vendredi 30 novembre 2018

Ich bin Charlotte - D.Wright - Théâtre de Poche Montparnasse


Vendredi - samedi 19h dimanche 15h
durée 1h10 - jusqu'au 6 janvier 2019
site du théâtre ICI

Ich bin Charlotte

Doug Wright


Adaptation Marianne Groves
Prix Pulitzer 2004 du texte dramatique.

Mise en scène Steve Suissa

Avec Thierry Lopez


Longue silhouette noire, perchée sur des hauts talons, Charlotte von Mahlsdorf nous raconte son histoire, ses combats dans l’Allemagne nazie et le communisme… Comment survivre en étant homosexuel, travesti ?

L’américain Doug Wright a mené l’enquête sur Lothar Berfelde devenu Charlotte, jeune allemand qui pour se protéger et défendre sa mère, tuera son père, militant du parti nazi.

Charlotte aime les objets anciens, elle ouvrira un musée pour cacher tous ses trésors, les meubles, les phonographes. Ce passé révolu elle le protège, le fait découvrir à certains, en qui elle a confiance. Pourtant Il lui faudra répondre de ses actes, a-t-elle espionnée pour le compte de la Stasi ? Elle sera honorée dans son pays, puis partira ouvrir un autre musée en Suède. Avant sa mort, elle aura vu le mur de Berlin s’effondrer.

Thierry Lopez incarne Charlotte et d’autres personnages, il faut le voir déambuler, danser (bravo à la chorégraphe Anouk Viale), imiter différents accents ou personnages ! À l’aise, l’œil rieur, le sourire enjôleur, Il est drôle, mais aussi touchant.

Steve Suissa (qui recevra le trophée de la culture pour la création du festival du théâtre français en Israël), a su recréer une atmosphère, aidé par les lumières de Jacques Rouveyrollis.


Une époque où il ne faisait pas bon être différent, soyons vigilants dès à présent !
Anne Delaleu
30 novembre 2018 



mercredi 28 novembre 2018

Gainsbourg forever - Théâtre Trévise

les mercredis 21h30
site du théâtre ICI
durée 1h10

Gainsbourg Forever

Myriam Grélard


« Dieu est un fumeur de Havane… » Et certes sur la scène du théâtre il y en a des volutes de fumée !

Myriam Grélard nous conte l’histoire de Lucien, fils d’immigrants russes juifs, elle campe Liliane la sœur jumelle, c’est à travers elle que nous connaîtrons l’histoire, l’ascension et le destin hors norme de l’homme à la tête de chou, séduisant, aimant les femmes et l’amour.



Il aimait aussi la peinture, la grande musique, un grand admirateur de Chopin, Ravel, Debussy etc, un véritable artiste !

Qui ne connaît ses chansons, les fredonne, je me souviens à la fin d’un spectacle musical, le public a chanté « la javanaise », devant les artistes sidérés ! des paroles simples, poétiques, une musique qui accompagne parfaitement les mots. Les femmes lui ont donné sa chance, ou l’ont aimé avec passion, Juliette Gréco,  Michelle Arnaud, BB, et la jeune France Gall l’interprète de « poupée de cire, poupée de son », anecdote personnelle, nous ne manquions jamais le concours de l’Eurovision à la maison, je me souviens de ma mère, en entendant le nom de Gainsbourg, soupirer « pourvu qu’il ne soit pas saoul ! » elle l’aimait bien, mais il avait l’air d’être souvent entre deux verres…

Serge Gainsbourg nous manque, il a marqué et traversé les époques et les genres de musique sans problème. Il aurait eu 90 ans, lui qui se vantait d’avoir enterré trois cardiologues !

Un beau spectacle, Myriam donne vie à BB, Liliane, Edith, et bien sûr à Jane et Charlotte.


« j’ai vu Gainsbourg, Gainsbourg forever, j’ai jamais rien vu d’aussi beau, oh c’est beau, c’est beau Gainsbourg, Gainsbourg forever »…

Anne Delaleu
28 novembre 2018

lundi 19 novembre 2018

Les mystiques - H. T de Clermont Tonnerre - Les plateaux sauvages





 du 19 au 30 novembre à 20 h (pas le week end)
durée 1h30
site du théâtre ICI


Les mystiques ou comment j'ai perdu mon ordinateur entre Niort et Poitiers 
Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre

mise en scène de l'auteur

Avec Mathieu Genet, Bruno Gouery, Mireille Herbstmeyer, Flore Lefebvre des Noëttes, Lisa Pajon, Makita Samba


Le titre laisse rêveur !

