jeudi 28 mai 2015

Cyrano de Bergerac - Rostand - théâtre 14



Adaptation, mise en scène et costumes Henri Lazarini

Avec Benoit Solès, Emmanuel Dechartre, Clara Huet, Vladimir Perrin, Michel Melki, Ḗmeric Marchand, Lydia Nicaud ou Christine Corteggiano, Anne-Sophie Liban, Michel Baladi, Pierre-Thomas Jourdan, Julien Noïn, Jean-Jacques Cordival, et Geneviève Casile.

photo LOT
1897, Rostand à son bureau, sous le portrait de Sarah Bernhard, à côté de lui un masque, un nez. Il écoute « Au clair de la lune » sur son phonographe et lance les premières phrases de sa nouvelle pièce, le voilà qui se transforme en Cyrano, participe à la pièce, parmi les comédiens vêtus 17ème siècle. Edmond sans artifice, affublé de son nez, « vit » sa comédie et joue avec ses personnages.

photo LOT / B. Solès

Cyrano est une pièce chère à notre cœur, une belle histoire d’amour, de panache, d’humanité. C’est aujourd’hui encore grâce à Henri Lazarini, une redécouverte, une mise en scène inventive, colorée, des costumes superbes (ah la robe de Roxane au siège d’Arras !), des comédiens hors pair et heureux de s’investir dans leurs rôles. Clin d’œil aussi à Méliès et à son « Voyage dans la lune », que d’ingéniosité !

photo LOT / E. Dechartre - Clara Huet
Mais il est important de souligner, le Cyrano/Edmond de Benoît Solès, humain, drôle, touchant, et sa Roxane, Clara Huet, distinguée, belle présence sur scène, donne du panache à son personnage, intelligente et rusée.

Photo LOT
Photo LOT

Le Ragueneau de Michel Melki, brave homme, humain, protecteur de son ami, amoureux et gourmand des rimes et des tartelettes ! Emmanuel Dechartre ne force pas le trait pour de Guiche, sûr de lui et de sa naissance, tout lui étant dû, il redevient humain.

Photo LOT / B.Solès - M. Melki
photo LOT / C. Huet - V. Perrin
Christian, si beau mais subtil puisqu’il découvre l’amour de Cyrano pour Roxane, rôle difficile et que joue avec charme Vladimir Perrin. On pardonnera bien vite l’amputation de la tirade des cadets au siège d’Arras.

photo LOT / C. Huet
Geneviève Casile, a du mal à maîtriser son émotion, lors de son dernier rendez-vous avec « son » Cyrano, une belle idée.

Une magnifique fin de saison, pleine de panache au théâtre 14.

Bonne route Cyrano !

mardi 26 mai 2015

Une famille aimante mérite de faire un vrai repas - Aminthe - théâtre du Lucernaire



Mise en scène Dimitri Klockenbring

Voici Victor, le père, chômeur mais vraie fée du logis, il astique, il traque la poussière, ne supporte pas la moindre auréole, c’est bien tout ce qu’il sait faire !

Sa femme Barbara, reine du Xanax et du Lexomil réunis, pas réfractaire au bon vin et aux alcools forts.
co théâtre de l'homme

Leur fille de 16 ans, Justine, boudeuse, dodue et mini short, se rend bien compte de l’atmosphère de la maison, mais pense surtout à sa retraite, elle en est pourtant bien loin…

co théâtre de l'homme

Quant au fils, Gabriel 14 ans, il est scotché devant ses jeux vidéos, parfois pourtant il regarde les infos, et les printemps arabes le libèrent de sa « prison ».

La fille aînée est partie, comme dit la mère, « elle a une famille aimante maintenant ». Les deux ados se révoltent un moment, mais finissent par rester, et passer du salon à la cuisine, lieu saint du père, et à la chambre de Gabriel, qui commençait à faire son baluchon.

La mère pourtant leur a concocté un bon repas pour ce soir, il est n’est pas « fait maison » mais bon…

« Qui trop embrasse mal étreint », ce dicton peut parfaitement s’appliquer à la pièce, trop de bisous et de bonheur stéréotypés, quelques répliques amusantes, sur cette comédie grinçante, bien jouée.


« Famille je vous hais » !


Où j'ai laissé mon âme - Ferrari - lecture au théâtre du Lucernaire



« Où j’ai laissé mon âme », Grand prix Poncetton SGDL 2010 ; Prix France Télévisions 2010 ; Prix Initiales 2011 ; Prix Larbaud 2011.

