jeudi 20 février 2020

Dix ans après - D.Foenkinos - Théâtre de Paris


10 ans après
David Foenkinos

Metteur en scène Nicolas Briançon
Assistante à la mise en scène Mathilde Penin
Décors Jean Haas

Avec Mélanie Page, Bruno Solo et Julien Boisselier


Yves a piqué la femme de son meilleur ami il y a dix ans. Mais la routine s’est installée, trop plan-plan, trop “gilet de flanelle”, Yves ne reproche à sa femme que sa gentillesse et sa bonne humeur. Il a une bien vilaine idée derrière la tête, quand il invite Pierre le “cocu” de l’histoire.

Yves veut quitter sa compagne, mais en douceur et sous prétexte qu’elle ne pourrait pas vivre seule, souhaite Pierre comme consolateur ! En fait, c’est un égocentriste, qui ne veut qu’une chose reprendre sa liberté, mais son petit jeu de manipulation l’amuse beaucoup aussi.

La jeune femme ne saisit pas bien la situation, l’homme de sa vie c’est Yves l’écrivain, en manque d’inspiration, Pierre est toujours assureur, sympa mais bon… refaire sa vie avec lui…

Julien Boisselier balance ses vérités et ses vacheries avec une aisance désarmante, Bruno Solo est pleurnichard et lâche sûrement ! Mélanie Page, douce, jolie, n’est pas si sotte ni docile que l’on pourrait croire...

Le texte de David Foenkinos (un de mes auteurs préférés), regorge de bons mots et de situations cocasses, imprévues aussi. Les hommes en prennent pour leur grade, mais c’est si bien écrit !

Une mise en scène efficace et drôle de Nicolas Briançon dans les décors de Jean Haas.

J’ai ri du début à la fin et je n’étais pas la seule !
Anne Delaleu
20 février 2020
théâtre de Paris


mercredi 19 février 2020

Dernier carton - O. Balu - théâtre du Gymnase


Le dernier carton
Olivier Balu

Mise en scène Laurent Ziveri
Avec Patrice Laffont, Michaël Msihid

Une pièce vidée de ses meubles, un dernier carton sur lequel est assis un homme, il semble inquiet, fatigué, l’oreille collée à son portable, il laisse un message.

Pour se consoler, il y a la bouteille de whisky qui ne le quitte pas, enfin le déménageur revient, pour la signature des documents.

Oussama, le jeune déménageur, a reconnu son client, en effet Richard anime une émission de télé sur la littérature, ce n’est pas le même monde, c’est certain, L’un est habitué à ce qu’on le reconnaisse, intello mais pas trop, l’autre est malhabile dans ses propos.

Richard est à peine aimable, il a ses soucis, sa compagne ne le rappelle pas, et voilà l’autre qui le harcèle, il en est même inquiétant… Le jeune homme aurait envoyé à son intention un manuscrit, Richard ne l’a pas reçu ou pas lu enfin il s’en fiche, Diane ne le rappelle pas alors les états d’âme du déménageur !

Oussama, devient violent, Richard tente de le raisonner, le manipuler surtout, comment faire pour fuir ce cinglé ? Richard est obsédé par Diane, ce jeune imbécile la connaît ? Apparemment oui…

Un bon suspens et une fin inattendue, le texte de Olivier Balu est trés bien servi par Patrice Laffont et Michaël Msihid. Ils sont d’un naturel confondant, Patrice Laffont bien connu en tant qu’animateur revient avec brio à ses premières amours, Michaël Msihid a une présence indéniable.

Si vous envisagez de déménager, je ne vous conseille pas Oussama… mais je vous recommande cet excellent moment de théâtre.

Anne Delaleu
19 février 2020
théâtre du Gymnase - salle

vendredi 14 février 2020

Double Jeu - B. Massiot - théâtre du Gymnase


Double jeu
Brigitte Massiot

Mise en scène Olivier Macé, assisté de Laurence Guillet

Avec Nathalie Marquay-Pernaut, Olivia Dutron, Juliette Degenne, Charlotte Kady,
Pierre Deny, Philippe Roullier, Bernard Fructus.

“On s’était dit rendez-vous dans dix ans…” la chanson de Bruel pourrait illustrer les retrouvailles chez Charly, elle est très nerveuse, en effet elle s’est décidée à inviter ses copains de fac après 35 ans ! Pourquoi ?

Il y a Luc et Caroline (Pierre Deny et Olivia Dutron) qui se sont mariés, il est avocat, bel homme, quant à elle, on voit bien dans son attitude qu’elle s’inspire des séries américaines des années 80 ! Ils ont cinq enfants qui apparemment s’envolent du nid familial.