Un charmant jeune homme nous explique comment il a "oublié" son ordinateur dans le train.

Un an auparavant, il préparait un livre sur les mystiques, sa demi-soeur rencontrée après la mort de leur père, est religieuse, son livre de chevet "Catherine de Sienne". Peut être pour mieux la comprendre a-t-il l'idée lumineuse d'écrire un livre et de regrouper tous les ouvrages sur les mystiques de toutes religions.


Mais comment se concentrer sur le sujet, quand on a des amis qui ont chacun une idée ou une anecdote à raconter et qu'ils pensent importante !

Il part donc à Sienne, il fera des rencontres surprenantes, dont l'ophtalmo italien une vraie perle celui-là ! il a été "ébloui" dans tous les sens du terme. En plus, il parle avec le fantôme de son père, ce qui n'arrange rien.

Les situations sont menées tambour battant, que ce soit les copines qui tentent de l'aider dans sa démarche, l'évocation des cours de théâtre qu'il prenait, la productrice branchouille qui n'est pas décidée à faire un film sur le sujet pas très vendeur.

Une comédie étrange, un peu déjantée, fort bien jouée, qui part un peu dans tous les sens mais intéressante à voir.

J'aime l'écriture et l'univers de Hedi Tillette de Clermont-Tonnerre, j'avais déjà apprécié "Les deux frères et les lions" qui se jouera de nouveau au Poche Montparnasse à partir du 8 janvier 2019.


Anne Delaleu
19 novembre 2018

samedi 17 novembre 2018

La ronde - A. Schnitzler- théâtre 14


Lundi 19 h - mardi au vendredi 21h - samedi 16h
jusqu'au 31 décembre 2018
site du théâtre ICI

La ronde

Arthur Schnitzler (1862-1931)


Mise en scène Jean-Paul Tribout

Avec : Lea Dauvergne, Caroline Maillard, Marie Christine Letort, Claire Mirande, Xavier Simonin, Laurent Richard, Jean Paul Tribout, Alexandre Zekri, Florent Favier

Vienne au début du 20ème siècle, la Grande Guerre se profile à l’horizon, mais Vienne est une ville intellectuelle et cosmopolite, dans la peinture, la littérature, la musique etc.

Sur scène des panneaux miroirs déformants, miroirs de lupanars ? On devine le principal, le lit !

Autour de ce lit, se déroule la vie de dix couples, ils formeront une ronde, la boucle sera bouclée par la prostituée du début.

Amour ? pas vraiment dans le sens romantique, mais surtout jeux sexuels, sensuels, quelque soit le rang social, comment aborder, séduire, plaire, s’amuser, nous sommes les voyeurs de cette joyeuse ronde.
  • La prostituée et le soldat
  • Le soldat et la femme de chambre
  • La femme de chambre et le jeune monsieur
  • Le jeune monsieur et la femme mariée
  • La femme mariée et l'époux
  • L'époux et la grisette
  • La grisette et l'auteur
  • L'auteur et la comédienne
  • La comédienne et le comte
  • Le comte et la prostituée

Chaque scène aborde un fait de société, pas besoin de chercher du romantisme, mais le plaisir charnel, c’est parfois triste, souvent drôle, on comprend pourquoi Arthur Schnitzler a eu des ennuis avec ses compatriotes à l’époque.

Prenez part à la ronde, chorégraphiée par Jean-Paul Tribout et ses comédiens, qui ont pris, on le sent bien beaucoup de plaisir à jouer.


Anne Delaleu
17 novembre 2018

vendredi 16 novembre 2018

J'ai bien fait - théâtre de la Tempête



du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h30 (le samedi 17 novembre à 17h30)

Salle Copi • Durée : 1h45 
jusqu'au 16 décembre 2018
site du théâtre ICI

J’ai bien fait !

