Mes coups de coeur sur le spectacle vivant: théâtre classique, contemporain, cirque, marionnettes, musical, pour les grands et pour les enfants !
Membre de l'Association professionnelle de la critique, Théâtre, Musique et Danse
Sophie Forte, on a tout de suite envie de l’inviter à tous nos déjeuners
de famille !
Et sa famille, elle nous la raconte, grâce à une
valise, héritage d’un tonton décédé, c’est un peu la boite de Pandore, tous les
souvenirs en regardant des photos remontent à la surface, Sophie se souvient, ses
parents, son enfance, l’inénarrable tante Zete et l’oncle André, le papy, les
origines italiennes, sa première communion, son premier plongeon et son premier
flirt ! Elle est tous les personnages de son histoire, la
mère supérieure de l’école privée, pas commode, elle l’imite à la perfection, ainsi
que la tante à la voix cassée et les autres ! Ce papa qui s’ennuie ferme à la maison et, qui sur
les conseils avisés de sa femme, peint un tableau. Peu à peu, il va peindre
avec plaisir et surtout, lui qui n’a jamais suivi de cours de peinture, va se révéler
un merveilleux artiste. Gloire et succès ! Sophie Forte a l’humour décapant, tendre aussi
et émouvante, on passe une merveilleuse soirée, sa complice Virginie Lemoine
qui l’a déjà dirigée dans « Chagrin pour soi » récidive avec bonheur
aidée par Frédéric Patto. Cette valise est bourrée de tendresse et de
rigolade, n’hésitez pas à l’ouvrir !
Avec Guillaume Bouchède, Stéphanie Caillol,
Martin Karmann ou Benoît Chauvin
Asher Lev a toujours un carnet et un crayon en poche, et il dessine
quelque que soit l’endroit où il se trouve, la personne avec qui il parle, il
ne peut s’en empêcher, mais voilà il est profondément attaché à sa religion, il
est juif orthodoxe, il respecte ses parents.
Il aura à choisir entre son destin de peintre et de créateur et son
éducation religieuse stricte, qui ne peut lui permettre de dessiner ou de
peindre des modèles, des nus, Asher Lev devra se démarquer en tant qu’artiste, rencontrer
les bonnes personnes pour son art, certes, mais comment ne pas blesser ses
proches qui lui font confiance.
Une belle pièce sur la création, le respect, la religion, les tourments
d’un homme qui ne pourra jamais se satisfaire de son art uniquement.
Excellents comédiens, alternant l’humour et l’émotion, la joie et la
tristesse, dans la mise en scène subtile de Hannah-Jazz Mertens.
Ghislain Geiger (Théo) et Julien Séchaud (Vincent)
Vincent peint, Théo vend, ils ont un amour
fraternel indéniable et sans réserve.
Difficile d’être le frère d’un génie ! il
faut le protéger de lui et des autres, les amours compliquées de Vincent, son
licenciement de chez Goupil, il ne supporte pas que l’art soit une marchandise !
et puis Vincent pour suivre la tradition familiale veut devenir pasteur,
mais il est instable, irritable. Il en faut de la patience…
Ses crises de démence, sa dépression, Théo tente
en vain de gérer mais fait en sorte que Vincent ne manque de rien. Ils se
retrouvent à Paris, avec toujours le même bonheur, Théo n’a pas une grande santé
non plus. Il se rend bien compte que son frère va de plus en plus mal, il lui
fera rencontrer le docteur Gachet. Vincent s’entendra bien avec lui, mais sa folie
l’emportera. Théo malade, le rejoindra quelques mois plus tard. Sa veuve fera transférer
sa dépouille auprès de Vincent. Elle s’occupera de faire connaître l’œuvre de
son beau-frère.
D’après la correspondance des deux frères Van
Gogh. Ghislain Geiger campe un Théo solide, humain, Julien Séchaud est le
fragile Vincent, toujours prêt à aider les autres, mais en proie à des crises
de démence impressionnantes.
Un spectacle émouvant, interprété avec beaucoup
d’intensité et de délicatesse.
Voilà ce qu’aurait pu dire un des enfants à qui Antoine raconte l’histoire
de Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889) peintre aujourd’hui bien oublié, mais si
connu de son temps.
Antoine, intermittent du spectacle, est gardien de musée, il faut bien gagner
sa vie et ma foi, il est au milieu de toiles, ceci compense cela… Sur un
chevalet trône le portrait du peintre dont il a la garde.
Le voisin le plus connu et le plus demandé de Mazerolle est Picasso ! Décidemment
le public n’est guère curieux… Picasso bon d’accord, mais les autres ?
