vendredi 2 janvier 2015

Regards croisés théâtre et photographie - Maison de Victor Hugo


Regards croisés
Théâtre et photographie


Jusqu’au 1er mars
Ruy Blas, Les Burgraves, Marie Tudor, Angelo Tyran de Padoue

Nadar, Etienne Carjat, et plus près de nous Agnès Varda et Claude Bricage ont été les magiciens et les historiens à leur façon du théâtre de Hugo de 1870 à nos jours.



Dans chaque salle, photos et distributions anciennes, avec la magistrale Sarah Bernhardt qui savait si bien se mettre en scène et avant l’heure connaissait déjà le marketing !


Photos de Mounet-Sully, Sarah, Coquelin aîné, Julia Bartet, Gérard Philippe, Daniel Sorano, Philippe Noiret, Maria Casarès et l’émouvante et si jolie Christiane Minazzoli.






















Accessoires : couronne de Sarah reine de Ruy Blas, l’épée de Frédéric Lemaître dans Ruy Blas
















insolite aussi les chaînes qui emprisonnaient Mme Segond-Weber en 1902 pour le rôle de Guanhumara des Burgraves (pièce assez imbuvable d'ailleurs !).






les Burgraves mis en scène de Vitez en 1977, théâtre de Gennevilliers




Marie Tudor : Maria Casarès, Roger Mollien, Philippe Noiret





Une belle photo sur Lucrèce Borgia, dernière mouture de la Comédie Française.




et pour finir une phrase que j'aime !

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Carte blanche à Christian Lacroix - musée Cognacq-Jay Paris



Carte blanche à Christian Lacroix

Pour sa réouverture, le musée Cognacq-Jay a donné carte blanche au couturier Christian Lacroix.

Jusqu’au 19 avril, vous pourrez admirer, le fil rouge et la thématique du théâtre et de l’opéra cher à Lacroix.

Il y a de superbes costumes qu’il avait réalisés pour « Adrienne Lecouvreur » en 2012. D’autres pièces de costumes, une colombine, un arlequin sont exposés, des figurines, des tableaux sur le thème de la musique ou du théâtre.


Un parcours intéressant et féérique, on reconnait tout l’amour de l’art que porte le couturier, tant pour les œuvres du siècle des Lumières que pour le contemporain.

- Sens et connaissance au XVIIIe siècle (salle 2)
- Spectacles, bals et sociabilités (salles 3 et 4)
- Paris, capitale des Lumières (salle 5)
- Économie artistique de l’Europe (salles 6 et 7)
- Les exotismes du XVIIIe siècle (salle 8)
- Le modèle antique (salle 9)
- Enfance et éducation (salles 10 et 11)
- Le portrait et l’émergence de l’individu (salles 12, 13 et 15)
- Le siècle de Boucher (salle 14)
- Fables, contes et romans (salle 17)




chalet en bougies !







un petit mélange Barbie et figurines pour enfants !




un modèle Vivienne Westwood qui ne dépare pas la collection












mardi 30 décembre 2014

Les tribulations d'Ana - Lucernaire


Les tribulations d’Ana
Librement inspiré de l’ouvrage d’Anna Sam « les tribulations d’une caissière »

Vica Zagreba
Mise en scène Sébastien Rajon


« Si tu ne travailles pas bien à l’école, tu finiras caissière comme la dame ! » c’est la phrase peu aimable et imbécile d’une mère à son enfant, lorsqu’elle passe à la caisse du supermarché. 

Anna Sam a vécu ce moment et en a écrit un livre, devenu un best-seller « Les tribulations d’une caissière ».

On se retrouve dans une grande surface par l’effet des lumières et quelques accessoires, Vica Zagreba campe une jeune femme obligée par la force des choses et après un entretien d’embauche à décourager n’importe qui, à devenir caissière avec tous les codes commerciaux que cela comporte. Ana est pourtant bardée de diplômes et ne trouve pas le débouché qu’elle espérait !

Bien sûr qui ne connait ou a connu dans sa vie professionnelle, le stress, le burn-out, les ordres imbéciles à suivre, le seul aspect positif c’était le salaire en fin de mois.