Pauline Sales


Mise en scène Pauline Sales

avec Gauthier Baillot, Olivia Chatain, Anthony Poupard, Hélène Viviès


Un atelier ou un garage, le sol est jonché de … traversins, c’est une œuvre d’art à ne pas s’y tromper.

Valentine a l’air surexcitée et discute avec son frère Paul, le plasticien des traversins. Elle, chignon serré, habillée maronnasse-beigeasse-grisouille, pas une once de féminité, de couleurs gaies.

Paul, fait ce qu’il peut, comprend parfaitement qu’on soit insensible à son art, ne comprend pas sa sœur, encore moins leurs parents. Ils se disputent à leur sujet.

Valentine lui demande de l’aide, c’est bien la première fois depuis des années, ils ne s’entendent pas beaucoup. Elle a fait quelque chose d’absurde, d’insensé, mais ça on le saura plus tard…

Puis intervient Sven, son mari, scientifique rasoir, qui n’a plus beaucoup d’attirance envers sa femme, leurs enfants sont grands. Sven a des mots très durs sur sa femme, en résumé, elle est inodore et sans saveur.

Intervient Manhattan, drôle de prénom pour cette jeune paumée, ancienne élève de Valentine, et maîtresse de Paul, elle fait le ménage, elle vivote.

Ces quatre là parlent mais n’échangent pas, Valentine est la plus fragile, elle reprend les phrases cruelles de sa fille, qui lui reproche d’être là, alors qu’au Bataclan c’est la jeunesse qui a été frappée.

Mais au fait que sont devenus les élèves de Valentine, qu’elle avait accompagnés à Paris pour une sortie éducative…


La pièce est intéressante, énigmatique, la fin est surprenante, on se perd un peu dans le labyrinthe de leurs pensées, de leurs réflexions, tout y est, les migrants, l’acceptation de l’autre, l’art contemporain, l’éducation.

Anne Delaleu
16 novembre 2018

mercredi 14 novembre 2018

Love théâtre day ! 14 novembre Théâtre Hébertot


Une bien belle journée que ce 14 novembre, journée mondiale #Lovetheatreday ! Rencontre avec trois de nos hommes en colère et visite du théâtre.


Jacques Hébertot (1886-1970) nous accueille, il a repris le théâtre des Arts et en 1940 a réouvert ce lieu en lui donnant son nom, alors que l'époque n'était pas des plus favorables.

On lui doit de nombreuses créations, Camus, Montherlant, Mauriac, Bernanos.

Le théâtre a connu divers propriétaires, tous attachés à la renommée du théâtre, de la création, de nouveaux auteurs. Francis Lombrail dès 2013 poursuit l'aventure.


Bonjour Monsieur Bouquet nous montons nous entretenir avec trois merveilleux comédiens.

Globe de Cristal 2018



Antoine Courtray, Francis Lombrail et Bruno Putzulu 

Nous parlons de la pièce, "Douze hommes en colère", grand succès mérité et qui attire toutes les générations.

Francis Lombrail parle de son personnage, étriqué, raciste, le rôle est intéressant tant il y a de facettes à exploiter, Bruno Putzulu est celui par qui le doute s'installe et qui fera réfléchir les autres, dont Antoine Courtray juré, né dans un quartier difficile comme l'accusé.

Aucun des comédiens présents n'a été juré en France,  par contre le dramaturge Reginald Rose a écrit cette pièce, en sortant du tribunal où il était  juré ! Le système judiciaire américain est différent du français, et il n'aurait pas été judicieux d'adapter l'histoire "en France".

L'époque aux USA était à la "chasse aux sorcières", le procès Rosenberg qui a ému le monde entier était encore présent dans les mémoires.

La mise en scène est très sobre le décor également, ce qui permet d'écouter le texte avec attention. Comme le fait remarquer Francis Lombrail, il y a de l'émotion, et aussi de l'humour dans cette pièce, et il est heureux de voir un public jeune s'enthousiasmer chaque soir. 

Nous les quittons à regret, mais c'est pour la visite du théâtre, sous la houlette d'Antoine Courtray !



Décor de "Douze hommes en colère", j'ai pris la photo assise dans la loge présidentielle (et oui !).

1838 ouverture de la salle
un joli canapé pour se reposer de la montée !

du Paradis, une vue plongeante !

