Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants ! Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
vendredi 4 novembre 2022
L'autre fille - A. Ernaux - Reprise au théâtre des Mathurins
Bernard Dimey Père et fille - REPRISE AU THEATRE ESSAION
conception et mise en scène : Bruno Laurent
Le Horla - G. de Maupassant - A La Folie Théâtre (REPRISE !)
Le Horla
Guy de Maupassant
Adaptation de Frédéric Gray
Mise en scène : Frédéric Gray assisté d'Olivier Troyon
Avec : Guillaume Blanchard et Olivier Troyon (en alternance avec Frédéric Gray)
Le narrateur se rend dans sa résidence en Normandie, il aime cette région, le calme, la douceur, par sa fenêtre, il voit passer les bâteaux, en voici un qui vient du Brésil, il le salue gaiement.
De retour en Normandie, il continue à écrire son journal, nous suivons son état d’esprit presque tous les jours. Comment se débarrasser du Horla ? Il explore toutes sortes de situations, semble un soir se libérer, mais non… et il finira par se produire l’impensable.
Nous devenons comme le narrateur, haletant à chaque instant, à chaque manifestation surnaturelle.
Guillaume Blanchard interprète le narrateur de façon convaincante, et l’on est suspendu à son délire. L’adaptation et la mise en scène de Frédéric Gray permet aussi de “souffler". Il fait ressortir l’humour de Maupassant, et Olivier Troyon qui joue plusieurs rôles, nous fait réfléchir à chaque scène, est-il responsable de la folie du narrateur, pourquoi ce sourire narquois ? Est-ce notre imagination ou celle du narrateur ? Tout peut-il s’expliquer rationnellement ?
Un spectacle qui nous donne envie de lire et relire Maupassant et de l’apprécier à juste titre.
Anne Delaleu
mise à jour le 27 octobre 2023
A la Folie Théâtre
mercredi 26 octobre 2022
Le voyage de Molière - Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre - Théâtre Le Lucernaire
Le voyage de Monsieur Molière
Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre
Mise en scène Jean-Philippe Daguerre
Avec Grégoire Bourbier ou François Raffenaud, Stéphane Dauch, Violette
Erhart, Mathilde Hennekinne, Charlotte
Matzneff ou Floriane Vincent, Teddy
Mélis ou Michaël Giorno-Cohen, Geoffrey Palisse et Charlotte Ruby ou Guilia De
Sia
Costumes Corinne Rossi
Décors Antoine Milian
Lumières Moïse Hill
2022, Léo fait des études de médecine, mais son rêve absolu c’est d’être comédien, il va donc passer une audition, mais pris par le trac il s’évanouit, et se réveille… au 17ème siècle en compagnie de comédiens, et pas des moindres, ceux de Molière et de son Illustre Théâtre !
Bien sûr, il va devoir expliquer certains anachronismes, tel son jean, et sa passion pour les Beatles ! Il s’en sort très bien, et la jeune Armande Béjart n’est pas insensible à son charme, et ce qui ne gâche rien elle ressemble à sa petite amie du XXIème siècle !
Molière décide d’engager ce jeune homme comme homme à tout faire et comédien, Léo connait bien la fin de l’histoire, et malgré tout il joue le jeu, se laisse séduire, se lie d’amitié avec Gros René mari de Marquise. Il poussera Molière et la troupe à partir à Paris on ne peut pas échapper à l’Histoire !
Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre, ont écrit une belle pièce sur l’amour du théâtre, sur notre « patron » Molière dont on souffle les 400 bougies cette année. Il y a du panache, de l’humour, de l’action, bravo pour les costumes et les décors, la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre est dynamique, drôle, un vrai travail de troupe ! On s’amuse, on est ému, les comédiens sont excellents.
Une belle fresque à voir absolument, bon si des
fois je tombe en syncope je veux bien me réveiller à la première du « Tartuffe »
j’ai des choses à dire à Molière…
mardi 25 octobre 2022
Monsieur Proust - entretiens de Céleste Albaret avec Georges Belmont - Théâtre Le Lucernaire
durée 1h20
salle Paradis
Monsieur Proust
Adaptation et mise en scène Ivan Morane
Interprétation Céline Samie
Comment pouvait-elle imaginer cette jeune provinciale en épousant Odilon Albaret, taxi de son état à Paris ayant comme client Marcel Proust, comment pouvait-elle imaginer l’incroyable rencontre qui changerait sa vie ?
Céleste suit son mari à Paris, elle vient de sa Lozère, et la grande ville commence à lui peser, alors M. Proust suggère à Odilon qu’elle fasse le portage à domicile des ouvrages que l’écrivain a dédicacé. Céleste est toute heureuse, elle voit du monde, et du beau monde !
