samedi 22 septembre 2018

Les mots pour le dire - Théâtre de l'Archipel


Du jeudi 6 septembre 2018 au samedi 19 janvier 2019
Jeudi, vendredi et samedi à 19h30 - durée 1h15


Site du théâtre ICI
Photos Philippe Escalier

Les mots pour le dire

D’après le roman de Marie Cardinal

Adaptation Jade Lanza
Mise en scène : Fréderic Sousterelle

Avec Jade Lanza et Françoise Armelle et les voix off de Daniel Mesguich, Grégory Laisné, 
Mélanie Paillié et Frédéric Souterelle

Spectacle-cri, d'une sincérité violente, sans concession, ce récit ne ressemble à aucun autre.

Au fil des séances de psychanalyse,  nous suivons le chemin de vie de Marie, enfant, adolescente, jeune femme exsangue, somatisant ses angoisses : la tuberculose qui fera mourir sa sœur. Lorsque sa mère caresse la tombe de sa fille de onze mois qu’elle a perdue, la petite Marie sait que sa sœur est plus importante qu’elle : «J’aurais aimé être la pierre, et par extension, être morte» le divorce des parents, les enveloppes de la pension qu’elle doit réclamer à son père, la mort de ce dernier,  les traumatismes de la sexualité infantile, son éducation par une mère tyrannique et froide, et par-dessus tout, l'ultime souvenir arraché aux ténèbres du refoulement, cet aveu d'une mère, qui ne l’a pas désirée et qui est peut-être à l'origine de tout le mal.


Au terme de son récit, elle s'apercevra qu'elle est délivrée de ses angoisses et qu'elle peut recommencer à vivre. Et  « Quelques jours plus tard, c'était mai 68."


L'adaptation du roman de Marie Cardinal «Les mots pour le dire » (1975) est très réussie. Nous pouvons mesurer, à quel point il reste un grand livre, sur la douleur physique et le combat contre le mal de vivre. Marie Cardinal raconte les sept années de  psychanalyses, trois fois par semaine, qui lui ont évité le suicide.



La mise en scène reste cependant légère, et les comédiennes, excellentes, servent ce texte fort, au travers d’un jeu subtil et d’une diction remarquable. Le psychanalyste quant à lui, est présent dans  la voix off de Daniel Mesguich.


J’étais curieuse d’entendre ce texte qui a marqué toute une génération de femmes, ma génération, et a contribué à libérer la parole des femmes, à faire tomber les peurs.

J’ai retrouvé l’émotion, la force de l’écriture de Marie Cardinal, et son actualité,  tant il y a encore de paroles et de peurs de femmes à délivrer.

Annie Lozac’h
22 septembre 2018

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