jeudi 15 février 2018

Le laureat - C. Webb - théâtre Montparnasse

mardi au samedi 20h30
samedi 17h30 - dimanche 15h30
durée 1h40
site du théâtre Montparnasse ICI


Le Lauréat
Charles Webb

Adaptation Terry Johnson - version française Christopher Thompson

Mise en scène de Stéphane Cottin

Anne Parillaud, Arthur Fenwick, Marc Fayet, Françoise Lépine, Jean-Michel Lahmi, Adèle Bernier

“Le lauréat” c’est Ben Braddcock, fraîchement diplômé, pour le récompenser ses parents lui ont offert une combinaison de plongée, et c’est ainsi vêtu qu’il doit descendre de sa chambre, rejoindre les invités. Ben est bien pensif assis sur le rebord de son lit, il décide de ne pas se joindre à la party, d’ailleurs il déteste tous les amis de ses parents !


Mais voilà que Mrs Robinson entre sans façon dans la chambre du jeune homme, c’est une alcoolique mondaine pas du tout anonyme, beaucoup de charme mais le visage fermé, aucune émotion ne semble l’atteindre. Elle et son mari, sont amis de longue date avec les Braddcock, elle connaît Ben depuis qu’il est petit.

Cupidon a-t-il un coup dans l’aile ? Ben et la charmante fille des Robinson vont tomber amoureux l’un de l’autre… et les ennuis commencent.

Le thème de cette pièce, était sulfureux dans les années 60 aux USA, sexe, alcool, infidélité, rien de romantique, c’était la nouvelle vague hollywoodienne. Qu’en reste-t-il de nos jours, les tubes des années 60, on entend les premières notes de guitare pour le célébrissime “Mrs Robinson”, le décor est superbe, conçu pour découvrir les différentes scènes, qui se déroulent chez Ben, à l’hôtel etc. Quant à la distribution, Anne Parillaud a du mal à projeter sa voix et à s’imposer, Arthur Fenwick est convaincant. Les autres comédiens sont biens dans leurs rôles.


Anne Delaleu
15 février 2018

mardi 13 février 2018

Mademoiselle Julie - Strindberg - Poche Montparnasse


mardi au samedi 21h - dimanche 15 h
durée 1h40 - Petit Poche
site du théâtre ICI


Mademoiselle Julie
Auguste Strindberg

Mise en scène Nils Öhlund

avec Jessica Vedel - Carolina Pecheny - Nils Öhlund

Une femme de dos, elle est penchée sur ce qu’il semble être un évier et lave ses verres. Jean entre dans la pièce, il est furieux contre la fille du comte, Mademoiselle Julie, elle ne sait pas se tenir, elle s’est invitée au bal des domestiques et a obligé le palefrenier à danser avec elle.

Kristin et Jean discutent de leurs maîtres, et surtout de leur avenir, si la jeune femme est du même avis que Jean sur leurs patrons, elle subit sans rechigner, mais chacun doit rester à sa place. Jean semble vouloir s’élever et se dispute avec sa fiancée.

Mademoiselle Julie, corsage échancré, jupe bouffante et escarpins dorés, cherche Jean jusque dans la cuisine, elle ne doute de rien, un orgueil démesuré, elle semble diriger toute sa vie.

Kristin épuisée, s’endort, puis disparait dans sa chambre, elle ne s’aperçoit de rien. Jean tente vainement de résister à la fille du comte, mais est-il sincère ? Julie pense mener la danse, elle va se brûler les ailes, et n’aura qu’une alternative à sa faiblesse d’une nuit.

J’ai aimé le jeu des acteurs, Nils Öhlund tire son personnage vers le cynisme, Jean veut surtout s’élever quitte à écraser les autres, Jessica Vedel est une troublante Julie, émouvante et fragile, Carolina Pecheny est Kristin qui a les pieds sur terre, et se rend compte de tout ce qui se passe. 

Une large table, des chaises et des tabourets en bois, scénographie bifrontale qui permet au public de participer, de pénétrer dans l’histoire. Par contre, verser du “vide” dans les verres, faire semblant de, pourquoi ne pas remplir vraiment les bouteilles ?

Oui la nuit de la St Jean provoque bien des émotions au Poche Montparnasse !

Anne Delaleu
13 février 2018




dimanche 11 février 2018

Le marchand de Venise - Shakespeare - Lucernaire




mardi au samedi 20h - dimanche 17h
durée 1h15
salle noire
site du théâtre ICI

Le marchand de Venise
William Shakespeare

Adaptation et mise en scène Ned Grujic
Thomas Marceul ou Cédric Révollon, Julia Picquet ou Léa Dubreucq, Rémy Rutovic, Antoine Théry.


Quatre comédiens pour plusieurs rôles et comme au temps Élisabéthain les personnages féminins sont tenus par des hommes et l’inverse aussi.

Le décor, Venise en miniature couleur rouge, ses ponts et l’eau qui coule tranquille alors que le récit des aventures de Shylock, Antonio, Bassanio et son aimée Portia, va provoquer un véritable séisme.

Shylock l’usurier juif, n’a que haine pour le marchand Antonio, il lui prête cependant 3000 ducats pour son ami Bassanio, vrai panier-percé, jeune et insouciant. Hélas, rien ne se passera comme prévu, Antonio est ruiné et ne peut rembourser sa dette, Shylock réclamera son dû, soit une livre de chair qu’il est prêt à prélever sur le corps d’Antonio, comme stipulé dans le contrat en bonne et due forme.