La guerre de 1914 éclate, son mari part au front (comme taxi de la Marne) et le valet de M. Proust également, Céleste devra s’occuper de l’écrivain, déjà bien malade. Un malade bien exigeant, acheter son café ici, son croissant là, elle court, elle court Céleste, elle est jeune, et elle est heureuse de converser avec ce grand écrivain, celui-ci n’a aucune morgue, il considère Céleste comme une « maman », il lui donne des idées de lecture, et comment débuter superbement l’amour de la lecture que par Dumas et ses « Trois mousquetaires » ! Ah elle aime discuter de Milady avec M. Proust, il lui conseille aussi Balzac, mais a-t-elle vraiment le temps de lire, avec un malade si exigeant, jour et nuit elle reste à sa disposition, pas de vie personnelle.
Grâce à Céleste, à son dévouement, il pourra finir son œuvre, il obtiendra le prix Goncourt en 1919. Proust ne peut pas se passer de Céleste, elle comprend tout, elle l’aime à sa façon. Elle l’amuse en imitant Gide (qu’elle ne peut pas supporter !). Et pourtant la seule et unique fois où elle « trahira » M. Proust c’est pour tenter de le sauver, et elle sera là pour ses derniers instants.
Céline Samie incarne superbement la lumineuse Céleste, dès le début, elle est si solaire, si bienveillante, sourire aux lèvres, toujours amusée des manies du grand homme. Elle est drôle, émouvante. Ivan Morane a adapté pour la scène, les mémoires de Céleste, recueillis par Georges Belmont, sa mise en scène est sobre et intense,
Un très beau seule en scène pour honorer les cent
ans de la disparition de Marcel Proust, écrivain majeur.
vendredi 14 octobre 2022
Le comble de la vanité - V. Fayolle - Théâtre de la Pépinière
Site du théâtre ICI
Assistante à la mise en scène : Sabrina Paul
Scénographie : Emmanuel Charles
Costumes : Isabelle Mathieu
Lumière : François Leneveu
Musique : Pierre-Antoine Durand
Le comble de la vanitéValérie Fayolle
Avec: Mikaël Chirinian, Julie Farenc, Virginie Pradal, Cécile Rebboah et David Talbot.
Canicule, mois d’août, les enfants reviennent dans la maison de leurs parents, ils vont enterrer le père. Il y a le fils ainé, homme d’affaires, le portable collé à la main, marié, à une petite jeune femme fragile sans beaucoup d’expression, qui part à la chasse aux microbes et à la poussière, pas d’affection entre eux. L’autre fils est baba-cool musicien, leur sœur a des problèmes d’audition et retire son appareil quand ça l’arrange !
La mère, souriante, élégante tout de blanc vêtue, heureuse de retrouver sa « tribu », elle est un peu dans son « monde », mais si délicate et si drôle, par contre, ses enfants ne s’attendent pas à ce qu’elle leur réserve !
Un testament est trouvé dans un des tiroirs, certes ils sont tous bénéficiaires, mais il y a un « autre » bénéficiaire et ils le connaissent tous, un petit gars qui partageait leurs jeux. Pas question de se faire gruger, ils fouillent dans le grenier dans lequel un tableau assez mochasse a atterri, un cadeau du fils ainé à ses parents, le sujet est ce qu’on appelait à la Renaissance « une vanité », la vie, la mort. Et derrière le tableau ils découvriront un crane… Ils bousculent leur mère, un peu brusquement, mais celle-ci ne perd pas pied et leur répond le plus gentiment du monde oui elle a eu un amant et celui-ci repose sous un massif de fleurs… alors là s’en est trop pour eux, recherche ADN ou pas ? La mère va-t-elle révéler son secret ? y a-t-il eu crime, leur père un assassin ?
Une comédie cynique et drôle de Valérie Fayolle,
Virginie Pradal que l’on a toujours plaisir à retrouver sur scène, est une veuve
plus que joyeuse ! Mikaël
Chirinian, Julie Farenc, Cécile Rebboah et David Talbot ses enfants, sont tous investis
dans leurs personnages et s’amusent autant que nous.
Ce serait un comble si vous n’alliez pas assister à l’ouverture du testament !
jeudi 13 octobre 2022
Au scalpel - A. Rault - Théâtre des Variétés
mercredi au samedi 19h
Durée 75mn
Au scalpel
Antoine Rault
Metteur en scène : Thierry Harcourt
Avec Davy Sardou et Bruno Salomone
Ah les histoires de famille, les héritages, les rancœurs qui remontent à la surface, voilà un très bon thriller psychologique qui nous est conté grâce à Antoine Rault.
