LA GUERRE DES EMEUS
De et avec Antoine Le Frère et Florent Oulkaïd
Scénographie
Benjamin Mornet
Je
dois l’avouer : je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Une guerre contre des
émeus ? Les émeus cousins de l’autruche, mais en plus grand !
Sur
le papier, cela semblait absurde, déjanté. Et puis il y a le théâtre. Et là,
tout prend une autre ampleur. Deux comédiens, rien de plus — et pourtant, un
monde entier surgit. Ils courent, transpirent, racontent, incarnent, basculent
d’un personnage à l’autre avec une jubilation contagieuse. Il y a quelque chose
de l’enfance dans ce jeu-là : le plaisir pur de faire semblant, de transformer
trois fois rien en épopée. Et même garder sa moustache pour incarner le seul
personnage féminin !
Derrière
l’histoire (vraie !) de cette guerre grotesque, qui s’est déroulée en 1932 en Australie,
se dessine un vertige très contemporain. Le ridicule du pouvoir. L’entêtement
absurde.
Et
tout cela passe par les deux interprètes incroyables. On sent qu’ils s’amusent
— et cet amusement-là, si précieux, se transmet immédiatement, surtout avec le
langage « fleuri » du Major Meredith.
Simplicité
de la mise en scène. Rien ne pèse, tout circule. On est embarqué sans même s’en
rendre compte, et, mine de rien, on en ressort avec des images, des idées, des
questions.
Un
théâtre de tréteaux, vivant et populaire.
Prochain rendez-vous
Festival OFF Avignon 2026
La Factory –
salle Tomasi – 19h45
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