dimanche 27 mars 2022

Valentine - P. Catoire - théâtre Essaion

 


Site du théâtre ICI
durée 60mn
  • Du 23 janvier au 10 avril 2022
  • Les dimanches à 17h30

Valentine

Ou la passion du théâtre

 

Adaptation et jeu Philippe Catoire

Transcription de l’entretien télévisé de Valentine Tessier en 1973


Valentine Tessier ? qui connait encore cette merveilleuse comédienne ? Je vous conseille de revoir à la télé, il le passe souvent, « Maigret et l’affaire St Fiacre » avec Gabin et Valentine, certes on ne la voit pas longtemps, mais elle réussit à s’imposer dans l’histoire. Je me souviens aussi de « Eglantine » ce délicat film de Jean-Claude Brialy.



Valentine Tessier, raconte en 1973 son parcours théâtral, ses rencontres, Copeau, Jouvet, Dullin, le Vieux Colombier, les rivalités des uns et des autres, mais toujours le talent, la passion théâtrale, l’intelligence du texte, les répétitions si fructueuses, enfin une belle époque pour elle et pour le théâtre !

Et c’est avec délicatesse, sobrement vêtu de blanc et un châle sur les épaules que Philippe Catoire interprète Valentine. J’ai été émue par ce spectacle, et quel merveilleux témoignage !

 

 Anne Delaleu
27 mars 2022
Théâtre Essaïon


Volpone - B. Jonson - Café de la Gare Paris

 

Site du théâtre ICI
les vendredis et samedis 21h et les dimanches 15h
durée 1h45

Volpone

Ben Jonson (1572-1637)

 

Adaptation et mise en scène Carine Montag


Avec Frederic Roger, François Bérard ou Richard Delestre, Emmanuel Guillon ou Mathieu Buscatto, Régis Chaussard, Philippe Manesse ou Arnaud Bruyere, Isabelle Laffitte, Patrick Courtois ou Rémi Goutalier, Timothée Manesse, Carine Montag

 

Un théâtre de tréteaux, populaire, comme l’aimait Molière (400 bougies cette année !)

Ben Jonson contemporain de Shakespeare, sa comédie la plus jouée est Volpone, adaptée au cinéma, au théâtre. Mais revenons à notre histoire !

Volpone vieux célibataire sans enfant, mais non sans malice, décide de s’approprier les biens des riches vénitiens, pas plus honnêtes que lui !

Avec l’aide de son valet Mosca, un filou lui aussi, il feint d’être à l’article de la mort, et promet à chacun d’être son unique légataire, bien entendu pour adoucir les dernières heures du « mourant » ceux-ci lui apportent bijoux, argent, et même épouse ! sans compter l’ignoble Corbaccio qui va jusqu’à déshériter son fils pour plaire à Volpone.

Décidemment, c’est un défilé peu ragoutant de personnages veules, de courtisans sans compter une dame qui va tenter de jouer de ses charmes… Que de rebondissements, la douce épouse de Corvino ainsi que Bonario vont être lâchement accusés et emprisonnés.


Une mise en scène joyeuse, dynamique, commedia dell’arte, rien n’est laissé au hasard. Les comédiens s’en donnent à cœur joie, on rit beaucoup, un spectacle très divertissant et fort bien joué ! De beaux costumes et décors.

N’hésitez pas à voir Volpone, vous en sortirez heureux !


Anne Delaleu
27 mars 2022
Café de la Gare

dimanche 20 mars 2022

Le voisin de Picasso - R. Mazuel - théâtre de la Contrescarpe



Site du théâtre ICI
durée du spectacle 1h
jusqu'au 19 juin
Les dimanches 18h30

LE VOISIN DE PICASSO

DE LA PEINTURE À LA COMÉDIE FRANÇAISE

De et avec Rémi Mazuel

 

Mise en scène : Marie-Caroline Morel


Dit Antoine, dessine-moi un Mazerolle !

Voilà ce qu’aurait pu dire un des enfants à qui Antoine raconte l’histoire de Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889) peintre aujourd’hui bien oublié, mais si connu de son temps.

Antoine, intermittent du spectacle, est gardien de musée, il faut bien gagner sa vie et ma foi, il est au milieu de toiles, ceci compense cela… Sur un chevalet trône le portrait du peintre dont il a la garde.

