jeudi 5 mars 2015

Perrichon voyage toujours - Sibleyras - théâtre La Bruyère





Mise en scène Philippe Uchan

avec Gilles Gaston-Dreyfus, Jean-Luc Porraz, Christiane Bopp, Arthur Fenwick, Linda Massoz et Charles Templon



Monsieur Perrichon savoure une retraite bien méritée en compagnie de sa femme et de sa fille, sous le soleil de St Barth’. Il se pique d’écrire ses mémoires, qui bien entendu seront utiles à la jeunesse… Oui mais voilà, deux charmants jeunes gens veulent se rendre indispensables, pour arriver à leurs fins et séduire la jolie Pauline, leur imagination fera le reste. L’un sera vainqueur.


Ajoutez à cela, un juge (des stup’) qui s’est « échappé » de Paris et surtout de sa maîtresse, et qui aura la mauvaise idée de corriger la « fote d’orthographe » du sieur Perrichon, en effet, celui-ci s’était laissé aller à une poésie plus que convenue pour décrire la nature sur le livre d’or de l’hôtel, ils vont sans le savoir devenir les meilleurs ennemis du monde en rentrant à Paris !


Gérald Sibleyras a écrit une version actuelle de Monsieur Perrichon, confronté aux réseaux sociaux, mais poursuivi aussi par le fisc… Malgré tout, la vanité, l’égocentrisme et la mauvaise foi traversent les époques pour notre plus grande joie, il y aura toujours des Perrichon !


On s’amuse beaucoup grâce à la mise en scène délirante de Philippe Uchan, les comédiens s’en donnent à cœur joie avec en tête un Gilles Gaston-Dreyfus en verve.


Le Perrichon nouveau est arrivé, Labiche aurait approuvé et bien ri !

dimanche 1 mars 2015

Opus Coeur - Horovitz - Petit Hébertot





Mise en scène Caroline Darnay



Marcel Maréchal et Nathalie Newman


Kathleen Hogan est engagée pour tenir la maison de Jacob Brackish, retraité et malade, il souhaite plus une présence qu’une employée de maison, et  ce n’est pas par hasard si Kathleen a répondu à son annonce. Il a été professeur de musicologie, dur et intransigeant et elle ne va pas manquer de le lui rappeler.

photo Lot

La musique n’adoucit pas vraiment leurs mœurs. Entre eux va se dérouler un jeu de séduction, pimentée çà et là de situations cocasses, vachardes et très drôles. Le sonotone du professeur est souvent en panne et Kathleen pas vraiment portée sur la grande musique lui fera quand même apprécier Simon et Garfunkel.

Ils s’affronteront et enfin l’incompréhension et la douleur s’effaceront pour laisser place à l’espoir, à l’amitié.
Photo Lot

Marcel Maréchal bougon a l’humour qu’il faut pour ce rôle, Nathalie Newman joue avec naturel et émotion cette jeune femme perdue, qui ne sait plus vraiment ce qu’elle doit accomplir et si elle a vraiment raison de le faire.

L'auteur et les comédiens


Une belle pièce qui parle de tolérance et d’espoir avec humour et tendresse, la mise en scène de Caroline Darnay y contribue ainsi que Bach, Mozart, Strauss et Rachmaninov !

samedi 28 février 2015

La dame aux jambes d'azur - Labiche - Studio théâtre


La dame aux jambes d’azur
d’Eugène Labiche et Marc Michel

mise en scène Jean-Pierre Vincent 

avec Gérard Giroudon, Claude Mathieu, Jérôme Pouly, Julie Sicard, Pierre Louis-Calixte Gilles David, Benjamin Lavernhe, Noam Morgensztern et les musiciens Pascal Sangla,Philippe Briegh 


Nous assistons à la répétition de la pièce, l’auteur veut « peaufiner » et personne n’est prêt, il ne veut pas présenter son drame en l’état !

