv dans la pièce pour ce couple "Nous sommes tes amis, nous t'aimons, nous voulons ton bien". Nous réalisons au fur et à mesure que ces propos se résument à l'injonction "Prends modèle sur nous !"



Nous réussissons tout : un couple uni, un art de vivre raffiné, à goûter nos mets et écouter notre musique, un appartement cossu,  un enfant prodige… Cette autosatisfaction grotesque voire cynique est admirablement jouée par Frédérique Lazarini et Marc Schapira. 

Pris en étau, l'ami Cédric Colas révèle un jeu subtil : il est indifférent puis résiste et enfin se rebelle face à une telle indécence. A son tour, le couple est déstabilisé puis vacille : leur ami n'est-il  pas seulement  un réceptacle pour donner un sens à leur existence ? 


A vous d'en juger !

Vous serez en effet au théâtre comme dans un appartement et, cette proximité physique avec les acteurs est une expérience magique.

Monique Lecointe
8 novembre 2016



mercredi 12 avril 2017

A haute voix - théâtre de l'Atelier



« A HAUTE VOIX »
Du 25 avril au 31 mai 2017
THEÂTRE DE L’ATELIER
Théâtre et politique ont toujours vécu en parallèle, pour que des voix se fassent entendre avec éloquence, dans la cité.
Paroles citoyennes pour évoquer l’individu et sa place dans la société, celle qu’il a, ou qu’il voudrait avoir,
Paroles d’éloquence politique, sans se détacher de l’aspect artistique,
Parole de courage,
Paroles d’exils,
Paroles qui questionnent sans idée de parti-pris,
Paroles à contre courant parfois, rendues nécessaires quand elles se sont exprimées en droit et en devoir contre l’opinion majoritaire,
Parole de conviction aussi, par leur qualité littéraire,
Paroles et discours prononcés à « Haute Voix » pour être entendus.
Annie Lozach' (conférence du 18 avril à l'Atelier) 

Site du cycle et réservations ICI

Mardi 25 avril à 21 h
CARTE BLANCHE A EMMANUEL NOBLET
LE GOÛT D’ETRE ENSEMBLE
d’après MURMURES À LA JEUNESSE et NOUS HABITONS LA TERRE
de Christiane Taubira, mise en voix d’Emmanuel Noblet,
Avec 8 jeunes comédiens et comédiennes de la classe « égalité des chances » de la MC 93
« Convoquer la parole républicaine, les principes et les poètes, les grandes voix dont les mots affutés comme des armes et la pensée claire comme la note juste, affirment le besoin de liberté, le combat pour l’égalité et le devoir de fraternité. Par-delà les convictions politiques, au détour de l’entre-deux tours, dans l’obscurité qui monte, faire entendre la clarté des mots de Christiane Taubira par les voix de la classe « Égalité des chances » de la MC93 » Emmanuel Noblet.

Mercredi 26, Jeudi 27 et vendredi 28 avril à 21 h
ÉLOQUENCE À L’ASSEMBLÉE
de Pierre Grillet et Jérémie Lippmann, mise en scène de Jérémie Lippmann
Avec JoeyStarr
Les discours prononcés à l’Assemblée nationale sont faits pour être entendus.
Il faut entendre Robespierre. Il faut entendre Hugo. Il faut entendre Lamartine, L’abbé Grégoire et Aimé Césaire. Ecrivains, révolutionnaires, aventuriers ou chef de guerre, ce sont de grandes plumes à voix haute.
Joeystarr nous les restitue avec une force et une émotion qui bouleversent. On entend le peuple gronder dans sa gorge…

Du mardi 2 au samedi 6 mai à 21 h - Dimanche 7 mai à 16 h
1988 LE DEBAT MITTERRAND / CHIRAC
Avec Jacques Weber - François Morel et Magali Rosenzweig
« Vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier Ministre… »
La confrontation idéologique, celle des caractères et de la pensée, l’excellence du dialogue honore une fois encore le fondement même de la démocratie, très vite la rumeur et les commentaires vont l’appeler : face à face ou duel, on parlera même de mise à mort !