Le voisin le plus connu et le plus demandé de Mazerolle est Picasso ! Décidemment le public n’est guère curieux… Picasso bon d’accord, mais les autres ? Alors Antoine capte l’attention d’un groupe d’élèves, certes dissipés, mais il parvient à les intéresser à l’histoire passionnante de ce peintre, si renommé en son temps.

co Fabienne Rappeneau

Jugez plutôt, il a été contemporain de Monet, Renoir, Sisley, ceux-là encore bien connus du grand public. Il a dessiné le plafond de la Comédie Française, hélas, cette œuvre partira en fumée en 1901.

co Fabienne Rappeneau

co Fabienne Rappeneau

Il a décoré également le Palais Garnier, le Conservatoire de musique de Paris, des théâtres en province ainsi qu’à l’Etranger.

Alors Antoine, lui aussi a bien du mal à tracer sa route, un feuilleton télé connu, mais ça ne suffit pas, que fait-il à présent ?

Une histoire étonnante, curieuse, émouvante et drôle aussi. Rémi Mazuel réussit le tour de force en interprétant les différents personnages sous l’œil bienveillant de Marie-Caroline Morel.

Mazerolle ? allez voir ce spectacle, la curiosité n’est pas toujours un vilain défaut !



Anne Delaleu
20 mars 2022
Théâtre de la Contrescarpe

mardi 8 mars 2022

J'ai sauvé la France ! - A. Peron - théâtre de la Contrescarpe

 


site du théâtre ICI
jusqu'au 29 mars 2022
les dimanches à 20h30 et les mardis à 21h

J’ai sauvé la France

Alain Peron

 

Mise en scène : Rémi Mazuel

Direction Artistique : Bérénice Boccara

Création Lumière : Damien Dufour - Composition musicale : Mathieu Rannou

Avec : Denis Souppe • Leo Bastard • Anne-Victoire Armstrong • Sophie Taoc • Rémi Mazuel


co Fabienne Rappeneau

Charles VII l’homme qui ne voulait pas être roi, cultivé, plongé dans ses livres, fils de Charles VI le fol et père du futur Louis XI, ce n’est guère évident pour ce jeune homme que rien ne prédisposait à cette lourde tâche, en pleine guerre.

A la fin de sa vie, Charles souffre, son médecin Adam Fumée tente de le soulager, il lui propose une boule de pavot… le vieux roi n’est pas dupe, il sait que le remède sera définitif… alors Charles VII lui propose un marché, et raconte son histoire.

Le jeune Charles, n’était pas promis au trône, il a deux frères ainés devant lui, mais le destin en a voulu autrement, et la mort des dauphins, le projette en pleine lumière, il a fort heureusement auprès de lui, un ami fidèle Tanguy du Chastel.

Il a du courage, de l’endurance et surtout ses lectures lui ont permis d’avoir un jugement juste sur la situation du pays, de la guerre, des ennemis. Reconquérir la couronne, ne pas laisser la France aux mains des Anglais, se battre contre les bourguignons, il s’imposera comme un grand stratège mais à quel prix !


co Fabienne Rappeneau

Une jeune fille va l’aider, le soutenir, le convaincre, elle a du caractère et surprend par son audace et sa lumière, mais Jeanne devra affronter seule son destin. Et puis Jacques Cœur, qui enrichit certes le roi, mais se prend de larges « commissions », il aura le malheur de vouloir trop plaire à la belle Agnès Sorel, et sera jeté au cachot.

La belle Agnès, lance la mode (vêtements, produits de beauté !), elle sera le grand amour de Charles, elle aussi sera sacrifiée.

co Fabienne Rappeneau

co Fabienne Rappeneau

La mise en scène de Rémi Mazuel est dynamique, créative, Denis Souppe campe un valeureux Charles VII, arrogant, sûr de lui ou tendre, Leo Bastard est un fougueux Charles VII jeune et un bien rusé Louis XI, Anne-Victoire Armstrong a la lourde tâche d’incarner la pureté et la sensualité, elle réussit à convaincre dans les deux rôles, Sophie Taoc est une parfaite Yolande d’Aragon. Rémi Mazuel est médecin, Tanguy ainsi que Jacques Cœur le roué, « à Mazuel vaillant rien d’impossible ! »

Un beau livre d’Histoire à feuilleter, certes j’ai été un peu étonnée de la tenue d’Agnès, bien contemporaine pour le sujet, mais la mode et la beauté sont intemporelles !

