Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants !
Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
Avec Myriam Boyer et la participation de Phillippe Vincent
mise en scène Gérard Vantaggioli
Myriam Boyer se souvient des chansons qui l’ont marquée, elle ne chante
pas mais c’est un long poème, signé par de grands poètes, (j’en ai reconnu
certains et leurs interprètes), de beaux textes.
On aime Paris avec Mouloudji, Robine, Trenet, on aime la tendresse avec
Lucienne Boyer, Prévert, Renoir, on aime aussi rire avec Carré et « les
ratés de la bagatelle » !
Et puis il y a l’interprétation de Myriam Boyer, elle nous emporte dans
ses bagages, un long voyage, sympathique, tendre, drôle. Parfois, un inconnu,
grand, distingué lui donne la réplique ou la réprimande ! Philippe Vincent
est parfait dans ce rôle.
Gérard Vantaggioli signe une mise en scène sobre, qui met parfaitement en
lumière son interprète et les poètes.
Un moment de douceur et de sympathie à ne pas manquer !
Avec Lucie Brunet, Lou Guyot, Caroline Fouilhoux, Jeremy Lewin, Lauriane
Mitchell, Guillaume Ravoire.
La dérive d’une jeunesse, quel que soit le pays, ici le drame est tiré d’une
histoire vraie qui s’est déroulée en 2019. En Alaska, la jeune Cynthia Hoffman,
19 ans est retrouvée ligotée une balle dans la nuque.
Qui a perpétré ce crime horrible ? C’était une jeune fille sans
histoire, un peu simplette. On interroge ses amis, Denali 18 ans et Kayden 16
ans, les derniers à l’avoir vue…
Denali est une jeune mère célibataire, elle est fascinée comme ses amis,
par le virtuel, les rencontres sur internet, les téléréalités, et c’est à cause
d’un écran et d’un message que sa vie va basculer, le plus simplement du monde.
La pièce je ne vous la raconte pas, mais j’ai été conquise par le jeu
des comédiens, quel talent et quel investissement dans leurs rôles !
Le décor, tantôt le poste de police, la salle d’interrogatoire, de l’autre
la forêt ou l’appartement d’un des copains.
C’est très bien mis en scène, avec le côté « série USA », vous
savez le générique qui n’en finit plus pendant les premières images du feuilleton !
Une pièce dure sur le monde virtuel qui nous accapare, sur la facilité à
berner une personne fragile.
Je vous conseille d’y aller pour l’énergie des comédiens et l’ingéniosité
de la scénographie.
Madame Marguerite nous
jauge, nous toise, assise derrière son bureau. Inquiétante …
C’est le chaud et froid
avec elle, sévère ou souriante, un peu obsédée sexuelle aussi ! Elle ne parle qu’à la
troisième personne, commence sa leçon de biologie, enfin elle essaie, se
confie, parfois elle s’immobilise, terrorisée elle demande si parmi nous quelqu’un
s’appelle « messie », « Jésus » ou encore « St
Esprit »… Elle veut nous apprendre
les vraies valeurs, enfin les siennes… et c’est très dérangeant ! Cette singulière institutrice,
complétement déjantée, démente, nous invite à une danse de mort bien à elle. On
rit, on est captivé,
copyright Alejandro GuerreroetHughes Marcouyau
Emilie Chevrillon porte
haut le texte de Roberto Athayde, dans une mise en scène intense de Michel
Giès. Il y avait la tirade des nez de Cyrano, il y a la tirade des verbes par
Madame Marguerite. Petite fille je n’ai
jamais aimé l’école, et je pense que j’aurais été traumatisée par Madame
Marguerite ! Un seule en scène à voir
absolument pour le jeu incroyable d’Emilie Chevrillon.
Mise en scène Tristan Petitgirard Avec Benoit Solès, Amaury de Crayencour et Anne Plantey
Un décor qui respire le calme, la beauté de la nature,
une jeune femme est assise dans un rocking-chair, c’est l’été, nous sommes en
1913, Charmian, épouse de Jack London, accueille Ed Morrell, elle a été touchée
et enthousiasmée par l’article qu’il a écrit sur la prison, dont il est sorti
libre.
copyright F. Rappeneau
copyright F. Rappeneau
copyright F. Rappeneau
Charmian a invité Ed, elle souhaiterait que Jack
puisse écrire un roman d’après l’article quant à Ed, il veut sauver Jacob Heimer
de la pendaison. London a assez d’influence pense-t-il pour qu’un simple appel
téléphonique au gouverneur puisse épargner la mort à son ami. Pour l’instant le seul ami de Jack s’appelle « Johnny
Walker ». Il n’a rien écrit depuis des années, ne trouve pas l’inspiration,
et pourtant son œuvre reflète tous les combats et toutes les luttes contre les
inégalités, l’injustice.