Les cintres
changement de décor !




Les loges,
Merci Antoine !

Entrée des artistes (tiens c'est un bon film aussi !) et fin de la visite passionnante et sportive.

Anne Delaleu
14 novembre 2018

Merci au théâtre Hébertot, et à son équipe technique
à son Directeur Francis Lombrail, 
aux comédiens Bruno Putzulu et Antoine Courtray
ainsi qu'à Leslie Hazan, relations publiques et communication
et à Perrine Carpentier des Théâtres Parisiens Associés www.tpa.paris

lundi 5 novembre 2018

Stück Plastik - Von Mayenburg - Manufacture des oeillets

Site du théâtre ICI
jusqu'au 16 novembre
durée 1h40
lundi - mardi - vendredi 20h
jeudi 19h - samedi 18h - dimanche 16h

STÜCK PLASTIK
(Une pièce en plastique)
Marius von Mayenburg



Mise en scène Maïa Sandoz

Avec Serge Biavan - Maxime Coggio - Paul Moulin - Maïa Sandoz - Aurélie Vérillon



Comment faire pour être en accord avec ses convictions ? est-ce si difficile, apparemment oui pour Michael et sa femme Judith. Il est médecin, elle, assistante d’un artiste plasticien. Ce sont des bobos de gauche, ils ont leurs idées sur tout, mais leur profession les engloutissent complètement, ils sont donc obligés de prendre une femme de ménage, elle s’occupera également de leur gamin de 12 ans, Vincent, râleur et surtout accroché à sa tablette pour filmer toutes les scènes de la vie conjugale compliquée de ses parents et autre chose aussi…

Jessica est donc embauchée. C’est une femme simple, et selon les clichés n’a pas d’éducation ! Judith fait toute une histoire sur la propreté, celle de sa maison mais surtout celle de Jessica.

Michael se sent incompris, délaissé. Serge Hauluppa l’artiste plasticien, ami du couple, a une théorie bien arrêté sur la dépression. C’est vraiment trop banal, on fait du burnout !

Serge est intéressé par Jessica, il veut la filmer lorsqu’elle nettoie, il en rajoute d’ailleurs !

Tout ce petit monde baigne dans l’hystérie, la mise en scène de Maïa Sandoz joue sur l’absurde, la violence des propos. A nous de décrypter le message, sur l’art contemporain et ses dérives, sur l’esclavage moderne.

La pièce est très bien interprétée, chacun sa personnalité, son délire. Une comédie acide qui fait réfléchir.

Ce spectacle fait partie de l'édition 2018 des Théâtrales Charles Dullin www.lestheatrales.com n'hésitez pas à consulter leur site !

Anne Delaleu
5 novembre 2018

mercredi 31 octobre 2018

Il y aura la jeunesse d'aimer - Aragon/Triolet - Lucernaire


Site du théâtre ICI
jusqu'au 2 décembre 2018
21 h mardi au samedi - dmanche 18h

Il y aura la jeunesse d’aimer

Textes de Louis Aragon et Elsa Triolet


Mise en scène Didier Bezace
Avec Ariane Ascaride et Didier Bezace


Une heure trente de poésie, d’amour, de volupté, de charme. Didier Bezace et Ariane Ascaride sont les interprètes des textes d’Aragon et d’Elsa.

Elle est vêtue d’une robe noire, une broche complète cette élégante toilette. Peut-être un clin d’œil au passé d’Elsa qui dessinait des bijoux pour Elsa Schiaparelli et Chanel.  

A tour de rôle, se donnant la réplique, ils font revivre l’histoire de ce couple, les blessures, la passion, l’authentique amour. De belles pages de poésie et de roman qui donnent envie de se replonger dans l’œuvre d’Aragon et de Triolet. Brassens, Ferrat ont été inspirés par les textes du poète.

J’espère que la jeunesse viendra écouter ce spectacle si profond, et aussi si drôle, « ça s’est passé comme au cinéma », relate l’intervention « musclée » de la police durant l’Occupation. On rit bien sûr, mais au final c’est terrifiant de penser que l’on peut vous accuser de tout et de rien. Ariane Ascaride foulard noué sur la tête se transforme en mégère qui donne du fil à retordre à son mari Didier Bezace, celui-ci est irrésistible dans les personnages haut en couleur du récit.