Anne Delaleu
8 mars 2022
Théâtre de la Contrescarpe

samedi 26 février 2022

Le faiseur de théâtre - T. Bernhard - Théâtre Poche Montparnasse

 


Site du théâtre ICI
mardi au samedi 21 h et dimanche 15h
durée 1h30
grand Poche


Le Faiseur de théâtre

Thomas Bernhard

 

Mise en scène Chantal de la Coste

Avec Hervé Briaux, Séverine Vincent, Patrice Dozier, Quentin Kelberine


Bruscon, auteur, comédien, metteur en scène, va jouer sa comédie dans la petite ville d’Utzbach, c’est un trou perdu d’après lui, mais il ne peut faire autrement !

Sa femme, sa fille Sarah et son fils Ferruccio font partie de la troupe, en fait une équipée familiale qu’il méprise, critique, humilie. L’aubergiste fait de son mieux, il écoute sans broncher les demandes incessantes de Bruscon.

La salle ne lui convient pas, les lumières non plus, ne parlons pas des affiches qu'il fait retirer, sauf un portrait d'Adolf qui peut servir sa pièce sur les dictateurs. Mais surtout il ne supporte pas les lumières des blocs de secours, qui vont perturber sa scène, il faut demander au capitaine des pompiers la permission d'éteindre ces blocs !

Tout est matière à râler, la poussière, l'humidité, la nourriture, sa femme qui est souffrante et surtout jouer devant des ignares, car bien entendu ils ne comprendront pas la finesse de son texte ! Lui le meilleur comédien du monde bien entendu, et il veut l’entendre répéter à chaque fois par sa fille.

Les répétitions se passent mal, Bruscon a une idée bien arrêtée sur le théâtre, les femmes qu'il considère inférieures en tout, c'est tellement énorme que l'on ne peut s'empêcher de rire, on s'amuse beaucoup de cet énergumène, véritable tyran sans talent.

Voilà une comédie grinçante sur le monde du théâtre, elle est menée de main de maître par Hervé Briaux, excellente interprétation de Séverine Vincent, Patrice Dozier et Quentin Kelberine, dans une mise en scène efficace de Chantal de la Coste.


Anne Delaleu
26 février 2022
Théâtre de Poche Montparnasse

jeudi 24 février 2022

Le rêve de Mercier - A. Pastor - Théâtre de la Contrescarpe

 


Site du théâtre ICI
jusqu'au 31 mars 2022
durée 1h15
• les jeudis et vendredis à 19h
• les samedis à 18h30

Le rêve de Mercier

Alain Pastor


Mise en scène Pascal Vitiello

Assistant à la mise en scène : Jérémy de Teyssier

Avec Séverine Cojannot et Patrick Courtois

 

La Révolution française, une grande idée de liberté, fraternité, d’égalité, voilà le rêve des Français et de Louis-Sébastien Mercier écrivain (que je ne connaissais pas !) et révolutionnaire, en revanche si on vous dit Grimaldi Monaco, vous connaissez mieux, et voilà donc la triste histoire de Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, épouse Grimaldi, princesse de Monaco.

Nous sommes donc le 7 thermidor 1794, Mercier se retrouve dans la cellule d’une charmante jeune femme, ils ne se connaissent pas, mais dans le malheur on oublie vite les convenances, et ils sympathisent très vite, la jeune femme est mariée, elle a deux filles, Mercier a lui aussi deux filles. Elle ne dévoile pas son identité, lui est fier de se présenter, il est écrivain, ardemment républicain, mais toute cette violence, ces hommes et ces femmes que l’on envoie à l’échafaud, trop de sang, trop de délation, oui le peuple aspire à la paix et la réconciliation, mais c’est sans compter avec le Tribunal de Fouquier-Tinville.

co photo Fabienne Rappeneau
 

Une princesse ? oui mais elle pensait être épargnée par son statut de princesse étrangère, hélas Monaco s’est ralliée à la république française, et voilà Thérèse de nouveau française, elle pressent bien ce qui va lui arriver…alors elle fait croire lors de son procès qu’elle est enceinte, au moins elle gagne une journée pour se préparer et surtout donner un souvenir à ces chères filles.