Alors, Ed va leur raconter ses années de prison,
la torture physique et mentale qu’il a subi. Et surtout comment il a pu s’en
sortir, grâce à Jacob justement. Jack aura-t-il l’étincelle dont parle Charmian ? Voilà encore une belle et poignante histoire,
Benoit Solès est impressionnant, Amaury de Crayencour, séduisant et humain, et
Anne Plantey apporte sa touche de féminité et de grâce. Une brillante mise en scène de Tristan Petitgirard.
Anne Delaleu
Théâtre Rive Gauche
16 novembre 2023
Scénographie : Juliette Azzopardi Assistée de Jean-Benoit Thibaud Illustration : Riff Reb’s - Animation : Mathias Delfau Musique : Romain Trouillet Costumes : Virginie H. Création Lumières : Denis Schlepp Assistante Mise en scène : Léa Pheulpin
Avec Philippe Rebbot, Quentin Baillot, Laure Descamps, Romain Bertrand,
« Les méfaits du tabac », ou les méfaits du mariage ?
c’est ce qu’on pourrait penser en voyant Nioukhine le conférencier, mal à l’aise,
commenter sa vie personnelle au public. Son épouse, un vrai dragon, le malmène,
se moque de lui, elle tient un pensionnat de jeunes filles, et lui a demandé de
parler des méfaits du tabac…
« Une demande en mariage », Lomov saute
le pas et décide de demander la main de Natalia, sa voisine. Il est
hypocondriaque, se plaint de tout mais il a 35 ans et il est temps de se caser !
Tchouboukov est heureux (de se débarrasser de sa fille ?) et il court
chercher Natalia, mais ne lui dit pas le pourquoi et c’est bien là le problème,
tout va se gâter !
« Un drame », c’est en effet un drame
pour l’écrivain Vassiliévitch qui ne songe qu’à lui, mais pour se débarrasser d’une
importune, il accepte pour son malheur de recevoir une apprentie auteure, Mme
Mourachkine, qui se pique d’écrire une pièce de théâtre !
Toujours un plaisir de retrouver sur scène les
nouvelles de Tchekhov, c’est mené avec finesse et humour, un abattage et un
dynamisme dus aux talents des comédiens et la mise en scène déjantée de Pierre
Pradinas.
Le Chatelet a eu la bonne idée de remonter ce spectacle, distribution de
choix, mise en scène et chorégraphie revisitées.
Le décor, modulable, représente aussi bien les immeubles de New York,
les rues, les entrepôts, le bar.
Tout est prêt pour opposer les Jets et les Sharks, l’immigration blanche
contre les portoricains.
Oui mais voilà, l’amour va jouer des tours à ces jeunes gens, Roméo et
Juliette en 1950 dans les quartiers pauvres. Deux jeunes qui s’aiment malgré tout
ce qui les oppose, c’est intemporel.
On retrouve les tubes «Tonight », « Maria », « America »
… les jupons bariolés virevoltent, les garçons font tourbillonner les filles. Ils
affrontent la police, font des blagues au sergent mais hélas, cherchent la
grande bagarre avec la bande rivale.
Jadon Webster, Melanie Sierra, Kyra Sorce, Antony Sanchez et Taylor Harley
sont excellents, les autres interprètes ne déméritent pas bien au contraire, et
Grant Sturiale a superbement dirigé l’orchestre.
Un grand spectacle qui vous laissera ébloui et on sortira de la salle au
son de « mambo ! ».
Avec Thierry Frémont, Cyril Aubin, Olivier Bouana, Stéphanie Caillol, Sébastien Desjours, Benjamin Egner, Jochen Hägele, Stéphanie Hédin, Jérémy Prevost, Julien Sibre, Barbara Tissier, Alexis Victor
1942, c’est l’Occupation. Sophie fête son anniversaire, Victor son mari a
invité leurs amis.
