lundi 20 janvier 2020

Elle et lui - I. Mergault - Théâtre des Nouveautés


Site du théâtre ICI
durée 1h30
mardi au vendredi 21h - samedi 16h30 et 21h - dimanche 16h


Elle et lui
Isabelle Mergault

Mise en scène
Avec Isabelle Mergault, Laurent Gamelon, Philippe Vieux, Jean-Louis Barcelona, Rémi Roubakha

Patricia est mère de famille, son grand gamin de 34 ans est styliste, déjanté, et grand bébé. Ron le mari, est fou de musique country, de voitures, enfin tout ce qui ne passionne pas du tout notre Pat !

Mais tout va changer, un coup de sonnette et une dame élégante entre dans l’appartement. Pat est déjà de fort mauvaise humeur, mais se radoucit et se trouble devant Jeanne, c’est normal Jeanne a été son grand amour Jean il y a quelques années de cela !

Et pas plus gêné que ça, il a pris sa valise et demande asile à son ex, il est aussi poursuivi par un malfrat.

Pat pas rancunière accepte d’accueillir Jean/Jeanne et le fait passer pour une cousine, enfin rien n’est simple… Ron est heureux il va vendre ses panneaux de signalisation en Chine, ce qui nous donne une démonstration à mourir de rire, de son génie !

Mais surtout, Pat retrouve le goût de composer, de pianoter, enfin elle va pouvoir sortir de son rôle de bonne épouse au foyer, dont elle n’a que faire, mais c’est là que les choses se compliquent, si Jeanne veut absolument chanter les chansons de Pat, il faudrait déjà se débarrasser de Ron qui n’a guère la fibre musicale, et alors là les choses se corsent ! Le complot est aussi assez tordu...

Isabelle Mergault, a déjà la sympathie du public, et elle signe là une bien joyeuse comédie, mise en scène tambour battant par Christophe Duthuron. Laurent Gamelon a toujours une présence réconfortante, Jean-Louis Barcelona est drôlissime dans le rôle du fiston, Philippe Vieux est étonnant dans son rôle de Jeanne, Rémy Roubakha apporte la note “polar” à la pièce.

Le final est musical bien entendu, mais je vous laisse la surprise !

Anne Delaleu
20 janvier 2020
théâtre des Nouveautés

dimanche 19 janvier 2020

2 euros 20 - M. Fayet - théâtre Rive Gauche

mardi au samedi 21h
dimanche 15h
durée 1h30
Site du théâtre ICI


Deux euros vingt
Marc Fayet

Mise en scène José Paul

Avec Lysiane Meis, Marc Fayet, Michèle Garcia, Gérard Loussine, Caroline Maillard, Michel Lerousseau

Ah les vacances, les bons amis, la Provence, les cigales, tout est prêt pour le rendez-vous annuel de trois couples.

Et puis le maître des lieux nous interpelle, il a l’habitude de faire une bonne blague à ses amis tous les ans. Cette fois il a choisi quelques pièces de monnaie, posées dans une coupelle à la vue de tous.

Il attend que l’un d’eux prenne sans le dire ces 2 euros 20… que va-t'il se passer ?


Les chambres sont distribuées, la meilleure au couple en difficulté financière, la petite maison isolée à un autre en difficulté amoureuse, et la chambre avec salle de bains commune au dernier. Tout ce petit monde, sourire aux lèvres, blague, se rappelle les années précédentes et les locations plus ou moins réussies, l’air de rien on se balance quelques vacheries quand même ! Et puis les amateurs de tennis, mauvais perdants, enfin tout ce qui fait le quotidien d’une location entre amis !

Voilà que l’argent disparaît… qui l’a pris, qui a osé ?


On accuse, on juge, et puis le pot aux roses est découvert, alors maintenant que ces quelques pièces ont permis de toucher le gros lot, les règlements de compte, plus ou moins tordus vont commencer. L’argent fait le bonheur après tout, mais encore faut-il savoir l’utiliser, le partager ? que feriez-vous si le pactole vous tombait dessus ?

