vendredi 13 janvier 2023

Mademoiselle Chanel en hiver - T. Lassalle - théâtre de Passy

 

Site du théâtre ICI
mercredi au samedi 21h - dimanche 16h
jusqu'au 2 avril 2023
durée 1h30

Mademoiselle Chanel, en hiver

Thierry Lassalle

 

Mise en scène Anne Bourgeois

Avec Caroline Silhol, Christophe Barbier, Emmanuel Lemire, Thomas Espinera, Bokai Xie, Lucie Romain

Lumière Jean-Marie Prouveze - Décor Jean-Michel Adam - Musique Nicolas Jorelle Costumes Jean-Daniel Vuillermoz

 

Gabrielle Chanel s’ennuie… et pourtant elle n’est pas à plaindre, elle vit en Suisse dans les meilleures conditions, son ami Winston Churchill a réussi à la soustraire à la vindicte de l’épuration. Elle a aimé un officier allemand pendant l’Occupation et d’autres n’auront pas la chance de se sauver…

En Suisse, elle s’ennuie et dicte ses mémoires à son ami Paul Morand, grand écrivain il faut le reconnaître, mais surtout ancien ambassadeur du régime de Vichy ! Lui aussi est exilé et doit supporter les caprices de Coco…

Le problème de Coco c’est avant tout sa santé, son addiction à la drogue et aussi son ancien amant, Hans-Gunther von Dincklage, recherché pour crimes de guerre, l’ancien espion nazi est toujours amoureux de Coco et la rejoint dans son palace, il réapparait et elle qui s’était jurée de ne plus le revoir s’enfuit avec lui ! Elle se rend vite compte qu’il n’est pas plus fidèle qu’elle, qu’il a besoin d’argent…

En attendant, Morand fulmine et patiente quand même, il a tenté par tous les moyens de faire libérer Cocteau, qui lui aussi a maille à partir avec le comité d’épuration. 

Chanel quitte précipitamment son amant, elle raconte froidement, qu’elle l’a laissé à l’hôpital, après sa tentative de suicide.

Chanel est égoïste, antisémite ? elle en veut surtout aux frères Werthemeir qui ont fait main basse sur le « numéro 5 » et touchent les royalties ! Enfin elle méprise Schiaparelli sa grande rivale, « l’italienne » en parlant d’elle, celle-ci le lui rend bien en la surnommant « la modiste ».

Voilà un texte « haute couture » et souvent très drôle sur des personnages peu sympathiques, Anne Bourgeois réussit une mise en scène vivante et légère, Caroline Silhol, est tout à fait élégante et classe, et joue avec humour ce personnage si controversé, elle est fort bien accompagnée de Christophe Barbier, excellent Morand, et Emmanuel Lemire, Thomas Espinera, Bokai Xie, Lucie Romain ne sont pas en reste.

Une comédie intéressante et amusante sur notre grande dame de la Haute Couture.

 

 

Anne Delaleu

13 janvier 2023

Théâtre de Passy



mardi 10 janvier 2023

L'usage du monde - N. Bouvier - Poche Montparnasse

 


Site du théâtre ICI
mardi au samedi 19h - dimanche 17h30
durée 1h10

L’usage du monde

Nicolas Bouvier

 

Adaptation Anne Rotenberg et Gérald Stehr
 
Mise en scène Catherine Schaub
 
Avec Samuel Labarthe
 
 
En 1953, Nicolas Bouvier se lance dans un grand et superbe voyage partant de la Suisse à bord de sa Fiat Topolino, il rejoint son ami Thierry à Belgrade. Les voilà partis, tous deux, ils traversent la Turquie, l’Iran, la Macédoine, l’Afghanistan, pour subvenir à leurs besoins, Thierry vend ses toiles, Nicolas travaille comme journaliste.
 
Il y a donc 70 ans, l’intérêt de ce récit était aussi de connaître les coutumes des pays traversés, les difficultés et les dangers, certains pays fermaient leurs frontières aux étrangers et surtout aux journalistes !
 
