Musique Marc Goldfeder
Costumes Pascale Breyne
Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants ! Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
L’avare
Molière
Mise en scène Daniel Benoin
Michel Boujenah, Sophie Gourdin, Eric Prat, Mélissa Prat, Mathieu Metral, Noémie Bianco, Maxime Boutéraon, Paul Chariéras, Fabien Houssaye, Julien Nacache
Valentine
Ou
la passion du théâtre
Adaptation
et jeu Philippe Catoire
Transcription de l’entretien télévisé de Valentine Tessier en 1973
Valentine Tessier ? qui connait encore cette merveilleuse comédienne ? Je vous conseille de revoir à la télé, il le passe souvent, « Maigret et l’affaire St Fiacre » avec Gabin et Valentine, certes on ne la voit pas longtemps, mais elle réussit à s’imposer dans l’histoire. Je me souviens aussi de « Eglantine » ce délicat film de Jean-Claude Brialy.
Valentine Tessier, raconte en 1973 son parcours théâtral, ses rencontres, Copeau, Jouvet, Dullin, le Vieux Colombier, les rivalités des uns et des autres, mais toujours le talent, la passion théâtrale, l’intelligence du texte, les répétitions si fructueuses, enfin une belle époque pour elle et pour le théâtre !
Et c’est
avec délicatesse, sobrement vêtu de blanc et un châle sur les épaules que
Philippe Catoire interprète Valentine. J’ai été émue par ce spectacle, et quel merveilleux
témoignage !
Volpone
Ben
Jonson (1572-1637)
Adaptation
et mise en scène Carine Montag
Avec Frederic Roger, François Bérard ou Richard Delestre, Emmanuel Guillon ou
Mathieu Buscatto, Régis Chaussard, Philippe Manesse ou Arnaud Bruyere, Isabelle
Laffitte, Patrick Courtois ou Rémi Goutalier, Timothée Manesse, Carine Montag
Un
théâtre de tréteaux, populaire, comme l’aimait Molière (400 bougies cette
année !)
Ben Jonson contemporain de Shakespeare, sa comédie la plus jouée est Volpone, adaptée au cinéma, au théâtre. Mais revenons à notre histoire !
Volpone vieux célibataire sans enfant, mais non sans malice, décide de s’approprier les biens des riches vénitiens, pas plus honnêtes que lui !
Avec l’aide de son valet Mosca, un filou lui aussi, il feint d’être à l’article de la mort, et promet à chacun d’être son unique légataire, bien entendu pour adoucir les dernières heures du « mourant » ceux-ci lui apportent bijoux, argent, et même épouse ! sans compter l’ignoble Corbaccio qui va jusqu’à déshériter son fils pour plaire à Volpone.
Décidemment, c’est un défilé peu ragoutant de personnages veules, de courtisans sans compter une dame qui va tenter de jouer de ses charmes… Que de rebondissements, la douce épouse de Corvino ainsi que Bonario vont être lâchement accusés et emprisonnés.
Une mise en scène joyeuse, dynamique, commedia dell’arte, rien n’est laissé au hasard. Les comédiens s’en donnent à cœur joie, on rit beaucoup, un spectacle très divertissant et fort bien joué ! De beaux costumes et décors.
N’hésitez
pas à voir Volpone, vous en sortirez heureux !
LE VOISIN DE PICASSO
DE LA PEINTURE À LA COMÉDIE FRANÇAISE
De et avec Rémi Mazuel
Mise en scène : Marie-Caroline Morel
Dit Antoine, dessine-moi un Mazerolle !
Voilà ce qu’aurait pu dire un des enfants à qui Antoine raconte l’histoire de Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889) peintre aujourd’hui bien oublié, mais si connu de son temps.
Antoine, intermittent du spectacle, est gardien de musée, il faut bien gagner sa vie et ma foi, il est au milieu de toiles, ceci compense cela… Sur un chevalet trône le portrait du peintre dont il a la garde.
Le voisin le plus connu et le plus demandé de Mazerolle est Picasso ! Décidemment le public n’est guère curieux… Picasso bon d’accord, mais les autres ? Alors Antoine capte l’attention d’un groupe d’élèves, certes dissipés, mais il parvient à les intéresser à l’histoire passionnante de ce peintre, si renommé en son temps.
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| co Fabienne Rappeneau |
Jugez plutôt, il a été contemporain de Monet, Renoir, Sisley, ceux-là
encore bien connus du grand public. Il a dessiné le plafond de la Comédie
Française, hélas, cette œuvre partira en fumée en 1901.
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| co Fabienne Rappeneau |
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| co Fabienne Rappeneau |
Il a décoré également le Palais Garnier, le Conservatoire de musique de Paris, des théâtres en province ainsi qu’à l’Etranger.