Lecture au Lucernaire

Adaptation et interprétation François Duval


Alger 1957. Le lieutenant Andréani retrouve son compagnon d’armes, le capitaine Degorce, ils ont fait la guerre d’Indochine et maintenant l’Algérie.

Pour avoir des informations sur les attentats, la torture devient le seul moyen, mais si l’un le réprouve et perd son âme, l’autre est pleinement conscient de ses actes, au nom de la loyauté, de la patrie. C’est d’ailleurs le reproche qu’Andréani jette à la figure de Degorce.

Ce texte s’écoute comme une tragédie, c’est un long monologue, qui nous prend aux tripes et au cœur, comment juger les actes des uns et des autres ? Les victimes deviennent des bourreaux, la sale guerre transforme des êtres humains en tortionnaires, ils peuvent avoir la nausée mais ils appliquent le règlement. Ils doivent sauver des vies et en sacrifier d’autres.

Le texte limpide, intense de Jérôme Ferrari, est adapté pour le théâtre par François Duval, comédien rare et d’une grande intensité, il vit et souffre le récit d’Andréani quand il raconte la noce prise au piège, les putains massacrées au bordel, le meurtre du jeune instituteur, certes un texte difficile et prenant, mais une belle écriture et un style.

Cette pièce sera je l’espère un grand moment de théâtre quand elle aura trouvé sa scène parisienne.


Ne pas manquer François Duval à Avignon pour « Vilar notes de service » au théâtre du Roi René !

Challenge théâtre 2015

jeudi 14 mai 2015

Impressions d'un songe - Calderon de la Barca - théâtre du Soleil




Impressions d’un songe
D’après « la vie est un rêve » de Calderon de la Barca

Rosaura habillée en homme et accompagnée de son fidèle valet Clairon, veut retrouver le duc Astolphe qui a rompu sa promesse de mariage. En approchant du château, elle trouvera un malheureux prisonnier Sigismond, fils du roi Basile.



Le roi Basile confie à Astolphe et Etoile, un lourd secret. Il craint que son fils ne devienne un tyran en montant sur le trône, il l’a donc fait enfermer.


Rosaura reprend ses habits de femme et entre au service de la charmante Etoile. Sigismond quant à lui se réveille vêtu comme un prince, hélas il aura vite l’allure et les manières d’un rustre, manquant de respect à son père, n’hésitant pas à prendre de force Rosaura, qui ne devra son salut qu’à Clothalde.


Le fils pardonnera-t-il au père, le peuple voudra-t-il de ce fils comme souverain, quelle est la part du rêve, de la vraie vie. La pièce parle de l’amour contrarié, de l’honneur, de la vengeance, de la trahison, du pouvoir, c’est une grande épopée, un chemin initiatique. On se bat, on croise le fer, on s’aime, on se hait. Il y a de l’humour aussi avec ce pauvre Clairon à qui il arrive bien des soucis…


Le plateau est nu, pas d’accessoires, un rideau au fond mais, quelle originalité dans les costumes, et surtout du dynamisme à revendre !

mardi 12 mai 2015

Le silence de Molière - Macchia - théâtre de l'Ouest Parisien


et pétition pour le maintien du théâtre de l'Ouest Parisien voir ici



Ariane Ascaride et Loïc Mobihan (ainsi que le précieux concours de Michel Bouquet en narrateur)

Mise en scène Marc Paquien

Quel lourd héritage quand on est l’enfant d’un personnage illustre ! Giovanni Macchia (1912-2001) s’est intéressé au destin peu connu de la fille de Molière et d’Armande Béjart.

Madeleine Poquelin née en 1665 (l’année de Don Juan) avait 8 ans lors de la mort de son père, dès lors elle préfèrera être éduquée au couvent, où elle se trouvait plus libre, que dans le milieu artistique familial. Après la mort de Molière, Armande se consola et se remaria assez vite, la petite fille aura donc un demi-frère. Spirituelle, elle répond un jour à Chapelle qui lui demande son âge, « 15 ans et demi mais n’en dites rien à maman ! », difficile d’avoir Armande Béjart comme mère…

Elle n’entendit plus parler non plus de Baron, qu’elle méprisait, il lui volait les rares moments de tendresse de son père, qui le considérait comme un fils, on a dit – rumeurs toujours … - qu’il était plus que ça.