Bien entendu de nos jours, nous voyageons plus aisément, et le côté « nomade » de ces deux compagnons est savoureux ! Quelques photos et dessins projetés permettent aussi de mieux suivre le périple de Nicolas et Thierry.
 
Samuel Labarthe donne à ce récit initiatique, un humour et une émotion palpable, il m’a fait découvrir un écrivain-voyageur de plus. La mise en scène est sobre, le texte est riche de détails et je vais m’empresser de lire Nicolas Bouvier !
 
 
Anne Delaleu
Théâtre Poche Montparnasse
10 janvier 2023

jeudi 5 janvier 2023

Nagazaki - E. Faye -

 

Nagasaki

 

Adapté du roman d’Éric Faye (grand prix de l’Académie Française 2010) par Olivier Cruveiller
 
Monsieur Shimura, vieux garçon, vit seul, dort seul, parfois sa sœur lui rend visite, et loge dans la chambre d’amis, où se trouve un placard à futons.
 
Lorsqu’il part pour le bureau, Monsieur Shimura ne ferme jamais sa porte, mais depuis quelques temps, il se demande s’il perd la raison… il se rend bien compte que des provisions disparaissent dans son frigo !
 
Il installe donc une webcam dans sa cuisine, et ainsi peut surveiller de son bureau, ce qui se passe chez lui en son absence. Il travaille tout en lorgnant du coin de l’œil son ordinateur et surprise une silhouette féminine apparait ! Elle se sert un thé, ouvre le frigo ! Enfin il a trouvé et se dépêche de prévenir la police.
 
La police lui apprend l’histoire de la jeune femme, depuis plus d’un an, elle « squatte » le placard à futons de la chambre d’amis, qu’elle est sans ressources et chassée de son logement. Alors elle est revenue dans son quartier d’enfance, et a poussé la porte de son ancien appartement. Et lui ne s’est rendu compte de rien !
 
Elle sera condamnée à une peine légère, Shimura ayant plaidé en sa faveur, après tout elle n’a rien saccagé, ni vandalisé. A la demande de la jeune femme, ils se reverront plus tard, sur un quai de gare, elle part chez son frère, quant à Shimura il a déménagé, leur histoire aurait pu continuer, ils auraient pu s’apprivoiser.
 
Mise en scène inventive et poétique d’Olivier Cruveiller, de grands lés de papier pendent des cintres, des panneaux de papier circulent pour délimiter les scènes, le violon et le bandonéon de Laurent Valéro chantent la nostalgie, Natalie Akoun et Nina Cruveiller incarnent tour à tour la femme avec tendresse et émotion.



Anne Delaleu

5 janvier 2023

Théâtre de l’Epée de Bois

mercredi 4 janvier 2023

Maupassant, Octave et moi - G. de Maupassant - Lucernaire

 


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durée 1h15 - salle Paradis
mardi au samedi 19h - dimanche 15h30
jusqu'au 19 février 2023

Maupassant, Octave et moi
d'après Guy de Maupassant 

 

Adaptation et écriture Sylvie Blotnikas
Mise en scène et avec Sylvie Blotnikas et Julien Rochefort
photos La Petite compagnie


Madame Pasca, illustre comédienne de théâtre était l’amie de Guy de Maupassant, un an après sa mort, elle organise, avec le concours de la Société des Gens de Lettres, une soirée afin de récolter des fonds, et d’élever une statue en l’honneur de l’écrivain, au Parc Monceau.

 
Elle choisit donc d’interpréter, avec l’aide du comédien Paul Porel, quatre nouvelles.
 
Pour le premier récit, nous voilà en compagnie de Monsieur Saval, il s’ennuie, il se remémore sa vie, et pense à sa mort…Il a soixante-deux ans. Il revit aussi les instants charmants chez son ami Sandres et sa femme si jolie, si rieuse. Elle est coquette, lui fait des mines, mais il n’en tire pas profit par loyauté peut-être. Mais voilà quelques années plus tard il se pose des questions, aurait-elle cédé à son amour ?
 
