Maquisard
Jean-Philippe Bêche
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| co Cédric Vasnier |
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| co Cédric Vasnier |
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| co Cédric Vasnier |
Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants ! Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
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| co Cédric Vasnier |
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| co Cédric Vasnier |
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| co Cédric Vasnier |
Adaptation Johanna Boyé et Leslie Menahem
Mise en scène Johanna Boyé
Avec Valentin De Carbonnières, Mathieu Alexandre, Yannis Baraban, Nassima Benchicou, Brigitte Guedj, Kevin Rouxel, Elisabeth Ventura
Jour de fête, chants et danses chez Sam, on fête son anniversaire, il y a sa femme, ses enfants, son beau-père qui est aussi son patron. Sam a tout pour lui, un sourire ravageur, séducteur, manipulateur et menteur ! Rien ne lui manque, une femme qui l’adore, des amis, des maitresses, une belle carrière d’avocat, il a une réputation sans tâche.
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| Crédit / Copyright : Fabienne Rappeneau |
Oui mais c’est sans compter sur son passé qui va lui éclater à la figure… « Avec un mensonge on peut aller très loin, mais pas en revenir… ». Sam va voir sa mère en France, par malheur il croise son demi-frère François, jeune désœuvré, toxico, qui déteste Sam et tout le monde
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| Crédit / Copyright : Fabienne Rappeneau |
Voilà la dernière mise en scène de Johanna Boyé, elle a adapté ce roman (que je n’ai pas encore lu), c’est festif, joyeux, dynamique, émouvant, drôle (la scène du « masque et la plume » vaut son pesant d’or !), les comédiens sont excellents, Valentin de Carbonnières est à tomber, et ses partenaires ne sont pas en reste non plus !
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| Crédit / Copyright : Fabienne Rappeneau |
Je ne pensais pas que le système de la claque était si ancien, Néron soudoyait déjà ses hommes pour se faire ovationner !
A l’opéra c’est aussi assez fréquent, à la Scala de Milan, un chef d’orchestre réputé, mettait déjà la main à la poche pour plus de tranquillité le jour de la première.
Mais nous voici en 1895 au théâtre, à Paris,
Dugommier le régisseur, court dans tous les sens, c’est bientôt la répétition d’une
tragédie grecque en cinq actes, trente changements de décors, quarante
musiciens, du grandiose !
Dugommier n’a pas réussi à joindre l’orchestre,
il fait donc appel à sa sœur Fauvette, accordéoniste, charmante, drôle, enfin
ce ne sera pas de tout repos pour elle non plus.
Voilà enfin Auguste Levasseur, chef de claque,
qui pense avoir affaire à des « claqueurs » professionnels, hélas,
Dugommier n’a pas eu le temps de réunir ce petit monde. Nous sommes donc contraints
à faire la claque, mais pas n’importe comment, et le sieur Levasseur nous « forme »
à ce périlleux exercice, dont dépend le succès de la pièce.
Les rieurs d’un côté, les pleureuses de l’autre, les chahuteurs, toute une pléiade à initier et ce n’est pas une mince affaire…
Nos trois compères vont donc accélérer la répétition, à eux trois, ils seront les personnages de tragédie, enfin, ça devient une bonne comédie, on rit beaucoup, on joue le jeu.
Ces trois-là n’ont pas besoin de claque, ils sont tellement formidables que l’on a plaisir à les applaudir debout ou assis !
Alice Noureux, Fred Radix et Guillaume Collignon
sont de parfaits comédiens, chanteurs, musiciens, tout est en place pour une
excellente soirée, drôlissime, à ne pas manquer !
Dessine-moi un piano
Curieux concert burlesque imaginé, partitionné
et interprété par Jean-Paul Farré
Mise en scène Stéphane Cottin
Une bien belle partition géante, projetée en fond de scène, les lignes bougent, les notes s’égarent et s’égrèneront au fil des scènes.
Notre maestro en queue-de-pie, nous raconte l’histoire de son piano, il le bichonne, il nous fait ses confidences…
Rendez vous compte, son piano est si vivant qu’il est sans aucun doute sur écoute ! bruit de portable, serait-ce quelque spectateur indélicat ? non c’est un portable coincé dans le piano, je vous dis il grignote tout !
