jeudi 4 avril 2013

Suivez le guide ! - théâtre de la Huchette




Avec Nathalie Newman et Caroline Darnay 
mise en scène Caroline Darnay

Accueillis dans ce lieu mythique qu’est le théâtre de la Huchette, nous voilà transportés au siècle du Romantisme par nos deux guides, elles nous font redécouvrir les textes de Dumas, Sand, Hugo sur l’histoire du théâtre avec des textes drôles, crus, des répétitions épiques avec cette peste de Mlle Mars, mais qui nous font bien rire et on peut penser que ce genre de « capricieuse » existe encore de nos jours…

Ce spectacle ludique, poétique, nous fait découvrir ou redécouvrir certains aspects de nos auteurs les plus connus, tels Maupassant et Zola qui se sont essayés au théâtre, Dumas qui est plus connu pour ses chers mousquetaires, que pour « Antony », œuvre bien de son époque et qui a fait un succès incroyable sur les scènes parisiennes.

Laissez-vous guider par nos drôles de dames pour passer un moment poétique, drôle, interactif avec le public qui s’amuse beaucoup des répliques ou des textes certes un peu lestes de Mme Sand à son cher Musset, d’un truculent « j’ai la vérole » de Maupassant, ou ému par la tirade des « non merci » de Cyrano, la plus belle preuve d’amour de la liberté de penser et de rêver.

Les critiques littéraires et théâtraux sont aussi à l’honneur, tel Francisque Sarcey, et toujours le duel « théâtre  classique » et « théâtre de boulevard », « boulevard du crime » surnommé ainsi, parce que les théâtres donnaient des pièces où on tuait beaucoup sur scène avec l’aide de Frédéric Lemaître ! 

Le temps passe bien vite de « Hernani » à « Cyrano » donc n’hésitez pas à suivre le guide !

site de la compagnie

samedi 9 mars 2013

Hier est un autre jour ! - Meyniac et Cros - Théâtre Bouffes Parisiens






Comédie de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
Mise en scène Eric Civanyan

Daniel Russo, Gérard Loussine, Axelle Marine, Jessica Borio, Xavier Letourneur et Jean-François CROS


C’est une comédie à voir mais pas si facile pour vous raconter l’intrigue !

Il faut une distribution impeccable et c’est le cas aux Bouffes Parisiens.
Imaginez-vous au début, un complot contre un avocat honnête mais bourré de TOC. Ses associés vont tout mettre en œuvre pour lui faire perdre la face au cours d’un procès. 

Le dit avocat entrant dans son bureau, s’arrête, il constate que quelque chose a changé… on se dit « ça y est il a découvert le pot aux roses », mais non, ce n’est que le fauteuil qu’il remet en position comme il le souhaite et ne parlons pas du nombre de crayons qui doit être le même dans le pot. Il remet tout en place au millimètre prés ! Le « cochon-tirelire » sur son bureau doit être placé de tel côté et pas de l’autre… Il en a partout de ces charmantes bestioles, c’est une vraie collection.

Puis il y a l’apparition à sa porte d’un individu, un « fâcheux » qui ne cesse de l’importuner et veut absolument lui parler de choses importantes. Pierre bien entendu lui claque la porte au nez.

Mais le plus étrange, c’est le déroulement de la journée. En effet, le temps a l’air de tourner dans le sens inverse, les mêmes scènes, les mêmes gestes et les mêmes paroles se répètent toutes les 5 minutes ! Le pauvre Pierre aura bien du mal à comprendre ce qui lui arrive mais il va être aidé par un « ange gardien » spécial.

On rit beaucoup aux mésaventures de Daniel Russo et de son « ange » Gérard Loussine, ils s’amusent autant que le public. Leurs partenaires sont à citer car le déroulement des scènes demandent des comédiens aguerris !

Les effets spéciaux sont déroutants et très drôles. Une bonne comédie distrayante à ne pas manquer. 

vendredi 22 février 2013

La liste de mes envies - Delacourt - Ciné XIII





Mise en scène de Anne Bouvier
Ciné XIII

« La liste de mes envies » est l’adaptation théâtrale du roman de Grégoire Delacourt (éditions JC Lattes), il a eu un énorme succès et pour cause, l’histoire nous touche d’autant plus que le rêve de beaucoup est que les petites boules du loto nous hissent vers nos fantasmes les plus fous !

Voilà Jocelyne, mercière de son état à Arras ville de l’ami Bidasse, qui dresse la « liste de ses envies ». Elle est cultivée – elle a lu « Belle du Seigneur » - généreuse, dans sa liste elle n’oublie pas Jocelyn son mari.

Le chèque qu’elle reçoit de la Française Des Jeux, elle le cache dans un escarpin (petit clin d’œil à Cendrillon ?), elle n’en parle à personne, ni à son mari, ni à ses deux copines, les jumelles qui tiennent un salon d’esthétique.