Madame Pasca est satisfaite de son partenaire, mais en fait ce n’est pas Porel mais un remplaçant de dernière minute, Octave Lacombe, il débute dans le métier, ma foi faisons lui confiance, après tout Zola l’a recommandé !
 

Le second récit « L’oncle Jules », Joseph Davranches se souvient. Ses parents n’étaient pas riches, pas vraiment pauvres non plus, mais tout était prétexte à faire des économies de bout de chandelle, sa mère vivait mal cette situation, ses sœurs étaient en âge de se marier. Et l’oncle Jules ? et bien c’était le frère de son père, il avait mené une vie de bâton de chaise, mais dans une lettre envoyée de New York, Jules mettait un point d’honneur à rembourser son frère. Un jour, toute la famille prend le bateau pour Jersey, et le père proposa d’offrir des huitres, c’était d’un chic ! Par contre l’écailleur ne semblait pas un inconnu pour le père…
 
Le troisième récit, Ah les décorations, ces « hochets de la République »… Alexandre Patissot ne rêve que de ça, depuis tout petit, il veut son ruban ! Il s’en ouvre à sa femme, pourrait-elle en toucher deux mots au député Rosselin qu’ils connaissent. Le député finit par l’envoyer en province faire des recherches, il est aux anges ! Il est très souvent parti, et un soir pour faire une surprise à Eugénie, il rentre à la maison sans la prévenir ! En plus d’un front « décoré », il aura son ruban, il en pleure de joie le naïf !


 
 
Quant à la dernière histoire, elle est amusante et légère comme la narratrice. Ah quelle guigne de tromper son mari avec un raseur ! bon son amant est vicomte mais le baron ne lui déplait pas non plus… et quelle aubaine elle le rencontre au jardin, fait mine de ne pas avoir de temps à lui consacrer, mais il est si charmant !

 
Voilà donc l’hommage qui se termine sur une note amusante, et Mme Pasca est très heureuse de cette soirée, elle invite Octave à déjeuner mais celui-ci lui confie que sa journée est prise par une amie. Mme Pasca éprouverait-elle un regret aussi ?
 
J’ai été touchée, émue, et j’ai bien ri aussi ! Julien Rochefort est subtil, amusant, Sylvie Blotnikas l’accompagne avec grâce et humour. Maupassant est au auteur majeur et je ne me lasse pas de le répéter, il faut le lire et relire sans modération !




 
 
Anne Delaleu
4 janvier 2023
Théâtre Le Lucernaire
 


vendredi 30 décembre 2022

Lennon et McCartney - G. Récamier - A La Folie Théâtre

 

Site du théâtre ICI
jusqu'au 4 mars 2023
les vendredi et samedi 19h30

Lennon et McCartney
Germain Récamier

 
 
Mise en scène Camille Broquet
 
Avec Zuriel de Peslouan et Régis Lionti


On déteste voir mourir ses idoles, le 8 décembre 1980, John Lennon tombe sous les balles d’un « fan » déséquilibré.

Alors imaginons… Paul McCartney rend visite à John le 27 novembre, il ne sait pas trop comment il va être accueilli.



John est marié à Yoko, il a rompu tous liens avec les Beatles, sa femme est-elle responsable de la séparation ? John est plus serein, il vit bien sa nouvelle vie d’homme au foyer. Alors Paul qui débarque c’est explosif !

Paul a aussi une nouvelle vie, mais ce qu’il souhaiterait c’est reformer le groupe mythique, qui a bouleversé le monde de la musique. Ils se remémorent leur rencontre, leurs disputes, Paul n’est pas facile, a un caractère de cochon, le pauvre Ringo Star en a bavé, Georges Harrison a eu du mal à imposer ses idées dans le groupe. John et Paul en rigolent encore !


Le texte de Germain Récamier est mis en valeur par la mise en scène de Camille Broquet, inventive et drôle, Zuriel Lennon et Régis McCartney, incarnent tous deux les amis/ennemis avec beaucoup d’humour, d’émotion. On passe de retours en arrière au temps présent.