co photo Fabienne Rappeneau


L’histoire vraie de cette jeune femme, qui n’aspirait qu’à être heureuse de vivre avec son mari et ses enfants, moins connue que Marie-Antoinette, elle n’aura pas vécu longtemps pour laisser une trace dans la grande Histoire.


co photo Fabienne Rappeneau


Mais voilà pour les passionnés d’Histoire, et les autres, une pièce bien écrite, intéressante et jouée avec beaucoup de finesse par Séverine Cojannot et Patrick Courtois qui apporte truculence et humanité.

Pascal Vitiello a su éviter le pathos pour nous offrir un moment délicat de théâtre, sur un très beau texte d’Alain Pastor.

Anne Delaleu
24 février 2022
Théâtre de la Contrescarpe


mercredi 23 février 2022

Les maux bleus - C.Canals et Milouchka - Théâtre Essaion

Site du théâtre Essaïon ICI

durée 1h15

  • Du 19 Janvier au 17 Mars 2022, les mercredis et jeudis à 21H00
  • Puis les jeudis 24, 31 mars et 7 avril à 21H00

Les maux bleus

  • de et avec Chrystelle Canals et Milouchka
  • Mise en scène : Hervé Lavigne

Les deux drôles de dames nous comptent à travers plusieurs scénettes, la vie, l’amour, les femmes, les filles, les autres.

Un décor simple, une panière avec des vêtements, un fil à linge, les filles s’en serviront au fur et à mesure des histoires.

Il y a l’esclavage, sous prétexte de bons sentiments, on fait travailler une enfant que l’on croit protéger en l’emmenant loin de son pays et qui sera exploitée, par des gens « biens »…

La jeune fille, heureuse de sortir avec ses amis, mais attention maman veille un peu trop et mal, elle préfère fermer les yeux sur les frasques de son fils…

L’amour, une bien belle chose, en plus si c’est accepté sans concessions par les proches et la famille, mais voilà, ce n’est pas toujours le cas, être obligée de se cacher pour vivre son amour avec une personne du même sexe.

Et puis qui sait, un jour, il y aura bien une Présidente de la République, son mari sera-t-il « Premier homme » ? un sketch très drôle qui décape le politiquement incorrect !

Femme battue ? ah oui mais elle ne lui trouve que des excuses, alors de quoi se plaint-elle ?

« Grosse et moche », combien de fois l’a-t-on entendue, (bien sûr maigre et moche ce n’est pas possible…), mais oui on peut assumer son poids, être heureuse de se mouvoir avec grâce. Les médecins qui en ont ras le bol des « dodues », oui vous avez mal ici et ici, normal il faut perdre du poids ! (à titre personnel je l’ai entendu bien souvent…).

Et puis la publicité, ah oui mais on ne peut pas parler de tout, ou alors il faut user de stratagèmes et faire sa « précieuse ridicule » pour trouver un autre mot pour les règles.

Enfin voilà un bon moment passé avec ces deux formidables comédiennes et la mise en scène est confiée à Hervé Lavigne, un homme qui comprend les femmes !


lundi 21 février 2022

Grandir dans l'Allemagne nazie - B. Votipka - théâtre Clavel



Site du théâtre ICI
tous les lundis à 19h30
durée 1h

Grandir dans l’Allemagne nazie

Brendon Votipka


Adaptation et mise en scène : Anne Hérold
Assistante à la mise en scène : Sarah Waroquet
 
Rebecca : Mathilde Freytet - Marianne : Maurine Dubus - Ernst : Noé Bennehard
L'homme/David/Le père/Mr Schmidt : Julien Delanoë
La femme/La mère/Sarah/Christine : Marie de Dieuleveult

 

1933 à 1938 : Trois adolescents, trois vies broyées par le nazisme


Rebecca est juive, elle est heureuse, bonne élève, mais elle se rend bien compte de l’attitude de ses compagnes de classe, et aussi des professeurs. Avec une amie, elles se créent une carapace pour mieux supporter les insultes et les ignominies



Marianne est une jeune fille de la bourgeoisie, elle n’a pas beaucoup de contact avec ses parents, ils la considèrent comme une enfant. Pourtant, ils sont les premiers à s’alarmer de la politique et du nouveau chancelier, ah non pas de portrait d’Hitler au salon ! Pourtant leur fille, pour faire comme les autres, souhaiterait un portrait du Führer au moins quand ils reçoivent du monde ! La jeune fille se retrouve dans les jeunesses hitlériennes, elle sera très surprise de la réaction de ses parents et de leur courage !