Alors Antoine, lui aussi a bien du mal à tracer sa route, un feuilleton télé connu, mais ça ne suffit pas, que fait-il à présent ?
Une histoire étonnante, curieuse, émouvante et drôle aussi. Rémi Mazuel réussit le tour de force en interprétant les différents personnages sous l’œil bienveillant de Marie-Caroline Morel.
Mazerolle ? allez voir ce spectacle, la curiosité n’est pas toujours
un vilain défaut !
J’ai
sauvé la France
Alain
Peron
Mise en
scène : Rémi Mazuel
Direction
Artistique : Bérénice Boccara
Création Lumière : Damien Dufour - Composition musicale : Mathieu Rannou
Avec :
Denis Souppe • Leo Bastard • Anne-Victoire Armstrong • Sophie Taoc • Rémi Mazuel
| co Fabienne Rappeneau |
Charles VII l’homme qui ne voulait pas être roi, cultivé, plongé dans ses livres, fils de Charles VI le fol et père du futur Louis XI, ce n’est guère évident pour ce jeune homme que rien ne prédisposait à cette lourde tâche, en pleine guerre.
A la fin de sa vie, Charles souffre, son médecin Adam Fumée tente de le soulager, il lui propose une boule de pavot… le vieux roi n’est pas dupe, il sait que le remède sera définitif… alors Charles VII lui propose un marché, et raconte son histoire.
Le jeune Charles, n’était pas promis au trône, il a deux frères ainés devant lui, mais le destin en a voulu autrement, et la mort des dauphins, le projette en pleine lumière, il a fort heureusement auprès de lui, un ami fidèle Tanguy du Chastel.
Il a du courage, de l’endurance et surtout ses lectures lui ont permis d’avoir un jugement juste sur la situation du pays, de la guerre, des ennemis. Reconquérir la couronne, ne pas laisser la France aux mains des Anglais, se battre contre les bourguignons, il s’imposera comme un grand stratège mais à quel prix !
| co Fabienne Rappeneau |
Une jeune fille va l’aider, le soutenir, le convaincre, elle a du caractère et surprend par son audace et sa lumière, mais Jeanne devra affronter seule son destin. Et puis Jacques Cœur, qui enrichit certes le roi, mais se prend de larges « commissions », il aura le malheur de vouloir trop plaire à la belle Agnès Sorel, et sera jeté au cachot.
La belle Agnès, lance la mode (vêtements, produits de beauté !), elle sera le grand amour de Charles, elle aussi sera sacrifiée.
| co Fabienne Rappeneau |
| co Fabienne Rappeneau |
La mise en scène de Rémi Mazuel est dynamique, créative, Denis Souppe campe un valeureux Charles VII, arrogant, sûr de lui ou tendre, Leo Bastard est un fougueux Charles VII jeune et un bien rusé Louis XI, Anne-Victoire Armstrong a la lourde tâche d’incarner la pureté et la sensualité, elle réussit à convaincre dans les deux rôles, Sophie Taoc est une parfaite Yolande d’Aragon. Rémi Mazuel est médecin, Tanguy ainsi que Jacques Cœur le roué, « à Mazuel vaillant rien d’impossible ! »
Un beau
livre d’Histoire à feuilleter, certes j’ai été un peu étonnée de la tenue
d’Agnès, bien contemporaine pour le sujet, mais la mode et la beauté sont
intemporelles !
Thomas
Bernhard
Mise en scène Chantal de la Coste
Avec Hervé Briaux, Séverine Vincent, Patrice Dozier, Quentin Kelberine
Bruscon, auteur, comédien, metteur en scène, va jouer sa comédie dans la petite ville d’Utzbach, c’est un trou perdu d’après lui, mais il ne peut faire autrement !
Sa femme,
sa fille Sarah et son fils Ferruccio font partie de la troupe, en fait une équipée
familiale qu’il méprise, critique, humilie. L’aubergiste fait de son mieux, il
écoute sans broncher les demandes incessantes de Bruscon.
La salle ne lui convient pas, les lumières non
plus, ne parlons pas des affiches qu'il fait retirer, sauf un portrait d'Adolf
qui peut servir sa pièce sur les dictateurs. Mais surtout il ne supporte pas
les lumières des blocs de secours, qui vont perturber sa scène, il faut
demander au capitaine des pompiers la permission d'éteindre ces blocs !
Tout est matière à râler, la poussière,
l'humidité, la nourriture, sa femme qui est souffrante et surtout jouer devant
des ignares, car bien entendu ils ne comprendront pas la finesse de son texte !
Lui le meilleur comédien du monde bien entendu, et il veut l’entendre répéter à
chaque fois par sa fille.