Et puis on entend les tubes des « quatre garçons dans le vent » et c’est très bien amené et agréable. Une pièce que peuvent voir jeunes et moins jeunes, même les fans des Stones doivent y aller !
 
 
Anne Delaleu
A la Folie Théâtre
30 décembre 2022

mercredi 7 décembre 2022

Arsène Lupin - M. Leblanc - Théâtre du Lucernaire

 

Site du théâtre ICI
durée 1h15
jusqu'au 5 mars 2023
(théâtre Noir)

Arsène Lupin

D’après l’œuvre de Maurice Leblanc

 

Adaptation et mise en scène Delphine Piard

Assistant mise en scène Nicolas Soulié

Avec Grégoire Baujat ou Jean-Romain Krynen, Pierre Khorsand, Aude Roman ou Constance Carrelet ou Valentine Revel-Mouroz, Florent Chesné ou Nicolas Soulié, Emma Brazeilles

Décors Juliette Azzopardi - Costumes Solène Cauty et Chloé Boutry - Chorégraphie Michel Durand

On s’affaire au château, dans le salon des Gournay-Martin, la crispante Germaine, jeune fille richissime et imbue d’elle-même, ne parle que de son mariage qui ne pourra être que grandiose, pensez donc elle va devenir duchesse de Charmarace ! Avec l’aide de sa charmante soubrette Sonia, elle prépare les faire-part de mariage, enfin le fiancé arrive à l’heure pour le thé ! là aussi, Germaine est très pointilleuse sur les horaires (on plaint le fiancé… si, si…)

Germaine reçoit la visite d’un étrange personnage, M. Charolais, celui-ci au passage, se sert de quelques objets de valeur, mais ce qui épouvantera Germaine c’est la lettre qu’elle vient de recevoir de Lupin, lui précisant qu’il dérobera le diadème de la Princesse de Lamballe qui devrait ceindre le front de la mariée.

On est dès le départ, dans l’atmosphère « lupinesque », en ombre chinoise, nous assistons aux forfaits du bel Arsène et de ses complices, nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

La mise en scène de Delphine Piard est très dynamique, ça part dans tous les sens, il y a de l’humour, du cartoon, des allusions et hommage au duo Descrières/Dutronc, certes les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre ! Le décor, les costumes et les "fantasmes" sont bien là pour nous divertir !

Grégoire Baujat campe avec beaucoup de panache Arsène, Pierre Khorsand est le malheureux Ganimard dont on rit souvent, Aude Roman arrive joliment à nous faire rire de cette peste de Germaine, Florent Chesné complice d’Arsène apporte la touche de sincérité et d’amitié, Emma Brazeilles, la ravissante Sonia, qui ne laisse personne indifférent.

Une bonne représentation en compagnie de notre Arsène, et j’avais tous mes faux bijoux en sortant du théâtre, mais si, mais si !

Anne Delaleu
7 décembre 2023

vendredi 25 novembre 2022

Van Gogh deux frères pour une vie - Guichet Montparnasse

 

site du Guichet Montparnasse ici
le vendredi à 19h
jusqu'à fin décembre 

Van Gogh, deux frères pour une vie

Création, mise en scène et interprétation

Sous le regard bienveillant d’Annie Vergne

Ghislain Geiger (Théo) et Julien Séchaud (Vincent)


Vincent peint, Théo vend, ils ont un amour fraternel indéniable et sans réserve.

Difficile d’être le frère d’un génie ! il faut le protéger de lui et des autres, les amours compliquées de Vincent, son licenciement de chez Goupil, il ne supporte pas que l’art soit une marchandise ! et puis Vincent pour suivre la tradition familiale veut devenir pasteur, mais il est instable, irritable. Il en faut de la patience…



Ses crises de démence, sa dépression, Théo tente en vain de gérer mais fait en sorte que Vincent ne manque de rien. Ils se retrouvent à Paris, avec toujours le même bonheur, Théo n’a pas une grande santé non plus. Il se rend bien compte que son frère va de plus en plus mal, il lui fera rencontrer le docteur Gachet. Vincent s’entendra bien avec lui, mais sa folie l’emportera. Théo malade, le rejoindra quelques mois plus tard. Sa veuve fera transférer sa dépouille auprès de Vincent. Elle s’occupera de faire connaître l’œuvre de son beau-frère.

