Du domaine des murmures
Mise en scène et lumières William Mesguich
Construction Grégoire Lemoine
Costumes Alice Touvet
Musique Tim Vine
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Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants ! Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
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Lady Agatha
(l’incroyable vie d’Agatha Christie)
Cristos
Mitropoulos et Ali Bougheraba
Metteur en scène : Cristos Mitropoulos - Assisté
de : Lison Jouard
Avec Camille Favre-Bulle, Tatiana Gousseff ou Christine
Bonnard, Marie-Aline Thomassin, Matthieu Brugot, Erwan Creignou, Léo Guillaume
Lumières : Franck Thevenon
Décor : Olivier Hébert et Annie Giral
Costumes : Virginie Breger
Musiques : Adrien Hollocou
La jeune Agatha Miller veut devenir Lady ! elle ignore
encore qu’elle deviendra la « duchesse du crime »… et Lady aussi mais
un peu plus tard.
En quelques tableaux, la vie d’Agatha Christie se déroule
devant nous, attention sur le plateau, humour, grâce et imagination, de sa naissance
à sa vieillesse, d’Hercule Poirot à Miss Marple, de ses amours aussi, et surtout
de son incroyable rage de vivre et de tout découvrir, tout essayer.
Un déploiement de gags, de décors, changement à vue, et
surtout une interprétation impeccable !
Nous sommes tous passionnés par les aventures policières et
il faut reconnaitre que les œuvres de Madame Christie ont été si souvent « détournées »,
« adaptées », à la sauce française et anglaise.
Je me suis beaucoup amusée en regardant cette vie déjantée
et du dynamisme des comédiens, une mention particulière pour Camille
Favre-Bulle qui campe avec un naturel désarmant et si comique notre chère
Agatha !
Un super moment de théâtre.
Anne
Delaleu
Théâtre
de la Michodière
15
mai 2024
La Révolution Française
Mise en scène Ned Grujic
« C’est une révolte ? » « non Sire c’est une Révolution »
Les comédiens-chanteurs, campent plusieurs rôles, nous traversons les grandes pages de cette histoire, espoir, déceptions, désillusions… mais aussi l’amour de Charles et Isabelle, lui roturier, fervent défenseur de la Révolution et des idées nouvelles, et Isabelle jeune aristocrate, amie de Marie-Antoinette. Leur destin sera-t-il tracé ?
Les nobles et les souverains seront toujours de blanc vêtus, le Tiers Etats en bleu ou en rouge, les costumes sont autant contemporains que 18ème siècle, après tout la Révolution, le peuple qui gronde seront toujours intemporels, avec ses espoirs et ses débordements.
La musique est belle, une trentaine de chanson, les voix sont justes, enfin une bouffée de gaité avec Mme Sans-Gêne qui se fait courtiser par un jeune militaire corse qui fera parler de lui plus tard !
50 ans déjà, création de l’opéra rock, grande fresque sur une page de notre Histoire, de jeunes chanteurs apportaient leur talent et leur voix au disque, Bashung, Balavoine, Gérard Blanc, Dani, ils nous ont quitté depuis… En attendant le spectacle, je discutais avec mes voisins, ils avaient « vécu » la création en 74 et emmenaient à présent leur fille, ils connaissaient par cœur les chansons !
Une Révolution à voir et surtout entendre,
toutes générations confondues !
COME BACH
Mise en scène Gérard Rauber
Avec Anne Baquet
(chant), Claude Collet (Piano), Amandine Dehant (Contrebasse), Anne Regnier en
alternance avec Ariane Bacquet (Hautbois & Cor Anglais).
Un nouveau spectacle d’Anne Baquet, c’est toujours la fête, après avoir quitté Prévert au Poche Montparnasse, elle revient au Lucernaire avec ses partenaires et complices "d'ABCd'airs", toujours aussi brillantes les unes que les autres sous la houlette de Gérard Rauber.
Cette année, Paris accueille les J.O. et ces dames s’en donnent à cœur joie, elles ont du souffle, de la force, chorégraphie et gymnastique. Pas de temps mort, les scènes et les cantates se succèdent à vive allure, et Cloclo à la sauce Bach, il fallait l’oser !
Une grimpe sur le piano avec sa contrebasse, l’autre fait une danse orientale, le piano, la contrebasse, le hautbois et le cor anglais font partie intégrante du spectacle et sont de vrais partenaires.
Une amusante entrée en
matière avec ces horribles messages que l’on entend au téléphone avant d’avoir
un interlocuteur, et le zapping alphabétique vous verrez vaut son pesant d’or !
Jean-Sébastien Bach et
Anne Baquet, c’est intelligent, amusant, une petite fille derrière moi à la fin
du spectacle « tu vois je n’ai pas dormi ! » quelle victoire !
L’ILE DES ESCLAVES
Marivaux
Majola
Enquête écrite et mise en scène par Caroline Darnay
Avec Caroline Darnay, Marc Francesco Duret, Duncan Talhouse
1980, un journaliste américain et son caméraman mettent
en place le matériel, l’heure est importante, historique, ils font un
documentaire sur Oskar Shindler et vont interviewer Irène Kalder, cette femme a
été la compagne de Amon Göth, le « boucher d’Hitler », ce triste
personnage a été le commandant du camp de travail de Płaszów. Shindler a bien
connu Göth et Irène. C’est apparemment grâce à cette relation qu’il a pu sauver
des juifs.
