mercredi 9 juillet 2014

Swinging poules - Avignon Théâtre le Chien qui Fume





Swinging poules

Mise en scène : Flannan Obé


 Avec : Florence Andrieu, Charlotte Baillot, Caroline Montier, au piano Philippe Brocard (en alternance avec Jan Stümke)



Ah les trois poulettes et leur coq,  un concentré de bonne humeur vous attend !


Il y a la grande rousse, la pulpeuse brunette, et la petite brune genre Caliméro !

Pétillantes dans de jolies tenues fifties, elles sont chanteuses et comédiennes, de belles voix, elles savent jouer avec humour sans vulgarité, et pour ne rien gâcher de vraies voix, le pianiste n’est pas en reste avec une belle voix de baryton.


On redécouvre avec plaisir la chanson française, d’Aznavour à Gainsbourg ou Vian, toutes les chansons mises en scène avec bonheur pour ces trois jolies dames par Flannan Obé.


Si vous n’aimez pas rire ou sourire passez votre chemin !

Sugar lake - Blessing - Avignon théâtre Le Petit Chien







théâtre Le Petit chien
18h55

Lee Blessing
adaptation française François Bouchereau
mise en scène Béatrice Agenin

Avec Constance Dollé, Emmanuel Noblet, Gaël Giraudeau

Lee Blessing est un auteur américain, dont les textes et les histoires ne laissent pas indifférents et sont de véritables coups de poings.

Là le pouvoir des médias est sur la sellette. Un couple de jeunes journalistes Iris et Dan sont « obligés » à leur corps défendant d’écrire un livre sur les meurtres d’un serial killer, William Reach, emprisonné. Leur éditeur prévoit un best-seller, le morbide et les meurtres fascinent toujours le commun des mortels. Mais surtout, cet ouvrage pourrait devenir un outil « pédagogique » contre de potentiels meurtriers.

William Reach est arrogant, sûr de son pouvoir et manipule comme il l’entend les deux journalistes, les insulte, leur parle de ces dix-neuf victimes avec un naturel désarmant, sans remords, leur lit les lettres passionnées d’admiratrices (Landru recevait des lettres d’amour et des demandes en mariage dans sa cellule !). 

Les jeunes gens l’interviewent l’un après l’autre et font leur débriefing le soir dans un motel minable avec vue sur citerne ! Pas vraiment de quoi souffler après les entretiens glauques qu’ils doivent enregistrer et peu à peu, Reach s’immisce dans leur vie quotidienne, pas de repos, pas de répit.

Les médias sont coupables certes de valoriser des assassins, d’en faire des héros, mais le public aime frissonner, regarder sans pâlir des émissions ou des séries criminelles bien sanglantes avec force détails, ça fait de l’audimat et du profit !

La mise en scène et la direction d’acteurs de Béatrice Agenin est captivante, on n’en sort avec des questions plein la tête, et les comédiens sont investis dans leurs personnages.

J’avais beaucoup aimé « En allant à St Ives » du même auteur également mis en scène par Béatrice Agenin.

L'illusion comique - Corneille - Avignon Off





Avec  Alice Kaczmarek, Bénédicte Marchand, Bertrand Kaczmarek, Paul Nichilo, Sylvie Dyon, Sandrine Anselmetti – Compagnie « En chair et en masques ».

Adaptation et mise en scène : Alain Bertrand 

Pièce de théâtre en 5 actes de Pierre Corneille "L'illusion comique" conte les amours contrariés de Clindor et Isabelle,  revisités à la sauce Commedia dell’arte.

Dans la cour du Barouf, ce spectacle en plein air, (il faisait beau !) entraine les spectateurs à être aussi acteurs de ce qui se passe sur scène, heureusement les deux sorcières-stagiaires qui répondent l’une et l’autre aux savoureux noms d’Arsenic et de Vieille dentelle donnent le ton, nous devons lancer des sorts, faire apparaître le jeune homme disparu, enfin elles ne sont pas vraiment au top et de bêtises en bêtises se font virer par la magicienne Alcandra !

