jeudi 26 avril 2018

Rien à dire - Léandre le clown catalan - 13ème art théâtre




du 24 avril au 29 avril et du 15 au 20 mai.
mardi au samedi 20h - samedi 16h et dimanche 15h
durée 1h10
site du théâtre ICI


Rien à dire

Léandre le clown


Mise en scène : Léandre Ribera – Scénographie : Xesca Salvà
Musiciens : Maria Perera, Francesc Puges, Pep Moliner, Jordi Gaspar, Frederic Miralda, Sergi Sirvent, David Dominguez


Un appartement un peu fouillis, des chaussettes jaunes jonchent le sol, une grande armoire, une commode, une drôle de chaise et une drôle de table, enfin Léandre, tout de jaune vêtu arrive chez lui, il a des soucis avec les lumières qui fonctionnent quand elles veulent. Il en arrive même à demander l’aide du public ! Sa maison est réactive elle aussi, et que dire de l’armoire bien remplie…

Il fera souvent appel à nous d’ailleurs, mais c’est bon enfant et drôle.


Souvenirs d’enfance avec les bulles de savon, que nous faisons éclater, lancement de chaussettes jaunes (propres !) dans le public, nous réagissons en bombardant Léandre, celui-ci a bien du mal avec son mobilier, il prendra même son thé de travers comme sa table et sa chaise. Il prend son petit déjeuner, mais décidément ça ne va pas non plus. Il s’initie au golf, se fait livrer un colis, enfin il trouve des « victimes » bien consentantes et amusées pour l’aider.

Rien à dire, en effet, tout est dans le geste, la poésie, l’improvisation, la magie, l’adresse des mouvements, je me demande encore comment la balle de golf s’est retrouvée dans le gobelet !


Léandre un clown tout en douceur et humour à voir pour rêver.
Anne Delaleu
26 avril 2018

mardi 24 avril 2018

Providence - N. LaBute - théâtre Les Déchargeurs


du mardi au samedi 21h30
jusqu'au 12 mai
durée 1h25
site du théâtre ICI

Providence

Neil LaBute


Adaptation et mise en scène Pierre Laville
:
Avec Xavier Gallais  et Marie-Christine Letort


Providence… sens premier du terme, c’est la volonté divine, et au second plan, le destin, le hasard.

Le 11 septembre 2001 c’est l’apocalypse à New York, mais pour Ben et Abby, c’est la Providence, le moment où jamais.

Dans l’appartement d’Abby, Ben est affalé sur le divan, on entend une sonnerie de portable, il ne répond pas, et pour cause. C’est le lendemain de l’attaque terroriste, il se trouve chez Abby sa maîtresse, normalement il aurait dû être dans une des tours. Que faire ? Rassurer sa femme et ses filles ? Il a un autre projet en tête.

La poussière envahit la pièce, Abby rentre chargée de provisions. Elle raconte à Ben ce qui se passe dehors, le chaos, les magasins dévalisés. La peur et le désarroi sont partout.

La relation avec Ben n’est pas facile, il peut se montrer violent, et aussi drôle et mal à l’aise. Il propose à Abby de profiter de la situation providentielle qu’ils vivent pour recommencer ailleurs une nouvelle vie. Laisser croire qu’il fait partie des disparus, le prix à payer, c’est qu’il renonce à voir grandir ses filles. Quant à Abby, elle est sa supérieure hiérarchique, elle a bataillé pour avoir un poste important, laissera-t-elle tout tomber par amour ?

Un duo de comédiens exceptionnels, des dialogues souvent crus, et comme toujours avec LaBute un final auquel on ne s’attend pas.


J’aime l’écriture et l’univers de cet auteur, j’avais beaucoup aimé « La forme des choses » (The shape of things) donnée à Paris en 2008 et Bash en 2014 (adaptation de Pierre Laville).

Anne Delaleu
24 avril 2018

Still Life today - E. Mann - théâtre Les Déchargeurs


du mardi au samedi 19h 30
jusqu'au 19 mai
durée 1h25
site du théâtre ICI

Still life

Emily Mann


Adaptation et mise en scène Pierre Laville
Avec Manon Clavel  Antoine Courtray  Ambre Pietri


Mark est revenu de la guerre, il y a perdu ses amis, ses illusions, son humanité. Il est devenu violent, la guerre, les morts, les tortures, tout ça il l’a subi sinon dans sa chair mais dans son mental, les photos qu’il montre sont insoutenables. A son retour chez lui, ses parents ne l’ont pas accueilli comme il aurait voulu.