Les répétitions se passent mal, Bruscon a une idée bien arrêtée sur le théâtre, les femmes qu'il considère inférieures en tout, c'est tellement énorme que l'on ne peut s'empêcher de rire, on s'amuse beaucoup de cet énergumène, véritable tyran sans talent.
Voilà
une comédie grinçante sur le monde du théâtre, elle est menée de main de maître
par Hervé Briaux, excellente interprétation de Séverine Vincent, Patrice Dozier et Quentin Kelberine, dans une mise en scène efficace de Chantal de la Coste.
Alain
Pastor
Mise en
scène Pascal Vitiello
| co photo Fabienne Rappeneau |
| co photo Fabienne Rappeneau |
| co photo Fabienne Rappeneau |
Site du théâtre Essaïon ICI
durée 1h15
Les deux drôles de dames nous comptent à travers plusieurs scénettes, la vie, l’amour, les femmes, les filles, les autres.
Un décor simple, une panière avec des vêtements, un fil à linge, les filles s’en serviront au fur et à mesure des histoires.
Il y a l’esclavage, sous prétexte de bons sentiments, on fait travailler une enfant que l’on croit protéger en l’emmenant loin de son pays et qui sera exploitée, par des gens « biens »…
La jeune fille, heureuse de sortir avec ses amis, mais attention maman veille un peu trop et mal, elle préfère fermer les yeux sur les frasques de son fils…
L’amour, une bien belle chose, en plus si c’est accepté sans concessions par les proches et la famille, mais voilà, ce n’est pas toujours le cas, être obligée de se cacher pour vivre son amour avec une personne du même sexe.
Et puis qui sait, un jour, il y aura bien une Présidente de la République, son mari sera-t-il « Premier homme » ? un sketch très drôle qui décape le politiquement incorrect !
Femme battue ? ah oui mais elle ne lui trouve que des excuses, alors de quoi se plaint-elle ?
« Grosse et moche », combien de fois l’a-t-on entendue, (bien sûr maigre et moche ce n’est pas possible…), mais oui on peut assumer son poids, être heureuse de se mouvoir avec grâce. Les médecins qui en ont ras le bol des « dodues », oui vous avez mal ici et ici, normal il faut perdre du poids ! (à titre personnel je l’ai entendu bien souvent…).
Et puis la publicité, ah oui mais on ne peut pas parler de tout, ou alors il faut user de stratagèmes et faire sa « précieuse ridicule » pour trouver un autre mot pour les règles.
Enfin
voilà un bon moment passé avec ces deux formidables comédiennes et la mise en
scène est confiée à Hervé Lavigne, un homme qui
comprend les femmes !
Grandir dans l’Allemagne
nazie
Brendon Votipka
1933 à 1938 : Trois adolescents, trois vies broyées par le nazisme
En août 1961 le mur de Berlin est érigé, “ le mur de la honte” ce sera le début de la guerre froide, et aussi le début des évasions du côté Est pour parvenir à l’Ouest et la liberté !
Mais revenons à notre histoire,
Nous voici dans l’appartement de Madame Hofmann, son fils Werner a bien du mal, il s’occupe de sa vieille maman, et c’est avec soulagement qu’il reçoit Mme Keller, la nouvelle aide-soignante, fort jolie personne, il connait tout sur elle, normal il fait partie de la redoutable Stasi !
Se retrouvant seule dans l’appartement, elle
fait connaissance avec le voisin qui vient tous les jours faire des piqures à
la mémé, guère aimable et suspicieuse quant à la nouvelle venue.
A l’aide d’une lampe torche elle envoie un signal à l’extérieur, quelques minutes plus tard, Ludwig son fiancé arrive, sac à dos, mais au fait pourquoi ? Ils tâtent les murs, d’après elle, l’ancien locataire lui aurait dit qu’une cachette s’y trouvait pour parvenir au tunnel et ainsi atteindre la liberté c’est à dire Berlin Ouest !
Bien entendu, avec Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, et là ça ne manque pas ! un passage secret, un violoniste espion, un infirmier espion aussi, nos deux tourtereaux, l’officier de la Stasi et sa femme, un général dépressif, le tout bien déjanté et secoué !
Maxime d’Aboville est très convaincant dans le rôle de Werner, il dit des choses affreuses avec un si beau sourire ! Anne Charrier est la femme forte de la situation, quoique Marie Lanchas épouse de Werner n’est pas mal non plus ! On aime retrouver ses amis et c’est toujours un plaisir de revoir Patrick Haudecoeur et son air de Pierrot lunaire, ses partenaires sont tout aussi excellents, dans une mise en scène astucieuse de José Paul.
Alors vous avez deux options, la première vous
n’aimez pas et on vous envoie rigoler en Sibérie, la seconde, vous aimez et
vous riez du début à la fin !