Madeleine a souhaité l’ombre à la lumière, les rumeurs qui lui sont parvenues sur le mariage de ses parents l’ont brisée. Elle n’aura jamais la réponse à la question qui la torture depuis des années, savoir si oui ou non elle est l’enfant de l’inceste. Les rumeurs ne détruisent pas seulement les adultes mais aussi les enfants.

Madeleine a accepté de recevoir un jeune provincial, admirateur de son père, celui-ci ne s’attend pas à tant de rigueur, et voudrait tant savoir sur son idole, d’ailleurs pourquoi Madeleine n’a-t-elle pas voulu continuer dans la lignée familiale, être comédienne ? Elle avait honte d’entendre les rires du public, lorsque son père bégayait ou encore le comédien qui boitait et se faisait maltraiter par Molière sur scène, comme elle était mal à l’aise. Elle raconte au jeune homme que son père lui aurait écrit le rôle de la petite Louison fille du « malade imaginaire », elle a refusé de jouer, incapable d’apprendre le texte, elle a ainsi perdu l’occasion de partager un moment avec son père.

Elle épousera un ancien soupirant plus âgé qu’elle, Claude de Rachel de Montalant, veuf et dèjà père, mais elle n’aura pas d’enfant, ainsi s’éteindra en 1723 la descendance de Molière.

Ariane Ascaride incarne avec force et émotion, cette femme digne et tourmentée.

jeudi 7 mai 2015

George Kaplan - Sonntag - Théâtre La Tempête


Site du théâtre

Georges Kaplan
texte et mise en scène Frédéric Sonntag


avec Alexandre Cardin, Florent Guyot, Lisa Sans, Jérémie Sonntag, Fleur Sulmont


Acte 1 : Devant une caméra le fantôme nous lit son message, à ses côtés Obama, une poule, un sac de papier Kraft, et Scream, leur revendication tourne à la farce, Obama n’arrive pas à lire correctement le papier, normal son « masque » n’a pas les yeux en face des trous. Enfin dévoilés et démasqués, cinq jeunes gens qui se disputent non plus sur le Monde, mais sur le goût du café, de la bière et des chips !

Tout ce petit monde se dispute, qui fait quoi ? qui écrit ou pense ?, ils s’appellent tous George, comme George Kaplan, le personnage énigmatique de « La Mort aux trousses » d’Hitchcock.

Le « complot campagnard » tournera vite en eau de boudin…

co bertrand Faure

Acte 2 : Séance de brainstorming dans un bureau huppé, scénaristes prétentieux, aux idées fumeuses et mille fois rabâchées, avec toujours le même canevas de scénario, mais les « brodeurs » doivent discuter, jeter des idées sur le grand tableau blanc, il y a aussi le dialoguiste dépressif, dont on ne se méfie pas assez. Ils lancent le sujet George Kaplan et forme des histoires farfelues mais qui devraient plaire au plus grand nombre.

co Bertrand Faure

Acte 3 : Sur l’écran, une pièce sordide, on voit un homme torturé, devant lui, impassibles deux personnages, (agents secrets ?), puis peu à peu, d’autres personnes arrivent et parlent du « complot » Kaplan, toujours le même schéma qui tourne parfois au ridicule avec une gentille poulette qui ne disparait pas de l’écran !

co Bertrand Faure

Qui est George Kaplan ? Le nom apparait partout, est-ce un groupe de terroristes, une manipulation politique, ou médiatique ?


Le texte, les comédiens et la mise en scène ne manquent pas d’humour et nous remettent en question. Sommes-nous manipulés, par qui, pour quelle raison, doit-on tout « gober » ou tout rejeter ? Vaste programme…

mardi 28 avril 2015

Appels en absences - Sara Ruhl - théâtre Lucernaire


APPELS EN ABSENCE
Sarah Ruhl

Mise en scène Emily Wilson
Traduction Isabelle Famchon

Avec Nathalie Baunaure, Fiamma Bennett, Yves Buchin, Dorli Lamar, Audrey Lamarque (En alternance avec ) Bernadette Appert, Marc Marchand

Devinette, on ne peut plus s’en passer, il nous rend irascibles, incorrects, mais c’est aussi selon les besoins un outil formidable, j’ai nommé le téléphone portable !