N’oubliez pas la prochaine fois en faisant vos courses, de sourire à la caissière, ce sera encore un lien humain à partager, car hélas l’ère des articles scannés par le client arrive petit à petit…

vendredi 26 décembre 2014

Les pâtissières - Piemme - Vingtième théâtre


Chantal Deruaz, Christine Guerdon, Christine Murillo
Mise en scène : Nabil El Azan

Trois sœurs, maintenant retraitées, ont tenu la pâtisserie familiale pendant de belles années. Hélas un jour, les affaires n’étant guère florissantes, elles ont été forcées de vendre à un promoteur peu soucieux le patrimoine familial et gustatif !

Mina, Flo et Lilli, nous content avec gourmandise et dans un langage sucré, leur aventure familiale, leur histoire sentimentale commune avec le beau Frantz. La vie de l’une et de l’autre, et maintenant la maison de retraite dont elles ont fini par s’accommoder.

Chacune a eu ses rêves, ses déceptions, le manque d’enfant pour l’une, le lyrique pour l’autre, après tout « l’opéra » est aussi un gâteau !

Mais il y a surtout, l’interrogatoire chez le commissaire qui tombe comme un soufflé. Le promoteur a disparu ! Ah bon ? Ont-elles quelque chose à se reprocher ? A part garder le secret de la confection du « gâteau Charlemagne » et encore …


Ces trois sympathiques chouquettes déroulent leur histoire comme une pâte sablée et avec talent.


C’est une fable sur le monde industriel, sur le mauvais goût, sur le changement des valeurs et le temps qui passe.


vendredi 28 novembre 2014

Faire danser les alligators sur la flûte de Pan - Céline - théâtre de l'Oeuvre



Faire danser les alligators sur la flûte de pan
D’après la correspondance de Louis-Ferdinand Céline

adaptation Emile Brami
mise en scène Ivan Morane

Un vrai bric-à-brac dans cet appartement, un piano dans un coin, des cordes à linge sur lesquelles sèchent les feuillets de l’auteur, lui sirotant son café, jouant du piano, et s’installant à son bureau pour rédiger une lettre à son éditeur. Il s’approche de son lit et se couche, puis une voix radio annonce la mort de Louis-Ferdinand Céline, auteur controversé mais génial.

Denis Lavant est « habité » par Céline, il vocifère, insulte, vrai diable sorti de la boite, il hume avec dédain tous les livres de ses confrères jeunes et vieux, qu’il envoie valdinguer sans cérémonie sur le plancher, ce qui donne lieu à un texte corrosif certes, mais on ne peut s’empêcher de rire sans retenue.

Il balance dans tous les sens du terme, véritable acrobate, se joue de l’espace, virevolte, bondit, parle beaucoup, tout le monde littéraire passe à la moulinette.

Ivan Morane signe une mise en scène vive avec le génial Denis Lavant comme trublion.


Un grand moment de théâtre et de littérature.

Nuits blanches - Murakami - théâtre de l'Oeuvre



Nuits blanches
Haruki Murakami

Que se passe-t-il donc sur scène ? Une jeune femme nous raconte sa vie familiale ordinaire, son mari, son fils, ses journées, les mêmes mots, les mêmes phrases. Une nuit elle fait un cauchemar et décide de ne plus dormir, voilà quinze jours qu’elle veille. Elle passe ses journées non pas à récupérer ses forces, mais à lire, elle s’évade avec « Anna Karénine », pars en ville et fait ses longueurs dans la piscine. Littérature et sport la maintiennent en vie et ses escapades en ville la nuit lui font découvrir un autre monde, un repli sur elle-même aussi.

Trois panneaux figurent l’appartement, sur chacun on peut deviner un regard stylisé, ou un animal qui guette…

On est pris par le texte, l’ambiance surnaturelle qui règne, Nathalie Richard nous tient en haleine, elle vibre, elle est douce, calme, et survoltée l’instant d’après.