Que dire de plus, les poètes ont toujours raison !

Anne Delaleu
31 octobre 2018

jeudi 25 octobre 2018

Le gros diamant du Prince Ludwig - thếâtre Le Palace


Site du théâtre ICI
jeudi au samedi 20h30
durée 1h40

Le gros diamant du Prince Ludwig

de Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields


Adaptation française Miren Pradier et Gwen Aduh

Mise en scène Gwen Aduh

L’équipe des « Faux British » a encore frappé !
Nous voici embarqué dans un thriller des années 50, sans Bogart, sans Baccall mais avec une Marilyn, secrétaire de Mr Troisgros, bien sous tout rapport.

Un orchestre jazzy, de bons musiciens qui enchaînent les morceaux de musique et les scènes, d’ailleurs vous reconnaîtrez sûrement des extraits de génériques de films bien connus.

L’histoire, le prince Ludwig confie à la banque un énorme diamant. Bien entendu, les malfrats ne sont pas loin, Marilyn a un fils, un peu voyou mais pas trop, et les gros casses ça ne le branche pas du tout ! mais le voilà bien malgré lui emporté dans le tourbillon, il est amoureux que voulez-vous, et de la fille du banquier, elle-même « fiancé » à un repris de justice qui a préféré « se faire la belle » en compagnie d’un copain, qui n’a pas l’air futé mais très fier d’avoir fait du théâtre amateur…

Enfin, voilà une troupe bien dynamique, très sportive, vous comprendrez pourquoi, lorsque vous irez au Palace, des gags à profusion, des répliques cultes, des changements de décors, des trouvailles pour les différentes actions de la pièce, de la musique et des chansons.


Un bon moment de détente et de rires avec cette joyeuse bande !

Anne Delaleu
25 octobre 2018

mercredi 24 octobre 2018

Un amour exemplaire - Cestac/Pennac - Rond-Point

Site du théâtre ICI 
jusqu'au 18 novembre 2018
Salle Jean Tardieu
durée 1h15 - mardi au dimanche 18h30

Un amour exemplaire

D’après la bande dessinée de Florence Cestac et Daniel Pennac


Mise en scène Clara Bauer

Avec Florence Cestac (la dessinatrice), Marie-Elisabeth Cornet (Germaine) Pako Ioffredo (Père de Germaine), Laurent Natrella (Jean de Bozignac), Daniel Pennac (le narrateur)


De nos jours, les princes épousent des roturières avec un passé sulfureux ou pas. Mais l’histoire qui nous est contée est mieux qu’un conte de fées, enfin s’en est un quand même !

Germaine couturière, est renvoyée de chez Madame la marquise de Bozignac, elle lui a rendu la gifle que celle-ci lui avait envoyée, à cause d’un malencontreux coup d’épingle. Mais Jean de Bozignac avoue son amour à Germaine, qui le lui rend au centuple. Ils sont désavoués tant par la famille aristocratique que par le peu recommandable père de Germaine. Et c’est tant mieux !

Ils peuvent enfin vivre de livres et d’eau fraîche, Jean a acquis une culture littéraire grâce à un de ses oncles, et il possède des livres rares, qui serviront à faire vivre le jeune ménage.

Ils vécurent heureux et n’eurent jamais d’enfants, voilà ce qu’on pourrait dire de Germaine et Jean. Un couple sans histoires, mais quand on ne rentre pas dans la norme, on est vite catalogué… Le petit Daniel, les a bien connus, lorsqu’il allait chez sa mémé. Grâce à eux il a aimé les livres, les couples d’amoureux, devenu professeur, il enseignait à ses élèves la littérature à travers les couples mythiques !

Clara Bauer a eu une merveilleuse idée, mêler la bande dessinée et le théâtre, Florence Cestac dessine et nous voyons le résultat sur écran, (j’ai récupéré un beau dessin !). Marie-Elisabeth Cornet est l’amoureuse Germaine, petite et blottie contre son Jean, Laurent Natrella lunettes sur le nez comme tout bon lecteur qui se respecte, Daniel Pennac savoure l’histoire qu’il nous raconte, et n’oublions pas Pako Ioffredo, inénarrable « artiste de complément » fort bien employé ici !

