vendredi 10 juin 2011

Saliéri - Lucernaire



SALIERI, le mal aimé de Dieu

De Jean Hache
Mise en scène Jean Hache et Roland Hergault



Un mal aimé de Dieu. Antonio Salieri, plus célèbre pour avoir « empoisonné » l’existence de Mozart que pour son œuvre, nous conte son histoire. Il est à l’asile, il a ses habitudes, sa petite Cour, une dame de haute lignée vient le voir, on la devine derrière la porte. Ses élèves et non des moindres, lui ont rendu visite : Schubert, Beethoven.

Il invective Dieu qui lui a préféré un gamin grossier, ce dernier compose et joue de la musique depuis l’enfance. Il s’en prend à Léopold Mozart qui a volé l’enfance de son fils.

Salieri voulait l’amour divin et Wolfgang Amadeus l’amour de son père, l’un et l’autre poursuivait la même quête.

Jean Hache est Salieri, tour à tour, coléreux, lubrique, arrogant, il respire la haine. Etonnante interprétation, on ressent l’admiration et la jalousie maladive envers cet « aimé de Dieu » qui converse avec les anges. C’est un homme infiniment malheureux et éternel insatisfait, en fait tout lui est dû !

La musique est présente dans ce spectacle et bienvenue pour nous laisser respirer un peu de beauté. Bien entendu, les morceaux sont signés Salieri, Mozart, Bach…

Salieri est-il réhabilité ? Il y a un théâtre Salieri à Legnago (province de Vérone) sa ville natale. Cécilia Bartoli a enregistré ses œuvres avec tout le talent et l’engagement qu‘on lui connait. Mais les légendes sont dures, à vous de vous faire une opinion, vous ne regretterez pas d’avoir rendu une visite de courtoisie à Antonio Salieri.

Lucernaire jusqu’au 28 août
www.lucernaire.fr
Mardi au samedi 18h30

dimanche 15 mai 2011

Vineta - Rinke - théâtre de la tempête

VINETA
Ou la république des utopies
De Moritz Rinke

    Avec Jean-Louis Cordina, Guillaume Fafiotte, Camille Grandville, Michel Hermon, Jean Lescot, Stéphane Mercoyrol, Fannie Outeiro, Pierre Poirot, Jacques Verzier

Metteur en scène : Lisa Wurmser

« Vineta » est une légende allemande qu’on pourrait comparer à l’Atlantide. Les habitants de Vineta « étaient si riches qu’ils frottaient le derrière de leurs enfants avec de la brioche ! ». Pas de pauvres dans cette cité.

Voilà pourquoi le docteur Leonhard assisté de sa pulpeuse secrétaire, forme le projet de faire une grande cité des rêves disparus et des idéologies perdues et de la nommer Vineta. Il convoque un architecte berlinois, le maire d’une petite ville qui ne songe qu’à sa réélection mais qui n’a aucune envergure, un DRH, un manager et un capitaine qui doit convoyer le matériel et les « cadeaux » des pays amis : la statue de Lénine, une guillotine, une fusée nucléaire offerte par Cuba !

C’est en grand secret qu’ils se réunissent pour ce grand projet, dans une demeure délabrée de la RDA mais bien sûr tout ne se déroule pas comme prévu, manipulations, manigances, tout va enrayer ce rêve. Mais était-ce vraiment un projet réaliste…

Le Docteur Leonhard est fier de montrer au jeune architecte l’unité de ses Cadres supérieurs, ceux-ci comme dans toute bonne entreprise « certifiée aux normes », forment un ensemble musical qui fait penser au « jeux de rôles » ou autres thérapies de groupes de certaines sociétés pour souder leurs employés. Certains se révoltent et décident de prendre le pouvoir… mais ont-ils vraiment toutes les cartes en mains, qui manipule, qui est manipulé ? Cette pièce féroce est une fable moderne sur le monde du travail. On rit quelquefois, on sourit beaucoup, pas une minute d’ennui.