Une jeune femme déguste un potage à la terrasse d’un café. Malheureusement la sonnerie d’un téléphone portable n’en finit plus, Jean interpelle son voisin et lui demande, poliment pourquoi il ne répond pas, celui-ci en serait bien incapable, il a une bonne raison, il est mort !
Photo Nicolas Simonin

Jean récupère le portable, pas dans l’intention de le voler, mais de s’en servir pour appeler les secours. Jean n’a jamais eu de portable et elle y prend goût, elle se sent « obligée » de répondre aux personnes qui appellent Gordon.

Gordon a eu une vie avant son portable, il a une femme hystérique-anxieuse-dépressive, une mère snobinarde, un frère effacé nounours sympathique, et une maîtresse à l’allure féline et glamour qui griffe tout sur son passage !

Jean par curiosité, sans vraiment réfléchir, finira par connaître la vie de Gordon et son trafic spécial. Un sujet actuel d’ailleurs, qui fait polémique en France et qui fera sans doute les beaux jours de tous les scénaristes et romanciers du polar !

Photo Nicolas Simonin

Sarah Ruhl nous conte une jolie histoire, amusante, déjantée, qui donne à réfléchir. On coule vers une société où les « amis » se trouvent sur internet plus facilement que sur le palier de son immeuble, où les textos remplacent le coup de fil sympathique entre amis.


La mise en scène est inventive, colorée, drôle, rythmée, on n’en perd pas une miette, et bien sûr on n’oublie pas d’éteindre nos portables avant la représentation ! 

lundi 27 avril 2015

Festival de Sarlat 2015

du 18 juillet au 3 août, des débats animés par Jean-Paul Tribout, des rencontres et des échanges avec les artistes, au coeur du Périgord noir à Sarlat

Programme détaillé 

Certains spectacles vus sont surlignés avec le lien.

  • 18 juillet : On ne se mentira jamais !  de Eric Assous avec Fanny Cottençon et Jean-Luc Moreau
  • 19 juillet : Le rendez-vous extraits de textes de Stéphan Wojtowicz et "Au début" de François Bégaudeau
  • 20 juillet : Zazie dans le métro
  • 21 juillet : La confession d'un enfant du siècle (avec Nicolas Lormeau de la Comédie Française)
  • 22 juillet : Beaucoup de bruit pour rien
  • 23 juillet : Fumistes et autres Zutistes !
  • 24 juillet : Dom Juan
  • 25 juillet : Cafi
  • 26 juillet : La vénus à la fourrure
  • 27 juillet : La leçon (mise en scène mythique de Marcel Cuvelier)
  • 28 juillet : Le serment d'Hippocrate
  • 29 juillet : Aucassin et Nicolette
  • 30 juillet : Les cavaliers
  • 31 juillet : George Sand, ma vie, son oeuvre
  • 1er août : Courteline, courtes pièces
  • 2 août : Fabula Buffa
  • 3 août : Voyages avec ma tante


Festival des arts de la rue - Nanterre - juin 2015


PARADE(S)

Spectacles gratuits du 5 au 7 juin 2015

26ème édition du festival des arts de la rue, à Nanterre


  • Théâtre de rue
  • Cirque et formes circassiennes
  • Danse
  • Spectacle musicaux
  • Marionnettes et théâtre d'objets
  • Installations et entresorts



samedi 25 avril 2015

L'homme de paille - Feydeau - théâtre du Lucernaire





L’homme de paille
Georges Feydeau

Mise en scène : Benjamin Moreau
Avec : Bruno Blairet et Frédéric Le Sacripan

Afin de pouvoir se présenter aux élections (présidence du parti Radical-Libéral-Social), la citoyenne Marie est obligée de passer une annonce pour trouver un mari, en somme un « homme de paille ».


Rue St Denis, Farlane, jeune homme aux allures de dandy, chantonnant une vieille ritournelle de Dranem au titre évocateur « Je m’aime »,  entre dans l’appartement, lumières crues et boa de plumes roses sur une psyché, pas vraiment « politiquement correct »… Mais il est si sûr de lui, que cela ne pose pas de problèmes, il est quand même un peu étonné de trouver un casque de pompier !

Survient Salmèque (joli nom pour un prétendant…) qui vient également pour rencontrer Marie.

Les deux hommes sont surpris, et en se présentant provoquent un malentendu qui ne va pas s’arranger au fil de l’histoire, et heureusement pour nous !