Il y a Pierre revenu aveugle de la Grande Guerre, Françoise, veuve de guerre, Vincent
professeur de philosophie, Jean-Paul le docteur, il a quelques dignitaires
allemands parmi sa clientèle. André parfaitement à l’aise dans sa collaboration
avec les allemands, il a l’arrogance de la richesse, et apporte avec lui une
valise bourrée de victuailles et Champagne, personne n’est dupe et accepte sans
vergogne, les temps sont durs, mais ce soir c’est fête !
La soirée se déroule agréablement, soudain on entend des coups de feu… deux
officiers SS ont été abattus devant l’immeuble. C’est la confusion totale, bien
entendu les allemands sous le commandement de Kaubach investissent l’immeuble
et prennent deux otages par appartement. Il est client dans la librairie de
Victor, et en « homme du monde » propose aux amis de choisir deux
otages parmi eux.
Bien entendu, personne ne veut se livrer et nous assistons à un festival de
veuleries, hypocrisies, règlements de compte entre « amis ».
Le sujet est noir c’est vrai, mais on rit beaucoup, en fait qui sommes nous
pour juger et surtout qu’aurions-nous fait à leur place ? Julien Sibre a
réalisé une mise en scène dynamique et tous les interprètes sont excellents.
Vahé Katcha est décédé en janvier de cette année,
quant à la reprise de cette pièce, elle avait été retardée par le confinement
et c’est un vrai bonheur qu’elle puisse être de nouveau jouée !
Au sanatorium, le
médecin Rodion Nicolaïevitch a fort à faire avec Lidia Vassilievna, celle-ci
perturbe ses camarades de chambrée, elle est insupportable !
La rencontre est
houleuse, Lidia est indépendante et le fait savoir, Rodion lui est le médecin
chef et il n’a pas l’intention de céder d’un pouce ! La suite n’est guère
encourageante pour faciliter l’amitié…
Lidia ment comme elle
respire, le pauvre Rodion ne sait pas à quoi s’en tenir, mais petit à petit, en
finesse, ils s’apprivoiseront, on le verra dans le soin qu’ils porteront à se
vêtir un peu mieux, en somme à vouloir plaire à l’autre sans en avoir l’air.
Enfin à se dire la vérité sur leur passé.
Emmanuel Dechartre est un
émouvant Rodion face à la fantasque Bérengère Dautun, dans une mise en scène sympathique et joyeuse de Gil Galliot.
Avec Stéphanie Bassibey, Pierre-Arnaud Juin, Ludovic Laroche, Ninon
Lavalou, Jérôme Paquatte et Nicolas Saint-Georges
Covent-Garden, le 31 décembre, sous le règne d’Edouard
VII, une réception dans un des salons du théâtre. C’est l’entracte et le champagne
est servi avec de délicieux boudoirs. Katherin Belgrave est d’une gaieté, elle
entonne joliment un air. Elle a convié Bram Stoker directeur du théâtre,
Georges Bernard Shaw l’écrivain, Hartford bras droit de son frère Philip
Somerset, ainsi que la charmante Miss Lime sa secrétaire dévouée.
Mais malheureusement on ne pourra pas souhaiter
une belle année à Somerset, on le découvre mort, il a laissé un message…
Stoker, Shaw et Doyle auront bien du mal à découvrir
l’assassin, il y aura de fausses pistes, nos trois compères sauront-ils déjouer
les plans machiavéliques de l’assassin ! Sauront-ils en plus mettre de
côté leurs disputes, ça c’est autre chose !
Enfin, voici une bien divertissante histoire, on
a plaisir à retrouver nos amis depuis « Le cercle de Whitechapel » et
« Les voyageurs du crime ». Les décors et les costumes sont soignés, les
interprètes excellents.
N’attendez pas les douze coups de minuit pour profiter
de cette enquête !
Avec Cédric Colas, Emmanuelle Galabru et Michel Ouimet
En 1938, Pierre Dac publie le 1er
numéro de « L’os à moelle », pourquoi ce titre ? et pourquoi pas
répondit-il !