Les comédiens sont excellents, je vous recommande vivement cette pièce qui se joue jusqu’au 29 mai au théâtre de la Tempête.

Un auteur que j’ai eu plaisir à découvrir à travers cette satire du monde impitoyable du travail.

samedi 9 avril 2011

Le misanthrope - Ranelagh



LE MISANTHROPE
Molière
Théâtre du Ranelagh


Bruno Cadillon, Gérard Chabanier, Juliane Corre, Nadine Darmon,Valérie Durin, Julien Léonelli, Serge Lipszyc, Sylvain Méallet, Lionel Muzin, Henri Payet,


Une belle pièce que Molière a écrite pour Armande sa femme, il lui pardonnait bien souvent ses écarts et lui a donné un des plus beaux rôles que toute comédienne se doit de jouer.

Mais me voici tel Alceste devant Oronte… certes il y a de l’idée, mais pourquoi jouer Alceste de cette façon brutale, il est intègre entendu et il aime bien sûr celle qui ne lui convient pas du tout. Mais sans être « classique » à tout prix, cet Alceste là sans éducation ne serait pas convié dans les salons. Les costumes de ces messieurs sont à mi-chemin entre le 17ème et le 21ème siècle, le Roi Soleil nous accueille et tient entre ses mains un billet… qui aura son importance plus tard.

Le jeu des portraits est bien mené par Valérie Durin, Nadine Darmon est une parfaite Arsinoé, mais il y a un manque de rythme dans les autres scènes.

Enfin c’est sans doute un parti pris, mais il ne m’a pas convaincu.

dimanche 20 mars 2011

Les retrouvailles - Adamov - Cartoucherie

En 1924, Adamov (1908-1970), écrivain français d’origine russo arménienne fréquente à Paris les milieux surréalistes. Toute son œuvre tourne autour de la névrose et de l’obsessionnel.

« Adamov, dans son théâtre, a mené une réflexion qui est partie de la conception d’un théâtre « littéral » fondé sur la seule évidence physique des gestes et des mots , à celle d’un théâtre où se trouvent exposés et mis en question les rapports de l’homme et de sa société »
Notes de Laurent Terzieff sur Adamov dans « Seul avec tous » Ed Presse de la Renaissance.

Difficile de raconter cette pièce, est-ce un sujet à « tiroirs » où le spectateur prend ce qu’il veut, se raconte l’histoire, se l’approprie ?
Un jeune homme rate son train. Il est abordé par deux femmes et se retrouve piégé et prisonnier. Lui qui croyait s’éloigner d’une mère castratrice et d’une fiancée l’empêchant de se réaliser. Est-ce un cauchemar ? Va-t-il se réveiller ?
Certes , Gabriel Garran le metteur en scène, s’est entouré de très bons comédiens, la mise en scène est intéressante, mais je n’ai pas été convaincue et me suis même passablement ennuyée...

Pour vous donner une idée :
http://www.visioscene.com/send_card.php?idProduct=3707

jeudi 17 mars 2011

La cagnotte - Théâtre de l'Epée de bois





Mise en scène : Laurence Andreini

Avec Michel Baumann, Eric Bretonneau, Christian Caro, Benoit Marchand, Marie-Aude Weiss ou Isabelle Védie, Carole Fages, Cyril Dubreuil, Jean-Marc Lallement, Damien Henno


Cette pièce d'Eugène Labiche fut créée en 1864, en 1866, Offenbach composa « La vie parisienne », opérette dans laquelle le baron de Gondremark « veut s’en fourrer jusque là ! » pour échapper aux rigueurs de sa Suède et de sa condition.

Plus proche de nous, à la Ferte-sous-Jouarre, quelques notables se réunissent chez l’un d’entre eux, pour leur traditionnelle partie de cartes, avec cagnotte à l’appui.