Que fera-t-elle de tout cet argent, comment va réagir son entourage ? Elle-même sait-elle vraiment ce qu’elle va en faire, on a beau avoir des rêves, mais l’après-pognon on fait quoi ? Comment le vit-on ? L’herbe est plus verte ailleurs c’est bien connu, mais cette belle fable nous permet de réfléchir à ce qui est le plus important dans notre vie, et quand même de rêver…

Mikaël Chirinian est l’interprète idéal, sans caricaturer, il passe d’un personnage à un autre avec justesse, émotion, humour, aidé par la mise en scène d’Anne Bouvier, qui « embobine » le plateau avec quelques accessoires.
Une belle histoire à recommander, vous ne serez pas perdants !


jeudi 21 février 2013

Punk Rock - Stephens - théâtre 14




Sur scène, une bande de potaches, habillés selon le code du lycée, le beau gosse et sa copine, le souffre-douleur de service, la petite grosse. Le texte évolue avec la mentalité des jeunes, et au bout d’un moment on s’ennuie ferme. Dialogues déjà entendus dans des séries, crus, conventionnels.

Les changements de scène sont ponctués par des airs de punk rock c’est ce que j’ai trouvé de plus intéressant !

Pourtant rien ne laissait présager la fin violente de la pièce.

Il a manqué quelque chose à ce spectacle.

dimanche 10 février 2013

La folle de Chaillot - Giraudoux - Comédie Champs Elysées





Corruption, pots de vin, expropriation sauvage, appât du gain, pollution, tous les sujets sont là, une effarante actualité, alors que cette pièce a été créée en 1945 après la mort de Giraudoux par Louis Jouvet qui interprétait le chiffonnier aux côtés de Marguerite Moreno.


A la terrasse du café « Chez Francis », des hommes d’affaires sans scrupules discutent, l’un a découvert en buvant l’eau de la carafe, un petit gout de pétrole…
Aurélie la Folle de Chaillot les espionne, avec l’aide d’Irma la plongeuse du café et avec ses amies, Gabrielle la Folle de Saint Sulpice, éternelle jeune fille « accompagnée » d’un soupirant, de Constance la Folle de Passy, qui emmène toujours avec elle son petit chien enfin plutôt son « fantôme », de Joséphine la Folle de la Concorde qui attend vainement la sortie du président Carnot et affirme avec force voir Caserio - depuis longtemps guillotiné - se balader devant Marigny !
Au sous-sol de la rue de Chaillot chez Aurélie, se tiendra le procès des prédateurs, et quand ils descendront tous, elle tentera de leur donner une ultime chance qu’ils ne saisiront pas, dévorés par l’ambition,  elle les condamnera à disparaître dans sa trappe !
Alors les gens se reparleront au-dehors, les oiseaux rechanteront et les arbres refleuriront enfin !
La mise en scène de Didier Long est inventive, mêlant l’actuel (avec portable et mobile) et l’ancien, les costumes des dames sont colorés, beaucoup de fanfreluches, de rubans, de chapeaux extravagants, elles sont hautes en couleurs. Avec en tête Anny Duperrey, Catherine Salviat, Fabienne Chaudat et Catherine Hosmalin, merveilleuses comédiennes.
Bien entendu toute la distribution est à louer avec Dominique Pinon, le chiffonnier qui endossera le rôle des accusés avec beaucoup de justesse et parle des « mecs », ceux qui ne vous regardent pas, ceux qui vous parlent mal.
Une belle pièce, un conte qui dénonçait déjà tout ce dont nous souffrons actuellement.
Michel Fagadau rêvait de monter à nouveau cette comédie, Anny Duperrey lui a rendu hommage.

vendredi 8 février 2013

Une sorte d'Alaska - Pinter - Aktéon théâtre

site du théâtre

Mise en scène Ulysse Di Gregorio
Avec Dorothée Deblaton, Grégoire Pallardy, Marinelly Vaslon


Un médecin se trouve au chevet d’une jeune femme, celle-ci reprend conscience peu à peu, elle ne reconnait pas l’homme ni l’environnement, et pour cause, elle se réveille après un long sommeil de 13 ans.
Deborah se rend compte que son corps a changé, d’une adolescente elle se retrouve femme. Elle n’est pas effrayée mais curieuse et écoute patiemment mais non sans se révolter parfois, l’histoire de ses années perdues. Elle rencontre enfin sa sœur Pauline, qui a épousé le Dr Hornby, elle ne veut pas la reconnaître, dans son souvenir c’est une jeune fille qui devrait se retrouver à son chevet, pas cette femme un peu forte, triste.
Comment se passera l’avenir de Deborah et de sa famille ? Comment peut-on retrouver un équilibre après une « absence » ?
La mise en scène est sobre, Dorothée Deblaton joue intensément son rôle.
Harold Pinter s’est intéressé aux histoires de ces personnes qui émergent d’un long sommeil, il a écrit cette pièce en 1982. Une pièce à découvrir.