Cette pièce de jeunesse de Feydeau aborde des thèmes très actuels, les droits de la femme, la politique, le divorce aussi, Feydeau en fera plus tard le sujet de sa pièce « La main passe ». Les deux lascars ne sont guère sympathiques, mais ils sont surtout très bêtes et imbus d’eux-mêmes, et de quiproquos en non-sens provoquent une bonne tranche de rire.

Une efficace mise en scène et deux comédiens qui ont tout saisi de l’univers burlesque de Feydeau.



samedi 18 avril 2015

Talking Heads II - Bennett - théâtre de l'Epée de bois


Talking Heads II
d’Alan Bennett

Adaptation Jean Marie Besset
Mise en scène Claude Bonin

Miss Fozzard (Emmanuelle Rozès) gentiment naïve et dodue comme une caille, une tresse ornant son visage poupon, elle rayonne, le nouveau pédicure ne la laisse pas indifférente, petit à petit elle mettra un point d’honneur à changer de toilette, mais elle trouve quand même qu’il a de drôles de lubies… fétichiste ? masochiste en tout cas, et  il trouvera en Miss Fozzard une ardente compagne de jeux, même si elle ne saisit pas bien ce qu’il lui demande…


Mrs Horrocks (Bénédicte Jacquard); bichonne son jardin, elle astique, traque la petite bête, la poussière, elle a la main verte, mais aussi une voisine meurtrière ! cela ne l’empêchera pas d’aller rendre visite à celle-ci en prison, à la comprendre et devenir son amie.


Nos deux commères vont découvrir l’une et l’autre un autre univers, une autre vie, mais elles mettront un frein pour ne pas risquer la déception et le découragement.


La mise en scène est très « so british », l’humour y est toujours présent, et les deux comédiennes s’engouffrent dans cet univers avec délectation, sensualité, humour. Un bel escarpin géant pour l’une et une haie pour l’autre, séparés par la boite postale rouge où elles n’oublieront pas de prendre le five o’clock tea !

vendredi 17 avril 2015

L'entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune - Brisville - Poche Montparnasse

Reprise dès le 21 avril au Poche-Montparnasse !


Jean-Claude Brisville

Mise en scène de Daniel Mesguich et William Mesguich


Jean-Claude Brisville nous a quittés en août dernier. Il manquera beaucoup au théâtre. Son écriture, son amour du beau langage, son humour et sa grande culture.

Son imagination nous a donné quelques belles pages, "L'antichambre", "Le souper" et actuellement, brillamment repris par Daniel et Willliam Mesguich cette rencontre entre Descartes et Pascal, qui a vraiment eu lieu, mais dont on ne connait pas historiquement la teneur, bien qu'elle se soit mal passée d'après les quelques notes jetées sur le papier par nos deux philosophes !


Un dialogue finement ciselé et interprété, deux philosophies de la vie et de la foi. L'un raisonnable et l'autre intransigeant. Duel verbal, un Pascal tourmenté mais se complaisant dans une foi torturée qu’il pense être à l’image du Christ, Descartes, la foi peut-être mais surtout la raison, à une époque où des hommes de science étaient brûlés comme hérétiques s'ils avaient l'audace de démontrer que la terre était ronde !

L'un aimant la vie sous toutes ses formes, l'autre préférant la souffrance et sa foi intransigeante et dénuée de compassion, Pascal n'aimait pas les "tièdes" ! Cela n’empêche pas de sourire et même de rire à certaines piques lancées par l’un et l’autre.


Monsieur Brisville vous nous manquez déjà !

jeudi 16 avril 2015

L'or et la paille - Barillet et Grédy - théâtre de l'Ouest parisien







L’or et la paille (1955)

Pierre Barillet (1923) et Jean-Pierre Grédy (1920)
mise en scène Jeanne Herry

Avec Hélène Alexandridis, Olivier Broche, Céline Martin-Sisteron, Loïc Riewer

Barillet et Grédy, ont fait les beaux soirs et les belles saisons du théâtre de boulevard et de qualité, donnant leurs plus beaux rôles à Sophie Desmarest et à Jacqueline Maillan.

Cette comédie peu jouée, raconte l’histoire d’un jeune couple, amoureux, mais sans le sou, qui décident suite à des circonstances imprévues, de partir à la chasse aux millionnaires.