Mardi 9 mai à 20 H 45
LA PRÉSIDENTIELLE VUE DE L’ÉTRANGER
Alors que les Français viennent d’élire leur nouveau président, quel regard les observateurs étrangers portent-ils sur le nouvel hôte de l’Elysée?
Avec
Lara Marlowe, correspondante à Paris du Irish Times
Alberto Toscano, chroniqueur à la Rai
Philip Turle, rédacteur en chef du service anglais de RFI
Michaela Wiegel, correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
Stéphane Rozès, politologue, président du CAP, enseignant à Sciences-Po et HEC
Rencontre animée par Sara Yalda

Mercredi 10 mai à 21 h
ALORS JE N’AURAI PAS VECU EN VAIN
Martin Luther King / Georges Jackson
de Pierre Tré-Hardy et mis en voix par Sally Mikaleff
Avec Lucien Jean-Baptiste et Cyril Guei
Martin Luther King et George Jackson ont voué leur vie à la lutte contre la ségrégation raciale en Amérique.
Un combat commun.
Martin Luther King, pasteur baptiste afro-américain, militant non-violent reçoit en 1964 le Prix Nobel de la Paix pour son combat aux droits civiques des Noirs-Américains.
George Jackson qui a été condamné à un an de prison à l’âge de dix-huit ans pour un vol de soixante-dix dollars, s’engage de sa prison de Soledad dans le mouvement politique et révolutionnaire des Blacks Panthers.

Jeudi 11 mai à 21 h
LA VERITE EN MARCHE, EMILE ZOLA
Adaptation de Anne Rotenberg et Gérald Sthers mis en voix par Didier Long
Avec Stéphane Guillon
Quand un écrivain s’insurge contre l’injustice, brave les interdits, l’opinion publique, les lois…
Le 13 janvier 1898, Émile Zola publie dans le journal L’Aurore, une lettre ouverte au Président de la République, Félix Faure, dont le titre inaugure la plus célèbre anaphore de la littérature française avec sa litanie provocatrice de : « J’accuse… ! » qui s’adresse successivement aux ministres de la Guerre et aux officiers de l’état-major auxquels il reproche de préférer une erreur judiciaire sur fond d’antisémitisme plutôt que de prendre le risque d’affaiblir l’armée.

Vendredi 12 mai à 21 h
CE QUE C’EST QUE L’EXIL, VICTOR HUGO
adaptation libre de Françoise Hamel
Avec Jacques Weber
Le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851 marque la fin de la Deuxième République et le début de l'exil de Victor Hugo.
Ce que c'est que l'exil transpose en affirmation générale cette expérience personnelle. "Un homme [...] tellement dépouillé qu'il n'a plus que sa conscience, tellement isolé qu'il n'a plus près de lui que l'équité, tellement renié qu'il n'a plus avec lui que la vérité, tellement jeté aux ténèbres qu'il ne lui reste plus que le soleil, voilà ce que c'est qu'un proscrit. »
Créé au Festival L’Invitation aux voyages de Biarritz en octobre 2016.

Samedi 13 mai à 21 h
LETTRES A STALINE MIKHAÏL BOULGAKOV
adaptation de Gérald Sther
Avec Denis Lavant
En mars 1930, Boulgakov écrit une longue lettre à Staline dans laquelle il fait le bilan des interdictions et censures qui le frappent. Il demande à pouvoir quitter l’URSS. Commence alors avec Staline une étonnante correspondance, faite de menaces, de suppliques, de brouillons non envoyés signés Tarzan et de signes énigmatiques d’un Sphinx tyrannique