Notre clown poétique et musical, s’empare de son piano, grimpe dessus, fait la brasse et enfin muni d’une canne à pêche, taquine le goujon ou plutôt la truite…

co Cyrille Valroff
Ah que c’est compliqué un
récital, il y a tant de partitions, de notes qui se perdent, d’autres qui
miaulent, enfin je vous dis, tourneur de pages n’est pas une mince affaire non
plus. Heureusement il y a des promos dans les magasins, et notre histrion a fait
une super affaire en achetant deux claviers !
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| co Cyrille Valroff |
Stéphane Cottin aidé
par les lumières et vidéo de Léonard, a dirigé d’une main de maître notre
Jean-Paul Farré, toujours Pierrot Lunaire que l’on aime retrouver dans ses
délires poétiques !
Avec Jérémy Lopez, Sociétaire de la Comédie Française
Il y a quelques années, je regardais un documentaire sur Max Linder à la télé, présenté par sa fille Maud, sur ce comédien du temps du muet, quelle vie et quel destin tragique.
Né Gabriel-Maximilien Leuvielle à Cavernes petit village de Dordogne. Le jeune Gabriel, grandit et déjà s’intéresse au théâtre, à jouer avec ses camarades et faire aussi de la mise en scène, pas toujours appréciée de son public. Il entrera au Conservatoire de Bordeaux, en sera exclu pour avoir frappé un professeur ! Sacré caractère !
Au hasard d’une promenade avec sa sœur, il tombe sur la devanture d’un magasin de chaussures LINDER ! ce sera son pseudonyme au grand soulagement de son père, qui ne souhaitait pas que son nom soit synonyme de débauche et autres vilaines idées sur les « théâtreux » …
Gabriel monte à Paris, joue au théâtre de l’Ambigu. Il fera aussi ses débuts au cinématographe Pathé, des rôles comiques bien sûr, on riait beaucoup à l’époque de ses chutes, de ses cascades improvisées. Il a de l’imagination et comme Chaplin plus tard, il se crée un personnage, élégant, beau sourire, charmeur, il devient « Max ».
Hélas, la guerre de 1914, va le broyer, il sera gazé, réformé, des démons dans la tête… Même après son départ aux USA, sa rencontre avec Chaplin, qui l’accueille à bras ouverts, sa carrière aura du mal à repartir. Ajoutez sa jalousie maladive envers sa jeune femme, ses doutes même envers sa paternité…
Sa fin ? si tragique, si injuste pour sa fille Maud, qui sera – hélas - confiée à sa famille paternelle. Max enterré anonymement dans son village. Maud passera sa vie à réhabiliter la carrière de Max Linder, artiste, réalisateur qui fut quand-même son père.
Un rôle sur mesure pour Jérémy Lopez, il en a le charme, l’élégance, il porte le frac et le huit-reflets avec aisance. Il donne tant d’émotions, d’humour, une gamme d’émotions et une aisance gestuelle extraordinaire.
Un seul en scène à voir absolument, salut « the
artist » !
Bérénice
Jean Racine
Mise en scène Muriel Mayette-Holtz
Avec Carole Bouquet, Frédéric de Goldfiem, Jacky Ido, Augustin Bouchacourt et Ève
Pereur
Décor et costumes Rudy Sabounghi
Musique originale Cyril Giroux
Lumière François Thouret
Racine a écrit Bérénice en 1670, Muriel Mayette-Holtz a choisi de transposer ce drame amoureux à notre époque.
Appartement simple, lumineux, un lit jonché de coussins. C’est le matin.
Antiochus entre, c’est un grand prince d’Orient, Titus a pu compter sur lui pour vaincre la Judée. Et comme Titus, Antiochus aime Bérénice. Il souffre pour elle, il fait tout pour elle, Bérénice le considère comme un ami, rien d’autre.