De la nouvelle « Sommeil » de l’écrivain japonais Murakami, Hervé Falloux a créé une mise en scène intense.

jeudi 27 novembre 2014

Les fâcheux - Molière - Aktéon théâtre



site du théâtre 

Mise en scène : Jérémie Milsztein assisté de Brice Borg

Avec Céline Bévierre, Benjamin Witt en alternance avec Brice Borg, Jérémie Milsztein, Emmanuel Rehbinder

Qui n’a pas connu l’importun, le casse-pieds, le fâcheux qui vous pourrit la vie, et que l’on écoute quand même avec patience…

Christine Coquilleau Nait Sidnas

Christine Coquilleau Nait Sidnas

Le pauvre Eraste a bien des difficultés pour rejoindre sa douce amie, il rencontrera sur son chemin, nombre de fâcheux lui exposant chacun leur doléance, soit le récit laborieux d’une chasse à courre, soit une chanson (indigne de « the Voice » !), soit des problèmes amoureux avec deux précieuses bien ridicules, soit d’invention à soumettre au roi, enfin une panoplie de raseurs qui au moins auront  le mérite de nous faire rire aux éclats.

C’est donc le sujet de cette amusante comédie, dans une mise en scène totalement déjantée, des comédiens excellents avec du dynamisme à revendre, des gags, tout ceci encadré par un joli décor de feuillage et bois.


Des fâcheux que l’on aurait tort de laisser passer !


mercredi 26 novembre 2014

Le marchand de Venise - Shakespeare - Lucernaire


site du théâtre

Mise en scène Pascal Faber
Adaptation : Florence Le Corre et Pascal Faber

Avec Michel Papineschi, Séverine Cojannot, Philippe Bondelle, Frédéric Jeannot, Régis Vlachos, Charlotte Zotto

L’argent est le maître du monde, l’argent est roi, tout tourne autour de ce métal si précieux !

Shylock usurier juif, est trahie par sa fille, qui s’enfuit avec un chrétien et avec les bijoux, il n’est pas méprisable, il tente de survivre, pour cela il sera inflexible quant au paiement de la dette d’Antonio, celui-ci lui doit une livre de sa propre chair.


Portia est coquette mais elle a de l’esprit et du cœur, et par là est bien supérieure à son amoureux Bassanio...



Les comédiens avec en tête Michel Papineschi, donnent une belle représentation de cette comédie amère, délicate, ils ne tombent pas dans la caricature, il ne s’agit pas seulement d’argent mais de dignité, de reconnaissance, la haine emportant tout sur son passage, quelle que soit la culture ou la religion de l’un ou de l’autre.

La mise en scène de Pascal Faber est inventive, des costumes et de fort beaux masques, tant pour cacher le regard des belles que pour ridiculiser les soupirants de Portia, elle en dresse d’ailleurs pour chacun un portrait bien savoureux !


Moments d’émotion et moments burlesques, tant dans les scènes que dans les dialogues, un beau moment de théâtre.


Prix du théâtre ADAMI 2014



LE FOUIC THÉÂTRE
Lauréat 2014 et en tournée jusqu'en 2015

Le Prix du Théâtre Adami 2014, doté d’un montant de 35 000 €, a été remis à la Closerie des Lilas ce
mercredi 26 novembre, à Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé par Zabou Breitman, marraine
du Prix 2014, Bruno Boutleux, directeur général de l’Adami et Jean-Jacques Milteau, président du
Conseil d'administration. Et en présence de Jean Teulé, auteur du roman Mangez-le si vous voulez,
dont l’adaptation théâtrale par le Fouic Théâtre remporte un vif succès depuis sa création.



mardi 25 novembre 2014

Aucassin et Nicolette - chantefable du XIIIème siècle - Poche Montparnasse


site du théâtre

Traduction et mise en scène Stéphanie Tesson

Avec Brock et Stéphanie Gagneux

Une représentation amusante dans laquelle l’imagination est au pouvoir, les accessoires, les instruments de musique, le bruitage (oiseaux, mer en furie, troupeau de moutons avec le chien !).

Une chantefable comme son nom l’indique, nous conte en partie chant et en partie narrée, l’histoire du jeune Aucassin amoureux de la charmante Nicolette, bien entendu, pour épicer le récit, il y a le père intraitable, la guerre, les donjons, la forêt mystérieuse, la tempête, le retour du héros, enfin toute une fresque, un feuilleton médiéval, fort bien mis en scène par Stéphanie Tesson, qui a su tirer parti de deux comédiens d’exception, qui s’amusent autant que nous !
Photo Alejandro Guerrero

Brock sait manier le tambourin, les clochettes, divers autres instruments et prend tous les accents de la planète ! Stéphanie Gagneux n’est pas en reste et vêtue d’une tenue mi-homme mi-femme, évolue gracieusement devant nous, étant Aucassin le brave et Nicolette l’astucieuse.
Photo Alejandro Guerrero

Comme au temps des troubadours, l’espace et le jeu sont rois, escabeaux et bannières de chaque côté pour illustrer les différentes scènes, nous sommes transportés dans une autre époque pour notre plus grand plaisir !

