Festival OFF 23
Théâtre des Vents 63
7 au 29 juillet à 11h20
Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants ! Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
Site du théâtre ICI
mardi au samedi 21h - dimanche 16h
k Angon
Irrésistible Offenbach
Bruno Druart et Patrick Angonin
Mise en scène Anne Bourgeois
scénographie Olivier Prost - Costumes Jean-Daniel Vuillermoz
Musique Michel Winogradoff
Avec Jean-Paul Farré, Héloïse Wagner, Daniel-Jean Colloredo, Claudine Barjol, Alexie Ribes, David Le Roch.
Champagne !
Le Champagne boisson préférée de nos héros, a dû mal à couler à flots, et pour cause, les dépenses et la mauvaise gestion du théâtre ! Offenbach aidé par sa fidèle secrétaire, tente de fléchir l’intraitable Pitou, gardien des lieux, il doit monter sa nouvelle opérette, la Schneider le laisse tomber, il peut au moins compter sur l’amitié du comique-troupier aussi fidèle à lui qu’à Napoléon III !
Une charmante et délicate jeune fille auditionne pour un rôle, elle est bien entendu engagée, Hortense fait une scène à Offenbach, le comique troupier de service est toujours au garde à vous pour l’Empereur, et aux petits soins pour les dames.
Hélas la guerre franco-prussienne va éclater, la Commune, mais quelques années plus tard le Maître reviendra, certes affaibli, l’opérette et les froufrous du second empire ne sont plus de mode. Le plaisir, le rire et le cancan surmonteront tout cela !
Jean-Paul Farré a trouvé un rôle à sa démesure, c’est un Offenbach malicieux, drôle, et ses partenaires ne sont pas en reste, Claudine Barjol est une secrétaire dévouée et drôle, Héloïse Wagner a de l’aplomb, de la sensualité pour incarner la Schneider, Daniel-Jean Colloredo déploie toute sa gamme de comédie, Alexie Ribes charmante et un sacré tempérament, son soupirant David Le Roch émouvant .
La mise en scène d’Anne Bourgeois est endiablée, le public ne s’y trompe pas puisque nous scandons en cadence les airs connus du “petit Mozart des Champs Elysées”.
Une sympathique soirée, joyeuse, endiablée, quoi de mieux pour nous sortir de la morosité ambiante !
Une nuit entière
Ana-Maria Bamberger
Mise en scène Codrina Pricopoaia
Avec Geoffroy Vernin, Codrina Pricopoaia, Elhem Raw
Vêtue d’un joli kaftan, un verre à la main, ivre morte, Marisa a l’air de tenir l’alcool, mais elle se sent brisée. Elle se souvient à peine qu’elle a appelé un illustre médecin en urgence, mais voilà c’est Victor qui pour son malheur se présente, il est médecin et à fort à faire avec ce personnage, délirante, agressive. Marisa, comédienne reconnue mais hélas plaquée par son compagnon, qui est aussi son metteur en scène, que va-t-elle devenir ? Vie professionnelle et vie privée tout cela va être bien compliqué…
| Crédit photos David Twis |
Victor la connait et lui rappelle leurs années de fac, il va se faire « croquer » par cette diablesse, tête à claques, manipulatrice, dont on ne sait pas vraiment si elle se contrôle ou si elle joue éternellement la comédie !
Au fond, cette histoire démontre que l’on n’est pas obligé de dépendre de l’autre, on peut très bien vivre sa vie, bien sûr pas facile à dire ni à faire, mais l’important n’est-il pas de se retrouver ?
Codrina Pricopoaia (une nouvelle Elvire Popesco !) signe la mise en scène de sa compatriote, c’est joyeux, triste, cynique, Geoffroy Vernin campe avec justesse et délicatesse, l’amour de jeunesse complétement dépassé, le timide Elhem Raw est présent pour les vidéos et la prise de vues.
Encore une belle histoire d’Ana-Maria Bamberger à découvrir et méditer !
Il nous manquait juste la parole
Sylvie Poiret
« Alors raconte ! » aboie Tomy le
Yorkshire de ma sœur,
Bon, c’est l’histoire d’Alceste le chat et Diane la mignonne Epagneul-Breton. Leurs maîtres, enfin leurs deux pattes, sont respectivement Célimène et Freddy.
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| crédits Laetitia Heurteau |
Alceste, gros pépère rouquin, (il a grossi mais
on sait pourquoi…) ne tarit pas d’éloges sur sa Célimène, Diane elle, adore
partir chasser avec Freddy et se moque bien de ce gros matou qui ne pense qu’à
dormir, dormir et manger !
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| crédits Laetitia Heurteau |
Mais ils en ont des choses à dire sur leurs maitres. Célimène et Freddy s’aiment, leurs bestioles un peu moins… tout est bon pour se balancer des vannes, se moquer, mais parfois il y a de la tendresse. Et puis un changement dans la vie de leurs Zhumains n’est pas toujours évident quand on a ses habitudes. Que va-t-il arriver ?
Margaux Laplace est une gracieuse petite chienne,
Julien Mitsinkides un solide minet, ils s’amusent beaucoup tous les deux !
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| crédits Laetitia Heurteau |
Madame Ming
Eric-Emmanuel Schmidt
Avec Isabelle Andréani, Benjamin Egner, Pascale Blaison (et marionnettes), Elsa Moatti (et violon)
Madame Ming est dame-pipi dans un grand hôtel de Yunaï, elle est fort courtoise, souriante, et adore bavarder avec le jeune cadre dynamique européen qui voyage, et qui l’écoute avec attention.