Ernst, le jeune garçon est fier de son frère ainé, il est engagé au Parti nazi, le jeune homme souhaite faire partie de la SS, mais il craint tant de décevoir, de ne pas être à la hauteur de la tâche,

Oui « Grandir dans l’Allemagne nazie », est une pièce essentielle en ce moment, les comédiens jouent le jeu avec sincérité, oui il est important de parler, de désamorcer les idées et les préjugés, Anne Hérold comme à son habitude a su habilement traiter le sujet.
Anne Delaleu
21 février 2022
Théâtre Clavel

dimanche 13 février 2022

Berlin Berlin - P. Haudecoeur et G. Sibleyras - Théâtre Fontaine

 


Site du théâtre ICI
durée 1h30
mardi au vendredi 21h
samedi 16h30 et 21h
dimanche 16h

Berlin Berlin 
Une pièce de Patrick Haudecœur et Gérald Sibleyras

Mise en scène José Paul

Avec Anne Charrier, Maxime d’Aboville, Patrick Haudecœur, Loïc Legendre, Guilhem Pellegrin, Marie Lanchas, Claude Guyonnet,  Gino Lazzerini

Décor Édouard Laug - Costumes Juliette Chanaud - Lumière Laurent Béal - Musique Michel Winogradoff - Assistant mise en scène Guillaume Rubeaud

En août 1961 le mur de Berlin est érigé, “ le mur de la honte” ce sera le début de la guerre froide, et aussi le début des évasions du côté Est pour parvenir à l’Ouest et la liberté !

Mais revenons à notre histoire,

Nous voici dans l’appartement de Madame Hofmann, son fils Werner a bien du mal, il s’occupe de sa vieille maman, et c’est avec soulagement qu’il reçoit Mme Keller, la nouvelle aide-soignante, fort jolie personne, il connait tout sur elle, normal il fait partie de la redoutable Stasi !

Se retrouvant seule dans l’appartement, elle fait connaissance avec le voisin qui vient tous les jours faire des piqures à la mémé, guère aimable et suspicieuse quant à la nouvelle venue.

A l’aide d’une lampe torche elle envoie un signal à l’extérieur, quelques minutes plus tard, Ludwig son fiancé arrive, sac à dos, mais au fait pourquoi ? Ils tâtent les murs, d’après elle, l’ancien locataire lui aurait dit qu’une cachette s’y trouvait pour parvenir au tunnel et ainsi atteindre la liberté c’est à dire Berlin Ouest !

Bien entendu, avec Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, et là ça ne manque pas ! un passage secret, un violoniste espion, un infirmier espion aussi, nos deux tourtereaux, l’officier de la Stasi et sa femme, un général dépressif, le tout bien déjanté et secoué !

Maxime d’Aboville est très convaincant dans le rôle de Werner, il dit des choses affreuses avec un si beau sourire ! Anne Charrier est la femme forte de la situation, quoique Marie Lanchas épouse de Werner n’est pas mal non plus !  On aime retrouver ses amis et c’est toujours un plaisir de revoir Patrick Haudecoeur et son air de Pierrot lunaire, ses partenaires sont tout aussi excellents, dans une mise en scène astucieuse de José Paul.

Alors vous avez deux options, la première vous n’aimez pas et on vous envoie rigoler en Sibérie, la seconde, vous aimez et vous riez du début à la fin !


Théâtre Fontaine
13 février 2022
Anne Delaleu
 

samedi 12 février 2022

Le silence de Molière - G. Macchia - Studio Théâtre Comédie Française


Site du théâtre ICI

jusqu'au 27 février 2022


Le silence de Molière

Giovanni Macchia


Mise en scène Anne Kessler

avec Danièle Lebrun



Quel bonheur et quelle fierté, Esprit-Madeleine Poquelin nous accorde une conférence sur son illustre père !


