dimanche 14 avril 2013

L'atelier - Grumberg - A la folie théâtre










Mise en scène de Dalia Bonnet, Coralie Paquelier


Avec : Bruno Sultan, Dalia Bonnet, Hélène Lausecker, Charlotte Forest, Marinelly Vaslon, Marianne Duchesne, Victor Veyron, Victor Le Lorier, May Alexandrov, Gwennoline Guillemot, Laura Domenge


Costumes de Dominique Borg et Catherine Gorn



L’accordéoniste donne le ton et nous accueille, elle interprètera quelques chansons de l’époque pour lier les scènes et passer de 1945 à 1952.


En 1945, Simone, est la nouvelle arrivée dans l’atelier de couture de M. Léon et Mme Hélène. Son mari a été déporté et elle vit dans l’espoir de le voir revenir, elle ne cesse de faire des démarches. Elle fait la connaissance des autres ouvrières, Gisèle, Mimi, Marie et Mme Laurence, ce sont des personnages avec leurs défauts, leur générosité,  il y a aussi deux presseurs, dont l’un a été déporté, et qui ne se fait pas d’illusion sur le retour de certains… 


On chante, on pleure, on danse, on travaille et on rit beaucoup pour oublier, pour enfin s’ouvrir à une nouvelle vie. Pas facile de se retrouver entre femmes, mariées ou non, il y a celle que l’on soupçonne de n’avoir pas eu une attitude très claire pendant l’Occupation, celle qui croque la vie à pleine dents, celle qui aime chanter mais se fait chambrer par les autres, celle qui attend tout de la vie et de son futur mariage, et puis Simone qui espère.


C’est une belle pièce, la meilleure à mon sens de Grumberg, elle est parfaitement mise en scène et les comédiens sont tous sensibles, généreux, un jeu d’acteurs juste. Une bonne occasion d’aller voir l’Atelier.


samedi 13 avril 2013

L'aigle à deux têtes - Cocteau - Guichet Montparnasse






Mise en scène, aménagement du texte, décors : Caroline Rainette

Avec : Caroline Rainette, Sébastien Poulain, Bruno Aumand, Saâdia Courtillat (en alternance avec Cécile Rittweger), Nicolas Hannetel, Daniel Schröpfer

Costumes : Lycée Marie Laurencin - Mobilier : Ecole Boulle

Par une nuit d’orage, la reine tout de blanc vêtue, fête son 10ème anniversaire de mariage. Sur la cheminée on distingue le portrait de son époux, assassiné le matin des noces, mais alors qu'elle s'apprête à lever un toast, surgit un jeune homme sosie de son mari.

Cette tragédie romantique et politique ne peut que plaire au public, même ne connaissant pas l’œuvre de Cocteau, tout y est, l’amour, la mort, les complots.
En octobre prochain, ce sera le 50ème anniversaire de la disparition de Jean Cocteau (ainsi que d’Edith Piaf sa grande amie et créatrice du rôle de la femme dans « Le bel indifférent »). 

Une belle idée que de reprendre cette pièce romantique, certes le royaume est imaginaire mais la reine ressemble fort à Elisabeth d’Autriche – Sissi – ainsi qu’à son cousin Ludwig le roi fou et ses châteaux. 

Cocteau aurait été sensible à l’originalité des costumes, du décor et du mobilier. Le texte remanié et modernisé n’enlève rien à la poésie de Cocteau bien au contraire, le public est captivé.


jeudi 11 avril 2013

Pierre et Jean - Maupassant - Lucernaire




Tout débute par une belle journée, où toute la famille accompagnée d’une amie courtisée par les deux jeunes gens, se retrouvent dans une barque et s’amusent à voir M. Roland tenter de pêcher le repas du soir ! 

En rentrant chez eux, ils apprennent par le notaire le décès d’un de leurs amis les plus chers, M. Maréchal. Celui-ci lègue à Jean toute sa fortune… ce dernier est ravi, M. Roland également, seuls Pierre et sa mère, sont troublés, l’un commence à jalouser son frère, tandis que Mme Roland accuse le choc.

L’affrontement entre les deux frères, tant pour l’héritage que pour la même femme, se fait de plus en plus pressant et inévitable. Pierre soupçonne un lourd secret, il en aura la preuve à cause de certaines remarques de ses amis. Pierre n’est pas une victime, mais il ressent le besoin de culpabiliser ses proches. Jean acceptera finalement l’héritage et partagera le secret avec sa mère (émouvante Franka Hoareau).