Une jeune reine vit recluse dans son palais, tous les ans elle
célèbre la mort de son mari le roi, assassiné le jour de leurs noces. Elle est « espionnée »
par sa dame de compagnie, Edith de Berg, pour le compte de l’Archiduchesse sa
belle-mère, et du Comte de Foehn.
Un soir d’orage, un jeune homme, blessé, fait irruption dans sa
chambre, il est anarchiste, se nomme Stanislas, la police le recherche mais
surtout il ressemble trait pour trait au roi ! Sa mission est de tuer la
reine.
Celle-ci pour garder auprès d’elle le jeune homme, le fera
passer pour son lecteur. Ils se sont épris l’un de l’autre, mais la Cour et ses
intrigues feront vite vaciller cet amour, et la tragédie n’est plus loin…
Paul Goulhot a transposé en Asie cette histoire d’amour, interprétée
avec subtilité par Huifang Liu qui donne de l’humanité a son personnage, Jérémy
Brige est le séduisant Stanislas amoureux et anarchiste, Olivier Ho Hio Hen est
Félix, tiraillé entre Edith son ancienne fiancée et la reine, Maïko-Eva Verna
donne du personnage d’Edith une version plus douce mais intrigante, Boun Sy
Luang Phinith est un glacial Comte de Foehn on n’aimerait pas tomber entre ses
griffes !
De délicats dessins à l’encre de Chine projetés en vidéos,
représentant les différentes pièces où se déroulent l’action, deux sabres japonais
au centre. Costumes soignés, accessoires.
Jean Marais avait lancé un défi à Cocteau, celui-ci lui a donc
écrit cette pièce, créée en 1947 par Edwige Feuillère dans le rôle de la reine.
Un condensé du roi fou de Bavière et de sa cousine Elisabeth, plus connue sous
le nom de Sissi.
Jean Cocteau, le prince des poètes, nous a quittés il y a 60
ans, Edith Piaf était décédée la veille, et l’on dit que c’est en apprenant sa
mort que le cœur de Cocteau a lâché.
Big Mother
Ecriture et mise en scène Mélody Mourey
Avec : Patrick Blandin, Pierre-Yves Bllon, Ariane Brousse, Guillaume Ducreux, Marine Llado et Karina Marimon
Une étoile
Isabelle Le Nouvel
Avec: Macha Méril, Marc Citti, Laurent d'Olce, Claire Magnin & Aurélie Loussouarn
Le journal intime d’Adam et Eve
Mark Twain
Mise en scène Mario Aguirre
Avec Carola Urioste et Julien Grisol
Univers étoilé, nous voici dans le jardin d’Eden, une jeune femme aux longs cheveux noirs, nous conte ce qu’elle ressent, ce qu’elle voit, en tout cas elle est perturbée par un « individu », elle ne sait pas encore le nommer. Adam est agacé par cet « animal » qui le suit partout, qui donne des noms à toute chose, et la voilà qui lui trouve un prénom, en plus elle est agaçante avec ses pommes !
Eve finira par apprivoiser Adam, celui-ci n’a pas l’air de bien comprendre la femme en général, encore moins les enfants, mais il est sûr d’aimer Eve.
Depuis la nuit des temps, les histoires de couple sont toujours les mêmes. Carola Urioste est une bien charmante Eve, Julien Grisol est très drôle et touchant.
Voilà une nouvelle humoristique bien réjouissante, écrite par le grand Mark Twain, dont je ne connais que les « aventures de Huckleberry Finn » ou celles de Tom Sawyer.
Le texte est savoureux et la mise en scène sobre de Mario Aguirre, romantique aussi.
Un sympathique moment à passer avec le couple le
plus connu de l’Histoire.
La femme qui ne vieillissait pas
Grégoire Delacourt
Adaptation et jeu Françoise Cadol
Mise en scène Tristan Petitgirard
Betty pose pour un photographe, il a un projet qui peut sembler farfelu, il prend le même jour, à la même heure, tous les ans la photo de la même personne, c’est intéressant et on pourra juger de l’évolution de ces modèles.
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| Crédit / Copyright : © Fabienne Rappeneau / © David Kruger |
Oui, mais voilà ce qui cloche, Betty est toujours la même jeune femme de 30 ans, pendant quinze années consécutives, elle ne prend pas une ride, pas un cheveu blanc, la peau est nette, pas de tâches… aurait-elle signé un pacte avec Méphistophélès ?
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| Crédit / Copyright : © Fabienne Rappeneau / © David Kruger |
Sa vie est pourtant bien réglée, elle aime André son mari, ils ont un fils. Tout semble bien se passer et pourtant… que faire de cette jeunesse qui ne veut pas se faner ?
Sa meilleure amie lui conseille de signer avec les grandes maisons de cosmétiques, quelle publicité en effet, pas besoin de Photoshop, c’est naturel !
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| Crédit / Copyright : © Fabienne Rappeneau / © David Kruger |
J’aime les romans de Grégoire Delacourt, ces
histoires, simples, toujours bien écrites et Françoise Cadol a adapté le récit
de Grégoire Delacourt avec beaucoup de finesse, elle est émouvante, subtile,
drôle, sous l’œil averti de Tristan Petitgirard.