Daniel Pennac, c’est un de mes écrivains préférés, « la fée carabine » ; « au bonheur des ogres » et surtout « chagrin d’école » qui m’a consolée de mes années d’études !


Bref, une heure et quart de pure gaieté et d’émotions à ne pas louper au Rond-Point.

Anne Delaleu
24 octobre 2018

lundi 15 octobre 2018

1830 tout commence... - Montel - Théâtre Essaion



Site du théâtre ICI pour toute information
  • Du 10 septembre 2018 au 15 janvier 2019
  • les lundis et mardis à 21h - durée 1h15
  • Relâches :9 et 16 octobre - 13 novembre - 24, 25, 31 décembre - 1er et 7 janvier 2019


1830 Sand Hugo Balzac tout commence…

Ecriture et mise en scène Manon Montel

Avec Stéphane Dauch (Balzac), Thomas Marceul (Hugo) – Manon Montel (Sand)


Manon Montel amoureuse des beaux textes et des grands hommes a imaginé une rencontre entre trois personnages illustres, Hugo, Balzac et Sand.

Tout commence en 1830, Charles X est contraint à l’exil, tous aspirent à la République, Sand en tête, mais c’est Louis-Philippe 1er qui devient roi des français. Déception, espoir, tout se mêle. Comme toujours les promesses politiques se font attendre (tiens ça ne date pas d’aujourd’hui !). Liberté d’expression, création artistique, ils se battent pour leurs droits et ceux des autres.

Nos trois amis que ce soit au travers de leurs échanges épistolaires ou de vive voix, parlent de leurs amours (bien compliquées), de politique (pas plus simple), d’éducation (oui déjà), et surtout de leurs œuvres. Les uns critiquant les autres sans méchanceté, ni jalousie. Mais argumentant leurs idées au travers de leurs propres expériences.


Les trois comédiens sont débordants d’énergie, la mise en scène laisse la part belle au texte. Un moment de grâce. De belles pages de leurs chefs-d’œuvre sont interprétées, belle idée de nous replonger dans l’esprit et le style du 19ème siècle. 

Anne Delaleu
15 octobre 2018

dimanche 14 octobre 2018

Misery - King - Théâtre Hébertot

Site du théâtre ICI
du jeudi au samedi 21h (mardi 16 et mercredi 17 à 21h)
dimanche 15h
durée 1h30
photos Nathalie Sternalsky

Misery

William Goldman


D’après le roman de Stephen King
Adaptation française Viktor Lazlo

Mise en scène Daniel Benoin - Assistante à la mise en scène Alice-Anne Filippi Monroché

Avec Myriam Boyer et Francis Lombrail


A travers la fenêtre d’une chambre on voit la neige tomber, une femme est assise sur une chaise devant un lit où se tord de douleur un homme. Que s’est-il passé ?

Annie a sauvé Paul, il était coincé dans sa voiture, elle l’a ramené chez elle et soigné, elle est infirmière. Tout pourrait sembler en bonne voie mais, Annie est une fan assidue de l’écrivain Paul Sheldon auteur à succès de la saga « Misery ». Annie est sa fan numéro 1, hélas pour lui…

Paul s’inquiète de ne pas se retrouver à l’hôpital, il souffre beaucoup, et voudrait donner de ses nouvelles à son éditeur et surtout à sa fille. Annie, lui dit qu’avec la neige, les routes sont encombrées et son téléphone ne passe pas.

Annie le rassure, elle connaît tout de Misery, et arrive à trouver enfin le dernier tome, elle se fait une joie de gamine à l’idée de retrouver son héroïne. Mais Paul, souhaitant passer à un autre genre littéraire a « tué » Misery. Annie devient hystérique et n’accepte pas non plus le nouveau manuscrit de Paul, qu’elle juge trop vulgaire. Et la descente aux enfers de l’écrivain commence. Annie l’oblige à « ressusciter » Misery ! Elle sera cruelle avec lui et tortionnaire.



Il n’a pas le choix, il est enfermé dans sa chambre, mais c’est un écrivain, donc il a assez d’imagination pour tenter le tout pour le tout.