Le grand jour arrive, la tirelire cassée découvre une belle somme que nos bourgeois décident, après maintes réflexions, de dépenser  à Paris. Ils n’ont guère de grandes idées, ni de grandes ambitions, le rentier ira voir le dentiste, sa sœur se rendra à son rendez-vous pour rencontrer l’heureux élu, le fermier s’achètera une pioche…

Mais voilà, après un bon repas dans un restaurant (où les fantasmes fusent dans tous les sens), l’addition leur reste sur l’estomac, il est vrai qu’ils ont mal lu le menu, enfin se sont laissés abusés un peu vite, de plus on les accuse de vol de montre, les témoignages accablent nos malheureux compères.

S’ensuit une fuite éperdue dans tout Paris, il est même étonnant que de simples bourgeois puissent avoir tant de ressources : ils s’échappent de la voiture qui les conduisait au dépôt et se retrouvent dans un lieu de rendez-vous assez peu recommandable !

Avec la malice de Labiche tout devient catastrophique et drôle ! On a quand même de la sympathie envers ses personnages qui rentrés chez eux, recommenceront leur petite vie bien étriquée, et surtout éviteront la Capitale !

Les différents lieux de l’action sont habilement démarqués par un décor mobile.

Si comme moi, vous sortez en fredonnant certains couplets, c’est que vous aurez passé un très bon moment avec des comédiens heureux de jouer et de nous le faire partager grâce à la mise en scène qui sait mettre en relief cette critique sociale que l’on peut retrouver de nos jours.

dimanche 6 mars 2011

La cagnotte -Labiche - théâtre l'Epée de bois



LA CAGNOTTE
Eugène Labiche
Théâtre de l’Epée de bois

Mise en scène : Laurence Andreini

Avec Michel Baumann, Eric Bretonneau, Christian Caro, Benoit Marchand, Marie-Aude Weiss ou Isabelle Védie, Carole Fages, Cyril Dubreuil, Jean-Marc Lallement, Damien Henno


Cette pièce fut créée en 1864, en 1866, Offenbach composa « La vie parisienne », opérette dans laquelle le baron de Gondremark « veut s’en fourrer jusque là ! » pour échapper aux rigueurs de sa Suède et de sa condition.

Plus proche de nous, à la Ferte-sous-Jouarre, quelques notables se réunissent chez l’un d’entre eux, pour leur traditionnelle partie de cartes, avec cagnotte à l’appui.

Le grand jour arrive, la tirelire cassée découvre une belle somme que nos bourgeois décident, après maintes réflexions, de dépenser  à Paris. Ils n’ont guère de grandes idées, ni de grandes ambitions, le rentier ira voir le dentiste, sa sœur se rendra à son rendez-vous pour rencontrer l’heureux élu, le fermier s’achètera une pioche…

Mais voilà, après un bon repas dans un restaurant (où les fantasmes fusent dans tous les sens), l’addition leur reste sur l’estomac, il est vrai qu’ils ont mal lu le menu, enfin se sont laissés abusés un peu vite, de plus on les accuse de vol de montre, les témoignages accablent nos malheureux compères.

S’ensuit une fuite éperdue dans tout Paris, il est même étonnant que de simples bourgeois puissent avoir tant de ressources : ils s’échappent de la voiture qui les conduisait au dépôt et se retrouvent dans un lieu de rendez-vous assez peu recommandable !

Avec la malice de Labiche tout devient catastrophique et drôle ! On a quand même de la sympathie envers ses personnages qui rentrés chez eux, recommenceront leur petite vie bien étriquée, et surtout éviteront la Capitale !

Les différents lieux de l’action sont habilement démarqués par un décor mobile.

Si comme moi, vous sortez en fredonnant certains couplets, c’est que vous aurez passé un très bon moment avec des comédiens heureux de jouer et de nous le faire partager grâce à la mise en scène qui sait mettre en relief cette critique sociale que l’on peut retrouver de nos jours.

dimanche 20 février 2011

La vérité - Zeller - théâtre Montparnasse

LA VERITE au théâtre Montparnasse

de Florian ZELLER

mise en scène Patrice KERBRAT

Pierre ARDITI
Fanny COTTENÇON
Patrice KERBRAT
Christiane MILLET

On n’était guère habitué avec Florian Zeller à ce style de comédie, tout à fait dans la veine d’un Feydeau ou d’un Guitry avec une pointe de Marivaux.