Alors Antoine capte l’attention d’un groupe d’élèves, certes dissipés, mais il
parvient à les intéresser à l’histoire passionnante de ce peintre, si renommé
en son temps.
co Fabienne Rappeneau
Jugez plutôt, il a été contemporain de Monet, Renoir, Sisley, ceux-là
encore bien connus du grand public. Il a dessiné le plafond de la Comédie
Française, hélas, cette œuvre partira en fumée en 1901.
co Fabienne Rappeneau
co Fabienne Rappeneau
Il a décoré également le Palais Garnier, le Conservatoire de musique de
Paris, des théâtres en province ainsi qu’à l’Etranger.
Alors Antoine, lui aussi a bien du mal à tracer sa route, un feuilleton
télé connu, mais ça ne suffit pas, que fait-il à présent ?
Une histoire étonnante, curieuse, émouvante et drôle aussi. Rémi Mazuel réussit
le tour de force en interprétant les différents personnages sous l’œil bienveillant
de Marie-Caroline Morel.
Mazerolle ? allez voir ce spectacle, la curiosité n’est pas toujours
un vilain défaut !
Avec Estelle Andrea, Oscar Clark, Julien Clément, Magali Paliès
Quelle chance et quelle idée de génie ! Se laisser enfermer au musée du Louvre pour admirer et “croquer” Mona Lisa, tranquillement sans horde de japonais. Lisa jeune peintre a une admiration sans borne pour Léonard de Vinci. La voilà donc installée devant la Joconde et celle-ci lui parle ! Elle a du bagout à revendre Mona, elle s’ennuie ferme malgré son sourire énigmatique… Tous les soirs elle retourne chez elle en pleine Renaissance, et propose à Lisa et son frère Léo de l’accompagner et rencontrer le Maître en personne !
Vêtus de costumes adéquats et fort jolis (bravo Alice Touvet), nos amis débarquent dans l’atelier du Maître, Mona est excitée, toujours prête à aider, à expérimenter aussi les inventions de Leonardo. Celui-ci accueille bien volontiers les deux jeunes gens. Lisa est travestie en jeune homme, les femmes n’avaient pas le droit d’exercer leur talent en atelier ! Léo s'accommode plus ou moins, et garde son franc-parler du 21ème siècle, cool Raoul !
Joliment mis en musique, on peut apprécier à leur juste valeur, la voix de Magali Paliès, joconde délurée et prête à tout, Estelle Andrea sensible et passionnée, Oscar Clark idole du jeune public avec ses réparties, Julien Clément belle voix et belle présence pour camper Léonard de Vinci.
C’est donc un beau et puissant voyage initiatique et en musique s’il vous plaît ! C’est drôle, ludique et instructif. William Mesguisch retrouve sa troupe, la mise en scène est vive, on se régale avec les décors, les vidéos, tout cela mené tambour battant !
Vite rendez-vous à l’Espace Paris Plaine ou bien en Avignon cet été au festival.
Site du studio Hébertot ICI
durée 1h15
tous les samedis à 17h jusqu'au 25 janvier 2020
Léonard de Vinci
L’enfance d’un génie
de Brigitte Kernel, adaptation Sylvia Roux et Brigitte Kernel
Léonard de Vinci, on imagine toujours le vieil homme, l’ami du roi de France et ses dernières années au Clos-Lucé, mais le génie a été un petit garçon ! son seul ami, son confident un carnet de cuir, dans lequel non seulement il dessine ses “inventions” mais il écrit… à l’envers !
Léonard a eu une enfance difficile, triste, sa mère abandonnée par son père Paolo, qu’il surnomme “Tyranno”... la seule douceur dans sa vie, c’est son grand-père qui s’oppose à son terrible fils, la nouvelle épouse de son père est très gentille aussi, Léonard l’aime beaucoup.
Léonard est curieux de tout, des arbres, des animaux. Les animaux il ne veut pas en manger c’est trop cruel.
Mais par dessus tout, sa mère lui manque, elle a refait sa vie, il a de nombreux frères et soeurs, qui n’ont pas le même genre de vie, ils sont pauvres, et Léonard ne supporte pas cette situation.
Comment faire pour les aider, pour se blottir à nouveau dans les bras de sa mère ?
Stéphane Cottin a réalisé une mise en scène ludique, un énorme carnet sur la scène aussi grand que le comédien, sur lequel sont projetés, croquis, dessins, écrits (à l’envers !), des mannequins en bois sont manipulés ou habillés c’est selon la scène. Grégory Gerreboo campe le jeune Léonard, avec beaucoup de sensibilité et d’humour.
C’est un spectacle familial, et le jeune public ne s’y est pas trompé, en écoutant et réagissant avec beaucoup d’intérêt !
On n’en finit pas de fêter Léonard qui restera toujours un génie !