Irène entre enfin dans la pièce, digne, elle est
sur ses gardes. Elle reprend les propos du journaliste, non son mari n’était
pas un bourreau, il suivait les ordres voilà tout. Elle a été actrice,
mannequin. Pour beaucoup, elle a adouci le sort des juifs dans le camp de
Plaszow, pour d’autres elle ne se rendait compte de rien, était dans le déni le
plus complet. Le jeune caméraman d’origine juive se prend au jeu avec elle,
quand au journaliste il va bien vite comprendre qui est cette femme. Mais lui-même
n’a-t-il rien à se reprocher ?
Une écriture ciselée, Caroline Darnay a mis en
scène un thriller passionnant, historique, ses partenaires sont excellents. Une
histoire qui vous tient en haleine jusqu’au bout.
Irish Celtic
Spirit of Ireland
Direction Toby Gough
Chorégraphie Jim Murrihy et Denise Flynn
Voilà une bien dynamique rencontre avec l’Irlande ! moi ça me change du ballon rond ou ovale…
Chant, danse, claquettes irlandaises, musique, et le pub, ah oui le pub et le whisky qui coule à flot, le propriétaire Paddy, nous invite à entrer. Son fils Diarmuid sait parfaitement danser avec ou sans balai, mais il doit convaincre son père qu’il pourra lui succéder.
C’est donc l’histoire de l’Irlande, douloureuse souvent, mais fière, et comme dit Paddy, mariage, naissance ou enterrement tout se passe au pub !
Des danseurs qui exécutent les danses en couple, en rond, en cercle, ou alignés, les claquettes raisonnent sur le sol, la musique fait s’envoler les artistes, les chants nostalgiques ou joyeux.
Un beau spectacle réconfortant, époustouflant.
Ils reviendront bien vite nous voir !
Music-Hall Colette
Cléo Sénia et Alexandre Zambeaux
Adaptation et mise en scène Léna Bréban
Interprétée par Cléo Sénia
Ingénue ? Libertine ? Un peu des deux !
Cléo se trouve face à une Claudine bien délurée,
mais elle sait se défendre grâce à la technique, la régie et les lumières !
L’enfance de Colette, sa rencontre avec Willy
qui lui fit découvrir les plaisirs interdits, avec Missy nièce de Napoléon III,
ses débuts au music-hall, dénudée, scandaleuse, et ses deux autres maris !
Une amoureuse notre Colette.
C’est une pétulante vie de Colette, librement et drôlement inspirée, que nous conte avec un dynamisme et une leçon de vie à toute épreuve, la « chatte » Cléo Sénia, elle a du tempérament à revendre, se donne à fond, elle aime et admire l’écrivain. Toutes plumes dehors, elle chante et danse, charme le public, l’engueule aussi, et surtout aime sa Bourgogne, le bon vin et la bonne bouffe ! Colette n’avait que faire des régimes et autres restrictions, c’est peut-être hélas ce qui n’a pas arrangé sa santé.
Léna Bréban signe une mise en scène, drôle, inventive, et a su tirer partie du fabuleux potentiel de son interprète.
Colette nous a quittés il y a soixante-dix ans,
elle repose au Père Lachaise, après des obsèques nationales bien méritées, elle
qui n’a jamais pu entrer à l’Académie Française !
Laurence Jyl
Mise en scène Jean-Luc Moreau, assisté de Nell Darmouni
Avec Véronique Jannot, Jean-Luc Moreau et Emmanuel Guttierez
Lumière Jacques Rouveyrollis — Décor Jean-Michel Adam — Musique Sylvain
Meyniac
« Cet « Atelier pour deux » est avant tout le lieu de la
créativité, de la complicité artistique et du partage que vivent Sabine et
Bertrand. Jusqu’au jour où l’amour frappe à la porte et que tout bascule. La
pièce de Laurence Jyl nous propose avec humour des réponses inattendues sur le
couple, l’amour et les urgences du temps qui passe. Cette comédie est un
souffle de bonheur et de drôlerie. »
J’adore Véronique Jannot
J’adore Jean-Luc Moreau
Voilà pourquoi ma déception a été grande, l’histoire en elle-même aurait pu être jouée d’une façon plus dynamique, mais les deux protagonistes n’étaient guère en forme ce soir-là !
Peut-être trouveront-ils un rythme de croisière, c’est ce que je leur
souhaite !
Le bar de l’Oriental
Jean-Marie Rouart de l’Académie Française
Mise en scène Géraud Bénech - Assistante Lucie Muratet
Avec Gaëlle Billaut-Danno, Pierre Deny, Katia Miran, Charles Lelaure (Alternance avec) Valentin De Carbonnières, Pascal Parmentier et Mai Thành Nam
Scénographie Emmanuel Charles
Lumières Olivier Oudiou
Costumes Lucie Guillemet
« Langson, Nord Tonkin, début octobre 1950
Dans le huis-clos étouffant d’une vieille demeure coloniale, cinq personnages
en quête d’eux-mêmes, se retrouvent soudain projetés dans le tourbillon de
l’Histoire, au tournant de cette guerre d’Indochine qui s’annonce bientôt
perdue.