Il y a aussi ce couard de Matamore, dragueur impénitent, il s’empêtre aussi bien dans sa cape que dans ses explications douteuses…

Et puis le père qui veut absolument marier sa tendre fille au vilain Adraste. La mère éplorée qui recherche son fils disparu, elle ne sait pas qu’il est le valet du ridicule Matamore.

Mais surtout c'est le théâtre dans le théâtre, tout n'est qu'illusion.


Enfin, une bonne représentation, avec de beaux costumes et des masques, et par-dessus tout le talent et le dynamisme des comédiens.

mardi 8 juillet 2014

Hymne à la disparition - Théâtre de l'Etincelle Avignon

Mise en scène Zhao Miao

La compagnie San Tuo Qi est composée de jeunes artistes. Ils maitrisent parfaitement le jeu corporel, et à travers neuf histoires, vont mimer, danser, et «jongler» entre mime contemporain et le traditionnel des masques de théâtre.


Par jeu, les jeunes gens se passent un masque différent à chaque fois et qui représentera la scène à jouer. Poésie, humour, beauté, tout est merveilleusement dominé par le jeu des artistes. 




Les corps se plient, se cambrent, dansent, imitent toutes sortes d’individus grâce aux très beaux masques, chacun est une personnalité, vieille dame, vieux monsieur, et l’on assiste séduit, aux histoires tantôt drôles, parfois cruelles, que nous content ses jeunes artistes, souriants, prêts à toutes sortes de bonnes blagues !

Un spectacle de mime et de masque qui plaira à tous.


Challenge théâtre 2014

Lettre d'une inconnue - Zweig - Avignon théâtre Le Chien qui fume





Lettre d’une inconnue
Stefan Zweig

Cette nouvelle écrite en 1922, relate l’histoire d’un amour passionné et obsessionnel.

Un romancier célèbre reçoit une lettre, il ne se souvient pas du tout de la femme qui lui écrit.
Elle vivait avec sa mère à Vienne, un jour il emménage dans l’appartement voisin. C’est une adolescente, elle s’éprend très vite de lui, le surveille, constate que de belles femmes viennent lui rendre visite.

Puis la vie veut qu’elle s’installe à Innsbruck avec sa mère et son beau-père, elle pense toujours à son idole, et finit par retourner à Vienne pour travailler et surtout être auprès de l’homme qu’elle aime.

Celui-ci ne la reconnait toujours pas, elle est jolie, il est séduisant et aime les femmes, ils passeront quelques nuits ensemble, pour lui rien de plus banal, mais elle attend un enfant.

La mise en scène de Christophe Lidon est dépouillée pour servir au plus près le texte, et les comédiens, Frédéric Andrau et Sara Biasini en tête, créent une atmosphère de passion, jouant avec les accessoires, Sara Biasini passe de la jeune fille à la femme en se revêtant d’une robe, de bas, de chaussures à talons, d’une perruque, une transformation qui suit les épisodes de sa vie et de sa descente aux enfers.

Une belle réussite avec des comédiens beaux et talentueux. Un succès parisien qui ravira Avignon.

L'homme qui rit - Hugo - Avignon théâtre du Chêne Noir





L’homme qui rit
Victor Hugo

Mise en scène Gaëlle Boghossian

Paul Chariéras, Paulo Correia, Mélissa Prat

Vidéo création sonore, univers du cirque,

Dans l’Angleterre du 18ème siècle, la misère est grande, les charlatans et les charognards s’attaquent aux plus faibles, aux enfants, c’est ainsi que Gwynplaine a été défiguré, mutilé pour avoir un éternel sourire et être vendu aux forains pour quelques sous.

La jeune Déa, aveugle est recueillie ainsi que Gwynplaine par Ursus, philosophe bourru mais qui sera un père pour les deux jeunes gens.

L’homme qui rit, finira par avoir du succès, le public toujours avide de sensation sera au rendez-vous. Cet homme défiguré aura son succès auprès d’une duchesse dont la beauté n’a d’égal que sa noirceur d’âme.