Quant à la belle Portia, elle doit prendre mari, et propose une épreuve à ses soupirants, fort heureusement Bassanio remporte haut la main et devient l’heureux époux. Mais le jeune homme apprend l’emprisonnement de son ami et court à Venise empêcher la vengeance de Shylock.

L’usurier a tant subi d’humiliations, que sa haine est plus forte, d’autant plus que sa propre fille, l’a trahi en s’enfuyant avec un chrétien et en emportant l’argent !

Dans cette oeuvre, personne n’est épargné. Où se trouve la liberté d’aimer ? comment vivre avec les autres quelle que soit la religion ? voilà les questions toujours actuelles, et l’argent toujours l’argent...

L’univers de Ned Grujic est toujours créatif, il le démontre à nouveau ici. Jeunesse de la distribution, clins d’oeil, gaité du Carnaval, mais en dessous, bassesse, rivalités, sans oublier le langage cru et sans détour de Shakespeare. Une belle réussite !

Anne Delaleu
11 février 2018

samedi 10 février 2018

Guérisseur - B. Friel - Lucernaire





du mardi au samedi 19h
durée 1h25
salle Paradis
site du théâtre ICI
Guérisseur
Brian Friel (1929-2015)

Mise en scène Benoit Lavigne

avec Xavier Gallais (ou Thomas Durand), Bérangère Gallot, Hervé Jouval

“Le fantastique Francis Hardy, guérisseur, ce soir seulement”

Francis Hardy est guérisseur, enfin il se fait passer pour tel. Parfois ça marche, persuasion ? vrai don ?

On a l’impression qu’il psalmodie… non, il répète en boucle les noms des villages qui vont disparaître, le simple fait de prononcer leurs noms, les fait revivre dans son esprit. Il nous parle de son imprésario Teddy qui vient tout droit du show biz et qui espère remplir ses poches, il y a aussi Gracie sa femme, qui s’occupe de lui. Quant à son père, ce dernier lui aurait reproché de venir tardivement au chevet de sa mère.

Enfin, nous avons la version de Grace, celle-ci a quitté une profession et un milieu aisé pour suivre l’homme qu’elle aime. Elle parle aussi de l’enfant mort-né et des “guérisons”, surtout on ressent tout l’amour qu’elle a pour Francis.

Teddy a son tour, parle de Francis et Grace, il les aime sincèrement et surtout Gracie, quand elle a perdu son bébé, et que Francis les avait laissés seuls.

les trois monologues ne se recoupent pas, enfin à peu près pour les récits de Teddy et Grace, mais qui ment ? Francis préfère sa vérité, l’autre est trop insupportable. La fin de Francis aussi sera insupportable.

Le texte est ardu, mais porté par trois comédiens exceptionnels.

Brian Friel surnommé “le Tchekhov irlandais” était dramaturge, metteur en scène et homme politique. De nombreuses pièces ont été montées en France dont “Molly S”, et “Danser à la Lughnasa”.

Anne Delaleu
10 février 2018

Les inséparables - théâtre Hébertot



mercredi au samedi 21h - samedi 16h30 et dimanche 16h
durée 1h30
site du théâtre ICI
photos de scène Bernard Richebé

Les inséparables
Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie

Mise en scène Ladislas Chollat

Avec Didier Bourdon, Valérie Karsenti, Thierry Fremont, Pierre-Yves Bon, Elise Diamant

De nos jours, un homme à sa fenêtre, songeur, il a hérité d’un magnifique duplex à Montparnasse, quartier des artistes, il est peintre. Maxime son galériste est inquiet et il en parle à Abel le fils de Gabriel. Plus de créations, c’est le flou artistique, ses dernières expositions remontent à quatre ans. L’inspiration n’est plus là.


Abel lui est dans la finance, il revient des Etats Unis, il fait une belle carrière, n’a pas vu son père depuis deux ans. Gabriel n’est pas plus enchanté que ça de voir son grand fils, il envoie promener le pauvre Maxime qui fait ce qu’il peut en pensant bien faire !


Ils inspectent l’appartement, une armoire leur cause bien des problèmes, ce sera la boite de Pandore lorsqu’ils découvriront lettres, boites de peinture, tout l’attirail du peintre Sacha.


Autre façade du décor, on est à présent dans les années 60, Sacha les yeux bandés avec la cravate de Samuel, entre dans l’appartement, il est banquier, et il est tombé amoureux de cette fascinante artiste russe, il l’aime et lui offre ce beau duplex à Montparnasse. Il est marié, sa grande fille Raphaelle a un enfant, on ne sait pas qui est le père. Quant à l’épouse, elle est souffrante psychologiquement et Samuel s’en occupe comme il peut.


L’histoire est touchante, l’amour partagé, l’incompréhension entre les générations, la transmission, les secrets de famille qui pourrissent.


Didier Bourdon montre sa fragilité, sa douceur, qu’il soit Gabriel ou Samuel, Thierry Fremont est comme toujours excellent, Valérie Karsenty démontre une fois de plus sa “palette” de sentiments avec un léger accent russe, PIerre-Yves Bon et Elise Diamant quant à eux ne sont pas en reste et seront les “liens” entre les deux époques.


Un décor tournant comme un carrousel, superbe duplex, avec vue sur la rue et les variations de temps et de saisons à travers la verriere, c’est intelligemment conçu.

Un peu lent à démarrer cependant, mais l’histoire est belle, et les comédiens sont parfois à l’opposé de ce qu’ils ont l’habitude de jouer. On rit, on est émus, une belle pièce à savourer.

Anne Delaleu
10 février 2018