Sa femme Chéryl, enceinte de leur second enfant, a les pieds sur terre, accepte la situation, sans comprendre son mari. Son objectif c’est de donner un foyer à ses enfants et une bonne éducation.

Nadine, sa maîtresse, que l’on pourrait penser fofolle et sans histoires, cache une violence elle aussi, elle est divorcée, mère de famille, et comprend Mark, même si elle rejette le fait qu’il frappe sa femme. Cela ne l’empêche pas d’être féministe et pacifiste.

Trois monologues, trois parcours de vie, le texte est dur, les photos aussi. La direction d’acteurs impeccable, beaucoup d’émotions. Chaque comédien parle au public, se défend, intervient parfois dans le récit de l’autre.

Une œuvre intéressante et bouleversante à découvrir.

Anne Delaleu
24 avril 2018

vendredi 20 avril 2018

Suzanne la vie étrange de Paul Grappe - Le Lucernaire

jusqu'au 2 juin
durée 1h15
du mardi au samedi 21h
Site du Théâtre ICI 

Suzanne, la vie étrange de Paul Grappe

Création collective librement inspirée de « La garçonne et l’assassin » de Fabrice Virgili et Danièle Voldman (Payot)

Texte et mise en scène Julie Dessaivre

Avec Éloïse Bloch (Lucie) Édouard Demanche (Paul/Suzanne) Constance Gueugnier (Mme Massin) Zacharie Harmi (Les hommes de loi et Paco) Léa Rivière (Louise) et en alternance Anaïs Casteran (Louise) Matthieu Fayette (Paul/Suzanne) Julie Dessaivre (Madame Massin)


C’est une histoire vraie qui a défrayé la chronique des années folles. 1928, Louise Grappe humiliée et frappée bien trop souvent par son mari, prend une arme et le tue.

Mais il faut remonter un peu plus loin dans l’histoire, en 1912 Louise et Paul se marient, ils sont heureux jusqu’au jour où Paul est mobilisé, nous sommes en 1914.  Paul n’en peut plus, il déserte et rejoint sa femme à Paris. Elle et son amie Lucie, journaliste, ont l’idée de travestir Paul en femme. La police recherche un déserteur, un homme, mais pas une femme !

Et voilà que Paul devient Suzanne, Lucie lui enseigne la féminité, la façon de marcher, de se mouvoir, de répondre, tout un art ! Mais ce changement va bouleverser Paul, il est « transformé », sa vie privée devient débridée, prostitution, échangisme, virées au bois de Boulogne, « Suzy » devient la coqueluche des soirées parisiennes. Mais il continue à boire, beaucoup trop, et frappe Louise.

En 1925, loi d’amnistie, Paul se présente sans état d’âme au Commissariat pour récupérer ses papiers, son identité… trois ans plus tard, Paul sera tué par Louise qui voulait protéger aussi son enfant.

Cette histoire douloureuse, est habilement mise en scène, deux personnages nous racontent l’histoire telle qu’elles l’ont vue et vécue, tel un chœur antique, il y a Lucie, la bonne amie journaliste et la concierge Mme Massin. Chacune sa version des faits.

Des chansons de l’époque éclairent les situations, les changements de décors, de scène. Oui Mistinguett chantait « Mon homme » dont les paroles sont très explicites, oui, il y a des femmes qui aimaient et pardonnaient les coups, jusqu’au jour où…

Une drôle d’histoire qui dénonce la violence sous toutes ses formes, violence de la guerre, violence domestique. Les comédiens sont tous très investis et excellents dans leurs personnages.


Anne Delaleu
20 avril 2018

mercredi 18 avril 2018

L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine - R. Ogien - théâtre de la Reine Blanche



jusqu'au 22 avril
site du théâtre ICI 

Avignon 2018
14h15 théâtre Baretta 

L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine

De Ruwen Ogien



Mise en scène : Hervé Dubourjal, Éric Bu

Avec : Jean-Louis Cassarino, Hervé Dubourjal


Comme le disait la grande Jeanne Moreau, invitée de Pivot, «les philosophes m’em… », Je pense qu’avec ce spectacle elle aurait bien ri et changé d’avis !

En effet, nous assistons et nous intervenons à un cours de philo pas comme les autres, nos petites cellules grises sont en ébullition, il y a comme dans toutes les classes, les timides, les bavards qu’il faut canaliser, mais il y a de l’idée en l’air ! En plus on nous a donné un beau crayon et un papier qui servira plus tard…

Une question simple, un canot de sauvetage risque de couler, il faut sacrifier un passager, quelle serait votre réponse ? sachant qu’il y a un toutou dans le canot… et puis cas de conscience aussi, vous conduisez à toute allure, transportant cinq passagers gravement blessés et sur la route vous arrêteriez-vous pour porter secours à un piéton perdant son sang ?