Les trois compères sur scène, entourés de
maquettes du journal, (Un titre m’a bien plu « la chasse est ouverte,
prévenez le gibier »), ils se livrent donc à la lecture d’articles, et
surtout à réclamer à Monsieur Hitler sa participation à l’abonnement, celui-ci
à l’air de ne pas comprendre…
On a droit aussi aux petites annonces, toutes
aussi farfelues les unes que les autres, et les recettes de cuisine comme « la
charlotte aux pommes » façon Werther… par contre j’attends toujours celle des
cerises à l’eau de vie !
Pierre Dac c’est le maître absolu de l’absurde,
du non-sens, sans vulgarité, loufoque, et dans ces temps obscurs il fallait
bien cette bulle d’air.
En 1940 « L’os à moelle s’est dissous au contact
du vert-de-gris » et Pierre Dac a rejoint Londres et le Général. Il
reviendra à la Libération, et rencontrera au cabaret son complice Francis Blanche.
Un spectacle réjouissant, une superbe scénographie
de Anne-Marie Lazarini, qui vous dilate la rate grâce au talent de Cédric
Colas, Emmanuelle Galabru et Michel Ouimet.
Christian Siméon écrit sous forme épistolaire, la vie de Magda Goebbels,
son ascension et sa chute terrifiante.
J’ai été surprise par le parti pris de cette pièce ou de cette lecture,
comment dire, on ne sait plus. La sympathique Julie Depardieu a du mal à entrer
dans la vilaine peau de Magda, de plus, la scénographie pour moi n’est pas cohérente,
les dernières minutes devraient être denses, la dernière lettre étant écrite à
son amie, elle n’a plus lieu de tenir son texte et le face à face avec Joseph,
quand elle lui apprend qu’elle a tué leurs enfants, enlève le côté tragique de
la scène.
J’avais vu un documentaire sur Magda, la première dame du Reich, en effet,
belle et élégante, mais glaçante, elle n’a pas hésité à laisser partir son
beau-père en déportation, rien à voir avec cette version édulcorée.
Avec Juliette Galoisy, Dominique Bastien, Alexandre Guilbaud et Thomas
Marceul
Le meilleur ami d’Alexandre lui offre une
biographie sur les Guitry, par magie, dès qu’il ouvre le livre, Lucien et Sacha
entrent en piste ! Ce qui permet des effets assez drôles de mise en scène.
Mais… j’avoue m’être ennuyée, problèmes familiaux,
problèmes de couple, du déjà-vu.
Le sujet de la pièce, c’est l’éternel duel entre
père et fils, Sacha Danino a choisi les Guitry comme référence.
Les interprètes sont excellents et j’espère les
retrouver dans une autre pièce avec un texte original.
Le rideau s’ouvre, sur l’écran au fond on projette
un extrait de « Rabbi Jacob » et l’on découvre Popeck face à de
Funès, et aussi un extrait de l’émission de Jacques Chancel, François Truffaut parlant
de notre vedette et de l’humour juif.
Enfin, notre héros arrive, chapeau melon vissé sur
la tête, pas pressé, boit un coup, naturellement nous engueule « après
tout quand vous arrivez au bureau, vous ne commencez pas tout de suite » (ce
qui est vrai en ce qui me concerne !)
Et puis, Popeck puise
dans ses souvenirs, ses « chers disparus » son père, sa mère
déportée, et aussi l’admiration pour Devos, Brassens, dont il détourne sans
problèmes les textes ! Ah les blagues de Popeck, l’air de rien, avec son
air sérieux, il en balance des vertes et des pas mûres...
Anciens sketchs ou nouveaux, son irrésistible
accent. Ses caleçons molletonnés bien entendu, à côté des strings qui ne
cachent pas grand-chose. Et puis c’est un sportif, voyez comme il pratique le
golf en salle, attention aux têtes...
Enfin le temps passe bien vite et on n’a guère envie de le quitter notre
Popeck !
Avec Caroline Anglade, François Vincentelli, Eric Laugérias, Jeanne
Arènes
Miroir joli miroir…
Théophile se regarde dans le beau miroir 17ème siècle qu’il vient
d’acheter, il a de quoi s’inspirer, combien de personnages se sont contemplés,
ce miroir a tant de choses à dire sans doute. Curieusement, sa femme et son
frère n’aiment guère voir leur reflet et sont même effrayés…
Notre héros est écrivain, son inspiration s’épuise et les ressources du
ménage aussi, c’est ce que lui fait remarquer sa femme.