D’après la correspondance des deux frères Van Gogh. Ghislain Geiger campe un Théo solide, humain, Julien Séchaud est le fragile Vincent, toujours prêt à aider les autres, mais en proie à des crises de démence impressionnantes.

Un spectacle émouvant, interprété avec beaucoup d’intensité et de délicatesse.

 

Anne Delaleu
Guichet Montparnasse
25 novembre 2022

vendredi 4 novembre 2022

L'autre fille - A. Ernaux - Reprise au théâtre des Mathurins



REPRISE dès le 6 novembre
Site du théâtre des Mathurins ICI



L’autre fille

Annie Ernaux


Mise en scène Marianne Basler et Jean-Philippe Puymartin

Plongés dans le noir, un bref instant, nous entendons  une voix nous confier : « c’est une photo de couleur sépia… », car c’est bien de confidences qu’il s’agit, nous allons être les témoins de la douloureuse écriture d’une lettre à une absente, une sœur morte, dont Annie Ernaux découvre l’existence lors d’une conversation chuchotée par sa mère à une cliente dans la boutique.

Elle a 10 ans lorsqu’elle entend sa mère prononcer ces mots terribles : “Elle était plus gentille que celle-là”.

Elle, c’est cette sœur, Ginette,  morte à 6 ans de la diphtérie, morte 2 ans avant sa naissance, et la découverte de ce secret familial bouleverse sa vie, la questionne, l’oblige à revisiter toute son histoire familiale, apportant un éclairage nouveau sur sa relation à ses parents.

N’est-elle que la remplaçante de cette sœur idéalisée ? Elle découvre que tout ce qu’elle possède : son lit en bois, son cartable, appartenaient déjà à sa sœur « morte comme une sainte »

Il lui faudra plusieurs dizaines d’années, pour écrire ce texte adressé à « l’autre fille », car dit-elle,  « Celle-là, c’est moi et 60 ans après je n’en finis pas de buter sur ce mot  gentille,»

La sobre mise en scène : un bureau, une chaise pour l’écriture, quelques photos pour raviver les souvenirs de ses parents, et surtout la délicate présence de la comédienne, participent à l’émotion des spectateurs, perceptible tout au long du spectacle.

Marianne Basler, est habitée par le personnage, jusque dans la ressemblance physique, elle nous accompagne avec sensibilité, dans  le douloureux cheminement de la mémoire enfouie, et de l’écriture qui délivre et nous interroge.

Annie Lozac'h
22 novembre 2018
Mise à jour 4 novembre 2022

Bernard Dimey Père et fille - REPRISE AU THEATRE ESSAION



Site du théâtre Essaion ICI

BERNARD DIMEY PERE et FILLE
Une incroyable rencontre
Le spectacle musical de Dominique Dimey
Avec Dominique Dimey (jeu et chant), Charles Tois (accompagnement piano),
et Richard Bohringer (voix)

conception et mise en scène : Bruno Laurent
Décor : Nils Zachariasen. Lumières : Stéphane Baquet