La mise en scène de Vica Zagreba est fidèle à l’œuvre et les comédiens bien dirigés, sont investis chacun dans leur rôle, le narrateur (très bon Sébastien Rajon), M. Roland (Vahid Abay débonnaire) n’a aucun soupçon, a-t-il fermé les yeux ? Mme Rosemilly (Laure Portier vive et gracieuse) veuve un peu joyeuse. Pierre (Nicolas Martzel sombre et venimeux à souhait !), Jean (Régis Bocquet charmeur). 

Les décors avec l’utilisation de panneaux mobiles qui représentent soit un intérieur bourgeois, soit une brasserie, quelques meubles suffisent à recréer l’ambiance des différentes scènes.

La mer et les voyages sont toujours présents dans la mise en scène, et un transatlantique sera la conclusion de ce secret de famille.

jeudi 4 avril 2013

Suivez le guide ! - théâtre de la Huchette




Avec Nathalie Newman et Caroline Darnay 
mise en scène Caroline Darnay

Accueillis dans ce lieu mythique qu’est le théâtre de la Huchette, nous voilà transportés au siècle du Romantisme par nos deux guides, elles nous font redécouvrir les textes de Dumas, Sand, Hugo sur l’histoire du théâtre avec des textes drôles, crus, des répétitions épiques avec cette peste de Mlle Mars, mais qui nous font bien rire et on peut penser que ce genre de « capricieuse » existe encore de nos jours…

Ce spectacle ludique, poétique, nous fait découvrir ou redécouvrir certains aspects de nos auteurs les plus connus, tels Maupassant et Zola qui se sont essayés au théâtre, Dumas qui est plus connu pour ses chers mousquetaires, que pour « Antony », œuvre bien de son époque et qui a fait un succès incroyable sur les scènes parisiennes.

Laissez-vous guider par nos drôles de dames pour passer un moment poétique, drôle, interactif avec le public qui s’amuse beaucoup des répliques ou des textes certes un peu lestes de Mme Sand à son cher Musset, d’un truculent « j’ai la vérole » de Maupassant, ou ému par la tirade des « non merci » de Cyrano, la plus belle preuve d’amour de la liberté de penser et de rêver.

Les critiques littéraires et théâtraux sont aussi à l’honneur, tel Francisque Sarcey, et toujours le duel « théâtre  classique » et « théâtre de boulevard », « boulevard du crime » surnommé ainsi, parce que les théâtres donnaient des pièces où on tuait beaucoup sur scène avec l’aide de Frédéric Lemaître ! 

Le temps passe bien vite de « Hernani » à « Cyrano » donc n’hésitez pas à suivre le guide !

site de la compagnie

samedi 9 mars 2013

Hier est un autre jour ! - Meyniac et Cros - Théâtre Bouffes Parisiens






Comédie de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
Mise en scène Eric Civanyan

Daniel Russo, Gérard Loussine, Axelle Marine, Jessica Borio, Xavier Letourneur et Jean-François CROS


C’est une comédie à voir mais pas si facile pour vous raconter l’intrigue !

Il faut une distribution impeccable et c’est le cas aux Bouffes Parisiens.
Imaginez-vous au début, un complot contre un avocat honnête mais bourré de TOC. Ses associés vont tout mettre en œuvre pour lui faire perdre la face au cours d’un procès. 

Le dit avocat entrant dans son bureau, s’arrête, il constate que quelque chose a changé… on se dit « ça y est il a découvert le pot aux roses », mais non, ce n’est que le fauteuil qu’il remet en position comme il le souhaite et ne parlons pas du nombre de crayons qui doit être le même dans le pot. Il remet tout en place au millimètre prés ! Le « cochon-tirelire » sur son bureau doit être placé de tel côté et pas de l’autre… Il en a partout de ces charmantes bestioles, c’est une vraie collection.

Puis il y a l’apparition à sa porte d’un individu, un « fâcheux » qui ne cesse de l’importuner et veut absolument lui parler de choses importantes. Pierre bien entendu lui claque la porte au nez.

Mais le plus étrange, c’est le déroulement de la journée. En effet, le temps a l’air de tourner dans le sens inverse, les mêmes scènes, les mêmes gestes et les mêmes paroles se répètent toutes les 5 minutes ! Le pauvre Pierre aura bien du mal à comprendre ce qui lui arrive mais il va être aidé par un « ange gardien » spécial.

On rit beaucoup aux mésaventures de Daniel Russo et de son « ange » Gérard Loussine, ils s’amusent autant que le public. Leurs partenaires sont à citer car le déroulement des scènes demandent des comédiens aguerris !

Les effets spéciaux sont déroutants et très drôles. Une bonne comédie distrayante à ne pas manquer.