vendredi 10 février 2012

Naples millionnaire - De Filippo - théâtre La Tempête


NAPLES MILLIONNAIRE !
Eduardo De Filippo
texte français Huguette Hatem
Mise en scène Anne Coutureau


Anne Coutureau rend hommage au cinéma italien,  par un clin d’œil à la version ciné de « Naples millionnaire », film réalisé et joué par Eduardo De Filippo. C’est ainsi que défile sur un rideau, le générique de la pièce et les interprètes.

Nous sommes à Naples en 1942 durant la seconde guerre mondiale, l’Italie est ruinée Naples est lourdement bombardée. Le marché noir est la survie de certains. Gennaro Jovine (Sacha Petronijevic bouleversant) traminot est parfaitement au courant du marché noir que pratique à des prix exorbitants, sa femme Amalia (Perrine Sonnet).

Pour éviter la fouille par la police, la famille et les amis ont un stratagème plus qu’ingénieux, là encore Gennaro rouspète mais se transforme en « défunt ». En un quart de tour, les uns transportent le lit au centre de la pièce, les provisions sont cachées sous le matelas. Gennaro vêtu d’un linceul, s’installe sur le lit. Les femmes jouent leurs rôles de pleureuses et veuve inconsolables. Mais le brigadier (Patrick Courteixqui) vient perquisitionner n’est pas dupe et même plutôt brave homme, il en est à son troisième « enterrement », il essaie de raisonner la famille « éplorée » et s’en prend au « défunt » qui ne bronche pas !

Après cette scène mémorable, changement de décor, les meubles virevoltent d’un côté à un autre et nous retrouvons Amalia embourgeoisée, un autre environnement avec de beaux meubles et de belles tapisseries.

Elle prépare l’anniversaire de Settebellizze (Francesco Calabrese), qui a le béguin pour elle et qui la fournissait en marchandises. Celui-ci est quand même gêné lorsqu’il assiste à une scène bien ignoble dans laquelle Amalia renvoie M. Spaziano qui vient mendier, il n’a plus d’argent pour nourrir ses enfants, Amalia lui a même racheté son appartement ! Elle tient comme principe qu’elle a assez souffert, chacun son tour !

Gennaro revient de la guerre, personne n’était sûr de sa mort. C’est un homme meurtri qui n’a même plus le droit de parler de l’enfer qu’il a vécu et il se rend compte qu’Amalia a profité de la situation et s’est enrichie avec le marché noir. Mais leur dernière fille est très malade, et malgré la richesse le médicament qui pourrait la sauver manque à Naples. Doit-on parce qu’on a souffert manquer d’humanité vis-à-vis des autres ? Doit-on faire payer les autres ? C’est ce qu’on pourrait tirer comme conclusion à cette pièce.

Une belle représentation et je souhaite vraiment retrouver ce spectacle la saison prochaine. Les acteurs sont tous à leur place, c’est toute l’Italie et ses caractères haut en couleurs qui défile devant nous.


L’auteur : né à Naples en 1900 mort à Rome en 1984. Dramaturge, poète, metteur en scène acteur. Il était le fils naturel d’Eduardo Scarpetta*.

Site en italien sur l’auteur http://w3.uniroma1.it/cta/eduardo/

* Comédien et dramaturge dont le célèbre « Misère et noblesse » créé en 1887 comédie savoureuse qui relate l’histoire de deux familles napolitaines qui pour sortir de la misère jouent à la demande d’un jeune marquis amoureux, le rôle de familles nobles !

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