Les paradis « artificiels » les machines à rêver, mais pas pour longtemps, là aussi il faut faire un choix. Mais le principal c’est la réflexion, le droit de choisir sa vie, on peut vite basculer dans le monstre ou le héros. Et encore doit-on juger ? et l’odeur des croissants là-dedans me direz-vous ? et bien il a été scientifiquement prouvé qu’une bonne odeur de croissant, ou de poulet nous rend plus heureux, plus empathique !

Grand débat animé de façon ludique et drôlissime par nos deux compères, aidés par les vidéos, les dessins, les croquis animés et qui nous régalent d’intermèdes chorégraphiques de leur cru, pas mal non plus !

Donc même si la philo ne vous parle pas trop, n’hésitez pas à suivre Jean-Louis et Hervé.


Anne Delaleu
18 avril 2018






dimanche 15 avril 2018

Choisir de vivre - M. Daudet - Studio Hébertot

Studio Hébertot jusqu'au 15 avril


Choisir de vivre

D’après le roman de Mathilde Daudet


Adaptation et mise en scène Franck Berthier
photos Mathilde Daudet


Daudet, joli nom empreint de souvenirs d’enfance, lavande, moulin, élixir, petite chèvre…

La famille Daudet, comme dans toutes les familles, aura son lot de drames, énigmes, non-dits, mariage et divorce.

Thierry est né en 1950, le poids du nom est lourd à porter, mais aussi son « enveloppe », il se sent femme, aime se travestir. Plus tard deux mariages, quatre enfants, et surtout grand reporter, il suit les grands conflits, vit les horreurs des guerres, avec courage, et se retrouve affublé du surnom de « Rambo » ! Le courage n’a pas de sexe… et la petite robe suit dans les bagages de Thierry.
En 2010, et c’est ainsi que débute la pièce, hôpital de Bangkok, dans quelques heures, il accepte le destin, mourir en salle d’opération ou devenir ce qu’il est depuis la naissance, une femme. Cette Mathilde qui est en lui, avec qui il dialogue depuis des années. Enfin, il a eu le feu vert de son psy et part à Bangkok avec les encouragements et le soutien de sa dernière compagne.

Mathilde est née et Thierry disparu. Pas facile de faire accepter son choix de vie, par son entourage d’abord, elle réalise soudain que ses enfants ne vont pas l’accepter, la haïr peut-être. Il n’en sera rien, l’amour sera le plus fort.


Nathalie Mann, interprète brillamment ce rôle, sans caricatures, elle souffre, elle hurle, et parfois, mutine s’amuse des réflexions des hommes lorsqu’elle est vêtue en femme. Drôle aussi, lorsque Thierry décide de s’acheter une petite robe Courrèges, conseils de la vendeuse qui ne se doute de rien ! Et les circuits administratifs pas simples non plus.

Une belle histoire, mis en scène avec délicatesse, sans pathos, et une Nathalie Mann au sommet.

Anne Delaleu
15 avril 2018

jeudi 12 avril 2018

Les bords du monde - Epée de Bois


jeudi au samedi 20h30
samedi et dimanche 16h
jusqu'au 22 avril
Site du théâtre ICI

Les bords du monde

Brésil - Syrie - Haïti - Togo - Maroc - France


Dramaturgie et Mise en scène Laurent Poncelet

Avec Gabriela Cantalupo, Tamires Da Silva, Abdelhaq El Mous, Zakariae Heddouchi,
Marcio Luiz, Ahmad Malas, Mohamad Malas, Kokou Mawuenyegan Dzossou,
Lindia Pierre Louis, Lucas Pixote, Germano Santana, Clécio Santos, Sodjiné Sodetodji


Ils sont jeunes, dynamiques, énergiques, leurs corps se balancent, se jettent dans le vide, ils s’échappent, de quoi, de qui ? d’une vie de misère, d’un conflit armé, pas faciles de vivre sa jeunesse dans ses conditions.

Liberté de paroles, de pouvoir se balader sans craindre les réflexions sexistes. Alors ils dansent, ils parlent aussi dans leur langue, en essayant – pas trop – de convaincre l’autre. Pas besoin de grandes phrases pour rire et s’amuser. Mais toujours sur la défensive.

Beauté des mouvements, des corps, des expressions, au son des percussions, des chants.