© Brigitte Enguerand


Un pseudo drame romantique, se déroulant à Venise, des décors qui n’ont rien à voir, le machiniste dévoué mais complétement dépassé, la comédienne qui n’a rien de «royal » et qui chanterait bien sur les planches de la Gaîté Lyrique, les deux rivaux, tenant chacun leur toutou en laisse, qui est le plus cabot des deux ? Mais chez Labiche tout finit par des chansons !

Comment faire du bon théâtre avec un mauvais texte, de mauvais comédiens, cabotins, pleurnichards, un machiniste illettré qui doit remplacer le souffleur, la comédienne finissant son tricot et sa saucisse, et un comédien surtout absorbé à trouver un appartement dans Paris, crise du logement déjà en 1857…

Dans cette « pochade » donnée au bénéfice d’une demoiselle Lucile Durand, comédienne, Labiche s’est amusé à brocarder le milieu qu’il connait bien.

© Pascal Victor / Artcomart

Les comédiens du Français se sont bien amusés, nous aussi !

mercredi 25 février 2015

Les eaux lourdes - C. Siméon - Théâtre Le Lucernaire


Les eaux lourdes

De Christian Siméon

Mise en scène Thierry Falvisaner

Arnaud Aldigé, Julie Harnois, Elizabeth Mazev, Christophe Vandevelde


Médée et Jason, figures mythiques et épouvantables. La passion emporte tout et détruit.

Mara a tué son enfant lorsque Pierre l’a quittée, il faisait partie d’un réseau de Résistance. Il recherche depuis des années l’homme qui a trahi le réseau et fait déporter son ami François. Il a quitté Mara, elle ne lui a pas dit qu’elle était enceinte de leur second enfant.

Ian est un gentil jeune homme, attardé mentalement mais doué d’une mémoire étonnante. Mara vit avec ce fils, et Alix une jeune femme, attachée à Ian, et maîtresse de Pierre. Celui-ci ne veut plus revoir Mara depuis le drame.

Mais un jour, il se décidera à la voir ainsi que leur second fils, et le malheur entrera dans la maison, avec ses non-dits, ses violences, sa cruauté.


Les comédiens vivent intensément le texte, ils sont bouleversants chacun à leur manière, certes le texte est rude et le sujet tragique. On peut suivre la pièce comme un thriller avec un dénouement cruel.

mardi 24 février 2015

Comtesse de Ségur née Rostopchine - J. Fossier - Comédie-Bastille


site du théâtre 


Mise en scène Pascal Vitiello
Avec Bérengère Dautun

Sophie de Ségur nous accueille dans son salon, elle est « descendue de sa dormeuse » pour nous parler d’elle et de son œuvre. Avec humour, elle fait le parallèle entre son époque où l’on prenait son temps pour écrire et notre époque SMS mal « ortografiés »… et ne parlons pas de l’éducation, nous sommes même rappelés à l’ordre pour les portables !

Sophie Rostopchine a eu une enfance dure, sa mère était une épouvantable mégère, qui serait depuis longtemps sous les verrous à notre époque. La petite Sophie plus tard devenue Comtesse de Ségur, égratignera de sa plume Madame sa mère sous les traits de la ridicule et méchante Mme Fichini.

Mais revenons à Voronovo et au général Dourakine, enfin plutôt au comte Rostopchine, celui-ci a eu la mauvaise idée de rendre Moscou imprenable aux troupes de Napoléon en embrasant la ville, reproches des propriétaires et surtout du Tsar et départ en exil.

A Paris, Sophie rencontrera le bel Eugène de Ségur. Ils se marièrent, ne furent pas heureux et eurent beaucoup d’enfants ! Elle sera une très bonne mère et s’effondrera dans une profonde dépression lors du décès d’un de ses fils.

