dimanche 8 septembre 2013

Olympe de Gouges - théâtre Guichet Montparnasse



de Annie Vergne et Clarissa Palmer

Avec Ghislain Geiger – Juliette Stevez – Annie Vergne

Sébastien n’est guère enthousiaste à l’idée de faire une thèse sur « Olympe de Gouges », c’est un peu à cause de son amie Marie qu’il se penche sur le féminisme à travers les siècles, Marie est très engagée et bouscule un peu le jeune homme. Et voilà que lui apparaît Olympe de Gouges en personne ! Dans son imaginaire elle pourrait ressembler à sa mère trop tôt disparue. Profitant de l’aubaine il l’interviewe. Elle est toujours aussi curieuse et ravie de trouver un interlocuteur qui pourrait ressembler à son fils, son unique amour, celui qui l’a trahie par peur des représailles.

Puis dans un même espace-temps, nous sommes dans le bureau d’Olympe de Gouges, qui écrit sans relâche, pour combattre l’injustice, pour « Les droits de l’homme et du citoyen » qui deviennent avec Olympe « les droits de la femme et de la citoyenne ». Sébastien va débattre avec « son Olympe » de tous les sujets qui fâchent… Elle lui parle de ses engagements, il lui répond qu’en effet, beaucoup d’avancées ont été faites pour le divorce, les mères, la parité, mais il y a encore du travail et c’est bien long !

Anti-esclavagiste, elle écrivit une pièce pour la Comédie-Française, « Zemore et Mirza ou l’heureux naufrage », malheureusement ce fut sans compter sur les colons qui firent interdire la pièce, mieux, les comédiens la jouèrent si mal qu’elle fut retirée de l’affiche et tombée dans leur escarcelle !

Elle se donnait sans compter Olympe, peut-être trop en avance sur son temps, la Révolution qu’elle aimait tant, devenait un régime totalitaire, plein de fureur et de sang, trop de sang… Elle agace cette Olympe, qu’elle reste donc à son statut de femme, mère, s’occupant du foyer. Mais non, on lui claque une porte elle entre par la fenêtre ! Cela la conduira à l’échafaud après un procès indigne.

Une intéressante pièce sur une femme trop méconnue, ne la cherchez pas dans le dictionnaire… à ne pas comparer avec une autre féministe Théroigne de Méricourt, elle, plus violente et vindicative, mais qui sombrera dans la folie.

La mise en scène est créative et astucieuse, les interprètes sont investis dans leurs personnages avec humour, tendresse, avec une mention particulière à Juliette Stevez émouvante. 

À l’heure où une consultation se fait sur le thème « quelle femme doit entrer au Panthéon » on pourrait suggérer Olympe ?

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