Une jeunesse en révolte qui parle au cœur d’autres jeunes.


Anne Delaleu
12 avril 2018

mardi 10 avril 2018

Le Cid - P. Corneille - théâtre des Quartiers d'Ivry



mardi, mercredi, vendredi 20h - jeudi 19h
samedi 18h, dimanche 16h
durée 2h15
Site du théâtre ICI

Le Cid

Pierre Corneille

Mise en scène Yves Beaunesne

Eric Challier, Thomas Condemine, Jean-Claude Drouot, Eva Hernandez, Antoine Laudet, Fabienne Lucchetti, Maximin Marchand, Julien Roy, Marine Sylf, Zoé Schellenberg

Chimène et Rodrigue s’aiment et leur union est bénie par leurs pères. Hélas le Comte de Gormas, père de Chimène, convoitait la place de précepteur du prince, Don Diègue père du jeune homme, est préféré par le roi. Don Diègue rappelle au Comte que leurs enfants vont s’unir, que l’amour surpassera le dépit, mais rien n’y fait, la jalousie est trop forte.

Gifle, vieillesse ennemie, Rodrigue vengera l’honneur bafoué de la famille dans le sang du père de son aimée.

L’infante de Castille, semble bien exaltée, n’agit pas comme le devrait une femme de son rang, elle est amoureuse de Rodrigue et sait bien que cet amour ne sera pas béni. Elle est agitée, se pare de voiles, danse, chante (Superbe Marine Sylf elle chante divinement !).

J’ai aimé l’idée de voir un Rodrigue, non pas conquérant, mais dévasté par son duel, et revenant de guerre, meurtri et couvert de sang. Thomas Condemine, n’est pas un héros, mais un jeune homme qui ne craint pas d’ailleurs d’affronter son roi, infirme, Julien Roy fait une étonnante composition !

La mise en scène, la création musicale, le décor et les somptueux costumes, nous entraînent dans un livre d’images, les comédiens donnent vie et chair au texte, Jean-Claude Drouot est un Don Diègue meurtri mais revanchard, regrettant aussi d’avoir poussé son fils à la vengeance. Le thème est toujours d’une cruelle actualité, l’honneur, donner sa vie pour la patrie, pour une personne.

Eric Challier est un Don Gomès, plein de suffisance et de morgue, Zoé Schellenberg est Chimène, toute en contradiction, Antoine Laudet apporte la fraîcheur de son jeu, Maximin Marchand est un merveilleux contre-ténor, Eva Hernandez et Fabienne Lucchetti ne sont pas en reste et défendent avec brio leurs maîtresses.

C’est un long poème auquel nous convie Yves Beaunesne, avec chants qui ponctuent le récit et les changements de scène.


A voir et admirer à Ivry et en tournée !

Anne Delaleu
10 avril 2018

samedi 31 mars 2018

Barbara amoureuse - C. Montier - théâtre Essaïon



jusqu'au 28 avril
jeudis, vendredis et samedis 21h30
salle cabaret 1h10
site du théâtre ICI

Barbara amoureuse

Caroline Montier

Collaboration artistique Caroline Loeb


Caroline Montier, je m’en souviens, elle faisait partie d’un trio de chanteuses acidulées et glamour « les Swinging Poules » c’était à Avignon en 2014 et j’en garde un très bon souvenir.

Cette fois, Caroline redevient sérieuse, enfin pas trop heureusement ! Elle interprète Barbara la longue dame brune, et raconte avec humour qu’on lui a rebattu les oreilles avec « tu ressembles à Barbara, tu devrais chanter ses chansons », certes il y a un peu de ressemblance, quoique Caroline soit plus fine, mais elle a aussi beaucoup de talent.

Aidée par une autre Caroline, elle compose ce spectacle d’anecdotes, de sourires, elle chante fort bien et n’essaie pas de faire une imitation. C’est donc avec plaisir que nous écoutons le thème choisi : l’amour.

Barbara était une amoureuse, par peur sans doute d’être abandonnée, elle préférait « jeter » ses hommes quand elle ne les aimait plus. Elle pouvait être dure, intransigeante, de mauvaise foi, mais aussi d’une grande tendresse, tout est dit dans le texte de ses chansons. Chansons d’amour de femme.

Avec Caroline nous retournons donc à l’Ecluse et les débuts de Barbara, chanteuse-pianiste. Difficile de faire un choix dans ce répertoire si riche.


Un beau et doux moment de tendresse et d’amour à savourer avec Caroline Montier.