Bérangère Dautun apporte grâce, humour et délicatesse à ce personnage si mal connu, si souvent décrié, elle lit avec une pointe d’ironie les critiques que l’on écrivait à son encontre…

Un beau moment de littérature à savourer sans modération !


dimanche 22 février 2015

Des gens biens - D. Lindsay-Abaire - théâtre Hébertot


site du théâtre

Mise en scène Anne Bourgeois

Avec Miou-Miou, Patrick Catalifo, Brigitte Catillon, Aïssa Maïga, Isabelle De Botton,
 Julien Personnaz

Boston, quartiers pauvres. Margie, mère célibataire d'une adulte handicapée, se débat pour s'occuper de sa fille et trouver du travail, sans se départir d'un humour glacé qui la fait tenir debout.

Sur les conseils de ses amies, elle retrouve la trace de Mike, son ancien amour, issu comme elle de la classe ouvrière mais devenu un médecin aujourd'hui reconnu. Convaincue qu'il peut lui trouver du travail, elle s'invite à son domicile et remue le passé...

Miou-Miou dont c’est le grand retour sur les planches, a choisi un rôle à sa mesure. Elle est franche, dense, humaine, et sait jouer entre l’humiliation qu’elle subit et qu’elle fait subir à l’autre. Elle peut être ignoble et va jusqu’au bout avec une simplicité désarmante !

Ses deux amies, dont l’une est sa logeuse, Brigitte Catillon et Isabelle De Botton, l’une tout en aigreur et calculatrice, l’autre artiste en « lapins » à ses heures, mais s’inquiétant de la rentrée de son loyer. Elles sont hautes en couleur avec un fort tempérament.

Patrick Catalifo, l’ancien amour a réussi sa vie, son mariage, il fait partie du « bon côté » de Boston et veut oublier le passé, hélas, Margie ne l’entend pas de cette oreille, elle a besoin d’un travail, d’argent et ira loin, trop loin.

On est un peu surpris par la fin de l’histoire, plus heureuse que le début et l’on se dit qu’en effet on ne peut pas toujours se trouver des excuses, ou un bouc émissaire pour se consoler de ne pas s’en sortir.


Une bonne pièce et un succès mérité pour tous les comédiens.

vendredi 20 février 2015

Etty Hillesum - Texte original Etty Hillesum- théâtre de l'Echo



Etty Hillesum, la flamme d’une âme
Texte original Etty Hillesum, mise en scène Mourad Berreni

Née en 1914, Etty (Esther) Hillesum, écrira un journal en 1941 et le confiera à une amie, hélas, les derniers cahiers ont été perdus durant sa déportation à Auschwitz, où elle mourra en 1943.

Etty est une jolie femme, libre de ses choix amoureux, elle aimera passionnément Julius Spier, aura une liaison avec Han Wegerif et vivra avec lui, elle est très en avance sur son temps, et assume pleinement sa liberté.

Elle est lucide sur la montée du nazisme et l’avenir réservé aux juifs. Elle ne fuira pas et refusera toute aide pour se cacher. Elle se laissera emporter sans parler pour autant de sacrifice.

Elle s’occupe des plus malheureux, elle éprouve même un épanouissement dans toute cette atrocité.  Après avoir vu un arc-en-ciel, elle sourit, ce qui fera croire à certains que les alliés ne sont pas loin ! Etty s’obligera à mentir à des déportés, « oui, les nouvelles sont bonnes », elle ne pouvait pas décemment leur avouer qu’elle ne souriait que parce qu’elle avait vu un arc en ciel…

On pourrait s’étonner de sa foi malgré toutes ses horreurs,  mais c’est un roc qui la maintient en vie, lui fait surmonter les épreuves, secourir par des mots ou des gestes, les malheureux.

Angélique Boulay  apporte sa fraîcheur et sa sensibilité à Etty, intense et sincère.


Par les temps que nous vivons, il est important de voir ce spectacle et de lire les cahiers d’Etty.

jeudi 19 février 2015

Blind date - Mario Diament - théâtre de la Huchette



site du théâtre 

De Mario Diament
(traduction de Françoise Thanas)

Dominique Arden, Raphaëlle Cambray, Ingrid Donnadieu, Victor Haïm, André Nerman
Metteur en scène : John Mc Lean

photo LOT

Un vieil homme assis sur un banc, il est aveugle c’est un célèbre écrivain, les personnes qui le croisent dans le parc se confient à lui, il dégage tant de douceur et de sympathie.