L’amitié, l’argent, le loto, tout est finement mouliné dans cette nouvelle comédie de Marc Fayet, on retrouve avec plaisir les comédiens qui ont souvent joué sous la direction animée de José Paul.


Un bon moment de détente, pour une comédie tout public.

Anne Delaleu
19 janvier 2020
théâtre Rive Gauche

vendredi 3 janvier 2020

Belvedere - A-M Bamberger - Guichet Montparnasse


site du théâtre ICI
vendredi, samedi 19h dimanche 15h
durée 1h10
jusqu'au 23 février 2020

Belvedere

Ana-Maria Bamberger


Mise en scène Catherine Mahieu

Avec Joël Grimaud (Stéphane), Catherine Mahieu (Antonia), François Rivière (le docteur)

Antonia écrit des pièces, des romans, pour l’instant elle est plongée dans ses mots croisés. ça fait fonctionner les neurones, de plus, les définitions sont axées sur le théâtre russe, Tchekhov en particulier ! Elle cherche, mordille son crayon, trouve les solutions.

Tiens, voici le jeune docteur qui vient la voir, oui, Antonia est “résidente” dans un asile psychiatrique, comment en est-elle arrivée là ?

Elle a un sacré tonus Antonia, et le docteur Lesourd (mais oui !) a bien du mal à canaliser cette énergie, elle l’envoie promener, elle ronge son frein, lui ses ongles, c’est une vilaine manie, mais elle est bien crispante Antonia !

Lesourd lui donne des comprimés pour la calmer, ou l’empoisonner, c’est ce qu’elle pense, elle réfléchit trop d’ailleurs !

Et puis voilà que surgit dans son univers, un homme tout droit sorti d’un roman de Tchekhov, tout de blanc vêtu, une rose rouge à la main… un ange ?

Elle n’a pas peur mais ne se souvient pas de lui, il est un peu dépité, il a été amoureux d’elle, ils ont suivi le même cursus à l’hôpital, elle a vite abandonné la médecine pour les Lettres, tiens un point commun avec Tchekhov ! Elle finit par rabrouer Stéphane, il est un peu surpris, lui si doux, si gentil avec elle. Mais elle lui permet de revenir…


Antonia est-elle paranoïaque, démente ou bien est-elle tout simplement dans cet établissement pour écrire une nouvelle pièce ?

Après “Cambriolage”, j’ai été agréablement surprise par “Belvédère”, il y a quelques énigmes, des clés, on peut imaginer ce que l’on veut, à nous de broder l’histoire.

Catherine Mahieu qui signe la mise en scène, est une Antonia fougueuse, énigmatique, drôle, les hommes n’ont qu’à bien se tenir, Joël Grimaud est le gentil Stéphane, il parvient quand-même à tenir debout devant la tornade Antonia, François Rivière affronte vaillamment les vannes et autres “délicatesses” de la dame ! Les comédiens servent brillamment un texte poétique, drôle. Un bon moment de théâtre à déguster.

Anne Delaleu
Guichet Montparnasse
3 janvier 2020




dimanche 22 décembre 2019

Au café Maupassant - Théâtre de Poche Montparnasse


site du théâtre ICI
durée 1h15
vendredi et samedi 19h - dimanche 15h
Jusqu'au 12 janvier 2020

Au café Maupassant

Textes de Guy de Maupassant, conception et mise en scène Marie-Louise Bischofberger

avec Hélène Alexandridis (ou Marie Vialle), Manon Combes, Dominic Goulde, Charlie Nelson (ou Régis Boyer), Pierre Yvon, Antoine Bataille (ou Susanna Tiertant) au piano.

Une brasserie, lieu de toutes les rencontres, de toutes les confessions...

Il pleut ! pour s’abriter un homme entre dans un café, il n’a pas vraiment soif, il s’assied et soudain est interpellé par un de ses anciens amis de collège. Tous deux assisteront à des histoires bien étonnantes, autour de bocks bien entendu. Garçon, un bock ! et la ronde commence !