Anne Delaleu
31 mars 2018

Le plaisir de rompre - Le pain de ménage - J. Renard - A la Folie Théâtre



jusqu'au 1er juin
vendredis et samedis 19h30
durée 1h15
site du théâtre ICI

Le plaisir de rompre
Le pain de ménage

Jules Renard

Mise en scène Joël Coté

Le plaisir de rompre.

Blanche s’apprête, elle se maquille, se regarde dans le miroir, elle attend Maurice, son amant, ils se voient pour la dernière fois. Maurice fait un mariage de convenance, il se moque un peu de sa fiancée, qu’il appelle « la petite », Blanche doit se marier elle aussi, elle préfère sa sécurité à l’amour fou. Elle lui rend ses lettres, lui fait comprendre qu’il lui doit son « éducation », d’un jeune homme un peu frustre, elle en a fait un homme élégant. Mais ce bavardage courtois cache pour l’un comme pour l’autre l’amour déçu.

Le pain de ménage

Pierre, un peu éméché, c’est le soir, la fête est finie, Marthe prend elle aussi un dernier verre, ils rient tous deux, un peu trop. Son mari est parti se coucher, la femme de Pierre est restée au chevet de leur fille.
Marthe pousse Pierre à se dévoiler, a-t-il déjà trompé sa femme ? Il pousse les hauts cris en riant, mais en avouant qu’il a parfois des tentations… Marthe est trop sûre d’elle, de son ménage parfait. Pierre parvient à la décontenancer. Elle reprend ses esprits…Pas pour longtemps.
Mise en scène moderne, chanson d’amour ou de désamour, Hélène Phénix et Morad Tacherifet interprètent avec sincérité et réalisme, la passion, les espoirs déçus. 

Un spectacle fin que je recommande.

Deux textes subtils, autobiographiques, Jules Renard se souvient de sa rupture douloureuse et écrit en 1897 « Le plaisir de rompre » ainsi que « Le pain de ménage » écrit en 1898.


Anne Delaleu
31 mars 2018

mercredi 28 mars 2018

Madame Marguerite - R. Athayde - Poche Montparnasse



jusqu'au 30 mai 
mardi au samedi 19h - dimanche 17h30
durée 1h10 au Petit poche
site du théâtre ICI

Madame Marguerite

Roberto Athayde


Mise en scène Anne Bouvier
Avec Stéphanie Bataille


J’ai 7 ans, je suis assise gentiment sur mon banc, avec les copains et copines, nous attendons la nouvelle institutrice…. Madame Marguerite, entre, elle n’a pas l’air commode, elle nous toise tous, sort des livres de son grand sac, l’air satisfait.

Elle nous demande si on voit tous bien, pour en être sûre, elle inscrit le mot CUL sur le tableau, ouh là ! Madame Marguerite parle d’elle à la troisième personne, on dirait qu’elle a peur de dire « je », elle nous dispute, s’imagine que nous sommes tous des obsédés sexuels… Son problème ? Elle demande toujours si quelqu’un s’appelle « messie », « Jésus » ou encore « St Esprit », elle s’inquiète, s’énerve, se prend la tête, elle semble souffrir. Je suis dans mes petits souliers pourvu qu’elle ne m’interroge pas !

La voilà qui monte sur son bureau, fait des acrobaties, elle est souple, en apesanteur. Elle nous dit aussi que nous allons tous mourir, et nous demande de faire une rédaction sur notre enterrement…  et puis elle nous met en garde contre les substances illicites, la drogue. Décidément je n’aime pas la biologie.

Pour Madame Marguerite, de toutes façons on ne sait rien, on n’apprend pas vite, on va se faire avoir si on ne sait pas lire, si on ne compte pas bien…

Stéphanie Bataille est une redoutable institutrice, sous des apparences violentes, elle a une fragilité en elle, on ressort de la classe chamboulés par son « message », sa leçon de vie.


Merci maîtresse !

Anne Delaleu
28 mars 2018

samedi 24 mars 2018

Lettres à Elise - Jean-François Viot - théâtre de l'Atalante



les lundis, mercredis, vendredis à 20h30 les jeudis et samedis à 19h les dimanches à 17h
jusqu'au 14 avril 
site du théâtre ICI 

Lettres à Elise

Jean-François Viot


Mise en scène Yves Beaunesne
Avec Lou Chauvain et Elie Triffault

Un jeune homme feuillette un album de famille, des livres sur la Grande Guerre sont éparpillés près de lui. Un journal tombe de l’album, ce sont les lettres que Jean écrivait à sa femme Elise…

1914, Jean Martin, part à la guerre, il espère revenir au plus tôt, il est instituteur, marié et père de famille. Il retrouve ses copains de régiment à la caserne. Pour ne pas oublier, pour rester toujours en contact, pour survivre, il écrira quotidiennement à Elise, les histoires de camarades, les tranchées, mais aussi l’amitié et la rigolade parfois. Elise quant à elle, lui apprend qu’un troisième enfant va bientôt arriver… Il espère que ce sera une fille, au moins on ne l’enverra pas à la guerre !