Mardi 16 mai à 21 h
LA CHUTE
d’Albert Camus
adaptation Catherine Camus et François Chaumette mise en scène et Avec Ivan Morane
« Je me suis laissé emporter par mon propos : brosser un portrait, celui d'un petit prophète comme il y en a tant aujourd'hui. Ils n'annoncent rien du tout, et ne trouvent pas mieux à faire que d'accuser les autres en s'accusant eux-mêmes. » Albert Camus (Entretien dans Le Monde, 31 août 1956 )

Mercredi 17 mai à 21 h
LE TRIBUN
« Pour un orateur politique, éclats de fanfares et haut-parleurs »
de Mauricio Kagel mis en scène par Vincent Tordjman
Avec Dominique Pinon
Le célèbre compositeur, chef d’orchestre et metteur en scène, parodie avec un humour décapant le discours des dictateurs populistes, universel et formaté, au rythme galvanisant des marches militaires.

Jeudi 18 mai à 21 h
JE VEUX ESPERER ENCORE, JEAN JAURES
Conception et mise en espace Léonard Matton
Avec Richard Bohringer

Vendredi 19 mai à 21 h
MARIE-ANTOINETTE, CORRESPONDANCES PRIVEES
D’Evelyne Lever
Mise en scène de Sally Micaleff
Avec Fabienne Périneau

Samedi 20 mai à 21 h
ELLES PRENNENT LA PAROLE
Mise en voix d’Anouche Setbon
Avec Nathalie Cerda, Julie Depardieu, Andréa Ferréol et Juliette Biry
De Olympe de Gouges à Simone Veil, de Louise Michel et Georges Sand à Gisèle Halimi, de Simone de Beauvoir au « Manifeste des 343 », ELLES prennent la parole.

Mardi 23 et mercredi 24 mai à 21 h
ZHUMAINS, CONFERENCE-SPECTACLE « ANTI-FIN DU MONDE »
de et avec Catherine Dolto et Emma le clown

Où il est question d’écologie, de pollution, déforestation, nucléaire, malbouffe, conditions d’élevage des animaux, consommation…


mardi 20 février 2018

Zig Zag - Lemaire - Petit Montparnasse

mardi au samedi 19h - dimanche 17h15
durée 1h30
site du théâtre ICI

Zig Zag
Xavier Lemaire


Texte et mise en scène Xavier Lemaire
Avec : Xavier Lemaire (Alain Sachs à partir du 28 février au 7 mars), Isabelle Andreani, Frank Jouglas

Savez-vous ce qu’est une “servante” ? oui c’est un personnage, une fonction, mais sur scène, c’est une lampe sur pied posée au milieu du plateau et qui veille sur le théâtre et ses fantômes… Pas la peine de demander aux deux olibrius sur scène, clowns maladroits, qui tentent de monter le décor… le pauvre metteur en scène Xavier Lemaire aura bien du mal à se faire entendre et comprendre par ces deux-là !

“Le médecin malgré lui” est une farce de Molière, Xavier Lemaire nous propose de nous en présenter le 1er acte en trois versions, et de nous faire savourer des textes de comédiens, de metteurs en scène sur le théâtre qu’il aime tant et qu’il sert si bien.


Première version classique, de plus ou moins bon goût, mais le texte de Molière sans être cru et assez équivoque ! les costumes sont dans la tradition, “jaune et vert” pour Sganarelle comme le voulait Molière.

Deuxième version cérébro/culturo/rasoir, les deux comédiens de noir vêtus, “crachent” le texte, se roulent par terre, borgborismes à l’appui !

Troisième version moderne/réaliste, Sganarelle et Martine sont SDF, on ne comprend guère ce qu’ils disent mais ils sont à fond dans le jeu.

Il y a aussi l’audition surprise de deux apprentis comédiens qui nous réservent bien des surprises ! l’un a un égo surdimensionné quant à la fille, elle sort de sa superette et serait bien mieux dans une télé-réalité.