Le passé ressurgit soudain, réveillant les tensions enfouies et les questions
demeurées sans réponses. Que s’est-il donc passé cinq ans plus tôt, à Saïgon,
au Bar de l’Oriental ? Une promesse non tenue, un amour refusé par
fidélité à un autre amour, à une cause supérieure, à un enracinement corps et
âme dans ce pays si attachant et énigmatique…
L’engagement politique, l’art, ou l’amour opèrent ici comme autant d’idéaux,
parfois illusoires, souvent contradictoires, et pour lesquels certains iront
jusqu’à sacrifier leur vie. »
Beau décor, belle ambiance, mais… je n’ai guère adhéré à l’histoire, aux
histoires d’amours complexes, un peu fourre-tout, un peu déçue par le texte,
moi qui apprécie tant les romans de Jean-Marie Rouart.
Mondial Placard
Côme de Bellescize.
Collaboration artistique : Vincent
Joncquez
Scénographie : Natacha Markoff
Jean Alibert - Eric, PDG de Mondial Placard
Gwenaëlle Couzigou - Léa, Stagiaire
Clara Guipont - Karine, Assistante de direction
Eléonore Joncquez - Marion - Directrice des ventes
Ludovic Le Lez - Pascal, Directeur des achats
David Talbot - Quentin, Directeur Recherche et développement
Benjamin Wangermée - Laurent, Cadre
Donc il était une fois...
Marion nouvelle directrice des ventes de Mondial Placard a du talent mais du mal à se faire accepter par les hommes de l’entreprise.
Ajoutez à cela, Karine fausse Marylin mais vraie aguicheuse… Léa, la stagiaire super "féministe XXL", Pascal qui ne sait pas garder les mains dans ses poches, Quentin amoureux transi qui n’ose pas, et puis surtout Laurent qui ne digère pas d’être évincé par une femme ! quelle supercherie va-t-il employer et Eric, le directeur qui tire les ficelles de tout ce petit monde.
Côme de Bellescize a encore frappé ! il ne pouvait pas passer à la trappe le sujet parité/metoo/harcèlement en entreprise, certes il y a quelques grosses ficèles, parfois frisant la caricature, les portes claquent, tout le monde se tire dans les pattes, à quelle sauce vont-ils être mangés et quelle surprise le placard « qui sait tout » va leur réserver…
C’est très drôle et il y a de quoi réfléchir et les comédiens sont excellents !
Texte et mise en scène de Jean-Benoît Patricot
Avec Bertrand Skol (Cyrano du meilleur comédien 2022)
Musique originale d’Olivier Mellano
Olivier entend sa femme s’activer dans leur chambre, il a toute sa tête
oui mais il n’arrive plus à bouger, il ne peut plus parler, ses yeux sont grands
ouverts mais le corps ne répond pas. Sa jeune épouse terrifiée et malheureuse, le
croit mort, ainsi que la voisine et surtout le médecin qui ne cherche pas plus
loin. Le malheureux Olivier est donc envoyé à la morgue.
Il parviendra à se sortir de sa léthargie, rechercher sa femme l’amour de sa vie. Difficile de retrouver une vie à peu près normale. Son « coma » l’aura fait réfléchir, peut-être finira-t-il par effacer de son vocabulaire « A quoi bon ? » qui agaçait bon nombre de personnes !
Bertrand Skol interprète magistralement son rôle, il a une force psychique et physique incroyable. D’après la nouvelle d’Emile Zola, Jean-Benoît Patricot en livre un texte actuel et une mise en scène poignante.
Une belle histoire d’amour au final !
Le Vertige
Hadrien Raccah
« Lorsque l’enfant parait le cercle de famille applaudit à grands cris » Victor Hugo.
Une belle terrasse, trois grandes fenêtres avec stores roulants électriques, la fête bat son plein, champagne et petits fours !
Tom est papa depuis une semaine, et bien entendu sa poupette est la plus belle, attitude excessive mais normale ! son jeune frère Benjamin, prof de musique est admiratif de ce grand frère qui réussit tout dans la vie, Marc l’employé de Tom supporte les vannes, il est direct dans ses propos, et Lisa éternelle intermittente, pas de boulot en vue.
Oui mais voilà, le problème c’est qu’ils sont bien d’accord, le bébé est vilain, moche ! Tout ce petit monde se tait, enfin pas pour longtemps, leurs nerfs vont être mis à rude épreuve, et les secrets, non-dits et autres méchancetés jaillissent, jusqu’à quel point ?
Cette comédie, drôle, cynique est brillamment interprétée par Alexis Moncorgé le papa agaçant, l’amant veule, Andy Cocq d’une mauvaise foi délirante, la charmante Anne-Sophie Germanaz émouvante, Arthur Fenwick attendrissant.
La mise en scène de Serge Postigo sert bien le texte de Hadrien Raccah.
La « chute » vous surprendra !