Elise, lui parle du quotidien, de la survie, de l’égoïsme des uns, la vie continue et les femmes sont capables de reprendre les métiers tenus par les hommes. Quatre longues années, et enfin une permission !

Une belle histoire d’amour, petites histoires dans la grande Histoire, Lou Chauvain et Elie Triffault tiennent leurs rôles avec naturel.

Un spectacle à voir pour ne pas oublier le sacrifice de nos grands-parents, en ces temps de commémoration.


Anne Delaleu
24 mars 2018

vendredi 23 mars 2018

La révolte - Villiers de l'Isle-Adam- théâtre de Poche


mardi au samedi 21 h - dimanche 15h
Site du théâtre ICI 
durée 1h10

La révolte

De Auguste De Villiers De L’isle-Adam

 
Mise en scène Charles Tordjman

Un décor sobre, un long bureau, une jeune femme écrit, l’homme à ses côtés est son mari Félix, banquier de son état. Ils ont une petite fille. Félix complimente Elisabeth, il met en avant ses qualités de comptable, elle a triplé sa fortune, c’est une épouse économe - elle n’est pas coquette - et c’est une bonne mère.
Elisabeth écoute, puis demande la parole, Elle a fait le bilan de sa vie, il n’est pas brillant. Alors commence un long monologue, elle règle ses comptes au sens propre et au figuré. Comme une enfant docile elle a obéi à ses parents, a accepté sans amour le mariage avec Félix. Celui-ci est interloqué, il lui conseille de se reposer, tout ira mieux demain !
Non il n’a pas compris, « j’étouffe ! » lui dit-elle, elle veut vivre, il lui propose « quelques jours à la campagne ! ». Il est choqué, coincé dans ces principes bourgeois, il avait pourtant insisté pour qu’ils aient une vie mondaine - sans excès - et sa critique contre le théâtre qui ne serait pas du simple divertissement est ahurissante.
Elisabeth partira, quelques heures, la liberté n’est pas si simple à vivre, et elle découvrira Félix abattu, mais se ressaisissant. Et surtout, elle pense à sa fille et à son éducation pour survivre dans ce monde patriarcal.
Julie-Marie Parmentier donne toute sa force et son émotion a Elisabeth, Olivier Cruveiller est tout à fait crédible dans le rôle de cet homme, confronté à une révolte à laquelle il ne pensait même pas !
Cette pièce a été créée en mai 1870  au théâtre du Vaudeville, elle a choqué les esprits, et la France allait basculer, quelques mois plus tard, dans la guerre avec l’Allemagne.
Anne Delaleu
23 mars 2018

mercredi 21 mars 2018

1000 frs de récompense - V.Hugo - théâtre de l'Aquarium


mardi au samedi 20h - dimanche 16h
jusqu'au 8 avril
durée 1h50

Mille francs de récompense

Victor Hugo


Mise en scène Kheireddine Lardjam

Avec Maxime Atmani, Azeddine Benamara, Romaric Bourgeois, Linda Chaïb, Samuel Churin, Étienne Durot, Aïda Hamri, Cédric Veschambre


Une jeune fille et sa famille sont les proies du banquier Rousseline, les huissiers à leur porte, le banquier offre son cœur, son argent, sa situation à la charmante Cyprienne, et tout sera résolu. Celle-ci le repousse au grand désarroi d’Etiennette sa mère. Ce qu’elles ignorent, c’est que Glapieu veille sur tout ce petit monde, c’est un repris de justice, sympathique, style Robin des bois ou Arsène Lupin. Cyprienne est éprise d’Edgar, caissier à la banque et surtout joueur impénitent !

De cette pièce peu connue de Victor Hugo, intéressante par le propos, que peut-on retenir ? Le message anti-banquier, anti-financier, anti-tout, se dilue trop dans le « carnavalesque »,  On ne l’entend plus guère tant le parti pris de fanfaronner est omniprésent. Trop de musique, de sono, de mimiques.



L’huissier et sa guitare électrique, le numéro « Grande Eugène » de Rousseline et de Pontresme, oui l’avocat aime les tripots. On a du mal à suivre.