Xavier Lemaire nous initie à l’art de la mise en scène et de l’envers du décor avec beaucoup d’humour, Isabelle Andréani prouve une foi de plus l’étendue de son talent, elle est complétement déjantée ! Frank Jouglas lui aussi a de l’énergie à revendre, un comédien à suivre.
On rit beaucoup avec ses farceurs, un très bon moment de théâtre.


Anne Delaleu
20 février 2018

jeudi 7 juillet 2011

Capitaine Fracasse - théâtre 14


Il Capitano Fracasse
Très librement inspiré du roman Le Capitaine Fracasse(1863) de Théophile Gautier (1811 – 1872)

Adaptation et mise en scène : Jean-Renaud Garcia
Chorégraphie des combats : Nicky Naudé
Direction chant : Marie-Georges Monet
Création sonore : Lug Lebel
Création Lumières : Geneviève Soubirou
Costumes : Julia Allègre

Avec Albert Bourgoin, Eric Chantelauze, Marie Cuvelier, Emmanuel Dechartre, Norbert Ferrer, Marine Gay, Frédéric Guittet, Patrick Hauthier, Yvon Martin, Zoé Nonn, Patrick Simon, et en alternance, Michèle Ernou, Claire Maurier.


Deux comédiens entrent en scène portant une affiche sur laquelle est inscrite qu’un certain « instrument n’existait pas à l’époque de la pièce et qu’il ne faut pas oublier de l’éteindre » !

C’est un beau roman de cape et d’épée et les comédiens de théâtre en sont les héros, ainsi qu’un baron bien désargenté qui pourrait être cousin de Cyrano.

L’action se passe sous le règne de Louis XIII. Une troupe de comédiens répète « le capitaine Fracasse », ce qui donne lieu à quelques beaux passages de commedia dell’arte parsemées de quelques répliques du sieur Molière. Ils reprennent la route mais se trouvent piégés par un orage. Ils trouvent refuge dans le château du baron de Sigognac, celui-ci est ravi d’avoir une si belle compagnie, il s’ennuie tant ! Tant et si bien qu’il les suit, surtout pour les beaux yeux d’Isabelle la jeune première, il a fort à faire aussi pour résister aux avances de la séductrice Sérafina, ainsi qu’aux regards énamourés de Dame Léonarde , bien trop mûre quand même !

Matamore le comédien qui devait jouer le grand rôle meurt d’épuisement, Sigognac relève le défi, et reprend son personnage, quoique ces premiers pas sur scène ne soient guère « fracassants » au grand dam du directeur de troupe.

Invités par un voisin du baron, un marquis qui trouve Zerbine bien à son goût… la troupe joue devant le Duc de Vallombreuse qui est plus intéressé par Isabelle que par la pièce, ce vilain personnage décide de l’enlever et de s’en faire aimer de force s’il le faut ! C’est sans compter sur la fougue de Sigognac qui ne laisse pas sa rapière dans son fourreau.

Entre chaque tableau, un comédien vient nous résumer ce qui s’est passé, et nous avons ainsi droit à tout le récit depuis le début par Jacquemin le bègue de service, qui ne s’en sort pas si mal !

Les comédiens s’amusent et sont très crédibles chacun dans leur rôle. Une belle unité de ton et de jeu.

Pour fêter dignement le bicentenaire de la naissance de l’auteur, le théâtre 14 a fini sa saison en beauté. Cette adaptation est fidèle au roman, il y a de l’amour, de la séduction, de la danse, du chant et de belles passes d’escrime !

Gautier est également l’auteur de nombreux livrets de ballet, dont « Gisèle » d’Adolphe Adam (1841) ou encore la Péri. Ces deux autres romans « Le roman de la momie » (1858) et «  Mademoiselle de Maupin » (1845) sont parmi les plus connus également.

Lisez ou relisez  Gautier, c’est une production foisonnante :  des essais, de la poésie, des récits de voyages, des articles sur la musique et la danse, des romans.