Un homme prendra son temps, précieux, à discuter avec lui, il lui raconte son amour fou pour une jeune femme. Il en vient à se déguiser pour la suivre ! Il laisse l’écrivain sur son banc et s’en retourne à sa banque. Le vieil homme aussi s’est confié à lui, Il raconte une drôle d’histoire qui lui est arrivé plus jeune à Paris, il a manqué l’amour de sa vie à cause d’un escalier mécanique !

Quelques instants après, une jeune fille arrive en courant elle fait son jogging reprend son souffle, elle a reconnu l’écrivain et lui parle, elle est moderne, libre de ses sentiments, mais souffre du couple insipide formé par ses parents. Elle rit aussi en pensant à son amant qui se déguise pour la surveiller, mais elle ne se remet pas non plus de la mort d’un de ses amants, mort du sida. Le vieil homme écoute mais ne juge pas.

photo LOT

Dans le cabinet de la psychanalyste, une femme se confie, difficilement, elle n’aime pas son mari, et ne comprend pas sa fille, elle est agressive envers la thérapeute. Elle lui raconte aussi une drôle d’histoire arrivée à Paris lorsqu’elle était jeune fille…

photo LOT

Quant à la psychanalyste, elle a aussi bien du souci avec son banquier de mari et la maîtresse de celui-ci, mais personne à qui se confier.

photo LOT


Un puzzle se forme peu à peu dans l’histoire, quelle poésie dans le texte, quelle originalité, un bijou ciselé, des interprètes remarquables, vivant chacun leur histoire avec un Victor Haïm exceptionnel.

mercredi 18 février 2015

Le bouffon du Président - Olivier Lejeune - théâtre des Variétés



Imaginez un ancien Président de la République qui s’offre le luxe de se payer la tête de son imitateur… le rêve de tous les politiques !


Nous voici donc dans un cabaret un peu miteux mais Jerry Guillos est perplexe, il va se produire dans une soirée privée, tellement privée qu’il n’y aura qu’un spectateur, lui habitué aux grandes scènes, est prêt à repartir mais l’attachée de presse Roseline, a des arguments percutants et trébuchants, son cachet lui est donné cash !

On assiste donc à une vraie soirée cabaret, et Jerry aura la mauvaise surprise de connaître enfin son « invité », mais voilà, il y aura l’effet boomerang avec des révélations dont il se serait bien passé…

Franck de Lapersonne, mine gourmande, véritable Raminagrobis, donne ses coups de griffes avec humour, et attention aux oreilles chastes.

Michel Guidoni, fait hurler de rire avec son imitation très fidèle de « qui vous savez » rassurez-vous, tout le monde en prend pour son grade, et même notre actuel Président normal !


Fabienne Chaudat, avec son joli tailleur rose, nous fait penser à une ex-ministre très populaire, c’est une vraie bombe à retardement et un vrai talent comique. On est touché par Frédéric Bodson qui est le plus humain de tous. Quant à Cécile de Ménibus elle apporte la touche glamour dans ce panier de crabes !



Une bonne soirée de divertissement et un hommage aux chansonniers et autres imitateurs.


samedi 14 février 2015

La colère du Tigre - Philippe Madral - Théâtre Montparnasse


site du théâtre 


Mise en scène Christophe LIDON


L’amitié profonde entre le peintre Monet (1840 – 1926) et Georges Clémenceau (1841-1929).

Un beau décor reprenant en toile de fond « les nymphéas » objet de la querelle entre les deux hommes.

Nous sommes en Vendée, chez Clémenceau, il attend impatiemment la visite de son ami Monet, celui-ci est atteint d’une double cataracte qui ne lui permet plus de peindre, mais de retoucher ou de finir quelques toiles.