La mise en scène est adroite, les vidéos cauchemardesques, bonne idée aussi de montrer par caméra, l’intérieur de la maison.

Myriam Boyer sait jouer au chat et à la souris, parfois souriante et humaine, elle devient abominable et psychotique. Francis Lombrail est à sa merci, on souffre avec lui, on aurait presque envie de lui crier « attention la voilà ! ».

Un bon moment de théâtre, suspense et angoisse réunis, avec deux excellents comédiens.

Anne Delaleu
14 octobre 2018



vendredi 12 octobre 2018

L'occupation - Ernaux - théâtre de l'Oeuvre

Site du théâtre ICI
Du 4 octobre au 2 décembre 2018
Du jeudi au samedi à 19H et les dimanches à 17h30

L’occupation

D’après le texte d’Annie Ernaux



Mise en scène Pierre Pradinas

Avec Romane Bohringer accompagnée par le musicien Christophe « Disco » Minck


Une femme quitte l’homme qu’elle aime. Quoi de plus banal, mais veut-elle une séparation pour mieux le reconquérir ?

Ils se retrouvent souvent, lui a rencontré une autre femme, mais ne veut pas donner le nom ni le prénom de cette dernière.

Ce sera alors, l’obsession, l’occupation. Elle fera tout pour trouver le nom de la personne qui partage la vie de « W ». A la limite de la folie furieuse, elle n’aura aucun repos, cherchera par croisements, par les quelques bribes de conversation. Il lui faut absolument trouver le nom de sa rivale !



Romane Bohringer interprète avec conviction le rôle de cette femme, le texte d’Annie Ernaux coule de source. Les intermèdes musicaux et les vidéos allègent ce récit obsédant.

Une belle performance d’actrice.

 Anne Delaleu
12 octobre 2018


jeudi 11 octobre 2018

Hard - théâtre de la Renaissance


Jusqu'au 6 janvier 2019
site du théâtre ICI
mardi au samedi 21h
samedi et dimanche 16h30

Hard

Cathy Verney


Librement inspirée de la série « Hard » et adapté par Bruno Gaccio

Mise en scène Nicolas Briançon

Avec Claire Borotra, François Vincentelli, Nicole Croisille, Charlie Dupont, Stephan Wojtowicz, Isabelle Vitari, François Marielle, Dany Verrissimo et Sarah Gellé.


Lors des obsèques religieuses de son mari, Sophie est un peu étonnée de la tenue des « employés » du défunt venus lui présenter leurs condoléances.

Sa belle-mère lui assure que ce sont des gens très bien… enfin il va falloir tout raconter à la jeune femme, qui se faisait des illusions sur la profession d’Alexandre, qui travaillait dans l’industrie du film porno, pas vraiment dans l’importation !

C’est le choc des cultures lorsque Sophie fait la connaissance des employés de « Sophix ». Le décor, les accessoires, les costumes… je ne vous parle même pas du trophée qui trône sur le bureau du directeur. Le metteur en scène, genre Calimero en pantalon de cuir, tente de fléchir la veuve, qui veut se débarrasser à tout prix de cet encombrant héritage.

Mais voilà Roy LaPoutre, beau mec, je n’en dirais pas plus, c’est le coup de foudre… Sophie voit la vie en rose, son amie Lucie aussi,  mais si jolie soit-elle elle n’arrive pas à ses fins… pour l’instant.

Elle est bien entourée Sophie, Vulva Black, Eden Latex, et Bambi Cool, sans compter un acteur à l’accent à couper au couteau, brave type d’ailleurs, bon époux et bon père, et oui !

Le langage est fleuri, les termes crus, mais après tout c’est normal c’est le sujet de la pièce et surtout, bonne humeur garantie, un zeste de romantisme quand même, de la générosité. Claire Borotra et François Vincentelli forme le couple glamour, Charlie Dupont est irrésistible, Isabelle Vitari, sexy et vilaine copine de Sophie, Stephan Wojtowicz est le « Lelouch » du X, Nicole Croisille drôlissime. Une mise en scène très joyeuse de Nicolas Briançon.

 Je ne connaissais pas cette série sur Canal, ce fut donc la surprise totale et  gros fou-rire !

Anne Delaleu
11 octobre 2018