Deux frères, ils ne se sont pas vus depuis longtemps, de toutes façons ils se détestent ! Leurs vies privées est également très compliquée, l’un était amoureux de sa belle-sœur, l’autre n’a pas hésité à devenir l’amant de la femme de son frère.
Le chirurgien a un superbe appartement, lumineux, spacieux, sur un meuble, une collection d’instruments de chirurgie, et au-dessus trônent une balalaïka, et un beau vase…
L’autre, est photographe, imbu de lui-même, content de narguer le grand frère. Il se permet beaucoup de choses, trop. L’héritage des parents a été fait mais il aurait voulu l’instrument de musique et le vase en plus. Il joue avec les nerfs de son frère et ne se doute pas du piège dans lequel il va tomber.
Le photographe a toujours été le chouchou de ses parents, même quand il faisait
une bêtise ou travaillait mal en classe, son frère c’est l’inverse, brillant
élève mais peu d’affection du côté des parents.
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| Copyright : Stéphane Parphot |
Au moment de partir le photographe se rend compte que son frère a fermé la porte et caché la clé… Que va-t-il se passer entre eux ?
Du suspense, de l’humour, un bon cocktail servi par Davy Sardou et Bruno
Salomone, remarquables tous les deux et dirigés avec beaucoup de finesse par Thierry
Harcourt.
mardi 11 octobre 2022
Le journal d'une femme de chambre - O. Mirbeau - théâtre de la Huchette
Charmante et mutine Célestine, elle sort de sa baignoire, se pare de sa serviette de bain tout en gourmandant une personne au regard trop appuyé …
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| co Fabienne Rappeneau |
Elle est femme de chambre dans une maison bourgeoise en Normandie, ses nouveaux patrons Monsieur et Madame Lanlaire, ça la fait rire car ils portent un nom à faire et dire bien des blagues !
Célestine a été souvent placée, elle en a à dire sur le beau linge peu reluisant, des patronnes peu intéressées par la chose, par contre leurs maris c’est autre chose ! sans parler des obsédés, le dernier en date lustrait les bottines avec une jouissance évidente… d’autres la désirent, elle se laisse faire, elle aime parfois qu’on la possède. Son enfance ? un frère et une sœur dont elle n’a plus de nouvelles, elle n’en cherche pas non plus, et la mort de sa mère la laisse indifférente.
Lisa Martino incarne parfaitement la domestique sensuelle, coquine, amusante et aussi la jeune fille fracassée par la vie, par l’alcool et les plaisirs.
Nicolas Briançon signe là une mise en scène dense, étouffante, cruelle, qui ne laisse pas indifférent.
La Huchette est décidemment un lieu de
programmation passionnant !
11 octobre 2022
dimanche 9 octobre 2022
Zola l'infréquentable - D. Caron - Théâtre de la Contrescarpe
Zola l’infréquentable
Texte et mise en scène : Didier Caron
Créateur lumières : Denis Schlepp
Costumes : Mélisande de Serres - Perruques : Vincenzo Ferrante
Scénographe : Capucine Grou-Radenez
Une matinée bien triste et pluvieuse, de décembre 1897, les obsèques d’Alphonse Daudet, au Père Lachaise, à la demande de Léon son fils, Emile Zola intervient et rend hommage à son ami Alphonse.
Revenons quelques temps auparavant, dans le salon
d’Alphonse, Emile Zola s’apprête à partir, mais voici Léon Daudet, surexcité il
revient de l’Ecole Militaire, on a dégradé Dreyfuss ! l’antisémite Léon
est aux anges, tout l’oppose à Zola.
Zola le connaît depuis longtemps, il n’a guère d’estime pour ce personnage, écrivain sans talent, raciste, antisémite. Léon quant à lui, déteste Zola « l’italien », déteste ses écrits, ils sont au moins d’accord sur quelque chose, ils se méprisent !
Zola a une vie privée compliquée, une femme tolérante, une maitresse et deux jeunes enfants. Léon est en instance de divorce avec Jeanne Hugo, petite-fille de l’écrivain (Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir…).
Le duel verbal sera rude entre les deux hommes, Zola essayant de fléchir Daudet, n’arrivant pas à le convaincre. Viendra la publication de «J’accuse » dans le journal l’Aurore, Zola sera contraint de s’enfuir en Angleterre. Sa fin de vie restera un mystère, assassinat ou pas ?
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| co Fabienne Rappeneau |
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| co Fabienne Rappeneau |
Didier Caron a signé une page d’Histoire importante et nécessaire, sa mise en scène est puissante, et quels merveilleux comédiens que Pierre Azema et Bruno Paviot. Ils sont parfaitement ancrés dans leurs personnages et leurs joutes verbales sont un délice !
En fait vous pouvez courir fréquenter M. Zola !
