Clémenceau, quant à lui écrit une biographie sur Démosthène, il a fait la connaissance d’une charmante directrice de collection, Marguerite Baldensperger, de 40 ans sa cadette, il en est amoureux, et leur relation platonique et épistolaire sera publiée sous le titre « Lettres à une amie ».

Clémenceau grand amateur de femmes, est par contre, opposé à leur droit de vote, d’après lui, les femmes sont trop sous l’emprise de « la calotte » ! lui si farouchement athée et anti-clérical.

Monet répondra donc à l’invitation de son ami, mais la colère du Tigre à son encontre, fera vaciller leur longue amitié. Clémenceau fait tout pour que les « Nymphéas » entrent à l’Orangerie, il y a mis son point d’honneur et fait jouer ses relations, mais voilà, le peintre, diminué par sa maladie, ne veut pas en entendre parler !

Si on connaît la biographie de Monet et son œuvre, si on connaît Clémenceau, on n’apprend pas grand-chose de nouveau avec cette pièce, il faut espérer que le public néophite découvrira l’œuvre de l’un et de l’autre.


La distribution est certes alléchante, les comédiens ont du métier, mais Brasseur m’a semblé fatigué et Aumont peu convaincant, par contre Sophie Broustal illumine la pièce de sa présence et la truculente Marie-Christine Danède apporte la touche humaine et amusante de la servante dévouée.


vendredi 6 février 2015

The servant - Robin Maugham - Poche-Montparnasse



site du théâtre


Londres dans les années 1950, Tony est de retour au pays après un long séjour en Afrique qui l’a marqué, il reçoit ses amis, Richard qui lui a trouvé un appartement, et Sally sa petite amie qui souhaiterait un engagement plus sérieux.

Richard lui a également trouvé un valet. Tony ne parvient pas à prendre des décisions, mais accepte volontiers et comme une délivrance que l’on s’occupe de tout pour lui.

Barrett a des références de tout premier ordre, il semble être le valet idéal, et suggère même de décorer l’appartement. Ce qui convient parfaitement à Tony.

Petit à petit, Barrett prendra de l’emprise sur Tony, c’est un parfait cuisinier, parfait valet, Tony ne peut plus s’en passer, il noie ses problèmes dans l’alcool. Barrett parviendra également à évincer Sally pour la remplacer par une autre fille à ses ordres.

Richard se trouvera impuissant à sauver son ami. Sally abandonnera elle aussi une histoire perdue d’avance. Que recherche Barrett ? Est-ce une vengeance personnelle ? Manipulation certes mais pour en arriver où vraiment ?


Ambiance cosy, feutrée, jazzy, dont on ne s’attend pas vraiment au dénouement. Les comédiens sont habités par leurs personnages, inquiétant  pour Maxime d’Abboville, vipérine pour Roxane Bret, morbide pour Xavier Lafitte, découragés pour Alexie Ribes et Adrien Melin. Tout cela ponctué par la musique et la mise en scène dense et inquiétante de Thierry Harcourt.

lundi 19 janvier 2015

Un obus dans le coeur - Mouawad - théâtre Les Déchargeurs




Un obus dans le cœur
Wajdi Mouawad

Mise en scène Catherine Cohen

Grégori Baquet campe avec vérité, Wahab face à l’attentat qui a failli lui coûter la vie lorsqu’il avait 7 ans dans un Liban en guerre, puis plus tard au Canada, l’homme face à l’agonie de sa mère, il deviendra suffisamment fort et adulte à ce moment-là pour exorciser sa peur de la mort, accepter et vivre enfin. Un homme qui affrontera le pire avec courage et en sortira grandi.

Une histoire qui vous prend  la gorge, qui fait sourire parfois, qui fait  voyager d’un continent à l’autre, des cèdres du Liban aux neiges du Québec, de l’enfant qui joue avec son tricycle, au jeune homme écorché vif, agressif envers le chauffeur de bus ou le Père Noël !