Dommage, les comédiens sont dynamiques, que ce soit Linda Chaïb en mère fofolle, et Aïda Hamri, jeune fille versant dans le gothique mais déterminée à ne pas se laisser faire, Maxime Atmami amusant Glapieu, Azeddine Benamara que j’aurai vu moins guignolesque.

 A voir pour se faire son opinion !



Anne Delaleu
22 mars 2018


L'affaire Courteline - Lucernaire


Jusqu'au 6 mai
du mardi au samedi 19h - dimanche 16h
durée 1h20 - salle rouge
site du théâtre ICI

L’AFFAIRE COURTELINE

SEPT PIÈCES COURTES DE GEORGES COURTELINE


Mise en scène Bertrand Mounier

Avec Isabelle De Botton, Salomé Villiers ou Raphaëlle Lemann, Étienne Launay, Pierre Hélie, Philippe Perrussel, Bertrand Mounier ou François Nambot


Georges Moineau plus connu sous le pseudonyme de Courteline, a brossé dans son théâtre, un portrait au vitriol de ses contemporains. Il a épinglé les militaires, les fonctionnaires (dont il a fait partie), les habitués de bistrot, les couples, les enfants !

Bertrand Mounier a donc mitonné un spectacle fort drôle, genre cabaret avec chansons entre saynètes, changement d’accessoires et de costumes au vu du public.

On découvre tout l’univers de Courteline, et ses personnages, on a de la sympathie pour eux. Il y a la mère abusive, et ses conseils pas très avisés, mais elle a si peur de faire rater les fiançailles de son Sigismond !
Et puis le mari pleutre mais bien décidé à en découdre avec un officier qui aurait courtisé son épouse, c’est un lâche, qui préfère flanquer la bonne et le chat à la porte, pour prouver qu’il est un homme.
Ce cher M. Badin, ses histoires de santé, de famille, essayez seulement de vous adresser comme il le fait à votre directeur, vous m’en direz des nouvelles !
Les méfaits de l’alcool et les relations maître et domestique, Chichinette et sa bonne.
Les affaires judiciaires, avec un mari cocu et pas content, les Champignons deviennent vite vénéneux… et les déboires de Gabrielle venant pleurer chez son amie Caroline, tout se termine en chansons bien entendu.

Une bonne comédie, une équipe de comédiens épatants et dynamiques.



Courez au Lucernaire et surtout « Amusez-vous, foutez-vous d’tout ! »

Anne Delaleu
21 mars 2018

mardi 20 mars 2018

Une actrice - P. Minyana - théâtre de Poche Montparnasse



Jusqu'au 20 mai
mardi au samedi 21h - dimanche 15h
site du Théâtre Poche Montparnasse ICI
1h15 - Petit poche

Une actrice

Philippe Minyana


Mise en scène Pierre Notte

Avec Judith Magre, Pierre Notte, Marie Notte


La première partie est déroutante, l’actrice nous parle de sa rencontre avec… un dos celui d’André, qu’il soit nu ou couvert d’une veste, elle s’en souvient. Et puis, et puis…

C’est une amie qui nous reçoit, toujours soignée, élégante, un sourire charmeur souligné par son rouge à lèvres, des yeux de chat, Judith parle à bâtons rompus avec Pierre et Marie, mais elle est intransigeante, pas question que Pierre écrive un livre sur elle !

Et pourtant, que de rencontres passionnantes elle a eu, sans le savoir ou le vouloir vraiment, amie de Sartre et Beauvoir, Giacometti, Céline, son charisme y est pour beaucoup. Ses débuts sur scène morte de trac, mais sachant le nez par terre, qu’elle serait actrice, au théâtre ou au cinéma.

Salon pas mondain du tout, mais sympathique, joyeuse et rieuse discussion avec Pierre, Marie interprétant des couplets à la grande joie de Judith, qui parle de ses amours enfin discrète quand même, de ses parents et de sa nombreuse fratrie.


Une heure et quart en bonne compagnie !

Anne Delaleu
20 mars 2018

samedi 17 mars 2018

Un mois à la campagne - I. Tourgueniev - théâtre Dejazet


lundi au samedi 20h30
durée 2 heures
jusqu'au 28 avril
site du théâtre ICI

Un mois à la campagne

Ivan Tourgueniev

Avec Nicolas Avinée, Jean-Claude Bolle-Reddat, Laurence Côte, Catherine Ferran, Philippe Fretun, Anouk Grinberg, India Hair, Micha Lescot, Guillaume Lévêque.