Pierre (Philippe Roullier), est un psy reconnu, invité sur les plateaux télés. Marjorie (Nathalie Marquay-Pernaut) “glamour”, provocante, elle agace Caroline qui veille au grain...
Simon (Bernard Fructus), inspecteur de police, il subit avec bonhomie les vannes de ses amis et à bien l’intention de passer une bonne soirée. Quant à Abigail (Juliette Degenne) elle fait dans l’écolo, bio, zenitude et cie.

La soirée de retrouvailles se passe sous “haute tension”, petites agaceries entre amis, remarques désobligeantes avec le sourire… et puis le jeu du chapeau, oui ils vont refaire ce jeu qui les amusait beaucoup, chacun met un papier dans le chapeau et à tour de rôle doivent imiter une personne de leur groupe. Mais la soirée dérape lorsque Abigail tire un papier, pas d’imitation à faire mais découvrir parmi eux, l’assassin de leur copain, mort défenestré à 18 ans, lors de leur dernière party !

Coup de froid sur la soirée, soupçons, mensonges, lâchetés, il n’est pas toujours bon d’organiser des soirées avec les anciens !

Une très bonne pièce, un suspens et une fin inattendue, les comédiens servent parfaitement le texte grâce à la subtile mise en scène d’Olivier Macé, dans le très chic décor de Olivier Prost.

Moralité, surtout n’invitez pas vos anciens copains de classe, on ne sait jamais !

Anne Delaleu
14 février 2020
Théâtre du Gymnase

samedi 8 février 2020

Un contrat - T. Benacquista - théâtre du Gymnase



Un contrat
Tonino Benacquista


mise en scène Stanislas Rosemin

Avec Patrick Seminor et Olivier Douau



Psychanalyste, un beau métier, mais bien dangereux parfois…
Tueur à gages, un drôle de métier, mais bien stressant parfois…

Un homme entre dans le cabinet du médecin, rapide coup d’oeil au divan… il préfère le tabouret, le thérapeute laisse faire. Son patient souffre de crises d’angoisse, il parle, parle, il est agacé par le silence du médecin, mais après tout c’est le but, parler, laisser remonter les souvenirs.

Le médecin finit par comprendre à qui il a affaire, il essaie de faire volte-face mais trop tard, il doit subir le chantage, mais qui finira par manipuler l’autre ? Les séances se suivent, parfois violentes, parfois drôles, le tueur à gages doit effectuer un “contrat”, ses crampes, ses nausées, se pourrait-il qu’en accomplissant son geste il guérisse ? Il raconte son premier “contrat”, le psy le pousse dans ses retranchements, a-t-il vu sa victime ? qu’a-t-il éprouvé la première fois ? beaucoup de questions, mais peu de réponses.

Tonino Benacquista est scénariste, auteur, il navigue à vue et surnage dans le roman noir avec bonheur, il a écrit ici son unique pièce de théâtre et c’est une réussite. Le dialogue est prenant, les comédiens investis, une mise en scène sobre et efficace.


Une bonne soirée de polar au théâtre ça ne se refuse pas !
Anne Delaleu
8 février 2020
théâtre du Gymnase


vendredi 7 février 2020

Est-ce que j'ai une gueule d'Arletty - Petit Montparnasse


Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?
Spectacle musical d’Éric Bu & Elodie Menant

Mise en scène: Johanna Boyé

Avec Céline Espérin, Élodie Menant, Marc Pistolesi, Cédric Revollon et Mehdi Bourayou

En piste ! la grande Arletty nous raconte sa vie, aidée par des comédiens et musiciens.

Il était une fois, à Courbevoie dans une modeste famille, la naissance de la petite Léonie Bathiat, le 15 mai 1898 à Courbevoie, maman lingère et papa mécanicien pour les tramways. Il y a déjà un grand frère. Léonie était une petite fille délurée, turbulente, un drôle de phrasé et surtout un langage qui ne convient guère à ses parents !

Plus tard, elle rencontre un jeune homme, son premier béguin, malheureusement il meurt pendant la Grande Guerre, et Léonie fait le serment de rester célibataire et sans enfants “pas de chair à canon” !

Elle travaille avec sa mère dans une usine d’armement, il faut vivre, la vie est dure. Un jour elle rencontre un banquier, il lui fait vivre la grande vie, les bons restaurants, les endroits où il faut être vus. Léonie reprend sa liberté, et pour cela il faut gagner sa croûte alors, elle deviendra mannequin chez Paul Poiret, dansera dans les revues, charmera les uns et les autres. Mais Léonie… il faut changer ton prénom, elle devient donc Arletty !