Une mise en scène forte et lumineuse et un grand comédien.

vendredi 16 janvier 2015

Le révizor - Gogol - Avignon 2016 Théâtre des Lucioles


LE RÉVIZOR
Nicolas Gogol
Théâtre des Lucioles
7 > 30 juillet 2016  - 18h44
Relâche les 11, 18 et 25 juillet
Réservations : 04 90 14 05 51
Durée : 1h38

Tarif plein 19€ - Tarif réduit 13€ et 9€

Adaptation et mise en scène Paula Giusti


Le bourgmestre Anton Antonovich a bien du souci, et c’est en robe de chambre qu’il accueille l’inspecteur des écoles, le juge, le surveillant d’hôpital, le médecin, pour leur annoncer qu’un « Revizor » de Pétersbourg arrive bientôt avec des instructions…

Ils sont rongés par la peur, tant leur mauvaise conscience les taraude ! Bien entendu, ils cherchent par tous les moyens à savoir à quel moment doit arriver l’inspecteur. Deux commerçants repèrent dans une auberge, un jeune homme et pour eux, pas de doute, c’est le Révizor !
photo Dominique Vallès 

A l’auberge, le jeune Khlestakov, « manipulé » par son valet Ossip, reçoit donc avec stupéfaction la visite du bourgmestre, de l’argent, et son « ardoise » à l’auberge est même réglée ! Le bourgmestre va plus loin, il l’invite ainsi que son valet, à demeurer chez lui, là il subira les minauderies de l’épouse d’Antonovich et de Maria leur fille, guère farouches et peu sympathiques…

photo Dominique Vallès


Ossip parviendra facilement à duper les notables, les faire parler un peu trop, ils se laisseront « plumer » tant leur bêtise est grande.

photo Dominique Vallès

Une belle mise en scène, créative, vivante, inventive pour chaque changement de scène. Les maquillages sont recherchés avec des nez proéminents, Gogol détestait son nez et en a écrit une nouvelle (Chostakovitch en a tiré un opéra en 1930). Chaque personnage semble sorti d’un film d’animation, avec des tics de langages, de gestes, etc.


C’est le spectacle à voir en ce moment !


Tournée 2015 après le Théâtre de la Tempête :
L’Archipel de Fouesnant le 5 mars - Théâtre des Bergeries - Noisy-le-Sec le 13 mars - Théâtre des Sources - Fontenay-aux-Roses le 21 mars  - Théâtre Romain Rolland de Villejuif du 31 mars au 4 avril  - Théâtre de Saumur le 9 avril  - Le Sémaphore - Cébazat le 12 mai

jeudi 15 janvier 2015

Caligula - Camus - théâtre de l'Epée de Bois


Caligula
Albert Camus

Caligula est un cabotin cruel, il manipule et se joue de tout et de tous. Il les tient à sa merci, la mort et la peur rôdent sur les sénateurs, sur le peuple, et jusqu’à la maîtresse de ce tyran, mais personne ne réagit.

Au cours d’un banquet, Caligula ordonne à l’un d’eux de rire de la mort de son fils. Un autre aura la fâcheuse idée de dire à voix haute qu’il donnerait sa vie pour Caligula, il est « exaucé » derechef !

Un complot contre lui ? Oui, par un des sénateurs qui finira par rallier les autres pour l’abattre. C’est d’ailleurs le seul personnage que Caligula respecte.

Le texte est sobre, dense, superbement écrit. Les personnages sont bien campés, la mise en scène est déjantée, on peut ou pas accepter certaines scènes mais tout est dans le ton de la pièce et du personnage, absurdité et cruauté.

La pièce a été jouée à Hébertot en 1945, le rôle-titre était tenu par Gérard Philipe.


Un travail intéressant à découvrir.

mardi 13 janvier 2015

Les cahiers de Nijinski - théâtre de l'Ouest Parisien


Les cahiers de Nijnski

J’ai lu le journal de ce danseur, il y a quelques années. Ecrit alors qu’il était déjà interné, c’est le journal d’un homme tourmenté, tant par la mystique que par la sexualité. Il fut l’amant de Diaghilev, celui-ci n’accepta jamais le mariage de Nijinski avec Romola, et il le chassa de sa compagnie de ballets !