Mise en scène Alain Françon

Dans le beau théâtre Dejazet, dans lequel a été tourné mon film culte « les enfants du Paradis », se joue actuellement « Un mois à la campagne », Tourgueniev a écrit cette pièce en 1850.

Natalia Petrovna, mariée à un brave homme Arkady Islaïev, ils ont un petit garçon de dix ans Kolia. La campagne est belle, douce, mais l’orage gronde. Natalia s’ennuie, peur de vieillir ? Peur de ne pas connaître le véritable amour ? Il y a de tout cela. Et le jeune Belaiev jeune précepteur de Kolia, sera le déclencheur.

Belaiev est heureux de passer ce mois à la campagne, il vient d’un milieu pauvre, comme Vera, la pupille de Natalia. La jeune fille orpheline, tombe vite amoureuse du jeune homme. Les sentiments sont-ils partagés ?

Et puis l’élégant Rakitine, meilleur ami d’Arkady, il est le confident de Natalia, est-il un peu plus qu’un ami… la mère d’Arkady n’aime pas ce personnage. Catherine Ferran est une impeccable et redoutable Anna pour affronter le fringant Micha Lescot.  

Un bel été à la campagne ? Pas vraiment, tout le monde s’ennuie, malgré les jeux, malgré les rires.

La charmante Véra sera demandée en mariage par un ami du docteur, un vieux célibataire timide, gauche, dont on pressent qu’elle ne fera qu’une bouchée. Natalia dans un jeu subtil et cruel, parviendra à lui faire avouer ses véritables sentiments. Oui, son cœur bat pour le jeune Belaiev, mais elle ne s’attendait pas à la réaction de Natalia. Beau duo d’Anouk Grinberg et India Hair, la scène que toute comédienne souhaite jouer !

Sentiments confus, amours déçus, non partagés. Certains s’en tireront mieux que d’autres, Lizaveta est courtisée par le docteur, elle n’est pas insensible au statut de femme de médecin. Belaiev pensait s’élever de sa condition, en acceptant le poste de précepteur. Il sera traité comme moins que rien. Une belle composition de Nicolas Avinée.


La mise en scène d’Alain Françon nous fait redécouvrir ce texte, à savourer lentement. Une direction d’acteurs parfaite.

Anne Delaleu
17 mars 2018

vendredi 16 mars 2018

Hamlet - Shakespeare - Théâtre 14


mardi, vendredi et samedi 20h30
mercredi et jeudi 19h - matinée samedi 16h
durée 2h30 (sans entracte)
jusqu'au 21 avril

site du Théâtre 14 ICI

Hamlet

William Shakespeare



Traduction et adaptation Xavier Lemaire et Camilla Barnes
Mise en scène Xavier Lemaire

Avec Grégori Baquet, Christophe Charrier, Pia Chavanis, Julie Delaurenti, Olivier Deniset, Laurent Muzy, Didier Niverd, Manuel Olinger, Stéphane Ronchevski, Ludovic Thievon, Philippe Weissert


« Être ou ne pas être, voilà la question », phrase célèbre, même si on ne connaît pas bien la pièce.

Pour cette nouvelle mise en scène de l’œuvre, je dirai « Il y a quelque chose de déjanté à la cour du Danemark ! ».

En effet, Grégori Baquet n’est pas le prince éthéré, que l’on pourrait attendre, il confirme de toutes façons que c’est un grand comédien. Son Hamlet est un chien fou, on ne sait pas trop à quel moment il est sincère ou  non, il est  « rock and roll », parfois son attitude change, il devient plus sombre.

Comme souvent chez le grand Will, c’est le théâtre dans le théâtre, prenons exemple avec la scène des comédiens (brandissant un Molière !), la pièce demandée et réécrite par Hamlet, se transforme en opéra-rock, le chanteur travesti en femme, rappelle que les hommes jouaient les rôles féminins.

Ophélie, pauvre enfant, la seule âme sincère, qui perdra la raison. Son père, Polonius, pantin, courtisan. Gertrude et Claudius les amants maudits, s’aiment de toute leur âme, mais Gertrude saura redevenir mère le moment venu. Rosencrantz et Guildenstern deux messagers fantoches, la Cour d’Elseneur n’est pas bien brillante. Il y a vraiment quelque chose de pourri.

Le fantôme du roi assassiné, hante le château, les bandelettes de son linceul pendent. Il exige la vengeance.


Une intéressante adaptation de l’œuvre, originale en tous points et bien interprétée.

Anne Delaleu
16 mars 2018