Pendant la seconde guerre, elle fréquentera du mauvais monde, elle assume, elle est amoureuse d’un officier allemand. A la libération, elle sera en résidence surveillée et à ses juges elle répondra « Si vous ne vouliez pas que je couche avec un Allemand, fallait pas les laisser entrer »...

Johanna Boyé signe la mise en scène, c’est dynamique, j’aime son travail (“Maux d’amour” et aussi “Traviata’s company”), elle mène cette revue à la baguette !

Elodie Menant (dont j’avais appréciée “La pitié dangereuse”) a bien une gueule d’Arletty, la gouaille, la joie de vivre, sans langue de bois. Céline Espérin, Marc Pistolesi, Cédric Revollon et Mehdi Bourayou sont excellents dans différents rôles, ils sont chanteurs, danseurs, on retrouve avec plaisir, Prévert, Carné, Jouvet, Gabin, les répliques cultes du cinéma.

Arletty c’est Garance, parce que “Les enfants du Paradis” c’est mon film préféré !

Anne Delaleu
7 février 2020
Petit Montparnasse

mercredi 5 février 2020

Le muguet de Noël - N. Poiret - théâtre Montparnasse



Le muguet de Noël
Sébastien Blanc et Nicolas Poiret

Mise en scène: Jean-Luc Moreau
Assistante à la mise en scène: Nell Darmouni

Avec: Lionnel Astier, Frédéric Bouraly, Jean-Luc Porraz et Alexie Ribes

Décor: Catherine Bluwal, Assistante décor: Julie Wassef
Costumes: Cécile Dulac, Musique: Sylvain Meyniac
Lumières: Jacques Rouveyrollis, Assistante lumières: Jessica Duclos


Quel papa n’est pas dans tous ses états lorsqu’il doit rencontrer son futur gendre… François va nous en faire une démonstration savoureuse, par chance il peut compter sur Pierre son ami, chômeur, dont l’appartement est parti en fumée, qui débarque avec Minou chez François. Ce dernier parle au téléphone avec Gilles son collègue, et démolit la nouvelle lubie de leur patron, qui tient à vendre des pots de muguet à la place du traditionnel sapin pour Noël !

Mais quelle ne va pas être leur surprise en découvrant l’identité du fiancé, on sent très vite les coups bas et les petites vengeances mesquines, des scènes à mourir de rire : la demande en mariage, l’apéro-dinatoire, le récit de l’incendie de l’appartement, Pierre tentant de dissuader sa filleule Marion de se marier, et une fin inattendue !

Histoire d’amitié, les auteurs Sébastien Blanc et Nicolas Poiret nous ont déjà régalé avec “Deux mensonges une vérité”, le duo Astier/Bouraly fonctionne à merveille ! Jean-Luc Porraz est irrésistible dans le rôle du fiancé, et Alexie Ribes apporte la note de fraîcheur et de féminité. Jean-Luc Moreau signe une mise en scène efficace, en voilà bien un qui a le sens de la comédie !

Anne Delaleu
5 février 2020
Théâtre Montparnasse

mardi 4 février 2020

Les passagers de l'aube - Théâtre 13 jardin


Les passagers de l’aube
Texte et mise en scène Violaine Arsac


Avec Grégory Corre, Florence Coste, Mathilde Moulinat et Nicolas Taffin

Chorégraphies Olivier Bénard, Lumières Stéphane Baquet, Décors Caroline Mexme, Costumes Clémentine Savarit, Clin d'oeil musical Stéphane Corbin


Noé est interne en dernière année de neurochirurgie, il vit avec Alix photographe, leurs amis Roman, neurochirurgien comme lui avec une âme de carabin qui se détend un peu trop en courant le guilledou et l’ex de celui-ci, la trop gentille Jeanne.

Tous les quatre aiment passionnément leur métier, Alix vit intensément son amour avec Noé, celui-ci va se trouver devant un dilemme, il prépare sa thèse et se prend à s'intéresser à l’EMI (expérience de mort imminente), ce qui fera éclater son amitié avec Roman, décidément scientifique pur et dur, rien n’existe que la science !

Science, spiritualité, peut-on associer les deux ? médecine occidentale, médecine orientale, peut-on travailler ensemble ?

Noé verra ses convictions bouleversées, il s’opposera de toutes les façons à son entourage, mettant son couple en danger. aura-t-il la réponse à ses questions ?

Le thème est intéressant, puisqu’en effet, depuis quelques années, sans remettre en cause les scientifiques, on s’interroge, on suit d’autres pistes, le cerveau ce grand inconnu !

La mise en scène est dynamique, beaucoup de rythme, de poésie, d’humour, les comédiens sont excellents.