Challenge théâtre 2014


lundi 24 novembre 2014

Où donc est tombée ma jeunesse - les poètes de la Grande Guerre




Mise en scène Jean-Luc Revol

Avec Tchéky Karyo, comédien, Edmund Hastings ténor
Accompagnés au piano par Edward Liddall et au violon par Michael Foyle

De l’ouvrage « Les poètes de la Grande Guerre » de Jacques Béal, Jean-Luc Revol a choisi les poèmes qui touchent au cœur, à la tolérance, à la compréhension, au pardon, et en a créé une mise en scène sobre mettant en lumière les écrits sur la guerre, les soldats, l’attaque, la mort de l’être aimé, les horreurs des gaz ou des machines à tuer. En fond de scène, les tranchées, les lumières jouant sur la toile de fond pour des ciels irisés ou flamboyants.

Tchéky Karyo, interprète ces poèmes avec chaleur, humanité, avec des coups de gueule aussi. La part de l’émotion est aussi présente avec le jeune ténor anglais Edmund Hastings qui apporte un air pur, une voix si belle, ils sont accompagnés par deux musiciens de talent pour nous faire entendre, Butterworth, Gurney, Debussy, Beethoven et encore les « Roses of Picardy ». 

Après une série de tournée en province, deux représentations à Paris, la prochaine à Abbeville jeudi 27 novembre, ce spectacle traversera la Manche pour le Festival de Brighton et l’Institut Français de Londres en mai 2015.



jeudi 20 novembre 2014

Yvonne, princesse de Bourgogne - théâtre 71 Malakoff




Yvonne, princesse de Bourgogne
Witold Gombrowicz

Mise en scène Jacques Vincey

Avec Hélène Alexandridis La Reine Marguerite, Miglé Berekaité* Dame 1, Clément Bertonneau* Cyrille, Alain Fromager Le Roi Ignace, Thomas Gonzalez Le prince Philippe, Delphine Meilland* Dame 2, Blaise Pettebone* Innocent, Nelly Pulicani* Isabelle, Marie Rémond Yvonne, Brice Trinel Valentin et Jacques Verzier Le Chambellan

Les acteurs sont déjà sur scène, lorsque le public pénètre dans la salle. Le décor, un beau salon, dans les blancs cassés, d’ailleurs les comédiens sont en train de disputer qui une partie de ping-pong, qui les abdos, qui un tango, qui un cardio-training, enfin le sport est roi ! Il y a un côté voyeur, une « peopolisation », nous vivons dans un monde où tout est filmé avec l’accord des « victimes » et tout le monde trouve ça normal.

photo Pierre Grosbois

Après tout, la Cour est en représentation n’est-ce pas ? ils interpellent le public pour le faire réagir ou applaudir, puis quand le prince héritier se retrouve seul avec son ami, ils s’amusent à « draguer » dans la salle, puis leur victime trouvée, la ramène sur scène, c’est vrai qu’elle est fadasse, pas glamour pour un sou, on ne sait pas si elle est sotte ou serait-elle autiste ? Rôle difficile pour Marie Remond, qui se tire avec beaucoup de justesse de ce personnage ingrat.

Beaucoup de cris, de hurlements, de gesticulations dans cette mise en scène, de l’hystérie à revendre, c’est le but du jeu après tout, ils deviennent complétement fous ! Il y a des scènes délirantes de la reine Marguerite se croyant seule (drôlissime Hélène Alexandridis), le roi Ignace n’est pas en reste dans la dinguerie !

photo Pierre Grosbois

Que dire ? C’est une contre-fable, pas de jolie bergère épousant un prince, mais une nunuche qui sera le jouet d’un prince pas charmant du tout !

De là à en faire une satire sociale, je ne vois pas vraiment le sens qu’a voulu donner Witold Gombrowicz, le public a fait une ovation méritée à la troupe, il a bien ri mais peut-être pas pour les raisons invoquées ci-dessus.


Cette pièce a été créée à l’Odéon en 1982 par la Comédie-Française, Nathalie Bécue tenait le rôle titre.