L’histoire commence banalement, un homme et une femme dans une chambre d’hôtel se rhabillent, ils sont mariés, mais pas ensemble !

Pour corser l’histoire, Michel est l’amant de la femme de son meilleur ami. Il lui demande sans honte des nouvelles de Paul. C’est qu’il est très attentif au moral de Paul. Il n’est pas méchant ou cynique simplement de bonne foi. Mais rentré chez lui, sa femme Laurence lui pose des questions bien embarrassantes pour notre plus grand plaisir et il s’enferre de plus en plus pour notre plus grand plaisir.

Il n’a qu’une seule crainte, c’est que les conjoints respectifs découvrent la vérité. Mais qui ment à qui ? plus l’histoire avance, plus on s’enfonce dans la spirale du mensonge, lui on le sait, ment comme il respire, par contre les autres ? Prêchent-ils le faux pour savoir le vrai ? Sont-ils vraiment sincères ?

Alice veut un week end en amoureux avec Michel et là les ennuis commencent pour lui, Paul se doute de quelque chose, il appelle Alice sur son portable, pour se dédouaner auprès de lui, elle obligera Michel à imiter la vieille tante chez qui elle est censée être !

Cette comédie est intéressante, elle n’est pas seulement divertissante mais creuse au plus profond de nous. Les façons de mentir, de cacher la vérité pour ne pas blesser, c’est en fait une très bonne pièce, dans le fond un peu noire. A la fin d’ailleurs on hésite, quelle est vraiment la vérité dans tout ça ?

Pierre Arditi se régale dans ce rôle de menteur, il tient la pièce de bout en bout, est de toutes les scènes, parfois il en fait des tonnes, mais ça marche ! Ses partenaires sont excellents et lui donnent bien du fil à retordre.

www.theatremontparnasse.com
resa 01 43 22 77 74

Il faut compter au moins un bon mois avant d’avoir une place…

jeudi 3 février 2011

Canebière - théâtre 14


CANEBIERE

Théâtre 14
Cie Les Carboni

Allez zou mes favouillettes, je m’en vais vous conter la représentation de « Un de la canebière » opérette de Vincent Scotto, de jolis airs, mais remasterisés au goût du jour, un peu pop rock ou jazzy, dommage d’ailleurs, mais bon si vos parents ou grands-parents connaissent le répertoire marseillais, ils seraient peut-être un peu déçus. Ne comptez pas sur le bar du « mistral », ce n’est pas non plus une version théâtrale de « plus belle la vie » !

Le compositeur Vincent Scotto est né à Marseille, y a grandi, il a composé opérettes, chansons et musiques de films particulièrement ceux de son ami Marcel Pagnol.
Nous sommes accueillis par la patronne du cabaret « la réserve », les musiciens sont déjà en place, elle nous invite à nous installer près de la scène, des tables de bistrot sont installées, devant  notre air dubitatif elle nous rassure, « on ne vous fera pas monter sur scène », prudemment nous refusons quand même l’invitation et nous installons à nos places habituelles, tant pis pour le Champagne offert !

Des caisses composent le décor, nous sommes sur le vieux port. L’histoire est simplissime, deux jeunes gens veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas auprès de jeunes filles qui ne sont pas celles qu’ils croient !

Les comédiens sont motivés, ils le font à la farce, c’est une troupe foraine, maquillage blanc de clown, ils sont acrobates, musiciens et chanteurs. C’est gentil et sympathique, pas vraiment inoubliable. Les deux amoureux ont une jolie voix.  Le simplet de service qui se déguise en tante Clarisse pourrait être une sœur de « Mme Sarfaty » !

Ont-ils trouvé les « parisieng » frileux ? Franchement on aurait pu gagner une demi-heure sur le spectacle.

Boudiou ! Qué pastis de faire cet article bonne mère !