Bérénice, reine de Palestine a été ramenée à Rome par Titus, ils s’aiment depuis plusieurs années. Elle est amoureuse de l’homme pas du prince, mais celui-ci vient de succéder à son père, et son devoir exige qu’il choisisse entre son amour et la raison d’Etat.
Voilà donc le sujet de cette tragédie, qui est peu jouée et c’est bien dommage, un beau texte pourtant.
Carole Bouquet apporte sa féminité et sa douceur à cette reine aimée mais rejetée, elle aura le courage d’affronter son destin. Frédéric de Goldfiem est un Titus profond, malheureux, mais déterminé. Jacky Ido est tout en douleur, Augustin Bouchacourt et Eve Perreur sont les confidents discrets mais importants.
« Je l’aime, je le fuis, Titus m’aime il me
quitte ».
Scénographie : Juliette Azoppardi et Jean-Benoît Thibaud
Assistante à la mise en scène: Florence Mato
Glenn grandit à Toronto, sa mère est possessive, castratrice, son père ne dit rien, n’intervient pas sur l’éducation de leur fils unique. Flora Gould est une pianiste frustrée et malheureuse, elle veille sur son fils, trop, le fait travailler plus que de raison. Il n’a pas une enfance comme les autres.
Couvert de gros pull, écharpes, gants, il a toujours froid, hypocondriaque et sans doute autiste Asperger, il n’a pas d’amis, enfin si, Jessie sa cousine, qui lui voue une admiration et un amour sans bornes, c’est une charmante jeune fille, mais timide, tout le monde dans la famille sait qu’elle se fait battre par son père… mais personne n’intervient. Elle n’aura pas le courage de se révolter.
Glenn et ses exigences extravagantes, ses choix en musique, pas question de lui faire jouer Chopin ! et les concerts avec ce public pas toujours respectueux de l’artiste, toux, froissement de papier, etc. Glenn Gould décide, sans doute aussi est-il mal à l’aise en public, d’arrêter les concerts, et de ne faire que de l’enregistrement.
C’est l’histoire émouvante et souvent drôle de ce musicien hors pair, dont la vie privée était quasiment inexistante qui ne vivait que pour Bach.
Encore une belle réussite que cette pièce d’Ivan Calbérac, la mise en scène est soignée, les comédiens sont excellents, chacun dans leur registre, Thomas Gendronneau est bluffant dans le rôle de Gould.
Glenn Gould, une légende, j’ai deux enregistrements de lui, j’ai dû m’habituer à l’entendre chantonner en jouant du piano ! Voilà quarante ans qu’il nous a quittés.
Une pièce à découvrir sur ce géant du piano et
qui vous donnera l’envie d’écouter ses enregistrements.
La Foire de Madrid
Lope de Vega
Adaptation et mise en scène Ronan Rivière
Avec Laura Chetrit, Michaël Giorno-Cohen, Ronan Rivière, Luc Rodier,
Jérôme Rodriguez, Amélie Vignaux, Hassan Tess
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| co Gely |
La foire bat son plein à Madrid, trois jeunes gens déambulent, ils cherchent une bonne fortune, de jolies femmes à séduire. Les femmes aussi se promènent, l’une cherche son jeune mari, l’autre essaie de le fuir. Quant au voleur de bourse il fait une belle affaire !
Eufrasia veuve, s’est remariée à Claudio, celui-ci avec ses amis Leandro et Adriàn sont désœuvrés, et les voilà qu’ils repèrent une charmante dame voilée, sans se douter que c’est Eufrasia qui va jouer un bon tour à son nigaud de mari.
Leandro rencontre Violante, il est beau parleur, elle a de la repartie
aussi, ils sont amoureux ! hélas la belle est mariée, Patricio est
violent, jaloux, cherche noise à tous !
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| co Gely |
Et pour couronner le tout, ce grand naïf de Leandro sympathise avec lui, sans se douter de son identité !
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| co Gely |
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| co Gely |
Violante demande conseil à son amie Eufrasia, et donne rendez-vous à son galant chez elle ! Hélas le mari se fait annoncer, et ramène sa femme chez eux. Mais il va vite déchanter et la fin est surprenante !