Géraldine n’aura aucun mal à séduire Raoul, un brave veuf, qui fréquentait son immeuble pour aller chez le médecin, quant à son mari Thierry, il séduira une riche veuve Cora avec un accent sud-américain et de belles mines de platine, qui en réalité était dans son jeune temps une chanteuse de cabaret, parfaitement française surtout dans les villes de garnison.
Ils divorceront pour permettre à l’autre de vivre dans le luxe et la richesse, mais… l’avenir ne sera pas aussi rose que prévu.


Cette pièce se déroule à l’époque où il n’y avait qu’un téléphone fixe et c’était un luxe que bon nombre n’avait pas les moyens de s’offrir, pas d’internet, ni portable, une télé avec une seule chaîne en noir et blanc !

Quels rapports ont les jeunes à l’argent et au luxe facile ? il est fort possible que les mentalités ne changent pas quand on veut tout.


Mais qu’on ne s’y trompe pas, on rit beaucoup, et les comédiens donnent le meilleur, nous avons même droit à une Cora qui ne se fera pas prier pour chanter façon cabaret, « la chicorée frisée » son grand succès de jeunesse, accompagné par Raoul, son amour retrouvé,  qui jouera du djembé sur un air de samba !


lundi 13 avril 2015

Emma mort même pas peur - Menant - théâtre 71

site du théâtre 71 

site d'Emma son calendrier, ses tournées





Emma mort même pas peur !
de et avec Meriem Menant

La mort, mot qui fait peur, a tel point que beaucoup disent « il est parti » et non plus « il est mort », alors si le mot fout la frousse je ne vous dis pas le reste… La camarde et sa grande faux, le sujet a été souvent évoqué dans les fables, poésies et chansons.

Emma la clown, va nous dédramatiser tout ça, déjà son accoutrement fait sourire, son allure, et puis elle est drôlement organisée ! De toutes façons comme elle dit si bien, on ne peut pas y échapper alors autant se préparer correctement.

Son cercueil en promo sur internet, sa liste pour ne rien oublier avant le grand saut. Elle va même instituer comme légataire universelle une spectatrice du 1er rang. Mais pour entrer dans la grande boite, l’essayer pour voir si c’est confortable, elle hésitera quand même un peu…
co Pascal Gely

Emma a de l’humour, pas facile de rire de la mort, de s’en moquer, mais Meriem Menant trouve l’attitude, le mot, le jeu corporel, on rit de bon cœur du détournement d’une chanson de Luis Mariano, et surtout je vous conseille le chamanisme façon Emma !


La poésie est présente, quelle finesse, quelle profondeur dans ce spectacle, rassurez-vous on en sort d’humeur joyeuse ! 

La mort ? pfff...



Festival TEATRO A CORTE - Turin du 16 juillet au 2 août 2015


TEATRO A CORTE
Festival du 16 Juillet au 2 Aout 2015

Conférence de Presse du 13 avril à l’Institut Culturel Italien.

Pour la 15ème année consécutive, Turin accueille le festival Teatro a Corte, créé et dirigé par Beppe Navello, c’est l’occasion de découvrir la diversité des disciplines artistiques, tels le cirque, la danse, les marionnettes, etc. Grâce au soutien du Ministère des Biens et des Activités Culturelles et du Tourisme, la Région Piémont, la Ville de Turin et la Fondation CRT, la région piémontaise devient le vivier culturel de nombreuses compagnies européennes.








Cette année, l’Allemagne sera l’invité d’Honneur et présentera sur les trois week-end du 16 juillet au 2 août, de la danse, du théâtre, des marionnettes. L’Italie, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne et Israël, auront le privilège de se produire également dans les magnifiques demeures royales du Piémont, véritables joyaux et patrimoine artistique inestimable (le château d’Agliè, le Château de Rivoli, La Reggia di Venaria Reale, château de Racconogi, Stupinigi et Fontanafredda et bien entendu à Turin.

Aglié

Rivoli

Veneria Reale


Fontafredd
Raconigi

Stupinigi







palazzo reale Torino











Comme fil rouge, la problématique de la nutrition, thème de l'Exposition universelle à Milan "Nutrire il pianeta" qui se tiendra du 1er mai au 31 octobre.

Pour la clôture du festival le 2 août au domaine de Fontanafredda,  trois écrivains (Allemand, Italien et Français) écriront dans leur langue originale, un conte sur un banquet imaginaire en collaboration avec le chef étoilé du restaurant "Guido".


Grâce à ce programme, tous nos sens s’éveilleront en Piémont du 16 juillet au 2 août.