Une comédie sentimentale et scientifique, on en sort songeur et des questions plein le cerveau…

Anne Delaleu
4 février 2020
théâtre 13 jardin

lundi 3 février 2020

Présentation de saison Lucernaire



Site du théâtre ICI pour toute information, horaires et jours.


Lundi 3 février, nous sommes réunis pour la soirée de présentation de la deuxième partie de saison (février à mai), du Lucernaire, comédiens et metteurs en scène ont présenté leurs spectacles du moment ou à venir et la programmation est prometteuse !

Spectacles tout public, comédie, drame, fait de société, classique, contemporain, seul en scène, humoriste :

Depuis janvier

  • Des souris et des hommes (théâtre Noir) jusqu’au 15 mars
  • La vie est belle (théâtre rouge) après son succès d’Avignon et de Paris jusqu’au 29 mars
  • Elephant man (théâtre noir) jusqu’au 1er mars
  • Les récits de Monsieur Kafka (Paradis) jusqu’au 1er mars
  • Passagères (Paradis) jusqu’au 22 mars
  • Le fantôme d’Aziyadé jusqu’au 1er mars
  • Philippe Meyer ma radio, une histoire amoureuse jusqu’au 26 avril
  • Tournoi d’improvisation théâtrale (un lundi par mois jusqu’en mai)
février
  • Le son d’Alex jusqu’au 25 avril
mars
  • Voyage au bout de la nuit (reprise après le succès tant à la Huchette qu’au Lucernaire) 
  • Psy cause lui (Paradis) après “elle” c’est lui !
  • Le square (théâtre rouge)
  • Le penseur (Paradis)
  • Boule de suif (théâtre noir) seul en scène
avril
  • Secrets de Sherlock Holmes
  • Les visages et les corps
  • L’affaire de la rue de Lourcine, le chef d’oeuvre de Labiche en musical
mai
  • Operapiécé : succès au théâtre Essaïon, bonne humeur garantie
  • Hugo l’interview

- spectacles jeune public songez aux prochaines vacances ! voir sur le site pour les jours et les horaires
  • Quasimodo, le bossu de Notre-Dame (théâtre rouge) jusqu’au 22 mars
  • Les petites filles modèles jusqu’au 26 avril
  • La chaise bleue jusqu’au 31 mai
  • Pinocchio

Merci à la Direction et toute l'équipe du Lucernaire pour leur sympathique accueil et le restaurant pour les délices qu’ils nous ont offert !

Anne Delaleu
3 février 2020

dimanche 2 février 2020

Frou Frou les bains - P. Haudecoeur - Théâtre Edouard VII


Frou-Frou les bains

Une pièce écrite et mise en scène par Patrick Haudecœur d’après la mise en scène de Jacques Décombe

Avec Patrick Haudecœur, Urbain Cancelier, Isabelle Spade, Jean-Pierre Malignon, Isabelle Tanakil, Guillaume Laffly, Édouard Pretet, Agnès Pat’, Patricia Grégoire, Vincent Prezioso, Robert Ménière, Éric Bouvelle.

Assistante mise en scène Véronique Viel, Décors Jean Haas, Costumes Juliette Chanaud, Lumières Laurent Béal, Direction musicale Vincent Prezioso, Chorégraphies Patricia Grégoire

“C’est pas du Kafka” déclare mon voisin de devant, mais il a passé un bon moment ! Il est vrai qu’avant le lever de rideau il parlait caisses de retraites avec ses amis… pas de quoi se réjouir, mais au moins cette cure thermale lui aura fait du bien !

Une cure thermale c’est bien et parait-il efficace, oui mais si l’élément principal vient à manquer…
Le Directeur vient de se rendre compte que l’eau ne coule plus, comment faire, quelle honte c’est l’ouverture en ce beau jour de 1910. Il doit accueillir la baronne et son grand dadais de fils Charles, et il compte bien faire de sa charmante fille Juliette une future baronne !

Juliette a le coeur pris par Baptistin, sympathique et gaffeur, tremblant devant le papa-directeur ! Et puis il y a aussi la pleurnicheuse Mlle Moulin, terrassée par un chagrin d’amour et la perte de Kiki, elle a bien devant elle un chevalier servant en la personne du rondouillard Ferdinand Gronsard, mais elle n’a pas bien le coeur à batifoler !

Tout ce petit monde se retrouve, se croise, chante et danse pour notre plus grand plaisir, Les gags, les quiproquos, les situations saugrenues, et comme dans toute comédie tout finit par une chanson reprise en choeur par le public.

Vingt ans après Patrick Haudecoeur a repris son grand succès que je n’avais pas vu à la création, que voilà une bonne idée !

Anne Delaleu
2 février 2020
théâtre Edouard VII