Gwynplaine aura une destinée peu commune, mais devra choisir entre l’amour de Déa et un prestigieux avenir. Sa défense des opprimés à la Chambre des Communes sera un véritable fiasco, l’Assemblée ne prenant pas au sérieux un homme arborant un si large sourire.

Ce très beau spectacle est présenté au théâtre du Chêne Noir, un savant mariage entre la vidéo, le visuel et l’univers du cirque, et d’excellents comédiens.

lundi 7 juillet 2014

Rhinocéros amoureux - collège de la Salle - Avignon

de Liao Yimei
Mise en scène Meng Jinghui

Une jeune troupe dynamique nous interprète un spectacle de théâtre contemporain, la pièce écrite par Liao Yimei a beaucoup de succès dans son pays et dans le monde. Il est vrai qu’elle représente une autre facette de la culture chinoise, plus en harmonie avec sa jeunesse et ses désirs.

Voilà donc l’histoire de Malu amoureux fou de Mingming, jeune fille mystérieuse, libre et décidée à le rester. Le jeune homme finira par l’enlever, mais rien ne se déroulera comme il le prévoyait.

Ils sont danseurs, comédiens et chanteurs, on peut être un peu désarçonnés par la scénographie, mais l’intérêt du spectacle réside aussi dans la diversité dont-ils font preuve dans leur jeu d’acteurs.


Challenge théâtre 2014

dimanche 6 juillet 2014

Ile et châtiments - théâtre Au bout là-bas - Avignon



D’après « les dix petits nègres » réécrits et mis en scène par Marine Assaïante.
 
Avec Marina Assaïante, Romain Canet, Elisabeth Genin, Paolo Handel, Charlotte Herbeau, Sébastien Max, Aude Ollier, Sébastien Scherr.

 
Dame Agatha Christie, la «baronne du crime» comme on l’avait surnommée, avait une imagination fertile, qui ne connait Hercule Poirot, Miss Marple, ses personnages chéris du public, et ses autres romans et pièces de théâtre.

 
Nous sommes en 1938, trois hommes, trois femmes, ne se connaissant pas ont été invités à séjourner sur une île au nom peu engageant « l’Ile du Spectre », ils sont accueillis par le maître d’hôtel et sa femme, mais leurs hôtes sont absents.

 
Après le diner, ils se retrouvent dans le salon et font connaissance, lorsqu’une voix venue de nulle part mais terrible, les accuse les uns après les autres d’avoir commis des crimes et s’en être fort bien sortis. L’objet du délit est découvert, c’est un disque sur un phonographe mais qui a enregistré et qui l’a posé ? Ce sera alors pour les invités le début d’une angoissante nuit. Un premier crime et leur isolement les obligera à commencer leur enquête et à se soupçonner les uns les autres…

 
Histoire passionnante, personnages bien typés, les comédiens servent le texte et se délectent à nous faire frissonner…

 
Un peu de poison, une méchante abeille, une balle perdue, un coup de hache mal placé, vous voilà prévenus mais n’hésitez pas à venir sur place pour passer un bon moment « so british » !


Challenge théâtre 2014 

Le bal - Nemirovsky - Avignon théâtre du balcon



Le bal
Théâtre du Balcon à 19h
Irène Nemirowski
Mise en scène et adaptation Virginie Lemoine

Avec Lucie Barret, Brigitte Faure, Serge Noël, Françoise Miquelis, Michel Tavernier et Pierre Azema.


Antoinette est une « pauvre petite fille riche », elle a 14 ans des rêves plein la tête et surtout des parents, nouveaux riches, sans éducation, l’argent n’achète pas tout…

Mme Kampf arrogante, soucieuse de considération sociale, propose à son mari d’organiser un bal et sont prêts à tout et même à inviter tout ce que Paris compte de vrais ou faux aristocrates, bourgeois, banquiers, négociants, passant même sur les « défauts » de certains.

Antoinette est laissée aux mains d’une gouvernante anglaise, soucieuse surtout de son petit ami. Quant à sa mère, elle ne cesse de rabrouer sa fille,  a peu de tendresse envers elle et surtout refuse à Antoinette d’apparaître au bal.