Madeleine répond aux questions du public, son enfance ? Elle est née en 1665, seule survivante des enfants de Molière et Armande. Elle parle avec douceur de ses petits frères disparus. Elle a du caractère et se rend compte qu’avoir Armande comme mère n’est guère facile, pour éviter de la froisser, elle cache son âge ! Madeleine n’aime pas le milieu artistique, elle parle avec un certain dédain de la famille Béjart, en dehors de sa marraine Madeleine qu’elle adorait.


Madeleine Poquelin avait 8 ans lors de la mort de son père, pour échapper à la tutelle de sa mère et de son beau-père, elle préfèrera être éduquée au couvent, où elle se trouvait plus libre, que dans le milieu artistique familial. Mais les rumeurs vont vite… et les petites camarades ne vont pas l’épargner. Comment ne pas répondre, pourquoi se taire, mais les preuves lui manquent et elle préfère le silence…


Elle n’entendit plus parler non plus de Baron, qu’elle trouvait très beau à peine plus âgé qu’elle, mais très présent - trop - dans l’existence de ses parents.


Madeleine n’a jamais souhaité devenir comédienne, son père pourtant lui avait écrit le rôle de Louison du Malade, mais elle n’a jamais voulu, a-t-elle des regrets de ne pas avoir donné la réplique à son père ?


Anne Kessler a transformé le texte de Macchia en conférence, Madeleine ne reçoit pas la visite d’un jeune provincial, mais répond aux questions du public, c’est très bien fait d’ailleurs !


Danièle Lebrun donne toute la douceur du personnage, elle est pudique, sait répondre avec aisance et défend la mémoire de son père.


Belle idée d’avoir mis en scène cette fiction, puisque hélas, on ne sait pas grand chose sur la fille du grand homme. Elle disparaîtra en 1723 sans descendance.


Studio Théâtre

12 février 2022

Anne Delaleu


vendredi 11 février 2022

Huis clos - Sartre - Théâtre de l'Atelier

 

Site du théâtre ICI
durée 1h20
mardi au samedi 19h
jusqu'au 18 mars 2022

Site du TPA ICI


Huis clos

Jean-Paul Sartre


Mise en scène Jean-Louis Benoit et Antony Cochin

Lumières Jean-Pascal Pracht

Costumes Marie Sartoux


Avec Maxime d'Aboville, Marianne Basler, Mathilde Charbonneaux, Antony Cochin



Une porte donnant sur une pièce, couleur dominante rouge, des housses sur les meubles, où est-on ? voilà deux hommes, l’un a l’air de connaître les lieux, l’autre demande avec inquiétude s’il peut sortir, ce qui amuse beaucoup le gardien. On saura plus tard que Garcin était journaliste et qu’il est mort fusillé.


Quelques temps après, le gardien fait entrer une femme, elle est nerveuse, cherche une certaine Florence, ne s’occupe pas du tout de Garcin. Ils ont chacun leur divan, leur territoire, Inès était amoureuse de Florence, elles se sont suicidées, Inès pensait la retrouver dans ce lieu.


Et Estelle fait son entrée, élégante, jolie, Inès n’est pas indifférente. Estelle “voit” son enterrement et fait le constat de l’hypocrisie de sa famille. Elle a aussi un lourd secret.


Ces trois personnages après les présentations, vont s’affronter, se supporter, ils auront l’opportunité de fuir ce lieu, mais non, ils se résignent et après tout pourquoi ne pas continuer à se déchirer, ils n’ont plus que ça à faire de toute façon !


« L’enfer, c’est les autres », réplique connue, l’enfer c’est soi-même aussi, nous avons la liberté d’agir, de penser.


La mise en scène de Jean-Louis Benoit et Antony Cochin fait ressortir l’humour du texte, c’est vrai que l’on sourit souvent, les situations cyniques, le jeu des comédiens. Maxime d’Aboville sait jouer de son charme, Marianne Basler distille son venin avec bonheur, Mathilde Charbonneaux joue parfaitement la jeune écervelée antipathique et monstrueuse.


Un trio infernal que l’on a plaisir à suivre !


Théâtre de l’Atelier

11 février 2022

Anne Delaleu