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| co Gely |
Ronan Rivière signe là encore, une belle adaptation, et une agréable mise en scène, un décor coloré, de superbes costumes, des comédiens excellents et drôles, tout ceci enveloppé par la musique de Manuel de Falla jouée au piano par Olivier Mazal.
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| co Gely |
Un spectacle joyeux, à voir absolument !
Site du Studio Hébertot ICI
Deux mains la liberté
d’Antoine Nouel
Avec la participation de Frank Baugin
1970, dans une bibliothèque à
l’Université en Iran, deux jeunes hommes étudient la manière d’aborder une des
étudiantes, qui elle, est plongée dans un livre, habillée à l’occidentale,
moderne. Elle s’appelle Manijeh et le jeune homme Bijan, oui comme les deux
amants de la légende perse.
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| Copyright : Alejandro Guerrero |
1999, sport d’hiver en France,
vacances de Noël, Nelly et Bahar accompagnent en trainant les pieds, leur mère
Françoise, celle-ci a accepté avec enthousiasme la proposition de son ami Jean-Farouk
qui a loué un chalet à un pittoresque personnage !
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| Copyright : Alejandro Guerrero |
En France on attend avec impatience l’an 2000, enfin les jeunes filles s’ennuient ferme, Bahar fait les yeux doux à Haroun le fils de Jean-Farouk, ils suivent les mêmes études. Niloofar quant à elle brave l’autorité de sa mère, Françoise est gentille, mais elle est stricte sur l’éducation de ses filles, majeures ou pas, elles n’ont qu’à bien se tenir !

Copyright : Alejandro Guerrero
Une belle réussite que cette
pièce qui nous fait voyager de l’Iran en France, les comédiens sont excellents
et bravo aussi pour les changements de décors et de costumes, les vidéos d’actualité
aussi sont intéressantes.
Oui c’est une belle épopée qui nous est contée, des histoires d’amour plus fortes que la politique. On rit, on est ému, vraiment un beau moment de théâtre, de l’imagination, une mise en scène dynamique et beaucoup d’humour.
Le Menteur
Pierre Corneille
Mise en scène Marion Bierry -
Assistant Denis Lemaître
Avec : Alexandre
Bierry - Benjamin Boyer ou Thierry Lavat - Brice Hillairet - Anne-Sophie
Nallino - Serge Noël et Mathilde Riey
Cher Maître,
Me voilà bien satisfait de ma
rentrée théâtrale, jugez plutôt je me suis fort diverti à la représentation de
votre comédie « Le menteur » ! J’aurais tant aimé l’écrire…
Le jeune Dorante est un menteur né, disons qu’il est rêveur, qu’il a de l’esprit, du charme, de l’élégance, il vient de Poitiers mais arrivé à Paris, il préfère quitter la robe pour l’épée. Il invente tout et avec quel brio ! Cliton, son valet et confident est estomaqué par tant de hardiesse, Géronte, le père de Dorante est aimant, il accepte tout des extravagances de son fils. Alcippe, jeune blondin, ami de Dorante, et aussi rival en amour, Clarice et Lucrèce sont amies, mais aiment le même jeune homme…
Ah je vous félicite vraiment, le choix de Marion Bierry pour la mise en scène était fort judicieux, assistée de Denis Lemaître, et le décor épuré mais astucieux de Nicolas Sire, et les costumes de Virginie Houdinière et Laura Cheneau quelles merveilles ! et les intermèdes musicaux très amusants, très actuels.
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| photo Pascal Gély |
Tous mes compliments à
Alexandre Bierry, si charmeur et si drôle, Benjamin Boyer, Brice Hillairet, Serge
Noël ne sont pas en reste ainsi que les ravissantes Anne-Sophie Nallino et
Mathilde Riey, vraiment une belle et bonne troupe !
Et que diriez-vous d’un
mensonge de plus, cher Maître, par exemple que c’est vous qui écrivez mes pièces ?
Bien à vous, vôtre
Jean-Baptiste P.
Anne Delaleu
2 septembre 2022
Théâtre de Poche Montparnasse