Antoinette se vengera de cet affront, sans l’avoir prémédité d’ailleurs, mais l’occasion est trop belle…

J’avais adoré ce court roman paru en 1930, puisé dans les souvenirs d’enfance d’Irène Nemirowski, et j’ai trouvé l’adaptation fidèle.

Les décors sont soignés, nous sommes dans le salon 1920 du magnifique hôtel particulier. Puis changement de scène et de décors, dans la chambre de la jeune fille, puis l’appartement de Mlle Isabelle, son professeur de piano, vieille fille médisante et prompte à taper sur les doigts peu habiles de son élève.

L’Interprétation excellente, on rit beaucoup devant la bêtise de ses nouveaux riches, une belle unité dans la direction d’acteurs.


jeudi 3 juillet 2014

Teatro a corte - théâtre européen dans les demeures royales du Piemont


Turin accueillera pour la 15ème année Teatro a Corte, festival de théâtre européen présenté dans les prestigieuses demeures royales du Piemont, du 17 juillet au 3 août, trois week end de rencontres musicales, théâtrales, sans oublier le cirque, 10 journées de festival, 28 spectacles.

Grâce à Beppe Navello, Directeur de la Fondation Teatro Piemonte Europa, l’Europe culturelle et créative sera au rendez-vous, la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne, le Royaume Uni, les pays scandinaves,  des créations contemporaines se croiseront, vivront, enchanteront au Palais Royal de Venaria Reale, au château de Racconigi, d’Aglie, de Rivoli !

Que rêver de mieux pour le spectacle vivant, que cette invitation au voyage qui débutera à la gare avec « Viaggiare », grâce au théâtre des Célestins de Lyon partenaire de la Fondazione TPE, un récital de textes et de musiques, Montaigne, Rousseau, Goldoni, Aznavour, Testa.

Again et  Leave Two houses par la chorégraphe norvégienne Ina Christel Johannessen, I viaggi di Marco Polo avec Lui Angelini et Paola Serafini, The Pianist, Narri par le Circo Aereo de Finlande.  Kallo collective présentera Moving Stationery. Ima Idouzee pour This is the title et Nanna Susi avec Underneath the Nordic Sky-exposition. La France et le collectif G. Bistaki créera Cooperatzia-La Maison. Le Royaume-Uni et la Company Chameleon présentera pour la première fois Push. L’Italie ne sera pas en reste avec In piccolo création de Ambra Senatore, la Belgique et l’Espagne présenteront également leurs créations.

N’oublions pas à l’heure du mondial, un hommage au football, la Norvège et ses danseurs-footballeurs dans « A dance tribute to the art of football » !

mercredi 2 juillet 2014

La cantatrice chauve - La leçon - Ionesco - théâtre de la Huchette


Molière d’honneur en 2000

La cantatrice chauve

Mise en scène Nicolas Bataille

Les Smith : Dominique Sheer et Laurent Suie
Les Martin : Hélène Cohen et Didier Bailly
La bonne : Joséphine Fresson
Le pompier : Jean-Paul Ducas

Un couple qui n’a plus rien à se dire reçoit un couple qui s’aperçoit qu’il vit ensemble et ne se voit plus !

La leçon

Mise en scène Marcel Cuvelier

Hélène Hardouin : l’élève
Bernard Jousset : le professeur
La bonne : Joséphine Fresson

Une élève imbue d’elle-même prendra, pour son malheur, une leçon avec un professeur psychopathe… La bonne l’avait prévenue !


Les mises en scène mythiques, les décors et les costumes comme à la création, tout y est pour faire de ces deux pièces fort bien jouées un détour incontournable au théâtre de la Huchette.

Ces pièces ont eu du mal à s’imposer, l’écriture de Ionesco, son style, en ont dérouté plus d’un ! hélas les mauvaises critiques et le peu d’intérêt du public les ont fait retirer de l’affiche rapidement.

Certes le théâtre de l’absurde était trop avant-gardiste pour le public des années 50. On ne peut pas leur en vouloir, après tout, certains spectacles de nos jours paraitront bien classiques dans quelques décennies.


Ce jour-là j’assistais à la 17829ème représentation.