C’est dans le Théâtre Lepic, (anciennement Ciné 13 théâtre), si bien rénové, à deux pas du Moulin Rouge et du Moulin de la Galette que j’ai découvert pour un soir, le spectacle de Dominique Dimey « Père et fille, une incroyable rencontre ».
Et ce lieu est particulièrement bien choisi, puisqu’elle nous invite à déambuler autour de Montmartre, de la rue Lepic, à la rue Germain Pilon, avec Bernard Dimey, amoureux de ce quartier populaire authentique et de ses habitants. Il y vivait au jour le jour, si proche de ses frères de route, de comptoir, de trottoir, malgré sa notoriété, lui qui vivait sans posséder ni maison ni voiture ni compte en banque, mais remplissait la salle Pleyel ou l’Olympia, quand il récitait ses poèmes, dans son vieux pull taché.
En ouverture, Richard Bohringer prête sa voix à Bernard Dimey en interprétant « Lorsque mon cœur sera » et l’émotion s’installe.
Il aura fallu beaucoup de temps à Dominique Dimey pour réussir à raconter son incroyable rencontre à Montmartre, lorsqu'elle avait 20 ans, avec son père Bernard qu'elle ne connaissait pas. Mais Je ne dévoilerai pas cette Histoire d’Amour, car il faut l’entendre conter et chanter avec la voix chaude, sensible et pudique de Dominique Dimey, dans une vérité émouvante, superbement accompagnée au piano par Charles Tois.
Ce spectacle pétri de tendresse, apporte un regard inédit sur l’œuvre et l’univers de Bernard Dimey, auteur de centaines de chansons (Syracuse, mon truc en plumes, Mémère, Il ne faudra jamais…) enregistrées par les plus grands noms ( Charles Aznavour, Yves Montand, Serge Reggiani, Zizi Jeanmaire, Henri Salvador, Juliette Gréco, Patachou, les Frères Jacques, Mouloudji, Michel Simon…..) et pour moi je l’avoue, la découverte d’un poète, auteur de romans, et de nouvelles, la découverte d’un homme exubérant, plein d'humour, secret et plein d’humanité, et de démesure, de soif d'absolu.
Dominique Dimey, avec ce spectacle intime et bouleversant nous fait un grand cadeau !


Annie Lozach
Théâtre Lepic 24 juin 2019
mise à jour 4 novembre 2022


Le Horla - G. de Maupassant - A La Folie Théâtre (REPRISE !)

 



du 16 novembre 2023 au 4 février 2024

Les jeudis à 19h30, les samedis et dimanches à 18h


Le Horla

Guy de Maupassant






Adaptation de Frédéric Gray

Mise en scène : Frédéric Gray assisté d'Olivier Troyon


Avec : Guillaume Blanchard et Olivier Troyon (en alternance avec Frédéric Gray)


Une bien étrange histoire...
Le narrateur se rend dans sa résidence en Normandie, il aime cette région, le calme, la douceur, par sa fenêtre, il voit passer les bâteaux, en voici un qui vient du Brésil, il le salue gaiement.

Un soir, il se sent mal, pris de fièvre, en fait il ressent une présence… une possession qui le rend peu à peu fou, délirant. Curieusement, lorsqu’il part en voyage, il n’est plus “hanté” par la chose, à Paris, il rend visite à sa cousine, au cours de la soirée, elle lui présente un docteur dont la spécialité est l’hypnose. Elle servira de cobaye et il adviendra des choses surprenantes !

De retour en Normandie, il continue à écrire son journal, nous suivons son état d’esprit presque tous les jours. Comment se débarrasser du Horla ? Il explore toutes sortes de situations, semble un soir se libérer, mais non… et il finira par se produire l’impensable.

Nous devenons comme le narrateur, haletant à chaque instant, à chaque manifestation surnaturelle.

Guillaume Blanchard interprète le narrateur de façon convaincante, et l’on est suspendu à son délire. L’adaptation et la mise en scène de Frédéric Gray permet aussi de “souffler". Il fait ressortir l’humour de Maupassant, et Olivier Troyon qui joue plusieurs rôles, nous fait réfléchir à chaque scène, est-il responsable de la folie du narrateur, pourquoi ce sourire narquois ? Est-ce notre imagination ou celle du narrateur ? Tout peut-il s’expliquer rationnellement ?

Un spectacle qui nous donne envie de lire et relire Maupassant et de l’apprécier à juste titre. 


Anne Delaleu

mise à jour le 27 octobre 2023

A la Folie Théâtre