Une jeune femme en pleurs, avoue à une de ses amies, qu’elle s’est fait passer - oh bien malgré elle - pour une cocotte ! De sa fenêtre, elle a aguiché un homme dans la rue par un signe anodin enfin... de plus “l’affaire faite” il ne lui a pas donné grand chose… ce que lui fait remarquer son amie !

Ou cette histoire tenez, un homme pris de folles crises de jalousie, envers son aimée qui préfère la compagnie de son cheval à celle de notre fou. Quant à Mme de Ker… elle raconte l’histoire sordide qui l’a rendue infidèle, le récit d’un malentendu qui coûtera la vie à un homme.

Il y a aussi, ce couple, le comte vit sa vie, trompe sa femme ouvertement, mais le voilà qui retombe amoureux d’elle ! La comtesse de Sallure lui fait alors un étrange et cynique marché !

N’oublions pas les nouvelles de Normandie lues dans le journal et une vieille histoire remonte à la surface. En mer, conte l’histoire d’un manchot, comment en est-il arrivé à être amputé d’un bras… Il y a aussi ce couple dont la femme tient absolument à fréquenter les “mauvais” lieux ! et aussi l’ami de notre narrateur a assisté, une nuit, enfant, bien malgré lui à une terrible scène, son père frappant sa mère, depuis ce traumatisme, il sombre dans l’alcool, se détache de tout.

Guy de Maupassant a su si bien peindre au vitriol ses contemporains, son écriture, son style ont créé des personnages, tantôt émouvants, drôles, cyniques, les femmes il les a tant aimées, les a défendues, mais il l’a chèrement payé.

Je vous invite à fréquenter ce “café Maupassant”, l’interprétation est de grand niveau, les comédiens dirigés par Marie-Louise Bischofberger, soulignent parfaitement l’univers de Maupassant, textes accompagnés au piano par le talentueux Antoine Bataille, comme au caf’conc’ !

Anne Delaleu
Poche Montparnasse
22 décembre 2019

mercredi 18 décembre 2019

Evita - S Druet - Poche Montparnasse


Site du théâtre ICI
mardi, mercredi et jeudi 21h
durée 1h10

Evita

Le destin fou d'Eva Peron


Ecrit et mis en scène Stéphan Druet


Qui était Eva Peron ? L’épouse d’un dictateur, l’Argentine a connu bien des renversements de régime par les militaires, la veuve de Péron, Isabel en a fait les frais en 1976.

Mais revenons à la petite Eva Duarte, née il y a 100 ans dans une famille pauvre. A quinze ans, elle part pour Buenos Aires, veut devenir comédienne, théâtre, cinéma, radio. Elle monte les échelons, suit les conseils d’une actrice qui la prend sous son aile.

Brune elle devient blonde, elle se fera remarquer plus facilement dans les films… bonne comédienne ? pas vraiment mais elle sait jouer de son charme et son passé de comédienne lui servira plus tard, mais pour l’instant elle ne le sait pas.

Elle rencontre Juan Peron, ils se marient, elle deviendra sa meilleure alliée, la femme du dictateur se souvient de son passé, elle créera des hôpitaux, des orphelinats, adulée du peuple, des “sans chemises”. Elle est détestée par les militaires et les bourgeois, qu’à cela ne tienne, elle s’en moque ! Pour relancer l’économie du pays, elle fera une grande tournée européenne, on rit lorsqu’elle parle de sa visite à l’Espagne franquiste ! au Vatican, elle sait que le pape a accueilli des nazis comme en Argentine, à Paris, elle apprécie surtout les défilés de mode chez Dior !

Dans la salle du Petit Poche, une grande poupée de dos, une robe vaporeuse, boite à musique ? non. Evita tourne, elle est gantée, bijoutée, et s’esclaffe en racontant sa vie, les anecdotes avec son coiffeur, il faut parfois se méfier de son coiffeur… Il peut aussi se perdre dans ses souvenirs, ses peurs, ses angoisses.

Personnage ambigu, doit-on la haïr, la vénérer. Une icône, un destin brisé par la maladie, morte jeune. Son cercueil enlevé et caché pendant des années avant qu’on ne le retrouve, sa vie et sa mort ont inspirés le cinéma, le théâtre, le music-hall.