Théophile a sorti un petit roman, joli conte sur les mollusques et
crustacés, mais voilà c’est la catastrophe, chaque membre de la famille pense
se reconnaitre dans les personnages !
Ce soir, ils reçoivent le frère et la belle-sœur, et ce sera règlements
de comptes et surtout secrets de famille et non-dits.
J’aime beaucoup l’univers et les mots de Leonore Confino, mais je suis un
peu déçue par cette pièce, l’histoire du miroir aurait mérité d’être développée.
Les secrets de famille, on a déjà vu.
L’interprétation est honnête, mais par contre trop de cris et une diction
approximative !
Mise en scène : Jérémie
Lippmann - Assistante metteur en scène : Lou Monnet
Avec : Stéphane De Groodt, Éric Elmosnino, Constance Dollé, Bérangère McNeese,
Pierre Berriau et Yann Carcedo.
Voyage total en Absurdie ! Lever de rideau, on applaudit les comédiens qui
apparemment ont fini la représentation ! et oui et nous ne sommes pas au bout
de nos surprises ! Constance fait comprendre à Stéphane qu’il doit
lui donner la réplique, celui-ci était pourtant prêt à partir, puisqu’ils ont
salué, mais devant l’insistance de sa partenaire, il consent à jouer enfin
rejouer… Eric et Bérangère entrent à point nommé pour
leur scène, mais quand on est dans le délire le plus total, on ne peut guère garder
son sérieux ! Qui a raison, qui a tort, à vous de juger. Ce n’est plus un léger doute mais un énorme
doute, qui de toutes façons vous fera pleurer de rire ! Une bonne première comédie de Stéphane De
Groodt.
Mise en scène par Jean-Louis Benoit - Assistant à la mise en
scène Éric Supply
Avec Michel Leeb, Francis Huster, Chloé Lambert et Philippe Vieux
Ah les jeunes rêvent tant de devenir comédiens,
vedettes surtout, que ne ferait-on pas pour se trouver devant les projecteurs
ou sur scène !
Et bien voilà l’histoire ou les mésaventures de
Serge et Bernard, ils attendent dans un appartement pour passer un casting. Ils
sont copains, mais on devine la rivalité.
L’attente est longue, mais ils ne sont pas au
bout de leur surprise !
Certes, le sujet a été déjà débattu, Michel Leeb
est toujours drôle dans ses imitations, et Francis Huster lui donne
parfaitement la réplique, je n’oublie pas Chloé Lambert qui apporte sa touche
de glamour et de vengeance (je ne vous dirais rien) et Philippe Vieux, encore
plus surprenant.
Au final, quel souvenir garde-t-on d’un acteur ?
pas grand-chose, les générations passent et on pense plus souvent aux
personnages et aux auteurs.
Le succès de cette pièce découle surtout de l’amitié
et de la sympathie que l’on éprouve envers les comédiens.
Une pièce cossue, un
bureau, et on distingue un mug à l’effigie de la reine d’Angleterre, une carafe,
tout l’équipement du conférencier ! le voici qui arrive, mal à l’aise,
accrochant son pardessus au porte-manteau. Il est un peu maniaque Hervé, la
lampe au-dessus de lui n’est pas dans son axe…
Enfin, il nous confie sa
surprenante amitié avec le locataire de l’Elysée. En 1983, Hervé en vacances à Arcachon,
ne résiste pas à adresser au Président de la République, une carte postale, le
félicitant (un peu en retard) de son élection de 1981 !
De cette simple carte,
la vie d’Hervé va changer, il reçoit quelques mois plus tard une lettre à
l’en-tête de la Présidence ! S’ensuit une correspondance entre eux,
Hervé lui raconte tout, sa vie privée, ses ennuis professionnels, il recevra la
même circulaire jusqu’en 1996… Malgré tout, Hervé sûr de lui continuera sa
correspondance non seulement avec François mais avec Jacques, Nicolas, François
et même Emmanuel !
Une histoire drôle sur
les mécanismes de l’inconscient, de l’imaginaire, de la politique, on rit
beaucoup sur les réflexions acides d’Hervé concernant les premières dames !
Christophe Alévêque
réussit à émouvoir, à nous faire rire, grâce à la mise en scène subtile de
Delphine de Malherbe.