Sur scène, le comédien Clément Hervieu-Léger et le danseur Jean-Christophe Guerri, tentent de donner vie à un texte décousu, souvent cru et pas spécialement intéressant à mettre en scène, l’intérêt est le travail corporel des deux artistes, l’un étant le miroir de l’autre, et une performance de comédien.

« Le clown de Dieu » comme le surnommait Béjart, né en 1889 et mort en 1950



Il compensait sa petite taille par une technique éblouissante !



lundi 12 janvier 2015

L'étranger - Camus - théâtre 14





L’étranger
Albert Camus (1913-1960)

Adapter un roman n’est jamais chose facile, il y a toujours une « trahison », et si on a lu et aimé, il y a toujours une part de déception.

Le personnage principal Meursault, est un être falot, on ne sait pas vraiment à quoi il rêve.
La mort de sa mère le laisse indifférent, ce qui choque et exaspère les personnes qu’il rencontre. Il n’a pas pleuré à l’enterrement et a repris le cours de sa vie sans problème.

Son patron lui reproche son manque d’ambition, il fait son travail mais il n’a pas envie d’aller plus loin, c’est aussi la même chose vis-à-vis de sa petite amie, elle voudrait qu’il l’épouse, il lui répond « pourquoi pas » sans plus !

Peut-être est-il « l’Etranger » à sa propre vie. Indifférent à tout, même lors de son procès pour meurtre où il est question surtout de son manque d’humanité lors de la mort de sa mère, le meurtre de l’arabe passant au second plan.

L’adaptation de Benoît Verhaert et Frédéric Topart est simple, mise en scène pas évidente, le roman ne se prête pas vraiment à une direction d’acteur.  Il est intéressant cependant de faire connaître Camus, prix Nobel de littérature en 1957.

Une approche pédagogique des artistes avec les lycéens est intéressante, puisque la compagnie leur propose de refaire le procès mais surtout de discuter du roman et d’échanger leurs idées.

vendredi 9 janvier 2015

La Tempête - Shakespeare - Théâtre de Montrouge



adaptation et mise en scène Christophe Lidon

avec Alain Pralon, Dominique Pinon, Sarah Biasini, Denis Berner, Maxime d’Aboville, 
Joël Demarty, Jacques Fontanel, Adrien Melin, Jean-Marie Lardy, Jean-Loup Horwitz


Prospéro se réfugie sur une île avec sa fille Miranda, il a été dépossédé de son titre de Duc de Milan par son propre frère. Il provoquera la tempête et ainsi les ennemis de toujours se retrouveront sur la même île, la vengeance de Prospéro pourra commencer…




Miranda tombe amoureuse de Ferdinand, naufragé lui aussi, elle n’a pas de toute façons d’autres référence masculine, mais le jeune homme est si charmant !

 Caliban est le monstre de l’île, Prospéro lui a appris à lire, mais il l’utilise comme esclave pour ses propres besoins, il en est de même pour Ariel, être léger et charmant, le contraire du vilain gnome !

Sur cette île tout est possible, et après des épreuves le pardon et la réconciliation seront de mise.

Alain Pralon est le magicien de l’île, c’est toujours une bonne surprise de le retrouver au théâtre. Il est accompagné par la jolie Sarah Biasini qui démontre une fois de plus son talent. Dominique Pinon est le vilain Caliban, mais quel grand comédien ! Maxime d’Abboville prête sa légéreté à Ariel.



Les vidéos sont habilement et poétiquement utilisées, images de mer déchaînée, regard de Prospero, etc. Une scène mouvante et ronde nous emportera dans les différents endroits de l’île. Une belle mise en scène, qui recrée parfaitement l’univers de Shakespeare avec une belle distribution.


challenge théâtre 2015