De nombreuses adaptations cinéma dont la plus célèbre avec Jean Marais dans le rôle-titre, ou encore plus près de nous le film d’Ettore Scola « le voyage du capitaine Fracasse », des adaptations théâtrales également dont une que j’ai vue avec Jean-Claude Drouot à l’Odéon dans une mise en scène de Marcel Maréchal.

Pour suivre la tournée : www.le-capitaine-fracasse.fr

mardi 18 mars 2014

Bash - LaBute - théâtre 14



Texte français de Pierre Laville et mise en scène de  Gilbert Pascal
Avec Sarah Biasini et Benoît Solès

Trois séquences, trois destins, trois crimes impunis…
Première histoire : Afin de sauver son emploi, un homme nous raconte comment il a su « attendrir » ses responsables et éviter ainsi un licenciement…
Sa femme et sa belle-mère étant parties au supermarché, il reste à la maison pour garder Emma leur petite fille de quelques mois. Elle dort dans le grand lit de ses parents, sous les couvertures. Lui se prélasse sur le canapé du salon en regardant la télé et s’endort. Le drame, il n’a pas entendu les pleurs d’Emma qui s’est étouffée sous les couvertures et le lourd édredon qui recouvrait le lit.
Il raconte l’enquête, le flic qui le questionne, et puis le retour au bureau, les collègues compatissants. Et puis, tout rentre dans l’ordre, il a sauvé sa peau, quatre de ses collèges sont licenciés, dont la femme qu’il ne supportait pas et dont il craignait qu’elle le remplace.
Un jour en prenant un verre avec un de ses amis, il apprend la vérité, Emma serait encore en vie, lui ne l’aurait pas regardé mourir sans rien faire.
Deuxième histoire : Elle est rieuse la jeune femme qui se raconte, elle nous avoue son admiration envers son professeur, elle avait 13 ans et flattée qu’il l’a remarque. Un jour il la séduit, elle l’aime, elle est heureuse. Quand elle lui annonce sa grossesse, il le prend parfaitement bien, il est heureux. Elle ne dira rien à ses parents, elle lui fait la promesse que jamais elle ne dira qui est le père de son enfant. Et puis quelques mois plus tard, elle apprend par hasard qu’il a quitté l’université sans la prévenir. C’est un choc pour elle. Elle retrouvera sa trace quelques années plus tard, leur fils a grandi, c’est un adolescent. Il sera heureux de le rencontrer, il est marié mais sans enfant. Sa vengeance ? elle provoquera l’électrocution de leur enfant, c’est un accident, il écoutait de la musique avec ses écouteurs dans la baignoire. 
Dernière histoire, un couple se trémousse sur la piste de danse, jolie blonde pas futée mais très amoureuse et lui beau regard, mince, ils sont ensemble depuis quelques temps. Ils ont fait une virée avec des copains et se retrouvent à Manhattan au Plazza. la fête bat son plein, ils sont éméchés, et les filles de leur côté se reposent dans leur chambre, tandis que les trois garçons sortent prendre l’air dans un jardin, ils surprennent deux hommes enlacés, le dégoût et la rage leur donnent une idée atroce, le premier garçon tend un piège et donne le signal de la curée à ses deux copains. Ils frappent et laissent l’homme sur le carreau, ils retournent à l’hôtel comme si de rien n’était, la jolie blonde retrouvera dans son verre, l’anneau volé par son fiancé à l’homme qu’ils ont tué. Elle ne se rend compte de rien, et les trois hommes ne dévoileront jamais leur forfait.
Trois histoires, denses, dures, dites avec talent par Sarah Biasini et Benoît Solès, ils vivent le texte si intensément que ça fait froid dans le dos.