La mise en scène n’a rien de statique, Evita virevolte, chante, les vidéos des actualités sont projetées sur la superbe robe blanche. On passe un très bon moment, émouvant, drôle, instructif.

Je suis une fan inconditionnelle de Sebastian Galéota, découvert dans “Renata”, et bien sûr au Poche dans “Berlin Kabarett” et “Michel for ever”. Il ne joue pas Eva, il est Evita.


Anne Delaleu
18 décembre 2019
Poche Montparnasse


mercredi 4 décembre 2019

Le dindon - Feydeau - Théâtre Déjazet



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Site de la compagnie ICI pour les dates de tournées

lundi au samedi 20h30 - samedi 16h45
durée 1h30

Le dindon
Georges Feydeau

Mise en scène Anthony Magnier

avec Anthony Magnier : Pontagnac, Xavier Martel : Vatelin, Laurent Paolini : Redillon,
Julien Renon : Soldignac/Pinchard/Gérôme, Magali Genoud : Lucienne,
Delphine Cogniard : Maggy/Clara, Marie Le Cam Mme Pontagnac/Mme Pinchard
(en alternance Victorien Robert, Guillaume Collignon, Mikaël Fasulo, Audrey Sourdive, Sandrine Moaligou)

Que faire lorsqu’une honnête femme est suivie par un malotru jusque chez elle ? et bien Lucienne appelle Crépin ! je vous l’accorde, le prénom prête à sourire, et fait ricaner Pontagnac le malotru, mais le voici bien embarrassé lorsque le mari entre dans la pièce, en effet Vatelin est un ami du Cercle, et Pontagnac s’empêtre dans des explications farfelues pour se disculper. Vatelin bon bougre, éclate de rire et pardonne bien facilement à son ami, Lucienne a dû mal à digérer… surtout lorsque Mme Pontagnac fait son entrée, elle qui “est à Pau, dans une petite chaise roulante” d’après son mari...


Enfin, puisque les hommes s’unissent, Lucienne dit toute la vérité à Mme Pontagnac et ceci devant Redillon, ami des Vatelin, amoureux fou de Lucienne ! Mais rien n’est simple, ajoutez à cela la fofolle britannique Maggy, maîtresse de Vatelin, “coup de canif dans le contrat” lors de son voyage à Londres !

Tout ce joli monde se retrouve dans un hôtel, Pontagnac espère pincer Vatelin et ainsi se proposer comme amant à la charmante Lucienne, quant à Maggy elle est toute émoustillée de retrouver son “love Crépine”, qui a bien été obligé de lui céder pour une nuit et pour éviter un scandale.

Un couple débarque pour fêter leur anniversaire de mariage, lui militaire libidineux, trousseur de jupons, et sa femme, sourde comme un pot, ils se retrouvent dans la chambre de Vatelin, occupé précédemment par Redillon et une charmante jeune femme.

Les quiproquos, les portes qui claquent, les sonnettes qui tintinabulent, l’ambiance “sex and rock and roll”, rien de vulgaire, tout est à hurler de rire !

Un Feydeau dans la morosité ambiante ça ne se loupe pas, et quel dynamisme dans cette troupe, Julien Renon compose dans les trois rôles, un personnage totalement différent, de l’anglais de Marseille, en passant par le militaire grivois, et le valet de chambre d’Ernest ! et Laurent Paolini, dandy tout de blanc vêtu, acrobate à ses moments perdus, est irrésistible aussi. Je n’aurai garde d’oublier Anthony Magnier qui signe la mise en scène, et joue les séducteurs à l’italienne, Xavier Martel est gaffeur à souhait, Magali Genoud compose aussi bien la vertueuse Lucienne que la petite amie blonde de Redillon, elle l’épuise trop d’ailleurs… et Marie Le Cam est prête à sortir la cravache !

Un dindon bien dodu et bien goûteux par les temps qui courent et pour préparer les fêtes, je vous le conseille !
Anne Delaleu
4 décembre 2019
Théâtre Déjazet