 Neil LaBute né en 1961 à Détroit, auteur de "la forme des choses"

vendredi 16 septembre 2011

Collaboration - théâtre des Variétés



Collaboration de Ronald Harwood

Michel AUMONT : Richard Strauss
Didier SANDRE : Stefan Zweig
Christiane COHENDY : Pauline Strauss
Stéphanie PASQUET : Charlotte Altmann
Décors Agostino Pace



Ronald Harwood signe là encore une très bonne pièce, dont  le sujet « collaboration et art » lui tient à cœur, après  « A torts et a raison » qui relate le procès contre Willem Furtwängler et « l’Habilleur » qui se déroule pendant la seconde guerre dans une petite ville de Grande Bretagne. Il a écrit nombre de scenarii dont «le pianiste » de Roman Polanski.

L’art doit-il faire l’impasse sur la politique ? Peut-on ignorer ce qui se passe autour de nous ?  Le titre est à double sens, collaboration entre deux immenses artistes allemands, collaboration avec le pouvoir en place.

Le musicien cherche désespérément un sujet d’opéra et surtout un librettiste, après le décès de Hofmannsthal qui lui avait écrit "Elektra", "le Chevalier à la rose", et tant d’autres. Son épouse Pauline, ancienne soprano, qu’il a épousée en 1894, l’engage à joindre Stephan Zweig pour travailler avec lui, elle est très admirative des écrits de celui-ci.

La rencontre de Richard Strauss et Stefan Zweig est chaleureuse, les deux artistes se vouant l’un à l’autre une profonde admiration. Zweig propose un livret d’après une nouvelle de Ben Johnson « La femme silencieuse ».  Strauss est très enthousiaste, mais Zweig doit finir avant tout son livre sur « Marie-Antoinette » ce qui retarde un peu la production de l’opéra au grand dam du musicien.

Zweig est tourmenté et à raison par le régime nazi en place, dont se soucie peu Strauss, lui ne vit que par l’art et pour l’art et comprend mal ou s’agace des terreurs de son ami. Malheureusement, Goebbels «proposera »,  en fait ordonnera à Strauss de devenir Président de la Reichsmusikkhammer en 1935. La belle-fille de Strauss est juive ses petits-enfants également, Il n’a pas d’autre issue que de prendre parti tout en pensant, naïvement qu’il pourra contrôler les dérives du gouvernement en matière d’art et surtout protéger sa famille.

La première de la « femme silencieuse » se déroulera en présence du Führer accompagné de Goebbels ! Zweig est indigné et annonce à Strauss qu’il n’y assistera pas, celui-ci ne comprend pas sa réaction. Le jour de la représentation, le Directeur annonce à Strauss que malheureusement l’avion d’Hitler ne peut pas décoller à cause des intempéries… Pauline Strauss est soulagée et le musicien aussi, celui-ci fera acte de résistance en découvrant que sur les affiches de son opéra, le nom du juif Zweig n’est pas mentionné. Strauss entre dans une colère monstre et déclare au Directeur qu’il n’assistera pas à la représentation si un bandeau n’est pas rajouté sur les affiches avec le nom de son ami ! Le directeur s’incline, il perdra sa place.

Le triomphe est tel que Strauss téléphone à Stephan pour lui raconter le délire et l’enthousiasme des spectateurs, il est heureux. Zweig est anéanti par l’attitude irresponsable de Strauss… Malgré le succès de l’œuvre, celle-ci sera retirée à la demande d’Hitler.

La dernière scène est le procès en « dénazification » de Strauss, très affaibli celui-ci tente de se justifier comme il peut, il pleure la mort de son ami qui a préféré le suicide avec sa compagne au Brésil en 1942.

Michel Aumont donne une dimension humaine à son personnage, son côté bougon et ses échanges avec Christiane Cohendy sa soprano d’épouse apporte un peu de légèreté.

Didier Sandre est parfait dans son rôle d’écrivain tourmenté, d’humaniste meurtri par la folie des hommes.

Tous les comédiens sont excellents, Stéphanie Pasquet, Eric Verdin, Patrick Fayet et Sebastien Rognoni aidés par la mise en scène de Georges Werler et les décors de Pace.